Le financement, un enjeu essentiel dans la lutte contre le changement climatique

L’accord de Paris et la Convention-cadre des Nations Unies sur le Changement climatique (CCNUCC) organisent le financement de la lutte contre le changement climatique, en appelant notamment à l’alignement des flux financiers avec les objectifs de l’accord de Paris (article 2) et la solidarité avec les pays en développement (article 9). La France apporte un soutien financier aux pays en développement pour qu’ils puissent développer leur action climatique, avec un impact concret et fort pour les populations, l’environnement et les économies.

Publié le : 01 octobre 2023 Mis à jour le : 16 juin 2026

Mobiliser des financements climat à destination des pays en développement, un engagement renouvelé 

En 2009, les pays développés ont pris l’engagement de mobiliser chaque année 100 milliards de dollars de financements climat, au bénéfice des pays en développement jusqu’en 2020. En 2015, lors de la COP21 à Paris, ils en ont fait un engagement annuel jusqu’en 2025. Lors de la COP29 à Bakou en 2024, cette cible a été élargie aux pays volontaires et portée à 300 milliards de dollars à l’horizon 2035, et complétée par un objectif d’1,3 trillion de dollars d’investissements, notamment privés, dans les pays en développement.

En 2024, les financements climat mobilisés par les pays développés vers les pays en développement ont atteint 136,7 milliards de dollars (chiffres OCDE), 

L'Union européenne et ses États membres sont les principaux contributeurs aux financements climat internationaux, avec 23,8 milliards d’euros de finance climat internationale en 2023 et 31,8 milliards d’euros en 2024. La France a tenu son objectif de finance climat de 6 milliards d’euros par an entre 2021 et 2025 dont un tiers pour l’adaptation. La France a fourni 7,2 milliards d’euros de financements climat, dont 2,8 milliards pour l’adaptation en 2023 et 7,3 milliards d’euros en 2024, dont 3 milliards pour l’adaptation.

Ces financements mobilisent une large palette d’instruments, notamment des prêts, des dons et des garanties ainsi que des outils de coopération technique et sont adaptés à l’ensemble des secteurs de la lutte contre le changement climatique : infrastructures, agriculture, transport, énergie…. Ils visent à répondre aux besoins des pays partenaires à la fois dans leur transition énergétique et dans leur adaptation face aux conséquences du changement climatique. Ils ont un impact concret pour les populations, les économies et l’environnement. 

Soutien aux fonds pour le climat et l’environnement

La France soutient plusieurs Fonds multilatéraux pour le climat et l’environnement :

  • Le Fonds pour l’environnement mondial (FEM, en anglais Global Environment Facility : GEF), opérationnalisé en 1994, est le mécanisme financier de six conventions internationales (climat, biodiversité, désertification, haute-mer, mercure, polluants organiques persistants). La France a contribué à hauteur de 300M€ pour la période 2022-2026 et a annoncé en juin 2026 une nouvelle contribution pour la période 2026-2030.
  • Le Fonds Vert pour le Climat, (FVC, en anglais Green Climate Fund : GCF), opérateur principal de l’accord de revêt un caractère politique et stratégique forts. La France est un des plus gros contributeurs au budget du Fonds vert pour le climat depuis sa création. 
  • Le Fonds pour répondre aux pertes et préjudices (FRPP, en anglais Fund for responding to Loss and Damage - FRLD) est en cours d’opérationnalisation. Sa création a été approuvée lors de la COP28. La France a co-présidé le Conseil du Fonds avec l’Afrique du Sud depuis sa création jusqu’en 2026. La contribution française pourra aller jusqu’à 100 M€, selon les modalités de gouvernance qui seront définis. 50 M€ ont déjà été versés fin 2024. 

Dans le cadre de sa présidence du G7, la France a porté le sujet de la défragmentation de l’architecture financière internationale tant en filière développement que finance. Le livrable ministériel (à l’issue du G7 Finance des 18 et 19 mai) a pris la forme d’un langage commun G7 sur le besoin de progrès concrets en matière de réduction de la fragmentation, de l’amélioration de l’efficience et de la facilitation de l’accès aux fonds verticaux pour les pays bénéficiaires, incluant les Fonds pour le climat et l’environnement. 

L’action de l’AFD pour le climat

L’Agence française de développement (AFD), opérateur du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, met en œuvre une grande partie de la finance climat de la France, au plus près des besoins des pays les plus vulnérables. Elle a été en 2017 la première banque de développement à prendre l’engagement de s’aligner avec les objectifs de l’accord de Paris, puisqu’elle a mis fin au financement de tout projet contraire à l’action climatique.

Les financements français vont à des projets concrets dans différents pays :

  • financement de centrales solaires ;
  • modernisation des réseaux électriques ;
  • construction de transports publics propres ;
  • amélioration de l’approvisionnement en eau ;
  • conservation des forêts ;
  • déploiement de systèmes d’alerte précoces pour les risques de catastrophe.

