Le coin du bibliophile Les particuliers et les institutions déposent souvent une marque (ex-libris, cachet,…) sur les livres afin de signaler qu’ils leur appartiennent. Parfois, ils les recouvrent également de belles reliures (armoriées ou non) pour les mettre en valeur. L’identification de ces marques permet de préciser la provenance des ouvrages et de retracer ainsi leur parcours jusqu’à nous. Archives diplomatiques Publié le : 23 octobre 2025 Mis à jour le : 04 février 2026 Dans cette rubrique Archives & bibliothèque Venir aux Archives Confier ses archives ou travaux Consulter les archives Organiser un tournage aux Archives Organiser une visite des Archives Reproduire et réutiliser des archives Effectuer des recherches généalogiques ou familiales Accès des généalogistes professionnels Actes d’état civil et autres archives diplomatiques et consulaires L’état civil des Français à l’étranger Recherche de personnes disparues en Algérie pendant les derniers mois de la souveraineté française S’orienter dans les fonds et collections Ambassades, consulats, réseau culturel et de coopération (XVIe-XXe siècles) Colonies et territoires d’Outre-mer (1793-1960) Protectorats et mandat français (1881-1956) Récupération artistique Ressources pédagogiques Agenda et offre culturelle des Archives Concours des jeunes ambassadeurs et ambassadrices L’offre éducative du centre de La Courneuve L’offre éducative du centre de Nantes Sommaire Abbaye Saint-Victor (ordre des chanoines réguliers de Saint-Augustin) Jeanne-Baptiste d’Albert de Luynes, comtesse de Verruë (1670-1736) Les ducs de Bourbon, princes de Condé Casimir Pignatelli, comte d’Egmont (1727-1801) Thomas-Philippe-Louis de Hénin-Liétard d’Alsace-Boussu de Chimay appelé le cardinal d’Alsace (1679-1759) Louis Jean Marie de Bourbon, duc de Penthièvre (1725-1793) Jeanne Antoinette Poisson, marquise de Pompadour (1721-1764) Reliure germanique pour livre de référence Prieuré de Saint-Martin-des-Champs (Paris) Marie Adélaïde de France, dite « Madame Adélaïde » (1732-1800) Vergennes, père et fils Abbaye Saint-Victor (ordre des chanoines réguliers de Saint-Augustin) L’abbaye Saint-Victor possède sous l’Ancien Régime l’une des plus riches bibliothèques de Paris, constituée dès le 12e siècle. Sous François 1er, elle est considérée comme la plus importante du royaume. De nombreux dons l’enrichissent au cours de son existence. L’un des plus importants est celui d’Henri du Bouchet de Bournonville, conseiller au Parlement, en 1652. Ce legs comprend 6 000 volumes imprimés, manuscrits, cartes et estampes. En outre, le donateur spécifie qu’il désire voir ouverte au public la bibliothèque trois fois par semaine. Vers le milieu du 18ème siècle, on peut dénombrer dans la bibliothèque de l’abbaye environ 35 000 imprimés et manuscrits. Confrontés à des difficultés financières, les chanoines demandent au roi l’extension du dépôt légal au bénéfice de l’abbaye. Le développement continu des collections nécessite la construction d’une nouvelle bibliothèque. Le nouveau bâtiment est mis en service en 1788. A peine quatre années plus tard, elle doit fermer. En 1792, comme tous les établissements religieux parisiens, l’abbaye voit ses livres confisqués et transférés dans le dépôt littéraire des Enfants de la patrie (hôpital de la Pitié). Le bâtiment est détruit en 1815. Eglise Saint-Victor (gravure de Merian). Les marques de provenance permettant de rattacher à l’abbaye Saint-Victor huit ouvrages détenus par la bibliothèque du ministère des Affaires étrangères sont au nombre de neuf : super ex-libris, cachet humide, ex-libris manuscrit, cote de classement. Marques de provenance liées à l’abbaye Saint-Victor. Archives diplomatiques. On peut reconnaître les ouvrages du legs Bournonville à deux marques distinctives. Marques de provenance liées au legs Bournonville. Archives diplomatiques. Documents du legs La République des Suisses, comprise en 2 livres, contenans le gouvernement de Suisse l’estat public des treize Cantons… / Josias Simler. s.l. : Chupin et Le Preux, 