Syrie

Présentation de la Syrie

Date de mise à jour le : 14 octobre 2026

Carte

Données générales

Nom officiel : République arabe syrienne

Depuis 2012, la France n’entretenait pas de relations diplomatiques avec le régime syrien. Depuis décembre 2024 et la chute de Bachar-Al Assad, elle a engagé un dialogue avec les nouvelles autorités.

Chef de l’Etat et président de transition : Ahmed al-Charaa

Données géographiques

Superficie : 185.181 Km²
Capitale : Damas
Villes principales : Alep, Homs, Hama, Lattaquié
Langue officielle : arabe
Langues courantes : arabe, kurde
Monnaie : Livre syrienne

Données démographiques

Population (2024) : 24,7 millions (Banque mondiale).
Réfugiés (2024) : 5,9 millions selon les Nations unies, dont 2,9 millions en Turquie, 755 000 au Liban, 611 000 en Jordanie, 303 000 en Irak, 147 000 en Egypte et 17 072 en Afrique du Nord (UNHCR).
Croissance démographique (2023) : 4,9 % (Banque mondiale).
Espérance de vie (2023) : 72 ans. 
Taux d’alphabétisation (2021) : 94%.
Religions (2025) : sunnites (74%) ; alaouites (12%) ; chrétiens (moins de 10%) ; druzes (3%), chiites duodécimains, ismaéliens (CIA Factbook). 
Indice de développement humain (2025) : 0,557; 151e pays sur 189 (PNUD ; 159e en 2022).

Politique intérieure

La chute du régime de Bachar al-Assad

Le régime de Bachar al-Assad s’est effondré brutalement sous le coup d’une offensive lancée le 26 novembre 2024 par les rebelles syriens du mouvement islamiste Hayat Tahrir-al Cham (HTC), émanation du front al-Nosra ayant fait scission d’al-Qaida en 2013 et mouvement désigné comme terroriste par les Nations unies (régime de sanctions 1267 du Conseil de sécurité des Nations unies). Ils étaient conduits par Ahmed al-Charaa, d’abord connu sous son nom de guerre Abou Mohammed al-Jolani, qui s’était imposé à la tête d’un gouvernement autonome établi à Idlib dans le nord-ouest de la Syrie. Ses membres ont été rejoints dans leur offensive par d’autres factions armées de l’Armée nationale syrienne, soutenue par la Turquie, et des groupes rebelles du Sud du pays. 

Depuis la chute de Bachar al-Assad le 8 décembre 2024, les Syriens espèrent tourner la page de 14 ans de guerre civile et 55 ans de dictature. Ahmed al-Charaa a été désigné président par intérim le 29 janvier 2025 à l’occasion d’une « conférence de la victoire ». A la fois chef d’Etat et du gouvernement de transition, il a annoncé la dissolution des factions armées et leur intégration aux forces de sécurité nationale. 

Un dialogue national a été organisé les 24 et 25 février 2025, et donné lieu à l’adoption le 13 mars 2025 d’une déclaration constitutionnelle. Celle-ci établit les principes qui doivent guider la transition et la construction du futur Etat syrien. Une période de transition de cinq ans devrait conduire à l’adoption d’une Constitution censée garantir les principes de la séparation des pouvoirs, de l’égalité de tous les citoyens syriens, et de la protection des droits et libertés individuelles et politiques. Le décret présidentiel n°13 de janvier 2026 a reconnu des droits civiques et politiques aux populations kurdes : la langue kurde est reconnue comme langue nationale, les Kurdes « étrangers » et « apatrides » de 1962 accèdent à la nationalité syrienne et la fête de Nowruz est reconnue comme fête nationale et jour férié. Le pouvoir législatif incombe à l’assemblée du peuple et des élections législatives se sont tenues le 15 et le 20 septembre 2025 pour élire 140 des 210 députés de cette assemblée tandis qu’Ahmed al-Charaa a nommé les 70 membres restants le 1er juillet 2026. Le parlement a tenu sa première séance le 12 juillet 2026. Le pouvoir judiciaire est défini comme indépendant et les tribunaux ont partiellement rouvert.

