Drapeau de la Slovénie

Slovénie

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Présentation de la Slovénie

Date de mise à jour le : 16 juillet 2026

Carte

Données générales

Nom officiel : République de Slovénie
Nature du régime : parlementaire
Chef de l’Etat : Mme Nataša Pirc Musar (élue le 13 novembre 2022)
Chef du gouvernement : M. Janez Janša (en fonction depuis le 4 juin 2026)
 

Données géographiques

Superficie : 20 273 km²
Capitale : Ljubljana
Villes principales : Maribor, Kranj, Celje, Koper, Nova Gorica, Novo mesto
Langue officielle : slovène – l’italien et le hongrois ont un statut co-officiel dans les municipalités où résident des communautés nationales italiennes ou hongroises
Monnaie : euro (depuis le 1er janvier 2007) 
Fête nationale : 25 juin
 

Données démographiques

Population (2026) : 2 114 573 habitants
Densité (2026) : 105 habitants par km² 
Croissance démographique (2025/2026) : 0,025 %
Espérance de vie (2026) : 82,1 ans
Taux d’alphabétisation (2014) : 99,7 %
Religions (recensement de 2020 - à noter que l’appartenance religieuse ne figure désormais plus dans les questions posées à l’occasion des recensements) : catholiques 57,8 %, musulmans 2,4 %, orthodoxes 2,3 %, protestants 0,9 %, croyants non-affiliés 3,5 %, athées 10,1 %, n.s.p.p. 15,7 %, inconnus 7,1 %
Indice de développement humain (2023) : 0.931 (21e rang mondial)
 

Politique intérieure

Le dernier scrutin présidentiel, les 23 octobre et 13 novembre 2022, a donné victoire à la candidate indépendante Nataša Pirc Musar, pour un mandat de cinq ans (prochain scrutin prévu à l’automne 2027). Il s’agit de la première femme à occuper des fonctions présidentielles en Slovénie. Le pays étant une république parlementaire, la cheffe de l'Etat est avant tout garante du respect des institutions et joue un rôle essentiellement représentatif, bien qu’elle puisse avoir une influence sur certains dossiers. Bénéficiant d’une forte cote de popularité, elle fait notamment entendre sa voix sur les sujets d’actualité internationale, tels que la situation en Palestine ou la réforme de l’ONU.

La Slovénie a connu une récente échéance électorale au printemps 2026, avec les élections législatives du 22 mars permettant de renouveler les 90 élus de l’Assemblée nationale pour quatre ans. Alors que le parti du Premier ministre sortant Robert Golob (GS, Renew) est arrivé de justesse en tête du scrutin (28,66 % des voix), ce dernier n’a pas réussi à constituer une majorité. C’est finalement le chef du SDS (Slovenska Demokratska Stranka – Parti démocratique Slovène, affiliation PPE), Janez Janša (27,90 %) qui a été élu Premier ministre le 22 mai 2026, avec 51 voix sur 90 (36 votes contre), au terme de négociations fructueuses avec plusieurs partis de droite et centre-droit lui permettant de former une coalition alternative. S’il s'agit du 4e mandat de Janša (après trois premiers mandats en 2004-2008, 2012-2013 et 2020-2022), c'est la première fois dans l'histoire de la Slovénie que le pays sera dirigé par une coalition située exclusivement à droite de l'échiquier politique.

Au sein de l’hémicycle de la chambre basse, la coalition majoritaire repose sur 43 élus sur 90. Elle est composée du SDS de Janez Janša (28 sièges), de l’Alliance NSI/SLS/Fokus (9 sièges) et des Démocrates d’Anže Logar (6 sièges). L’opposition est composée du Mouvement Liberté (GS – affiliation européenne Renew) du premier ministre Robert Golob (29 sièges) ; des sociaux-démocrates (SD – affiliation européenne S&D, avec 6 sièges), de Levica (« La Gauche » - affiliation européenne PGE, avec 5 sièges). Le mouvement populiste Resni.ca (La Vérité – 5 sièges), ainsi que les deux sièges revenant aux représentants des communautés hongroise et italienne, ont soutenu la coalition sans y participer. Le nouveau gouvernement a ainsi été approuvé officiellement par le Parlement réuni en session extraordinaire, avec une majorité de 49 voix sur les 90 que compte l’Assemblée nationale.