1578Bibliothèque, Rés. C 1 Colonia celtica lucrosa / Anthoine Colombet. - Lugduni : apud Ant. Gryphium, 1578Bibliothèque, 043 C 16 [legs Bournonville] Mémoires pour l’histoire de Navarre et de Flandre… / Auguste Galland. Paris : chez Mathieu Guillemot, 1648Bibliothèque, 62 C 4 [legs Bournonville] Préliminaires des traites faits entre les rois de France et tous les princes de l’Europe depuis le règne de Charles VII, auxquels on a joint les cartes concernant les négociations de la paix conclues à Turin et de celle de Ryswick / Amelot de la Houssaye. Paris : chez Frédéric Léonard, 1697Bibliothèque, 67 Dz 36 Histoire générale du Portugal / Lequien de la Neufville. Paris : Anisson, 1700 (2 vol.)Bibliothèque, 45 G 30 De rebus a Carolo Gustavo Sueciae rege gestis commentariorum libri septem, elegantissimis tabulis aeneis exornali, cum triplici indice / baron Samuel de Pufendorf. Norinbergae : s.n., 1729 (2 vol.)Bibliothèque, 7 A 3 Histoire générale de la marine, contenant son origine chez tous les peuples du monde, ses progrès, son état actuel et les expéditions maritimes anciennes et modernes (tome second) / M. de Boismesle. Paris : chez Antoine Boudet, 1746Bibliothèque, 57 Fz 10 Le négociant anglais, ou traduction libre du livre intitulé : The British Merchant… de Charles King / Fr. Véron de Forbonnais. Dresde et Paris : chez les frères Estienne, 1753 (2 vol.)Bibliothèque, 40 Ax 57 Jeanne-Baptiste d’Albert de Luynes, comtesse de Verruë (1670-1736) Dans sa résidence parisienne et sa maison à Meudon, la comtesse de Verruë collectionne, entre autres choses, les livres. Six d’entre eux figurent parmi les ouvrages conservés à la bibliothèque du ministère des Affaires étrangères. Découvrez-les en cliquant ici : Jeanne-Baptiste d’Albert de Luynes, comtesse de Verruë PDF - 495.3 KB Les ducs de Bourbon, princes de Condé Entre 1796 et 1797, 22 titres (représentant 158 volumes) sont remis par les conservateurs des dépôts littéraires de la rue de Lille et des Enfants de la Patrie au ministère des Relations extérieures pour compléter ses collections d’imprimés. Archives diplomatiques. Vous les identifierez en cliquant ici : Les ducs de Bourbon, princes de Condé PDF - 1 637.4 KB Casimir Pignatelli, comte d’Egmont (1727-1801) Bibliothèque, 88 D 1. Archives diplomatiques. Casimir Pignatelli, comte d’Egmont, épouse en 1756 la fille de Louis François Armand du Plessis, duc de Richelieu. A la mort de ce dernier, il prend à son service son bibliothécaire qui compose alors les quatre volumes du catalogue de ses livres. La bibliothèque du ministère des Affaires étrangères détient ce document comme 41 titres portant l’un des deux ex-libris du comte d’Egmont. Ex-libris du comte d’Egmont. Archives diplomatiques. Pour en savoir plus : Casimir Pignatelli, comte d’Egmont (1727-1801) PDF - 625.2 KB Thomas-Philippe-Louis de Hénin-Liétard d’Alsace-Boussu de Chimay appelé le cardinal d’Alsace (1679-1759) Ex-libris du cardinal d’Alsace. Archives diplomatiques. Au terme de la reconstruction de son palais archiépiscopal, le cardinal d’Alsace y place, selon Christyn, « une bibliothèque qui est sans contredit la plus choisie des Pays-Bas ». Il lègue ses livres au chapitre métropolitain de Malines. En 1794, ils sont enlevés par les commissaires de la Convention nationale et transportés en France dans le dépôt littéraire des Cordeliers où la bibliothèque du ministère des Relations extérieures effectue des prélèvements pour enrichir ses collections. Suivez ce lien pour découvrir les titres retrouvés : Thomas-Philippe-Louis de Hénin-Liétard d’Alsace-Boussu de Chimay appelé le cardinal d’Alsace (1679-1759) PDF - 271.7 KB Louis Jean Marie de Bourbon, duc de Penthièvre (1725-1793) Histoire de la Laponie… / Johannes G. Scheffer. Paris : chez la veuve Olivier de Varennes, 1678. Bibliothèque, 20 G 115. Archives diplomatiques. A deux reprises, en 1796 et 1798, la bibliothèque du ministère des Relations extérieures se voit attribuer des livres ayant appartenu au duc de Penthièvre. 