Les défis sont immenses. Plus de la moitié de la population est déplacée à l’intérieur du pays (7,2 millions) ou réfugiée (6 millions). Le besoin d’une justice transitionnelle est particulièrement vif dans un pays encore largement divisé. La côte entre Lattaquié et Tartous a été le théâtre de graves violences entre le 6 et le 10 mars, lorsque l’attaque coordonnée de groupes loyalistes partisans de Bachar al-Assad a suscité une violente riposte dont les civils, en particulier alaouites, ont été les principales victimes. Ces massacres ont suscité une vive émotion à l’échelle internationale.  Un comité d’enquête indépendant sur les violences de la côte a été mis en place par les autorités de transition, et a rendu ses conclusions le 11 août.

Les autorités de transition font face au défi de l’unification du pays en respectant les particularismes de ses composantes ethniques et religieuses. Les autorités syriennes ont lancé une offensive contre les Forces démocratiques syriennes en janvier 2026. Le Nord-Est syrien est désormais de facto passé sous contrôle des autorités syriennes en conséquence des avancées militaires sur le terrain. Face à l’escalade des tensions les semaines précédentes dans le Nord-Est, la France s’est fortement mobilisée pour conclure un premier cessez-le-feu le 18 janvier et parvenir à l’accord de cessez-le-feu et d’intégration civile et militaire du 29 janvier. Le 25 août 2026, le commandant des FDS Mazloum Abdi a annoncé l’achèvement de l’intégration civile et militaire des FDS ainsi que leur dissolution. Dans le sud du pays (gouvernorat de Souweïda et de Damas), les tensions persistent sur une base communautaire – entre groupes armés druzes et sunnites radicaux échappant au contrôle de Damas. Ces tensions sont alimentées par Israël qui intensifie ses attaques sur le territoire syrien sous prétexte de défense de la communauté druze. Entre le 13 et le 19 juillet, des violences intercommunautaires ont éclaté à Souweïda et visé des civils, particulièrement ceux issus de la communauté druze. Le 1er septembre 2026, des affrontements ont éclaté sur la ligne de front au Nord-Ouest de la province, conduisant à la mort d’un membre des forces de sécurité des autorités syriennes et en blessant neuf autres.

Le retour des déplacés (7,2 millions) et réfugiés (6 millions) est un défi majeur au coût important. Les dernières statistiques du HCR font état du retour de 850 000 réfugiés syriens en Syrie depuis la chute du régime, ainsi que de celui de près de 1,7 million de déplacés internes dans leurs communautés d’origine (1er septembre). 1,5 million de réfugiés et 2 millions de déplacés internes devraient rentrer d’ici la fin de l’année 2025 selon les prévisions

L’opération militaire américaine Inherent Resolve (OIR), est menée dans le cadre de la coalition internationale contre Daech, en Syrie et en Irak depuis 2014. Après s’être retirés des bases d’al-Tanf (frontière avec l’Irak et la Jordanie) et de Shaddadi (gouvernorat de Hassaké) en février 2026, les Etats-Unis ont achevé leur retrait de Syrie en mars 2026. Le 11 novembre 2025, la Syrie a rejoint les enceintes politiques de la Coalition internationale contre Daech, dont elle est devenue le 90ème membre. La France a salué cette adhésion. Une réunion des membres de la Coalition a eu lieu le 9 février 2026 à Riyad, en présence du ministre des affaires étrangères syrien Asaad al-Chibani.

La révolution syrienne

La révolution syrienne a débuté en 2011 de manière pacifique par le soulèvement de la population syrienne dans le sillage des « Printemps arabes ». Le régime de Bachar al-Assad, brutal  et corrompu, était vivement contesté. Jusqu’en avril 2013, il reculait face aux offensives de l’Armée syrienne libre, tandis que des groupes djihadistes s’imposaient dans le conflit : le Front al-Nosra lié à al-Qaïda, puis Daech. Aux abois, le régime syrien a utilisé des armes chimiques contre la population civile lors de l’attaque de la Ghouta en août 2013. 

