Aide humanitaire à l’Ukraine

A partir de 2014 et avec le début du conflit suivant la révolution de la dignité (place Maïdan), la France s’est mobilisée pour venir en aide à l’Ukraine sur le plan humanitaire.

Publié le : 10 novembre 2025 Mis à jour le : 09 juillet 2026

Enfants ukrainiens rapatriés en France pour traitement contre le cancer
Jonathan Sarago/MEAE

En 2022, dès le premier jour de la guerre d’agression de grande ampleur conduite par la Russie, , la France soutient l’Ukraine et les pays limitrophes les plus lourdement affectés par le conflit. A la date du 1er juillet 2026, elle a consacré plus de 471 millions d’euros à l’aide humanitaire à l’Ukraine, qui lui ont permis de financer une assistance directe aux Ukrainiens, ainsi que des projets portés par des organisations internationales, des agences des Nations Unies et des organisations non gouvernementales (ONG) dans de nombreux secteurs. 

Aide humanitaire à l’Ukraine

Sur le plan diplomatique, la France s’est mobilisée dès 2022 pour proposer une réponse humanitaire à la hauteur des besoins du peuple ukrainien. Le 13 décembre 2022, une conférence internationale réunissant 70 représentants d’organisations internationales et de gouvernements étrangers s’est tenue à Paris, à l’initiative conjointe de la France et de l’Ukraine, et en présence de la présidente de la Commission européenne. 

Revoir la déclaration de ses coprésidents.

Les opérateurs de l’État, les collectivités territoriales, le secteur privé et la société civile se sont eux aussi largement mobilisés pour répondre à la crise en Ukraine. Depuis le début de la guerre, quelque 2 200 collectivités territoriales et une centaine d’entreprises ont contribué à la réponse humanitaire du MEAE..

Comment contribuer ? 

La France a acheminé plusieurs milliers de tonnes de matériel humanitaire jusqu’en Ukraine et dans les pays limitrophes (ex : Roumanie, Moldavie), par le biais d’une soixantaine d’opérations logistiques de solidarité. Ces dernières ont bénéficié du soutien de l’Union européenne dans le cadre de son Mécanisme de protection civile (MPCU).

Depuis le début du conflit, la France a également mobilisé plus de 142 millions d’euros pour soutenir les actions d’ONG internationales, du Comité international de la Croix-Rouge et d’opérateurs publics dans une douzaine d’oblasts (i.e. de régions). Certaines activités ont lieu très près du front. D’autres bénéficient aux régions et aux communautés-hôtes qui ont accueilli de nombreux Ukrainiens déplacés.

Depuis février 2022, l’aide humanitaire de la France à l’Ukraine est aussi passée par des contributions volontaires aux agences des Nations Unies, à des organisations internationales et au mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge à hauteur de 251 millions d’euros.

Chiffres 2022 - 2026 :

Soutien aux ONG : 142 M€

Soutien aux organisations internationales : 265,6 M€

Aide en nature : 64 M€

Total : 471,6 M€

Aperçu des besoins humanitaires

En 2026, les Nations Unies et l’ensemble des acteurs humanitaires présents en Ukraine estiment qu’environ 10,8 millions d’Ukrainiens ont besoin d’assistance humanitaire. La majorité des besoins sont localisés dans les zones proches du front, y compris dans des territoires occupés par la Russie, puisqu’on estime que plus de 3 millions de personnes ont un besoin urgent d’aide humanitaire dans ces régions-là. Du fait des bombardements et des destructions, plus de 6 millions d’Ukrainiens ont été contraints de fuir leur localité et de trouver refuge ailleurs dans le pays. La multiplication des frappes contre des infrastructures civiles (ex : habitations, écoles, hôpitaux, installations énergétiques) – violation flagrante du droit international humanitaire - a causé l’interruption de nombreux services de base. A titre d’exemples, en février 2026, l’Organisation mondiale de la Santé avait recensé 2 881 attaques contre des structures médicales et l’ONU avait comptabilisé plus de 2 800 établissements scolaires endommagés ou détruits entre 2022 et décembre 2025. 

Pour en savoir plus sur la crise humanitaire que connaît l’Ukraine, se référer à l’Aperçu des besoins humanitaires et au Plan de réponse humanitaire 2026 des Nations unies (en anglais)

 

Action dans le secteur de la santé

A la date du 01 juillet 2025, la France a permis l’évacuation sanitaire de plus de  220 patients de l’Ukraine vers la France, par le biais de 46 opérations. Ces personnes étaient principalement des blessés de guerre et des enfants atteints de pathologies graves (ex : cancers), qui requéraient des opérations ou des traitements impossibles à mettre en œuvre en Ukraine dans le contexte actuel. Ces évacuations sanitaires sont réalisées en partenariat avec l’Union européenne.

