L’éducation, la formation et l’insertion professionnelle

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L’éducation, la formation et l’insertion professionnelle sont les clés de voûte du développement et l’une des priorités de l’aide au développement de la France qui consacre en moyenne près de 15% de son Aide publique au développement (APD) à ce secteur. C’est aussi une des priorités de la communauté internationaledans le cadre de l’Agenda pour le développement durable dont l’Objectif de développement durable (ODD) n°4 vise à « assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie".

La pandémie de la Covid-19 et les mesures sanitaires mises en place ont conduit à la fermeture d’établissements scolaires dans plus de 190 pays, ce qui a affecté plus d’1,6 milliard d’apprenants dans le monde. Ces fermetures d’écoles auront pour conséquences des retards accumulés dans les apprentissages des élèves, qui seront parfois difficiles à rattraper. Mais aussi la montée de la malnutrition chez les enfants, privés des repas scolaires pendant le confinement (370 millions d’enfants pauvres ont été privés de ces repas pendant les périodes de confinement) ou le renforcement des difficultés et discriminations rencontrées par les filles.
Les progrès accomplis vers la réalisation de l’ODD n°4 pour parvenir à une éducation de qualité et un apprentissage tout au long de la vie risquent donc de stagner et même de s’inverser. Le financement de l’éducation, à travers les financements nationaux et via l’aide internationale, est susceptible d’être fortement réduit dans le contexte actuel de crise économique et sanitaire. Dans ce contexte, la France réaffirme l’importance de l’éducation pour le développement durable et renforcer la résilience des Etats et des sociétés.

Un choix stratégique

Soutenir l’éducation des jeunes générations est un choix stratégique en faveur d’une croissance durable et inclusive et de la réduction des inégalités.
C’est aussi une condition de la transition démographique des pays en développement et un facteur de cohésion sociale. L’éducation et la formation augmentent les compétences des individus dans tous les secteurs de l’économie, moderne et traditionnelle, urbaine et rurale. Elles contribuent à la hausse du niveau de vie et facilite l’insertion dans l’économie, en particulier pour les jeunes. La mise en place d’une stratégie de développement axée sur l’éducation et la formation favorise également l’égalité entre les femmes et les hommes et permet de lutter contre la marginalisation des populations les plus vulnérables.

L’approche française vise à développer des actions dans la continuité sur les volets éducation-formation-insertion. Cela permet aux enfants de développer les compétences fondamentales par l’accès équitable à une éducation de base de qualité, de favoriser l’acquisition des compétences professionnelles et transversales à travers les politiques et dispositifs de formation et d’emploi, et de rénover les offres d’enseignement supérieur et de recherche.

Un choix solidaire

C’est un choix solidaire, pour une certaine vision de la vie en société, où les femmes et les hommes naissent libres et égaux en droits, mais ne peuvent exercer ces droits que par l’accès de tous aux connaissances, langues, savoir-faire et idées. L’éducation est la condition de l’épanouissement personnel, de la participation à la vie civique, de l’accès à un travail décent et un facteur-clé de la résilience des sociétés, reposant sur un corps social éduqué, intégré, adhérant à un projet collectif. Face à l’accentuation des inégalités et aux menaces qui pèsent sur la stabilité et la paix, l’éducation participe sur tous les territoires à la nécessité d’ouverture à l’autre, au développement d’une citoyenneté mondiale et à la compréhension du monde global contemporain et de ses transformations économiques, technologiques, écologiques.

Sahel central, prévenir l’extrémisme violent grâce à l’éducation
La France soutient, via le fonds de solidarité pour les projets innovants (FSPI), un projet éducatif mis en œuvre par l’UNESCO pour renforcer la résilience des jeunes face à l’extrémisme au Burkina Faso, au Mali et au Niger.

L’objectif est de renforcer l’engagement des jeunes en faveur de l’Etat de droit et dans la construction de la paix. A travers une approche préventive basée sur l’éducation, le projet cible les élèves ainsi que les jeunes qui ne sont pas, ou plus, scolarisés.

La première phase permettra :

  • d’intégrer le genre et le respect de l’État de droit dans les matériels pédagogiques officiels des 3 pays,
  • de faire coopérer entre eux les différents acteurs (enseignants, forces de sécurité, justice, autorités religieuses et traditionnelles) pour que chacun intègre la prévention de l’extrémisme violent dans ses actions,
  • de recueillir les besoins des jeunes, et en particulier les jeunes filles, en matière de résilience face à l’extrémisme violent et de construction de la paix.

Un choix indissociable de la promotion de la francophonie

Une relation essentielle existe entre le français, langue d’ouverture et de développement, et l’éducation. La France, qui joue un rôle moteur dans la diffusion de la langue française, enseignée par un demi-million de professeurs à 120 millions d’élèves, a, avec l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), une responsabilité particulière à cet égard au sein de la communauté internationale.