Une coalition internationale contre Daech menée par les Etats-Unis a multiplié les frappes contre le groupe djihadiste en Syrie, qui a perdu du terrain face à la coalition arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS). La Russie, alliée de Bachar al-Assad, est intervenue en 2015 et a renversé le rapport de force en faveur du régime : après un siège désastreux, la ville d’Alep est reprise par les forces russes et gouvernementales en 2016. La chute du dernier bastion de Daech à Baghouz en 2019 a laissé le champ libre à la confrontation du régime avec les FDS. Au prétexte de sécuriser sa frontière contre celles-ci, la Turquie a pris le contrôle d’une bande de territoire syrien en 2019. Avec l’appui aérien de la Russie et le soutien de l’Iran, le régime syrien a mené une offensive militaire dans la région d’Idlib entre décembre 2019 et mars 2020, qui a donné lieu à de nombreux déplacements de population ainsi qu’à des violations graves du droit international. Infrastructures civiles et hôpitaux ont été bombardés sans distinction, faisant de nombreuses victimes civiles. Bachar al-Assad a été réélu pour un quatrième mandat à la tête d’un pays en ruine en mai 2021, à l’occasion d’élections largement condamnées par la communauté internationale. 

Alors que les Emirats arabes unis ont rouvert leur ambassade à Damas en 2022, plusieurs pays arabes envisageaient de normaliser leurs relations avec le régime. Celui-ci était toutefois travaillé par des divisions internes croissantes, tandis que le soutien apporté par la Russie faiblissait d’autant que celle-ci engageait ses forces dans le conflit ukrainien.

Action de la communauté internationale
  • La Coalition internationale contre Daech :

Depuis le 24 septembre 2014, la Coalition Internationale contre Daech a contribué de manière décisive à la fin de l’emprise territoriale du soi-disant califat de Daech en Irak et en Syrie. La Coalition, via son opération militaire Inherent Resolve, a ainsi apporté un appui militaire décisif aux Forces démocratiques syriennes pour mener à bien la reconquête du Nord-Est syrien et mettre fin à la mainmise de Daech sur un territoire de plus de 110 000 kilomètres carrés. La France maintient sa contribution militaire au volet militaire à la Coalition (opération Chammal) et participe à l’ensemble des formats politiques de cette institution. Outre ses moyens militaires, la Coalition contribue aussi depuis sa création à la stabilisation des territoires libérés, pour soutenir les populations civiles, en 2021 pour un montant de 507 millions de dollars dans le Nord-est syrien et en Irak. Le 10 novembre 2025, la Syrie a rejoint les enceintes politiques de la Coalition internationale contre Daech, dont elle est devenue le 90ème membre. La France a salué cette adhésion, qu’elle a été l’un des premiers Etats à soutenir.

  • Les Nations unies et la Syrie :

Les Nations unies se sont vu confier, aux termes de la résolution 2254 du Conseil de sécurité (2015), la responsabilité d’une médiation en vue de parvenir à un règlement politique de la crise syrienne. Le Secrétaire général des Nations unies a nommé un Envoyé spécial – le Norvégien Geir Pedersen de 2019 à 2025 – pour la mener à bien. Un an après la chute de Bachar al-Assad, les Nations Unies vont être appelées à redéfinir le cadre et les objectifs de leur action en Syrie.

A la suite de la chute du régime de Bachar al-Assad, la France a été à l’initiative de l’adoption d’une déclaration à la presse du Conseil de sécurité sur la situation en Syrie publiée le 17 décembre 2024. Il s’agissait de la première expression unanime du Conseil depuis plusieurs années sur la Syrie.

