Le château de La Celle-Saint-Cloud

Situé dans la commune de la Celle-Saint-Cloud, ce château a notamment appartenu à la marquise de Pompadour. Son dernier propriétaire, Auguste Dutreux l’a légué le 7 février 1951 au ministre des Affaires étrangères, Robert Schuman.

Publié le : 13 novembre 2016 Mis à jour le : 03 avril 2026

Le petit château 

À l’origine se trouve une vieille ferme, les moines y ajoutent un bâtiment de plusieurs étages. La construction est vendue en 1616. Un corps de logis est construit pour former le milieu du château actuel.

La maison passe de mains en mains jusqu’à ce que, sous Louis XIV, le duc de La Rochefoucauld la fasse achever.

La marquise de Pompadour l’acquiert en 1748, l’appelle « le petit château », ajoute de nouveaux embellissements – dont des jardins dessinés par Le Nôtre -, et y accueille Louis XV.

Dès 1750, Jacques-Jérémie Roussel, fermier général, succède à madame de Pompadour ; il construit le pavillon et l’aile nord, ainsi le château acquiert sa forme actuelle.

En 1804, le vicomte Morel de Vindé, pair de France, en devient le propriétaire ; il y entretient l’un des plus beaux troupeaux de moutons mérinos de France et y reçoit Louis XVIII.

En 1844, il est acquis par Jean-Pierre Pescatore, un influent négociant d’origine luxembourgeoise engagé dans le commerce du tabac, puis dans les finances et les affaires bancaires. Il y expose une importante collection d’œuvres d’art et fait remanier le parc par des paysagistes de renom, les frères Bühler. Une dizaine de serres y accueillent plus de 800 espèces végétales exotiques (notamment des orchidées). Napoléon III et l’impératrice Eugénie sont reçus à deux reprises pour admirer cette collection unique en France. 

Après le décès de Jean-Pierre Pescatore, le château est légué à sa nièce Élisabeth Pescatore-Dutreux. Elle opère en compagnie de son époux Auguste Dutreux les réparations imposées par les destructions de la guerre franco-prussienne de 1870.

Le fils d’Elisabeth Pescatore-Dutreux, Antoine Dutreux, dit Tony, ingénieur centralien, en est propriétaire de 1907 à 1926. Il établit le système de captation des eaux du parc.

Son fils Auguste Dutreux et son épouse Suzanne Noroy initient quant à eux, entre 1927 et 1937, des travaux de restauration en cherchant à retrouver « la simplicité harmonieuse du style primitif » du XVIIIe siècle. 

En 1940, La grande duchesse Charlotte de Luxembourg y trouve refuge pendant une semaine ; puis les Allemands occupent les lieux.

Auguste Dutreux désire qu’après sa mort, le château et son parc soient conservés dans leur intégralité ; il les lègue, le 7 février 1951, au ministre des Affaires étrangères avec des conditions d’utilisation très strictes.

Le parc du château 

Jean-Pierre Pescatore, propriétaire du château de 1844 à 1855, embellit le parc avec le concours des frères Bülher, architectes-paysagistes de renom. Il constitua, entre autres, l’« allée des arbres étrangers ».

Élisabeth Pescatore, sa nièce, hérita du château et, aidée de son mari Auguste Dutreux, entreprit d’importants aménagements dans le parc : de superbes arbres d’ornement en font encore aujourd’hui la beauté majestueuse et centenaire.

Le parc du château de La Celle-Saint-Cloud a été classé parmi les sites du département des Yvelines par un arrêté en date du 22 mars 1985 (classé à l’inventaire des sites pittoresques).

La Fontaine « la Naissance de Pégase »

Le MEAE a mené conjointement et en co-financement avec le ministère de la Culture l’installation d’une œuvre sculpturale des artistes Anne et Patrick Poirier dans le bassin de la loge du Domaine. Cette fontaine, réalisée en 1985, a pour thème « la naissance de Pégase », mythe selon lequel, lorsque Persée eut tranché la tête de la Gorgone Méduse, le cheval ailé Pégase s’en échappa. Du sang de Méduse naquit le corail. Cette œuvre monumentale, dont le poids total est de 8,5 tonnes, initialement prévue pour le jardin du palais Royal à Paris, n’avait pas encore été exposée. Le ministère a réussi l’ intégration paysagère de cette sculpture avec le concours des artistes désignés, de l’architecte des bâtiments de France et du conservateur des monuments historiques. Celle-ci fait aujourd’hui l’objet d’un projet de restauration.

L'Orangerie 

Edifiée à la demande de Jean-Pierre Pescatore à la fin des années 1840, l’Orangerie du Domaine est composée de pierres de taille et de briques, selon un modèle semblable à celui de l’orangerie du jardin du Luxembourg à Paris. La façade ouest en pierres meulières dispose, pour ornement, de statues en plâtre représentant les saisons ou les continents, reproductions d’œuvres célèbres, à l’exemple de celle de la première niche à gauche, copiée d’après la Jeune Captive ou La Jeune Esclave enchaînée par le sculpteur Jean-Baptiste Debay. Une chaufferie installée au sous-sol permettait de conserver une chaleur bénéfique aux agrumes et végétaux délicats en hiver. 

Autres travaux en projet

Plusieurs opérations ont été engagées ces dernières années afin d’assurer la conservation et la mise en valeur du domaine du château de La Celle-Saint-Cloud.

En 2021, un schéma directeur immobilier a été établi sous la conduite de l’architecte en chef des monuments historiques, Mme Maël de Quelen, afin de définir les orientations de restauration et de conservation du site.

Dans ce cadre, des travaux de rénovation ont été réalisés en 2023 sur certains espaces de réception classés du rez-de-chaussée, ainsi que sur le bureau du ministre au premier étage, sous la maîtrise d’œuvre de l’architecte en chef des monuments historiques M. Manciulescu.

En 2025, des travaux de remise en état des réseaux d’assainissement du domaine ont été conduits, contribuant à la pérennité des infrastructures du site. 

Mise à jour : mars 2026

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