La France est très engagée auprès des organisations de la Francophonie actives dans le domaine de l’éducation, notamment la CONFEMEN et son programme PASEC pour l’évaluation des apprentissages au primaire, et l’Agence universitaire de la Francophonie avec le programme APPRENDRE pour la formation des enseignants. Elle soutient également la mise en place, en 2021, d’une « alliance francophone pour l’éducation », impulsée par la Secrétaire Générale de l’OIF, dont l’objectif est de coordonner les actions éducatives mises en œuvre par les différentes instances et organisations de la Francophonie et ses États membres.

L’aide publique au développement, instrument de mise en œuvre à la fois sur le plan bilatéral et multilatéral

Le CICID de février 2018 a consacré l’éducation comme l’une des 5 priorités de l’action extérieure de la France.
La part de l’éducation dans l’aide publique au développement totale de la France -qui se situe à 13% par an, soit 1.3 milliard d’euros en 2018- reflète cette priorité. L’aide bilatérale constitue environ 80% de ce montant, contre 20% pour l’aide multilatérale.

La stratégie française est mise en œuvre au niveau bilatéral par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) par l’intermédiaire des opérateurs de l’État, notamment l’Agence Française de Développement (AFD) et Expertise France, ainsi que via des outils directement pilotés par les postes diplomatiques, tels que le Fonds de soutien aux projets innovants (FSPI).

L’aide bilatérale française se situe à 1,1 milliard d’euros en 2018, dont 1 milliard d’euros de dons et 700 millions d’euros de prêts. Elle comprend aussi bien les financements directs du MEAE, dont les bourses, ainsi que les frais d’écolage, que les financements transitant par l’AFD ou les autres opérateurs de l’État. En 2018, 206 millions d’euros de l’aide bilatérale ont été dirigés vers les 19 pays prioritaires de l’APD française, dont 53 millions vers le Sahel.

Les actions de la France au niveau bilatéral et multilatéral contribuent à la réalisation de l’ODD n°4. Elles visent à :

  • Appuyer l’accès universel à un socle de compétences fondamentales ;
  • Accompagner le développement des compétences et les parcours de formation pour une croissance forte, durable et inclusive ;
  • Favoriser l’accès des jeunes à l’emploi décent.

Atteindre l’égalité de genre dans l’éducation et l’émancipation des filles

Si la parité dans l’éducation est atteinte au niveau mondial, d’importantes disparités locales, régionales et nationales subsistent.
En moyenne, la parité n’est atteinte que dans :

  • 2 pays sur 3 à l’école primaire,
  • 1 pays sur 2 pour l’enseignement secondaire de premier cycle,
  • 1 pays sur 4 pour l’enseignement secondaire de deuxième cycle.

130 millions de filles restent non scolarisées dans le monde. L’égalité de genre dans et à travers l’éducation est donc encore loin d’être atteinte. Selon l’UNESCO, 11 millions de filles supplémentaires risquent de ne pas revenir à l’école suite à la pandémie de la Covid-19.

La France soutient l’accès de toutes les filles à une éducation de qualité, par l’inclusion des problématiques relatives au genre dans la conception et la mise en œuvre des politiques éducatives telles que :

  • environnements scolaires exempts de violence de genre,
  • infrastructures sanitaires et d’hygiène scolaires adéquates,
  • programmes scolaires dépourvus de préjugés sexistes,
  • formation des enseignants sur les questions relatives au genre.

La France soutient par ailleurs la lutte contre les grossesses et les mariages précoces, l’accès à toutes les filles à l’éducation complète à la sexualité, et la participation des femmes à l’enseignement.

« Pékin +25 : la génération égalité commence par l’éducation des adolescentes » produit par la France, Plan international France et l’UNESCO
Cette publication, qui démontre l’importance de l’éducation des adolescentes pour l’avancement de l’agenda visionnaire du Programme d’action de Pékin et la réalisation des objectifs de développement durable, formule des recommandations pour le Forum Génération Égalité de juin 2021.
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L’initiative « Priorité à l’égalité »

Sous l’impulsion du gouvernement français, le G7 a lancé en 2019 l’Initiative « Priorité à l’égalité » (Gender at the center/GCI) en collaboration avec les organisations internationales spécialistes de la planification des politiques éducatives et des enjeux de genre dans l’éducation.

L’initiative a ainsi 2 agences cheffes de file, l’Initiative des Nations unies pour l’éducation des filles (UNGEI) et l’Institut International de la Planification de l’Education (IIPE) de l’UNESCO. Les 2 agences travaillent en étroite collaboration pour assurer la cohérence dans la mise en œuvre du programme, notamment grâce à la complémentarité de leurs compétences, de leurs connaissances et de leurs approches. Le Partenariat Mondial pour l’Éducation et l’UNICEF jouent également un rôle d’appui sur certains volets du programme.

L’initiative, d’une durée initiale de 3 ans, est conçue pour accompagner 8 projets pilotes en Afrique, dans leurs efforts pour atteindre l’égalité dans le secteur de l’éducation : Burkina Faso, Mali, Niger, Tchad, Mauritanie, Nigeria, Sierra Leone et Mozambique.

La France est le principal bailleur de l’initiative, à travers une contribution de 4,5 millions d’euros sur un total de 7,5 millions d’euros de financements. Les autres bailleurs incluent l’Allemagne, l’Union européenne et l’Italie.

Pour en savoir plus

Mise à jour : février 2021