Par cette déclaration, le Conseil de sécurité réitère son appel à la mise en place d’un processus politique mené par les Syriens eux-mêmes, facilité par les Nations Unies et fondé sur les principes fondamentaux de la résolution 2254 du Conseil de sécurité. Les membres du Conseil y expriment aussi leur attachement à la souveraineté, à l’indépendance et à l’intégrité territoriale de la Syrie, ainsi qu’à la lutte contre le terrorisme et au respect des droits de l’Homme et du droit international humanitaire, et son soutien à l’action de la Force des Nations Unies chargée d’observer le désengagement (FNUOD).

D’autres organes des Nations unies, en particulier l’Assemblée générale des Nations unies et le Conseil des droits de l’Homme, ont adopté des résolutions dénonçant les violations massives et systématiques des droits de l’Homme et du droit international humanitaire dont se rend coupable le régime de Damas. Ces résolutions condamnent la répression opérée par le régime syrien, les exactions commises par Daech et par des groupes radicaux. La résolution 71/248, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 21 décembre 2016, renforce les instruments de lutte contre l’impunité des crimes commis en Syrie en créant le Mécanisme International, Impartial et Indépendant (IIIM), chargé de la collecte et la conservation des preuves en vue de futures actions pénales. Le 29 juin 2023, l’Assemblée générale des Nations unies adopte la résolution 77/301 établissant une institution internationale indépendante sur les personnes disparues en Syrie.

  • Relations avec l’Union européenne

L’Union européenne (UE) s’est montrée très investie dans le règlement de la crise syrienne, qui se déroulait dans son voisinage immédiat. Jusqu’à la chute du régime de Bachar al-Assad, l’Union est restée constante dans sa position : pas de rétablissement des relations diplomatiques, de levée des sanctions ni de reconstruction en l’absence de transition politique.

Avec les Etats membres, l’Union européenne a constitué le premier contributeur d’aide humanitaire, avec près de 37 milliards d’euros d’assistance mobilisés au profit du peuple syrien depuis le début du conflit. Les conclusions communes adoptées par le Conseil de l’Union européenne du 23 juin 2025 développent l’approche européenne vis-à-vis d’une transition pacifique et inclusive en Syrie. 
Les fonds européens finançaient aussi bien l’aide en Syrie qu’auprès des réfugiés et communautés hôtes des pays voisins. Elle a organisé tous les ans depuis 2017 une conférence des donateurs (dite « de Bruxelles ») qui joue un rôle clé dans la mobilisation de l’aide internationale en soutien aux Syriens. A l’issue de la 9e conférence de Bruxelles le 17 mars 2025, et en présence du ministre des Affaires étrangères syrien, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé que l’Union engageait près de 2,5 milliards d’euros pour la Syrie et les pays de la région en 2025 et 2026.

L’Union européenne a également mis en place, dès 2011, un régime de sanctions contre la Syrie dans le but d’affaiblir le régime en place. Ces sanctions comprennent d’une part des sanctions sectorielles (dont un embargo pétrolier, une restriction sur les investissements ainsi que sur les biens et technologies duals) et d’autre part des mesures restrictives individuelles ciblant des membres du régime (gels d’avoir, interdictions de voyager). Conformément à l’engagement pris dans le cadre de notre dialogue avec les autorités de transition, la majeure partie de ces sanctions a été levée en mai 2025 par l’Union européenne en vue de soutenir le relèvement économique du pays et son processus de transition. Les Etats membres de l’Union européenne ont décidé de maintenir les sanctions visant les cadres et entités ayant soutenu le régime de 2011 à 2024, l’embargo sur les armes, ainsi que les sanctions sectorielles visant les biens et technologies duals et les biens pouvant être utilisés à des fins de répression ou de surveillance. A cette occasion, les Etats membres de l’Union européenne ont clairement rappelé que ces allègements devront être associés à de solides garanties en matière de transparence et de respects de nos conditions politiques.