C’est le leader du parti Resni.ca, qui dispose pourtant du groupe le moins important de l’Assemblée avec 5 députés, Zoran Stevanović, qui a été élu Président de l’Assemblée nationale par 48 voix contre 29, bénéficiant ainsi du votre de la quasi-totalité des députés de droite et de centre-droit. A la tête d’un mouvement initialement anti-vaccination et anti-restrictions liées au Covid-19, Zoran Stevanović est décrit comme un populiste, connu pour sa rhétorique directe et parfois conflictuelle, critiquant les élites politiques et le système politique dans son ensemble, qui s'est opposé par le passé à l'adhésion à l'UE et à l'OTAN, et pro-russe.

Le 16e gouvernement slovène, dirigé par Janez Janša, a pris ses fonctions le 4 juin 2026. Le nouveau Premier ministre a désigné 15 ministres, reflétant l'équilibre entre les différentes composantes de la coalition : son parti SDS compte sept ministres (dont la plupart des ministères régaliens), suivi du NSi (PPE) avec quatre ministres, des Démocrates (trois) et de Fokus (un), tandis que le SLS n'a pas réussi à placer de candidat au poste de ministre. Ces 15 candidats aux postes ministériels ont été approuvés par les commissions compétentes de l'Assemblée nationale lors des auditions qui ont eu lieu les 1er et 2 juin.

Le programme de la coalition et les premières mesures annoncées par ce nouveau gouvernement laissent entrevoir la mise en œuvre d’une politique libérale économiquement et conservatrice sur le plan sociétal. Des inflexions notables sont également à attendre en matière de politique étrangère, notamment sur le dossier Israël/Palestine ou dans la relation aux Etats-Unis.
 

Politique étrangère

Questions européennes

Premier État issu de l’ex-Yougoslavie à adhérer à l'Union européenne en 2004, la Slovénie a poursuivi une politique déterminée d'intégration européenne, rejoignant en 2007 la zone euro et l'espace Schengen. Elle a assuré à deux reprises la présidence du Conseil de l’Union européenne, au premier semestre 2008, puis au second semestre 2021, juste avant la France.

La Slovénie est favorable à l’élargissement de l’Union européenne, qu’elle considère comme un choix stratégique, notamment dans le contexte des changements géopolitiques à l’œuvre depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Elle se fait également, de très longue date, l’avocat de l’intégration des six Etats des Balkans occidentaux (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Macédoine du Nord, Monténégro, Serbie), mais aussi maintenant de l’Ukraine ainsi que de la Moldavie, et entend exercer un rôle de « facilitateur » de leur rapprochement avec l’UE et l’OTAN. La Slovénie a développé des coopérations techniques (jumelages institutionnels, envoi d’experts…) qui lui confèrent un rôle reconnu. Elle s’est notamment engagée, aux côtés de la France et du Monténégro, en faveur de la création d’un centre de développement de capacités cyber dans les Balkans occidentaux (le C3BO) à Podgorica. Les autorités slovènes sont également à l'initiative de la relance, en 2010, du processus d'intégration régionale de Brdo-Brijuni qu’elle co-dirige avec la Croatie. Enfin, elle organise chaque année le Forum stratégique de Bled, qui aborde les défis régionaux et globaux. La priorité donnée à l’élargissement a permis au gouvernement slovène d’obtenir pour sa candidate Marta Kos le portefeuille consacré à l’Élargissement et au Voisinage oriental.

