Le salon des curiosités Les Archives diplomatiques détiennent de nombreux documents étonnants dont le contenu peut parfois surprendre. Ils méritent qu’un coup de projecteur leur soit ici donné. Archives diplomatiques Publié le : 23 octobre 2025 Mis à jour le : 12 février 2026 Dans cette rubrique Archives & bibliothèque Venir aux Archives Confier ses archives ou travaux Consulter les archives Organiser un tournage aux Archives Organiser une visite des Archives Reproduire et réutiliser des archives Effectuer des recherches généalogiques ou familiales Accès des généalogistes professionnels Actes d’état civil et autres archives diplomatiques et consulaires L’état civil des Français à l’étranger Recherche de personnes disparues en Algérie pendant les derniers mois de la souveraineté française S’orienter dans les fonds et collections Ambassades, consulats, réseau culturel et de coopération (XVIe-XXe siècles) Colonies et territoires d’Outre-mer (1793-1960) Protectorats et mandat français (1881-1956) Récupération artistique Ressources pédagogiques Agenda et offre culturelle des Archives Concours des jeunes ambassadeurs et ambassadrices L’offre éducative du centre de La Courneuve L’offre éducative du centre de Nantes Sommaire Un aspect méconnu des relations franco-russes ! A l’origine du droit international public Frédéric II de Prusse à la manoeuvre Cérémonial diplomatique : tout un protocole ! Les mazarinades des Affaires étrangères : un corpus varié, original et rare Un aspect méconnu des relations franco-russes ! En 1912, en Russie, une nouvelle vodka est créée à laquelle on donnera le nom de « Larme amère de Napoléon ». Sur la bouteille, un portrait de l’empereur. Cette vodka remporte immédiatement un franc succès tant à la Cour impériale que parmi le peuple russe. Cette création fête les 100 ans de la bataille de Borodino connue sous le nom de bataille de la Moskova en France. Un livre, paru en 2007 à Moscou avec force illustrations et anecdotes, retrace cette histoire : « La vodka et Napoléon » d’Alexandre Nikichin et Piotr Netchitajlov. Bibliothèque, T 4224. Archives diplomatiques. A l’origine du droit international public Hugo Grotius est un juriste et diplomate hollandais (1583-1645). La publication de son oeuvre la plus célèbre De jure belli ac pacis (1625) marque la naissance du droit international public. Grotius y présente sa théorie de la guerre juste et prétend que toutes les nations sont liées par les principes du droit naturel. Calviniste modéré, il entretient de nombreux contacts avec les catholiques et espère une réunification des églises chrétiennes. Annales et historiae de rebus belgicis / Hugo Grotius. Amstelaedami : ex typographeio Joannis Blaeu, 1658. Bibliothèque, 3 Dz 5. Archives diplomatiques La bibliothèque du ministère des Affaires étrangères détient, pour la période de l’Ancien Régime, quatre éditions de cet ouvrage, en latin et en français. Composé en latin à Senlis, sur la suggestion de Nicolas-Claude Fabri de Peiresc (1580-1637), dédié à Louis XIII et publié en 1625, ce texte est traduit en français successivement par Antoine de Courtin (1622-1685) et Jean Barbeyrac (1674-1744). En 1711, l’abbé Legrand dans un Projet d’Estude signale la part qu’il a pris dans cette seconde traduction : « depuis M. de Barbeyrac l’a traduite, et je puis dire à ma sollicitation, en lui procurant quelque gratification de la part de M. le marquis de Torcy, avec espérance de faire changer la gratification en pension » (BNF, Clairambault, 519, fol. 324). Ce travail paraît seulement en 1724 à Amsterdam. Dédié au roi d’Angleterre George 1er, l’auteur dit dans sa préface tout le mal possible de son prédécesseur ! Un exemplaire conservé par la bibliothèque, publié en 1720, est considérablement annoté. Il a été acheté, avec de nombreux autres ouvrages, pour l’usage de la sous-direction du Contentieux lors de la vente des livres réunis par Jean Jacques Gaspard Foelix (1791-1853), savant jurisconsulte. Le catalogue des livres acquis a été dressé le 10 mars 1854 (MAE LC, Archives des Archives diplomatiques, 109SUP/35 D, fol. 148 r°-152 r°). De jure belli ac pacis… / Hugo Grotius. Amstelaedami : apud Janssonio-Waesbergios, 1720. Bibliothèque, 56 Ez 16. Archives diplomatiques Un manuscrit témoigne de l’étude approfondie qui a été faite de ce traité à l’Académie politique. Dans un mémoire adressé par Saint-Prest à l’abbé Dubois en [octobre ?] 