Conseil national pour le développement et la solidarité internationale : les territoires au cœur du débat (Paris, 22.02.2018)

Le Conseil national pour le développement et la solidarité internationale (CNDSI) est un cadre de dialogue et de concertation régulière entre l’ensemble des acteurs du développement et de la solidarité internationale sur les orientations de la politique de développement. Cet organe de consultation des acteurs non-étatiques est composé de 53 personnalités réunies en collège : collectivités territoriales, ONG, syndicats, employeurs, entreprises, parlementaires, universités et centres de recherches, personnalités étrangères de haut-niveau.

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Plénière « Ensemble pour une politique de développement renouvelée » © France Diplomatie

A la suite des conclusions du Comité interministériel de la coopération internationale et du développement (CICID) du 8 février 2018, un format élargit du CNDSI a été organisé le 22 février 2018 afin d’inviter les acteurs non-étatiques à échanger et à mener une réflexion pour une politique de développement de la France renouvelée. La journée s’est déroulée en deux temps, la matinée a été consacrée à une plénière en présence d’un panel de haut-niveau et l’après-midi a été dédiée à cinq ateliers thématiques.

Dès son discours introductifs, le Secrétaire d’État auprès du Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Baptiste LEMOYNE, a insisté sur trois points essentiels des conclusions du CICID :

  • la volonté du gouvernement d’accroître les moyens de mise en œuvre de la politique française en matière de développement. Ainsi, d’ici 2022, 0,55% du revenu national brut sera consacré à l’aide publique au développement ;
  • le renouvellement du partenariat de la France avec l’Afrique, l’éducation et la formation, l’égalité femmes-hommes, le climat et la santé sont les grandes priorités du quinquennat ;
  • le développement des partenariats et un effort accru de redevabilité pour des interventions plus efficaces et plus proches des populations.

La plénière « Ensemble pour une politique de développement renouvelée » a permis à des intervenants de haut-niveau de partager leurs expertises. Ainsi, a été soulignée la nécessité de mieux intégrer les partenaires du Sud dans la conception des projets. Un pilotage politique davantage décentralisé et lisible est recommandé. Les panélistes souhaitent une clarification quant aux moyens et à la méthode pour parvenir au rééquilibrage de l’APD en faveur des dons et des pays moins avancés. L’adhésion et l’appropriation des populations, du Nord comme du Sud, sont apparues comme une clé du développement. L’évaluation est reconnue comme un outil fondamental, sur lequel il faut s’appuyer pour assurer une meilleure redevabilité des politiques de développement. Enfin, « l’objectif de l’aide est bien de se passer de l’aide ». Pour cela, il est nécessaire de renforcer les capacités étatiques des pays en développement par exemple en matière de fiscalité des Etats et de fiscalité locale.

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Oumou SALL SECK, maire de Goundam (Mali) © CNCD

Lors de ce CNDSI élargi, Oumou SALL SECK, maire de Goundam (Mali) et Christine MORO, Ambassadeur pour l’action extérieure des collectivités territoriales ont co-présidé l’atelier dédié à la « Territorialisation du développement : comment mieux intervenir à l’échelon local ? ». La diversité des intervenants et la qualité des échanges ont permis de définir le concept de territorialisation du développement, de mieux faire connaître la pertinence de l’échelon territorial et le rôle stratégique des autorités locales pour parvenir à un développement durable intégré et, enfin, de débattre des outils et politiques que la France peut mettre en place pour soutenir la mise en œuvre des agendas mondiaux dans les territoires.

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Annick GIRARDIN, Ministre des Outre-mer © MOM

Annick GIRARDIN, Ministre des Outre-mer a défini le concept de territorialisation du développement comme une « politique d’aide au développement adaptée aux spécificités des territoires dans une logique de coopération régionale ».

Johannes KRASSNITZER, coordinateur international de l’Initiative ART (Articulation des Réseaux Territoriaux) du PNUD, a insisté sur l’importance de la localisation des ODD. La volonté politique est indispensable afin de mettre les territoires, leurs atouts, leurs ressources et leurs besoins au cœur du développement. Il a souligné également l’accompagnement historique de l’Etat français en faveur de l’internationalisation des territoires et a invité la France à être plus présente et plus active pour le plaidoyer en faveur de la localisation des ODD et des partenariats à l’échelle locale pour réaliser l’Agenda 2030. En ce sens, la Ministre des Outre-mer a affirmé affirme que les ODD mettaient en lumière les enjeux de co-développement, au Nord comme au Sud. Elle souhaite faire des Outre-mer un laboratoire d’expérimentation pour la mise en œuvre de l’Agenda 2030.

Le Président du Réseau régional multi-acteurs Centraider, Tony BEN LAHOUCINE, a reconnu reconnaît que les ODD pouvaientpeuvent être de véritables vecteurs pour transformer en profondeur la société. La question de l’appropriation des ODD a été soulevée par Jocelyne BOUGEARD, adjointe à la maire de Rennes. Elle a ainsi rappelé les enjeux de la coopération multi-acteurs, au niveau des territoires, afin de faire des politiques publiques une réalité répondant aux attentes des citoyens. La coopération de territoire à territoire ne doit pas se limiter à une coopération entre puissances publiques, elle doit emmener avec elle l’ensemble des forces vives des territoires : les jeunes, les associations, le secteur privé, les établissements scolaires et de formation, etc.

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Atelier « Territorialisation du développement : comment mieux intervenir à l’échelon local ? » © CNCD
Ce qu’il faut retenir de l’atelier « Territorialisation du développement : comment mieux intervenir à l’échelon local ? » :
  • Les ODD ont un rôle structurant et transformateur, ils doivent être le cadre du développement, au Nord comme au Sud, aux échelles locale, nationale et globale.
  • Les ODD ont une valeur éducative. La sensibilisation des citoyens aux enjeux de la coopération internationale et du développement durable est fondamentale.
  • Les processus de décentralisation doivent être maîtrisés et les autorités locales renforcées dans leurs capacités.
  • Les partenariats doivent être territoriaux et associer l’ensemble des acteurs locaux. Les RRMA sont des réseaux pertinents et sont au service du principe de « diplomatie démultipliée ».
  • Des solutions doivent être recherchées aux problèmes sécuritaires rencontrés par les collectivités territoriales afin de permettre la poursuite des coopérations
  • La coopération régionale des collectivités d’Outre-mer est un exemple de territorialisation du développement.
Télécharger le compte-rendu du CNDSI (PDF)

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