42 titres (composant un ensemble de 146 volumes) entrent ainsi dans ses collections. Il a été possible d’en identifier dix avec certitude car les armes de ce petit-fils de Louis XIV étaient apposées sur leur reliure. Nous vous invitons à découvrir ce prince bibliophile en cliquant sur ce lien : Louis Jean Marie de Bourbon, duc de Penthièvre (1725-1793) PDF - 517.9 KB Jeanne Antoinette Poisson, marquise de Pompadour (1721-1764) Lettres de Mr le chevalier Guill. Temple,… La Haye : chez Jean Van Duren, 1711. Bibliothèque, 40 Ax 18. Archives diplomatiques Ayant fréquenté le salon littéraire de Mme de Tencin et s’étant liée à de nombreux écrivains qui la courtisent, elle possède plusieurs milliers d’ouvrages. A sa mort, le marquis de Marigny, son frère, hérite de ses biens. En 1765, l’éditeur Hérissant organise la vente aux enchères de sa bibliothèque. Il en publie le catalogue qui se compose de 3561 numéros. La bibliothèque du ministère des Affaires étrangères possède quatre livres ayant appartenu à la marquise de Pompadour. Venez les découvrir en cliquant sur ce lien : Jeanne Antoinette Poisson, marquise de Pompadour (1721-1764) PDF - 300.4 KB Reliure germanique pour livre de référence Historia oder eigentliche und warhaffte beschreibung aller fürnehmen kriegshandel… Emanuel Van Meteren. Arnheim : bey Johan Jansen, 1604. Bibliothèque, 1 F 11. Archives diplomatiques Fils d’un imprimeur d’Anvers, Emanuel Van Meteren (1535-1612) s’installe à Londres en 1557 pour y faire du commerce. Il y est élu en 1583 chef de la corporation des marchands néerlandais. Sa notoriété repose essentiellement sur cette histoire de la Belgique pendant la période des troubles du 16ème siècle. Jugée indigeste et d’une lecture pénible, elle demeure la première grande histoire de cette période. Elle fait l’objet de plusieurs éditions, à partir de 1593, en néerlandais, en allemand et en latin. Cette œuvre est mal reçue dans les Pays-Bas tant de la part des Etats généraux qui mettent en garde le public contre ses erreurs que des députés synodaux qui la considèrent diffamatoire. La reliure en peau de truie de l’exemplaire conservé à la bibliothèque du ministère des Affaires étrangères présente un décor estampé à froid de plaque, filets et roulettes (Justice et figures allégoriques féminines, volutes,…). Les ais de bois sont biseautés en tête, queue et gouttière. Cinq nerfs doubles apparaissent sur le dos. Deux fermoirs sont fixés au plat inférieur (patte, agrafe, contre-agrafe). Le mode et la date d’acquisition de ce volume par la bibliothèque sont encore inconnus. Cependant, la présence d’un ex-libris collé au contreplat supérieur permet de savoir qu’il est entré en possession du graveur augsbourgeois George Christoph Kilian (1709-1781). Il s’agit du fils aîné et de l’élève de Georg Kilian. Il visite l’Autriche et la Hongrie mais réside surtout dans sa ville natale. Il grave des sujets d’histoire, principalement des portraits, notamment de peintres célèbres.Son ex-libris représente ses armes avec deux génies en tenants, le premier dessinant assis sur un sphinx, le second posé sur une pile de livres mesurant un globe à l’aide d’un compas. Sa devise « Arte et Scientia » et son identité « Georg Christoph Kilian » complètent la scène. Archives diplomatiques Prieuré de Saint-Martin-des-Champs (Paris) OHR 2302. Archives diplomatiques La bibliothèque du ministère des Affaires étrangères détient trois volumes d’un ouvrage ayant appartenu au prieuré de Saint-Martin-des-Champs à Paris (ordre clunisien). Ils portent ses armes au centre de leurs plats. Elles représentent Saint-Martin coupant son manteau en deux pour le partager avec un pauvre. Dès le 12ème siècle, ce prieuré dispose d’une bibliothèque. Au moment de la Révolution, on estime à 40 000 le nombre de volumes qu’elle détient. Après la sécularisation des biens ecclésiastiques (2-4 novembre 1789), les livres sont saisis et placés dans le dépôt littéraire de Louis-la-Culture. Ce titre figure sur une liste du 19 mars 1797 d’ouvrages remis au ministère des Relations extérieures (bibliothèque de l’Arsenal, Archives des dépôts