1718, il est indiqué qu’au commencement de la seconde année, les élèves étudient le contenu de « l’excellent livre du droit de la guerre et de la paix composé par Hugues Grotius » (MAE LC, Mémoires et documents, France, 53MD/2186, fol. 29 v°). Chaque élève doit rédiger pour cinq chapitres un résumé qu’il lit lors de la conférence du vendredi. De son côté, Saint-Prest met toutes les questions contenues dans ce livre en demandes et réponses. Elles font également l’objet d’un débat lors des conférences sur le droit public. Ce travail se poursuit pendant les « derniers six mois de la troisième année et les six premiers mois de la quatrième finissans aux vacations de l’année 1715, peu après la mort du feu Roy ». Les élèves doivent ainsi parvenir au onzième chapitre du troisième livre. Le volume conservé s’achève au chapitre 25 du livre 3. Extraits du traité de Grotius du droit de la guerre et de la paix / [Jean Yves de Saint-Prest]. Bibliothèque, 56 Ez 13. Archives diplomatiques En cliquant sur ce lien, vous en apprendrez plus sur cette « école » pour négociateurs. Frédéric II de Prusse à la manoeuvre Collection de toutes les manœuvres [d’automne] que Frédéric le Grand exécuta près de Potsdam depuis la fin de la guerre de Sept ans jusqu’à sa mort et de celles du roi Frédéric-Guillaume II. Bibliothèque, Fg 1537. Archives diplomatiques. Frédéric II organise presque tous les mois des manœuvres de son armée. Les principales sont celles de la garnison de Potsdam. Au mois de mai, elles durent trois jours, le troisième étant consacré à reproduire une bataille. En septembre 1743, Frédéric organise les premières manœuvres d’automne (Herbstübung), pendant lesquelles les différentes divisions de l’armée testent de nouvelles formations et tactiques. Les manœuvres d’automne deviennent une tradition annuelle de l’armée prussienne. Malade, Frédéric II ne peut se rendre aux manœuvres de 1785. Il a un plan sur une table et, à chaque coup de canon, il suit sur le papier la marche que doivent faire les divers régiments. Cet album fait partie des ouvrages légués à sa mort, en 1899, par Mme Marie-Héloïse Garnon, veuve de Prosper Faugère. Pour en savoir plus sur ce legs et Prosper Faugère, c’est par ici ! Cérémonial diplomatique : tout un protocole ! Cérémonial de la Cour de France pour MM. les Ambassadeurs et Ministres étrangers. Martin Dargaiñaratz. S.l. : s.n., [1818]. Bibliothèque, Rés. B 51. Archives diplomatiques Les secrétaires ordinaires à la conduite des ambassadeurs sont chargés spécialement de porter sur un registre en forme de journal les décisions du roi et le cérémonial exact sur tout ce qui a rapport aux fonctions de l’introducteur. Ils informent également les membres du corps diplomatique du jour et de l’heure où ils ont l’honneur d’être admis à la Cour. Auprès des résidents et des étrangers de marque, ils remplissent une partie des attributions de l’introducteur. L’un d’eux se nomme Martin Dargaiñaratz. Il est né à Ciboure, le 6 mars 1765. Après 16 années de services militaires à Saint-Domingue, il devient, le 20 juillet 1804, aide des cérémonies, secrétaire à la conduite des ambassadeurs. Il figure avec M. Aignan comme aide des cérémonies dans le cortège du sacre de Napoléon 1er. Il conserve cette fonction jusqu’à sa retraite qu’il prend le 30 novembre 1817. En récompense de ses services, Louis XVIII lui conserve le titre honoraire de sa charge et les prérogatives qui y sont attachées. Le 3 février 1825, il est témoin au mariage d’Alfred de Vigny à Pau. Il apparaît pour la dernière fois dans l’almanach national de 1830 comme secrétaire honoraire du roi à la conduite des ambassadeurs. Comme l’atteste une mention portée au dernier folio du volume, cet exemplaire (signé Dargaiñaratz) serait une copie d’un original, revêtu de l’approbation du roi Louis XVIII, ayant été déposé aux Archives du ministère des Affaires étrangères. Il n’a pas été possible d’identifier la présence de ce manuscrit original dans les collections. La faute en incombe certainement aux destructions occasionnées au cours de la Seconde Guerre mondiale dans le fonds du Protocole. Un autre exemplaire a été identifié parmi les manuscrits de la bibliothèque du Louvre. Durant la Commune, il a été transporté du Louvre aux Tuileries, dans les bureaux de la liquidation de la liste civile place du Carrousel, où il est devenu la proie des flammes dans la nuit du 23 au 24 mai 1871. Il portait la cote F 7201. L’exemplaire conservé à la bibliothèque du ministère des Affaires étrangères est aux armes de Louis-Antoine d’Artois, duc d’Angoulême (1775-1844), fils de Charles X. Il a été acheté à la librairie Lechanteux, le 25 avril 1904. Les mazarinades des Affaires étrangères : un corpus varié, original et rare Entre 1648 et 1653, plus de quatre mille écrits, plus ou moins satiriques et en majeure partie dirigés contre le cardinal Mazarin, paraissent. Appelés mazarinades, il s’agit de pièces en vers ou de pamphlets et libelles en prose. L’examen attentif des papiers du cardinal Mazarin, conservés au ministère des Affaires étrangères depuis 1732, a permis d’identifier plus de deux cents mazarinades imprimées ou manuscrites, brouillons, projets et évocations de pièces perdues. Voir la présentation de cette étude et l’inventaire des documents PDF - 27 952.2 KB MAE LC, Mémoires et documents, France, 53MD/868, Fol. 39-42 -- MAE LC, Mémoires et documents, France, 53MD/870, Fol. 168-170 -- Archives diplomatiques