Parallèlement à cela, depuis 2022, la France finance de nombreux projets d’appui au système de santé, afin de garantir aux Ukrainiens la continuité, l’accessibilité et la qualité des soins. Les projets financés par la France incluent par exemple :

  • le déploiement de praticiens pour former le personnel soignant local à des thématiques spécifiques (ex : chirurgie de guerre) et/ou l’assister dans la prise en charge des patients ;
  • des livraisons de médicaments et de consommables médicaux ;
  • la réhabilitation ou la construction et l’équipement d’infrastructures de santé (ex : inauguration en juin 2026 à Odessa d’un centre « Super Humains » [Supers Humains] dédié aux blessés de guerre, en partenariat avec Expertise France) ;
  • la conception et la fabrication de prothèses et d’orthèses sur mesure, au profit des blessés ;
  • le déploiement de cliniques mobiles et de services de télémédecine permettant l’accès aux soins des populations résidant dans les zones rurales et proches des lignes de front. 

     

Action dans le secteur de la sécurité alimentaire et des moyens d’existence

Dès le début de la guerre, la France s’est mobilisée pour fournir une assistance alimentaire et nutritionnelle d’urgence aux Ukrainiens déplacés ou réfugiés et à ceux dont les moyens d’existence ont été mis en péril ou annihilés par le conflit. Dans les oblasts contrôlés par le gouvernement, son soutien au travail du Programme Alimentaire Mondial (PAM) a contribué à renforcer la sécurité alimentaire et la résilience agricole des familles ukrainiennes les plus vulnérables. Il a aussi permis aux cantines scolaires de continuer à fonctionner, au bénéfice de milliers d’écoliers. En 2025, la France a soutenu un projet en consortium du PAM et de la FAO visant à prévenir la malnutrition chez les femmes enceintes et allaitantes et les enfants de moins de deux ans, dans les zones les plus gravement touchées par le conflit (oblasts de Kherson et Zaporijjia), et à engager un redressement économique des régions affectées. 

Les contributions de la France aux activités de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) et du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires (BCAH) poursuivaient le même objectif.

Dans le cadre de sa coopération avec l’OIM et les autorités ukrainiennes, la France a aussi participé à la réhabilitation de logements destinés à accueillir les déplacés internes originaires de Marioupol et ayant trouvé refuge à Dnipro.

Pour aller plus loin, la France a également soutenu un projet porté par le PAM et l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), consistant à utiliser l’intelligence artificielle et l’imagerie satellite pour repérer puis décontaminer les champs minés, et relancer ainsi la production agricole. Ce projet est d’une grande importance pour la sécurité alimentaire des Ukrainiens, mais pas seulement, puisqu’avant la guerre, l’Ukraine était une puissance agricole et exportait du blé, du maïs et des produits à base de tournesol et de colza dans de nombreux pays. C’est d’ailleurs ce qui explique que la France a aussi soutenu le programme « Grain from Ukraine », conçu par le PAM et destiné à exporter de la farine ukrainienne vers la bande de Gaza à partir de la fin de l’année 2023.

 

Action dans le secteur de la protection et des droits de l’Homme

La protection des civils est un impératif, selon le droit international humanitaire (DIH), qui fixe les règles de conduite des hostilités et prévoit que toutes les personnes ne participant pas aux hostilités soient protégées. 

La France apporte son soutien aux activités du Mouvement International de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, en particulier à celles du Comité International de la Croix-Rouge (CICR) en Ukraine. Le CICR entretient avec toutes les parties un dialogue en vue de faire respecter les règles du DIH et met en œuvre des actions de secours d’urgence en matière de santé, de réhabilitation (pour les blessés de guerre notamment), de rétablissement des liens familiaux, de fourniture de biens et services de première nécessité (eau et assainissement en particulier).

La France apporte à travers le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) un soutien aux réfugiés et aux déplacés ukrainiens depuis le début du conflit (aide d’urgence, logement, santé, soutien psychosocial).

Depuis 2022, la France finance plusieurs dizaines de projets d’ONG visant à fournir une protection et une aide spécifique aux civils ukrainiens rendus particulièrement vulnérables par la guerre et les déplacements forcés. Cela passe notamment par la rénovation de centres d’accueil de déplacés internes. 

En réponse à la vulnérabilité des femmes et des filles face aux violences liée au conflit, la France finance également plusieurs projets de protection contre les violences basées sur le genre portées par des ONG spécialisées et intègre une dimension dédiée à ce public à l’ensemble des projets en santé, en soutien psychosocial et en protection. 