S'agissant du dialogue régional, la Slovénie a également investi la relation avec les pays d’Europe centrale, en s’impliquant notamment dans l’initiative des Trois Mers, un forum des 12 pays d'Europe centrale et orientale de l’UE. Elle en a accueilli en juin 2019 le quatrième sommet, avec l’objectif de renforcer le dialogue régional et d'accélérer le développement Nord/Sud des Etats membres de la zone, par la promotion des investissements privés, le renforcement des connexions de transport, les infrastructures énergétiques et les communications numériques. La Slovénie est aussi membre, avec la France, de la Stratégie de l’Union européenne pour la région Alpine (EUSALP) une macrorégion souhaitant coopérer pour faire face à des défis communs d'ordre environnementaux, économiques et sociétaux.

Enfin, elle cherche à valoriser son appartenance à l’ensemble méditerranéen. Participant à l’Union pour la Méditerranée depuis son lancement, la Slovénie accueille depuis 2008 une université euro-méditerranéenne. Elle a rejoint, avec la Croatie, le 17 septembre 2021, le groupe informel MED9, composé par les 9 pays du sud de l’UE (dont la France), dont elle a assuré la présidence en 2025. 
 

Questions internationales

La Slovénie a affiché ces dernières années une politique étrangère active et visible, notamment à la faveur de sa présence au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies comme membre non-permanent, pour la période 2024-2025, qui a été l’occasion pour la diplomatie slovène de montrer son attachement de longue date au multilatéralisme. Dans une volonté de s’affirmer sur la scène internationale, la Slovénie a pris un rôle d’initiative au sein du Conseil et s’est montrée extrêmement active sur la scène internationale sur de nombreux sujets : reconnaissance de l’État palestinien et solution à deux États ; cessez-le-feu au Soudan ; fin des hostilités du M23 au Rwanda ; solution politique durable en Syrie ; ou encore opposition à la décision des États-Unis d’imposer des sanctions contre la Cour Pénale Internationale (CPI), qui ont frappé la juge slovène Beti Hohler. Partie prenante de nombreuses initiatives, elle propose également des candidats aux élections dans les organisations internationales (OIAC, Conseil des Droits de l’Homme). 

La relation transatlantique est l’axe dominant de la politique slovène pour les questions internationales. Membre de l’OTAN depuis 2004, la Slovénie compense son engagement financier modeste par une participation volontaire aux opérations extérieures de l’Alliance atlantique, sur le théâtre balkanique (Kosovo), en Lettonie (dans le cadre de la FLF, force terrestre avancée) et précédemment en Afghanistan. La guerre en Ukraine n’a fait que renforcer la volonté slovène de renforcer son engagement au sein de l’OTAN : la Slovénie s’est notamment engagée lors du dernier sommet de l’OTAN à augmenter ses dépenses de défense à 5% du PIB d'ici 2035.

Ljubljana œuvre aussi au renforcement de l’Europe de la défense : le tournant stratégique amorcé par la Slovénie au cours des derniers mois s’est également traduit par une volonté de renforcer l’autonomie stratégique européenne, tout en plaidant pour une complémentarité accrue avec l’OTAN qu’elle perçoit comme sa principale garantie de sécurité. La Slovénie contribue aux opérations européennes terrestres (Althea en Bosnie-Herzégovine) et maritimes (Irini en Méditerranée).

L’aide apportée par la Slovénie à l’Ukraine, y compris militaire, rapportée à la population, en fait l’un des principaux soutiens parmi les États membres.

Depuis 2024, la Slovénie s'est également imposée sur la scène politique internationale à la faveur de sa reconnaissance de la Palestine le 4 juin 2024, et du soutien slovène aux efforts de paix dans la région.  Depuis l’attaque du Hamas contre Israël et le début des frappes d’Israël dans la bande de Gaza, les autorités slovènes ont appelé à un cessez-le-feu immédiat, à une réponse humanitaire robuste pour assister les civils, et à une solution politique durable reposant sur une solution à deux États. La Slovénie s’est engagée à verser 4 millions d'euros à l'agence UNRWA jusqu'en 2028 et au moins 5 millions d'euros au CICR entre 2026 et 2030. Ses positions défavorables à Israël lui ont permis de renforcer ses relations avec les pays arabes dans l’espace méditerranéen, comme l’Algérie. L’entrée en fonction du nouveau gouvernement dirigé par J. Janša marque une inflexion forte de la politique menée par la Slovénie au Proche-Orient, à la faveur d’un rapprochement avec Israël. Le chef du gouvernement a ainsi annoncé son souhait de transférer de Tel Aviv à Jérusalem l’Ambassade slovène et de « geler » la décision de reconnaître la Palestine. Une ambassadrice résidente à Ljubljana a par ailleurs été désignée par les autorités israéliennes pour diriger la première Ambassade jamais ouverte par Israël en Slovénie. 
 