Politique étrangère

  • Les Nations unies et la Syrie :

Les Nations unies se sont vues confier, aux termes de la résolution 2254 du Conseil de sécurité (2015), la responsabilité d’une médiation en vue de parvenir à un règlement politique de la crise syrienne. Le Secrétaire général des Nations unies a nommé un Envoyé spécial – le Norvégien Geir Pedersen depuis le 1er janvier 2019 – pour la mener à bien. Conformément à la résolution 2254, cette médiation devait porter sur l’établissement d’un cessez-le-feu global en Syrie, sur la réforme du cadre constitutionnel, sur l’organisation d’élections libres et transparentes auxquelles participerait aussi la diaspora, et sur l’adoption de mesures de confiance par le régime syrien. A la demande de la Russie, les négociations inter-syriennes devaient s’inscrire dans le cadre d’un « comité constitutionnel » qui réunissait des représentants du régime et de l’opposition à Genève sous l’égide des Nations unies. Du fait de l’obstruction du régime, il n’a pas permis d’avancée en faveur d’une solution politique.

Par ailleurs, depuis le début du conflit en 2011, pas moins de 29 projets de résolution proposant des actions concrètes dans le dossier syrien pour faciliter les accès humanitaires et mettre en place un cessez-le-feu ont été présentés au Conseil de sécurité des Nations unies. Sur ces projets, 15 résolutions n’ont pu être adoptées du fait d’un veto russe, dont neuf avec un double veto russo-chinois. La France a porté près de la moitié de ces résolutions, seule ou avec ses partenaires.

D’autres organes des Nations unies, en particulier l’Assemblée générale des Nations unies et le Conseil des droits de l’Homme, ont adopté des résolutions dénonçant les violations massives et systématiques des droits de l’Homme et du droit international humanitaire dont se rend coupable le régime de Damas. La résolution 71/248, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 21 décembre 2016, a notamment renforcé les instruments de lutte contre l’impunité des crimes commis en Syrie en créant le Mécanisme International, Impartial et Indépendant (IIIM), chargé de la collecte et la conservation des preuves en vue de futures actions pénales.

  • Relations avec l’Union européenne

L’Union européenne (UE) s’est montrée très investie dans le règlement de la crise syrienne, qui se déroulait dans son voisinage immédiat. Avec les États membres, elle constitue le premier contributeur d’aide humanitaire, avec près de 24 milliards d’euros d’assistance mobilisés au profit du peuple syrien depuis le début du conflit. Elle a, égalementorganisé tous les ans depuis 2017 une conférence des donateurs (dite « de Bruxelles ») qui joue un rôle clé dans la mobilisation de l’aide internationale en soutien aux Syriens.

L’UE a également été active sur le plan politique. Le Conseil des Affaires étrangères de l’UE du 19 novembre 2012 reconnaissait comme interlocuteur la Coalition nationale syrienne, qui représentait aussi l’opposition dans le cadre du processus politique mené sous l’égide des Nations unies. L’Union européenne soutenait la médiation onusienne conduite par G. Pedersen et le cadre fixé par la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies. 

L’Union européenne a également instauré des sanctions à l’encontre du régime syrien de Bachar al-Assad depuis le début de la crise. À ce jour, plus de vingt paquets de sanctions ont été mis en œuvre. Ces sanctions prévoyaient des restrictions sur les exportations de pétrole syrien à destination de l’Europe et des sanctions financières et commerciales à l’encontre des secteurs d’activité économique qui financent la répression en Syrie. Elles ciblaient également des personnes qui appuyaient le régime syrien par des interdictions d’entrée sur le territoire européen et des gels de fonds. Le 20 mai 2025, les ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l’Union européenne se sont engagés lors du Conseil des Affaires étrangères à lever les sanctions économiques visant la Syrie.

Situation économique

PIB (2024) : 21,4 milliards de dollars (Banque mondiale), contre 51 milliards de dollars en 2010.  Taux de croissance (2022) : 0.7% (Banque mondiale).