De plus, la France soutient les efforts du Global Survivors Fund et de la Fondation du docteur Denis Mukwege – récipiendaire du prix Nobel de la paix – pour offrir une prise en charge clinique et psychologique, ainsi qu’une assistance juridique et financière, aux survivant(e)s de violences basées sur le genre (VBG). Ces efforts ont déjà permis l'adoption de la loi par le parlement ukrainien pour la protection juridique et sociale des droits des victimes et survivants de violences sexuelles liées à l'agression russe et la mise en place de réparations provisoires d’urgence. En impliquant les autorités ukrainiennes dans la mise en place et la pérennisation de ce système de réparation, la France espère par ailleurs faire progresser la lutte contre l’impunité des auteurs de crimes sexuels. C’est dans la même optique qu’en 2024, la France a contribué à un projet de renforcement des unités de police en charge des enquêtes sur les VBG, porté par le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP). Enfin, les contributions de la France au travail d’ONU Femmes en Ukraine participent d’une volonté de protéger les femmes et les filles et de favoriser la représentation égale et inclusive des femmes dans le monde professionnel.

Parallèlement à cela, la protection de la population ukrainienne passe aussi par le soutien au déminage. A cet effet, la France a financé trois ONG internationales – Humanité et Inclusion, HALO Trust et le Conseil Danois pour les Réfugiés – pour cartographier les zones contaminées par des mines ou des restes explosifs de guerre, sensibiliser les communautés locales aux risques associés à ces engins, former et équiper les services ukrainiens de sécurité civile dédiés au déminage, et détecter et neutraliser les explosifs. Elle a également financé l’organisation de formations spécialisées en déminage subaquatique au profit des services d’urgence ukrainiens (SESU).

Dans le même souci de lutte contre l’impunité, la France a fourni à la justice ukrainienne deux laboratoires mobiles d’analyse ADN. Formées à leur utilisation par l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale française, les équipes médicolégales ukrainiennes sont désormais en mesure de réaliser rapidement des analyses génétiques de prélèvements biologiques et contribuent ainsi à ce que les responsables d’exactions de masse soient traduits en justice.

 

Action dans le secteur de l’eau, l’hygiène et l’assainissement

Depuis le début de la guerre, la France a soutenu les projets de plusieurs ONG internationales (ex : ACTED, Aquassistance), destinés à assurer l’approvisionnement en eau de la population ukrainienne, ainsi que des standards minimums d’hygiène et d’assainissement. La France a notamment cofinancé avec l’Agence Française de Développement un projet ambitieux combinant aide d’urgence aux populations et accompagnement des Vodokanals (agences de l’eau) ukrainiens dans la mise en place de plans d’urgence et la remise en état des réseaux hydrauliques, en partenariat avec l’ONG Solidarités International et la Fondation Véolia. 

 

Action dans le secteur de l’éducation et de la protection de l’enfance

Depuis le début de la guerre, les bombardements ont causé la destruction totale ou partielle de nombreux établissements d’enseignement, qui ont de fait interrompu leurs cursus. Pour remédier à cela, la France a financé les projets de trois ONG internationales – ACTED, le Conseil Norvégien pour les Réfugiés et Bibliothèques sans Frontières – visant à faciliter la reprise de l’enseignement en présentiel par la rénovation/reconstruction d’écoles et d’abris anti-bombes, la livraison de bus scolaires et la formation des instituteurs et des professeurs à l’éducation en contexte d’urgence. Ces projets ont permis à plus de 12 000 élèves ukrainiens de reprendre le chemin de l’école. 

En parallèle, la mise en place d’actions de protection, visant à préserver les droits des populations civiles et à réduire leur exposition aux violations du droit international humanitaire, devrait permettre de défendre les droits des enfants en particulier. La France finance par exemple un projet porté par l’ONG Save the Children, prévoyant l’établissement d’espaces d’accueil pour les enfants et les adolescents, ainsi qu’un accompagnement psychosocial de familles fragilisées par la guerre. 

 

Action dans le secteur de l’énergie

Compte tenu des lourds dommages infligés par la guerre aux infrastructures de production et de transport de l’énergie en Ukraine, et des risques de dysfonctionnement des services vitaux (ex : hôpitaux) qui en résultent, les autorités ukrainiennes ont fait part de leur besoin d’appui dans le secteur énergétique dès 2022.

C’est à ce titre que depuis le début du conflit, la France a fourni de nombreux groupes électrogènes de diverses capacités aux autorités ukrainiennes. Par l’intermédiaire de l’ONG Electriciens Sans Frontières, la France a également fourni des générateurs et des lampes solaires aux écoles, aux structures médicales, aux centres d’accueil de réfugiés/déplacés, aux administrations et aux stations de pompage et installé des solutions énergétiques hybrides afin d’équiper les services essentiels ukrainiens de batteries et de panneaux solaires. Ces solutions énergétiques hybrides ont permis d’assurer la continuité de certains services de base, ainsi que le chauffage des familles ukrainiennes les plus vulnérabilisées par le conflit.

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