Situation économique

Consultez la fiche de la direction générale du Trésor

Membre de l'Union européenne depuis 2004, de la zone euro depuis 2007 et de l'espace Schengen, la Slovénie a achevé avec succès sa transition économique après son indépendance en 1991. Avec un peu plus de 2,1 millions d'habitants, elle constitue l'une des économies les plus développées d'Europe centrale. Ouverte et fortement intégrée aux chaînes de valeur européennes, elle entretient des liens commerciaux étroits avec l'Allemagne, l'Italie et l'Autriche, tout en renforçant progressivement ses échanges avec des partenaires hors Union européenne.

La structure du commerce extérieur évolue rapidement. La part des échanges avec l’Union européenne dans le commerce global slovène a reculé significativement, passant de 55,8 % en 2023 à 48,4 % en 2024. Cette évolution est principalement impulsée par la Suisse, devenue premier client de la Slovénie, ainsi que par la Chine et l'Inde, qui figurent désormais parmi ses principaux fournisseurs. Cette évolution reflète notamment le poids croissant des produits chimiques et pharmaceutiques, qui représentent près de la moitié du commerce extérieur slovène. Les Balkans occidentaux demeurent la première destination des investissements slovènes à l'étranger.

Après une croissance de 1,6 % en 2024, modeste mais supérieure à celle de ses voisins, l'économie slovène a conservé un rythme comparable en 2025, avant une légère accélération attendue en 2026. Le ralentissement de la demande allemande continue de peser sur les exportations industrielles, mais l'activité reste soutenue par une consommation intérieure dynamique, portée par la progression des salaires, un marché du travail proche du plein emploi et un important programme d'investissements publics financés par les fonds européens et les travaux de reconstruction engagés après les inondations de 2023.

Les finances publiques slovènes demeurent solides. En 2025, le déficit public s'est établi à 2,5 % du PIB, tandis que la dette publique (au sens de Maastricht) représentait 65,7 % du PIB. Malgré les dépenses liées à la reconstruction après les inondations de 2023, aux investissements publics et à la montée en puissance des dépenses sociales et de défense, la Slovénie reste en deçà du seuil européen de déficit de 3 % du PIB et affiche un niveau d'endettement sensiblement inférieur à la moyenne de la zone euro.

L'économie slovène présente de solides atouts : niveau de vie et pouvoir d’achat élevés ; tissu économique varié, caractérisé par des PME industrielles performantes, reconnues pour leurs capacités d’innovation et leur respect de l’environnement ; main-d'œuvre qualifiée et multilingue ; infrastructures routières performantes ; situation géographique privilégiée entre l'Europe centrale, l'Adriatique et les Balkans. Le port de Koper constitue notamment une plateforme logistique stratégique pour les flux commerciaux vers l'Europe centrale.

La Slovénie reste toutefois confrontée à plusieurs défis structurels : vieillissement démographique ; pénuries de main-d'œuvre qualifiée ; hausse rapide des coûts salariaux ; faible profondeur du marché intérieur ; dépendance à la conjoncture allemande ; nécessité d'accroître la productivité. Les investissements soutenus par les fonds européens (plus de 10 Md€ sur la période 2021-2027) visent précisément à accompagner la transition énergétique, la numérisation de l'économie, le développement des infrastructures de transport et le renforcement de la résilience climatique.
 

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