  • Taux de chômage (2024) : 13% (contre 8,6% en 2010).
  • Taux de pauvreté : 39% de la population syrienne vit en 2022 avec moins de 4,20 $ par jour, 19% avec moins de 3 $ par jour (Banque mondiale).
  • Taux d’inflation (2019) : 13,4 % ; le taux d’inflation connaît cependant des variations significatives selon les régions.
  • Taux de change de la livre syrienne (2025) : 512 SYP/USD au marché officiel.
  • Solde budgétaire (2017) : -8,7% du PIB.
  • Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2022) :
  • Agriculture : 43.1 %
  • Industrie : 12 %
  • Services : 44.9 %

(Sources : Banque mondiale, PNUD)

La guerre civile syrienne a entraîné la Syrie dans une situation de grave crise économique. La livre syrienne est largement dépréciée, dans un contexte d’inflation galopante et de pénurie des biens de première nécessité.

La crise intérieure a conduit à une dégradation de la situation économique. La corruption et les activités criminelles (pillages, rackets, trafic de stupéfiants, etc.) se sont généralisées dans un contexte d’économie de guerre.

L’économie syrienne a souffert de la destruction d’une grande partie de son capital humain et productif ainsi que d’une forte inflation, aggravée par les répercussions de la crise de l’économie libanaise. Les finances publiques sont extrêmement dégradées, et la livre syrienne a perdu l’essentiel de sa valeur depuis le début de la crise. Dans ce contexte, la Banque mondiale estime à 216 milliards USD le coût de la reconstruction de la Syrie, près de 10 fois le PIB syrien.

Situation humanitaire

Au cours des 14 dernières années de conflit et de crise, des centaines de milliers de Syriens ont été tués ou blessés. Le bilan humain précis de la crise syrienne est difficile à établir compte tenu de la durée et de l’ampleur du conflit. Celui-ci a entraîné la mort de plus de 511 000 personnes selon l’Observatoire syrien des Droits de l’Homme (OSDH).

En outre, plus de 13 millions de Syriens ont été contraints de fuir leurs foyers, soit la moitié de la population d’avant-guerre. Plus de 7 millions de Syriens sont ainsi déplacés à l’intérieur du pays et plus de 6 millions vivent à l’étranger en tant que réfugiés, principalement dans les pays voisins, dont la Turquie, le Liban et la Jordanie, mais aussi en Europe et dans d’autres pays du monde. Depuis la chute du régime de Bachar al-Assad, près de 1,1 million de réfugiés syriens sont revenus en Syrie et 1,9 millions de déplacés internes sont retournés dans leur région d’origine (Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, 2025).

Au lendemain de la chute du régime, le pays reste plongé dans une crise humanitaire majeure après 14 années de conflit et la destruction de nombreuses infrastructures civiles. En 2025, les agences spécialisées des Nations unies estiment que plus de 16,5 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire en Syrie et 90 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Les retours de réfugiés en Syrie, amplifiés par la crise au Liban, accroissent la pression sur les services publics ainsi que le secteur de l’emploi, et créent de nouveaux besoins humanitaires.

La France est mobilisée pour répondre à cette situation d’urgence humanitaire, conformément à son engagement en faveur de la stabilisation et du rétablissement de la paix en Syrie. Via l’Initiative française pour la sécurité alimentaire et la nutrition (IFSAN), la France soutient des projets d’aide alimentaire et nutritionnelle, au bénéfice de plus de 310 000 personnes en 2025, notamment les femmes et les jeunes enfants, tout en favorisant la restauration des capacités agricoles locales.

Depuis la révolution syrienne en 2011 et le début de la guerre qui a engendré l’une des pires crises humanitaires de notre siècle, la France a mobilisé plus de 455 millions d’euros d’aide en soutien à la population syrienne à travers le financement de projets humanitaires et de stabilisation sur l’ensemble du territoire syrien, notamment dans les domaines de la santé, du soutien au relèvement socio-économique, ou de la lutte contre l’impunité. En 2025, la France a renouvelé son soutien de 50 millions euros au profit de la population syrienne dans l’ensemble de la Syrie.

Pour en savoir plus : comment la France soutient la population syrienne en Syrie et dans les pays d’accueil

Liste des représentations françaises

Annuaire des représentations syriennes en France

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