La France s’est engagée à porter ses financements publics en faveur du climat dans les pays en développement, de 3 milliards d’euros en 2015 à 5 milliards d’euros en 2020. Cet objectif avait été atteint et dépassé dès 2019. Depuis, la France a relevé et prolongé son engagement pris lors de la COP21, le portant à 6 milliards d’euros par an entre 2021 et 2025, dont un tiers pour l’adaptation.

La France tient ses engagements : en 2021, elle a mobilisé 6,1 milliards d’euros dont 2,2 milliards d’euros pour l’adaptation. En 2022, la France a fourni 7,6 milliards d’euros de financement climat, dont 2,6 milliards d’euros pour l’adaptation, bien que l’objectif annuel demeure de 6 milliards d’euros.

Dans un contexte où les pays en développement appellent à un renforcement des mécanismes de réponse aux catastrophes naturelles, la France soutient l’appel du Secrétaire général des Nations unies à généraliser les systèmes d’alerte précoce dans tous les pays du monde : la France a annoncé le doublement de sa contribution à l’initiative CREWS pour la porter à 8 millions d’euros par an. Lancée par la France à la COP21, cette initiative a déjà mobilisé 110 millions de dollars, dont 42 millions de dollars apportés par la France, pour créer des systèmes d’alerte précoce dans les pays vulnérables.

Le Sommet pour un nouveau pacte financier mondial (en anglais), réuni par le président de la République à Paris les 22 et 23 juin 2023, a permis un « choc de financement » attendu par de nombreux partenaires du Sud, afin de répondre aux principaux défis mondiaux et aux enjeux de financement associés : lutte contre la pauvreté, décarbonation de nos économies pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 et protection de la biodiversité. Le sommet a constitué une première étape, porteuse de nouveaux élans politiques, pour mobiliser davantage de ressources financières, adapter l’architecture financière internationale aux besoins du XXIe siècle, et alléger la contrainte budgétaire immédiate sur les pays les plus vulnérables.

L’Agence française de développement (AFD), opérateur du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, met en œuvre une grande partie de la finance climat de la France, au plus près des besoins des pays les plus vulnérables. Elle a été en 2017 la première banque de développement à prendre l’engagement de s’aligner avec les objectifs de l’accord de Paris, puisqu’elle a mis fin au financement de tout projet contraire à l’action climatique.

L’engagement de la France se traduit aussi par une contribution importante aux fonds multilatéraux de financements en faveur du climat. La France est ainsi parmi les plus importants contributeurs au Fonds Vert pour le Climat, principal mécanisme financier de l’accord de Paris, et du Fonds pour l’environnement mondial. Les financements français vont à des projets concrets dans différents pays :

  • financement de centrales solaires ;
  • modernisation des réseaux électriques ;
  • construction de transports publics propres ;
  • amélioration de l’approvisionnement en eau ;
  • conservation des forêts ;
  • déploiement de systèmes d’alerte précoces pour les risques de catastrophe.

Des réalisations concrètes dans le monde entier

Protéger les forêts et la biodiversité marine en Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG)

L’AFD à travers une subvention de 8M€, soutient le projet SoNG qui a pour objectif de préserver la biodiversité et de promouvoir une gestion durable et équitable des écosystèmes forestiers et marins en Papouasie-Nouvelle-Guinée, tout en améliorant les conditions de vie des communautés locales et des peuples autochtones. Il soutient les initiatives de conservation portées par la société civile et les communautés, tout en favorisant des pratiques agricoles et de pêche durable qui génèrent des revenus.

Renforcer la résilience au changement climatique de la vallée de la rivière de Svay Check au Cambodge en améliorant les pratiques agricoles

L’objectif à long terme de ce projet est d’améliorer les conditions de vie dans le bassin versant de la rivière Svay Chek et de renforcer la résilience de la région face aux inondations et à la sécheresse, grâce à une gestion intégrée des ressources en eau et à des Solutions fondées sur la Nature. Le projet prévoit la réhabilitation des infrastructures hydrauliques et la restauration des flux écologiques, tout en promouvant une agriculture durable via le renforcement des capacités communautaires et la planification.

Gérer durablement les déchets dans les îles du Pacifique

L'AFD soutient une gestion durable des déchets dans neuf États et territoires insulaires du Pacifique (Fidji, Îles Salomon, Samoa, Tonga, Vanuatu, Wallis-et-Futuna, Kiribati, Polynésie française et Tuvalu). Le projet met l'accent sur trois priorités : la réduction des déchets marins, la valorisation des huiles usagées et le développement de l'économie circulaire. Il finance des projets pilotes concrets (ressourceries, ateliers de fonderie, audits de plages) portés par les communautés locales, tout en renforçant l'appui aux politiques publiques de gestion des déchets. 

Promouvoir les transitions écologiques et productives en Casamance au Sénégal

L'AFD accompagne l'association de microfinance sociale FANSOTO dans son projet de transition écologique en Casamance (Sénégal). Les femmes, particulièrement vulnérables aux conséquences du changement climatique, accéderont à des formations agroécologiques, des crédits adaptés et des technologies durables (motopompes solaires, semences résistantes, biopesticides, foyers améliorés). 

Source : D’après AFD, Un Tour du monde des solutions pour le climat et la nature, édition 2025

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