CREWS : alerter précocement les populations des catastrophes climatiques Selon la Fédération internationale de la Croix rouge et du Croissant rouge (FICR), le nombre de personnes touchées par les catastrophes climatiques pourrait doubler d’ici à 2030 et atteindre près de 200 millions par an. Pour palier à l'absence de système d'alerte dans les pays les moins avancés et les plus vulnérables, la France a lancé l'initiative CREWS – Climate Risks Early Warning Systems. Aide au développement Développement Publié le : 01 novembre 2021 Mis à jour le : 08 juin 2026 Dans cette rubrique Priorités & actions Le ministère en action Agir pour la paix et le respect des droits de l'homme Accompagner les ressortissants français Promouvoir une Europe souveraine Promouvoir les entreprises françaises et l'attractivité de la France Assurer la présence de la culture française Contribuer à une mondialisation durable et équilibrée Grands dossiers La présidence française du G7 2026 L'action diplomatique de la France en Ukraine La France, partenaire de paix au Proche-Orient La coopération franco-allemande Sommaire CREWS - Systèmes d'alerte précoce aux catastrophes du climat Avec le changement climatique, les phénomènes naturels extrêmes se multiplient Dans les pays vulnérables, les systèmes d'alerte précoce sont insuffisants pour protéger les personnes et les biens Rassembler les pays et les organisations spécialisées dans la météorologie et la prévention des risques Dans les pays les moins avancés et les plus vulnérables, les données météorologiques qui permettraient d’anticiper des catastrophes climatiques et de prévenir les populations sont souvent peu fiables ou totalement absentes. Lancée par la France à l’occasion de la COP21, l’initiative multibailleurs CREWS – Climate Risks Early Warning Systems - cherche à combler ces lacunes en déployant des systèmes d’alerte simples qui sauvent des vies. CREWS - Systèmes d'alerte précoce aux catastrophes du climat Avec le changement climatique, les phénomènes naturels extrêmes se multiplient Entre 2000 et 2019, 7 348 catastrophes majeures ont été enregistrées, faisant 1,23 million de victimes et touchant 4,2 milliards de personnes pour des pertes économiques mondiales d’environ 2 970 milliards de dollars. 91% de ces catastrophes étaient dues aux inondations, tempêtes, sécheresses, vagues de chaleur et autres évènements climatiques extrêmes. Il s’agit d’une forte augmentation par rapport aux catastrophes enregistrées les 20 années précédentes. Les rapports successifs du GIEC confirment que la fréquence et l’ampleur de ces aléas climatiques sont en augmentation, ce qui accroît les menaces sur les vies humaines et les moyens de subsistance, particulièrement dans les pays vulnérables. Ainsi, les pertes économiques dues au réchauffement climatique ont quasiment doublé entre les périodes 1980-1999 et 2000-2019. Et, selon les estimations, le coût annuel de ces catastrophes climatiques pourrait atteindre près de 20 milliards de dollars US d’ici à 2030. Partant de ce constat, les Nations unies se sont engagées à « accroître significativement la disponibilité et l’accès à des systèmes d’alerte précoce multirisques, à l’information et aux évaluations sur les risques, pour les populations d’ici 2030 » lors de la 3e Conférence sur la réduction des risques de catastrophes, à Sendai, au Japon, en mars 2015. Les Nations unies se sont dotés d’un cadre d’action, le cadre de Sendai. Dans les pays vulnérables, les systèmes d'alerte précoce sont insuffisants pour protéger les personnes et les biens Les pays qui ont réussi à mettre en place des systèmes d’alerte précoce ont vu baisser de manière spectaculaire la mortalité due aux catastrophes. Cependant, les capacités de mise en œuvre des systèmes de ce type sont aujourd’hui très disparates. Ce sont les pays les moins avancés (PMA) et les petits États insulaires en développement (PEID) qui connaissent le plus de difficultés à fournir des alertes critiques aux autorités nationales et locales ainsi qu’aux populations. De nombreux pays vulnérables soulignent la nécessité de consolider les systèmes d’alerte en renforçant leurs services de prévision météorologique tout en améliorant leurs plans et opérations d’urgence en cas de catastrophes. Dans leur Contribution Déterminée nationale (CDN) qui incarne leurs engagements pour réduire leurs émissions nationales et s’adapter aux effets du changement climatique, ces pays ont défini les systèmes d’alerte précoce (SAP) comme une priorité. Pour mieux prévenir et informer sur les risques d’événements météorologiques et climatiques dangereux, la France a lancé, à l’occasion de la COP21, l’initiative multibailleurs CREWS. En dix ans, CREWS a investi près de 150 millions de dollars US dans presque 80 pays en développement. L’initiative couvre aujourd’hui près de 80% des pays dits vulnérables et participe à une meilleure protection de près de 400 millions de personnes. L'initiative participe ainsi à l’objectif de « couverture universelle » prôné par l’initiative du Secrétaire Général des Nations unies (Early Warnings for all) lancée en 2022. Rassembler les pays et les organisations spécialisées dans la météorologie et la prévention des risques CREWS met en œuvre des projets nationaux ou régionaux en s’appuyant sur 3 agences opérationnelles : l’Organisation météorologique mondiale (OMM) consolide ses centres mondiaux et régionaux de renforcement des capacités et soutient la coordination et la mise en cohérence des actions engagées avec les initiatives nationales ; le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophes (UNDRR) veille à la cohérence des politiques et à la conformité avec le plan d’action des Nations unies et les cibles du Cadre de Sendai ; la facilité mondiale pour la réduction des risques de catastrophes de la Banque mondiale (GFDRR) soutient l’identification, la conception et la mise en œuvre de programmes à grande échelle au niveau national, ainsi que la coordination et l’intégration de ces programmes avec les centres régionaux et mondiaux. Les principaux partenaires financiers La France est le premier contributeur financier à cette initiative. La Suisse, l’Allemagne, le Royaume Uni, la Norvège, le Canada sont aussi des contributeurs majeurs. CREWS et la présidence française du G7 en 2026 A l’occasion de sa présidence du G7, la France a mis à l’honneur l’initiative CREWS et son action en faveur de la prévention et réduction des risques de catastrophes climatiques. Lors de la réunion des ministres du développement à Paris le 30 avril 2026, la France et le Royaume-Uni ont annoncé respectivement une contribution financière de l’ordre de 3 millions d’euros/livres sterling à destination de l’initiative et ont appelé les membres du G7 et partenaires à participer à l’effort collectif. Pour couvrir les zones reculées les plus à risque, on estime que près de 100 millions de dollars US sont nécessaires./. Plus d’informations (en anglais) sur https://crews-initiative.org