littéraires, manuscrit 6505, fol. 203-210), extraits du dépôt littéraire des Grands Jésuites (dénommé le plus souvent Louis-la-Culture). Une mention marginale confirme qu’il a pour origine « Saint-Martin ». Presque tous les bâtiments monastiques ont depuis été démolis. Le réfectoire a pu être conservé et restauré. Il abrite aujourd’hui la bibliothèque du Conservatoire des arts et métiers. Quel est ce livre ? Histoire des chevaliers hospitaliers de S. Jean de Jérusalem… / René Aubert de Vertot (abbé). Amsterdam : chez Pierre Mortier, 1728 (4 vol.). Bibliothèque, 28 F 7 (tomes 1, 2 et 4). Archives diplomatiques Homme d’église et historien, ami de Fontenelle et de l’abbé de Saint-Pierre, l’abbé Vertot (1655-1735) se fait connaître et apprécier dès son premier livre consacré à l’Histoire de la conjuration du Portugal (1689). Il rédige ensuite une Histoire des révolutions de Suède (1695) puis une Histoire des révolutions arrivées dans le gouvernement de la République romaine (1719). L’ordre de Saint-Jean de Jérusalem s’adresse à cet auteur à succès afin qu’il se consacre à l’écriture d’un corps complet d’histoire de leurs glorieuses annales. Ce livre paraît en 1726. L’histoire doit, pour l’abbé Vertot, être proposée à la manière d’une œuvre littéraire. L’exacte relation des faits lui importe souvent moins que l’effet dramatique produit ! Marie Adélaïde de France, dite « Madame Adélaïde » (1732-1800) Portrait de Madame Adélaïde / Adélaïde Labille-Guiard Huile sur toile (1787). Château de Versailles Le traité des Pyrénées formalise une paix conclue entre la couronne d’Espagne et la France à l’issue de la guerre franco-espagnole, commencée en 1635 dans le cadre de la guerre de Trente Ans (1618-1648), et ayant continué durant la Fronde. Il est signé le 7 novembre 1659 sur l’île des Faisans, au milieu du fleuve côtier Bidassoa qui marque la frontière entre les deux royaumes dans le département actuel des Pyrénées-Atlantiques. Histoire des négociations, et du traité de paix des Pyrénées / Luc d’Esnans de Courchetet Amsterdam : chez Guy, 1750. 2 vol. Bibliothèque, 67 Ez 46. Archives diplomatiques L’exemplaire de la bibliothèque du ministère des Affaires étrangères porte les armes de Madame Adélaïde, troisième fille de Louis XV et de Marie Leczinska. Femme lettrée, musicienne et bibliophile, elle possède une bibliothèque riche de plus de 10 000 volumes concernant surtout la religion, la littérature, l’histoire et les voyages. En 1791, elle émigre, avec sa soeur Victoire, à Rome puis dans le royaume de Naples. Elle meurt à Trieste en 1800. Après leur fuite, les livres des princesses sont saisis et dispersés. Beaucoup se trouvent aujourd’hui à la bibliothèque municipale de Versailles. Le manuscrit des confiscations révolutionnaires (conservé à la bibliothèque de l’Arsenal) nous apprend que ce volume, prélevé sur les collections entreposées au dépôt littéraire des Cordeliers le 12 avril 1797 au profit de la bibliothèque des Relations extérieures, appartenait à « Villequier ». Louis Alexandre Céleste d’Aumont, duc de Villequier (1736-1814) a eu pour première épouse Félicité Louise Le Tellier de Courtanvaux. Elle a été nommée dame pour accompagner Madame Adélaïde qui aurait pu lui donner ce livre dans le cadre de son service. Cet exemplaire conserve au recto de la première garde marbrée le relief d’une étiquette grattée pouvant être associée au marque-page d’un dépôt littéraire. Vergennes, père et fils La bibliothèque du ministère des Affaires étrangères détient six ouvrages ayant été en possession de Charles Gravier de Vergennes (1719-1787), secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères (1774-1787). Super ex-libris doré. Archives diplomatiques. / Ex-libris gravé. Archives diplomatiques. Cinq d’entre eux lui ont été remis le 13 prairial an V (1er juin 1797). Ils avaient été confisqués à l’émigré Vergennes et entreposés au dépôt littéraire de la rue de Lille (Paris). En suivant ce lien, vous découvrirez les circonstances ayant conduit à cette confiscation : Vergennes, père et fils PDF - 134.3 KB