Drapeau du Mexique

Mexique

Présentation du Mexique

Date de mise à jour le : 13 mai 2026 Information toujours valable à la date du jour

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Données générales

Nom officiel : Etats-Unis du Mexique

Nature du régime : République fédérale présidentielle 

Chef de l’État : Claudia Sheinbaum, présidente de la République

 

Données géographiques

Superficie : 1 972 547 km²

Capitale : Mexico

Villes principales : ville de Mexico (20,8 millions d'habitants), Guadalajara (4,3 millions d'habitants), Monterrey (3,5 millions d'habitants)

Langue officielle : espagnol

Langues courantes : nahuatl (1,5 million) ; maya (800 000) ; mixtèque (510 000) ; zapotèque (505 000)

Monnaie: 1 peso mexicain = 0,046 euro (juillet 2025) 

Fête nationale : 16 septembre 

 

Données démographiques

Population : 131.95 millions (Banque mondiale, 2025)

Taux de croissance démographique : 0.8 % (Banque mondiale, 2025)

Espérance de vie : 75,6 ans (Banque mondiale, 2025)

Taux d'alphabétisation : 96 % (Banque mondiale, 2024)

Religions : 84 % catholiques, 10 % protestants ; un syncrétisme s’opère entre des croyances issues des cultures indiennes et l’expression populaire du catholicisme

Indice de développement humain : 0,789 (PNUD, 2023), +0,006 par rapport à l’année 2022

 

Politique intérieure

Un nouveau cycle politique a été initié en 2018 avec la victoire, pour la première fois, d’un président de gauche, Andrés Manuel López Obrador (AMLO). Son parti MORENA a baptisé son programme "Quatrième Transformation" (4T) du Mexique, en référence aux transformations qu’ont été l'Indépendance, la Réforme libérale juariste et la Révolution mexicaine du début du XXe siècle. 

 

AMLO n’a pas pu se représenter lors des élections générales du 2 juin 2024, la Constitution interdisant de briguer un second mandat présidentiel. La campagne électorale de 2024 a été la plus violente jamais enregistrée dans l’histoire du Mexique, avec 34 candidats assassinés, dans un contexte de pression des cartels pour maintenir leur emprise sur certains territoires. Claudia Sheinbaum, l’ex-maire de Mexico et dauphine proclamée d’AMLO, a remporté la présidence avec un score historique de 59,7% des suffrages.   Elle a devancé de 32 points Xóchitl Gálvez, la candidate unique des 3 principaux partis d’opposition (PAN, PRI, PRD). Ces élections ont consacré la prédominance de MORENA sur la scène politique mexicaine.

Officiellement investie le 1er octobre 2024, Claudia Sheinbaum est devenue la première femme présidente du Mexique. Elle s’est jusqu’à présent inscrite dans la continuité du mandat d’AMLO, notamment en menant à bien la très controversée réforme du système judiciaire souhaitée par l’ancien président, qui a abouti le 1er juin 2025 à la première élection au monde des juges et magistrats au suffrage universel direct. 

L’un des grands défis du Mexique est sécuritaire. Le bilan, après plus de 10 ans de guerre contre le crime organisé, fait état de 126 000 disparus (2025) et de 30 000 homicides en moyenne par an, bien qu’en légère baisse. L’ancien président AMLO, malgré la création d’une Garde nationale et le renforcement des moyens et des prérogatives de l’armée (qui s’est vu confier la gestion des ports, des douanes et des grands projets d’infrastructures), n’a pas été en mesure de renforcer la sécurité, ni de proposer un plan pour lutter contre l’impunité qui sévit au Mexique (taux d’impunité de 97% en 2025). La nouvelle stratégie sécuritaire nationale de Claudia Sheinbaum, présentée le 7 octobre 2024, et qui s’articule autour de 4 axes (prévention, consolidation du rôle de la Garde nationale, renforcement du renseignement et amélioration de la coordination interministérielle) a permis une baisse des homicides de 25,8 % entre septembre 2024 et mai 2025. 

Dans un pays de contrastes – 12ème puissance mondiale, où plus de 35% de la population vit sous le seuil de pauvreté – Claudia Sheinbaum porte un programme humaniste et volontariste en matière de justice sociale et de protection des plus vulnérables (communautés autochtones, migrants), rejetant le néolibéralisme. Les réussites économiques de son gouvernement – inflation maîtrisée, hausse des IDE, réserves de changes record – servent des progrès sociaux : recul de la pauvreté, baisse des inégalités, niveau record d’emplois formels, salaire minimum en hausse (+12% en 2025). 

Un an après son élection, Claudia Sheinbaum jouit toujours d’une très forte popularité, avec 76% d’opinions favorables (un niveau supérieur à ses six prédécesseurs).

 

Politique étrangère

Membre fondateur des Nations Unies, le Mexique défend une position marquée par son attachement au règlement pacifique des différends et au droit international, et à sa tradition diplomatique non-interventionniste ("Doctrine Estrada"). Le pays a été élu pour la cinquième fois de son histoire membre non-permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies pour le biennium 2021-2022. Il est membre du G20 et de l'OCDE, et également de diverses organisations régionales comme l'Organisation des Etats américains (OEA), l'Association des Etats de la Caraïbe (AEC) et l'Alliance du Pacifique.   Le Mexique a par ailleurs exercé la présidence pro-tempore de la Communauté des Etats latino-américains et des Caraïbes (CELAC) en 2020-2021. 

Le Mexique et la France ont co-présidé en 2021 le Forum Génération Egalité pour l'égalité femmes-hommes et le Fonds vert pour le Climat. Le Mexique a rejoint de nombreuses initiatives portées par la France : l'Alliance pour le multilatéralisme, l'Alliance pour la protection des forêts tropicales, l'initiative Prezode de prévention des zoonoses ou encore le Partenariat mondial pour l'intelligence artificielle. Le pays est membre observateur de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF). 

La relation avec les Etats-Unis est la priorité absolue du Mexique. Face à l’administration Trump qui n’hésite pas à brandir l’arme commerciale pour peser dans les négociations bilatérales, le Mexique de Claudia Sheinbaum a adopté la stratégie de la « tête froide », faite de fermeté sur la défense de la ligne souverainiste et d’un dialogue respectueux et constructif sur les dossiers les plus sensibles : gestion migratoire, sécurité, tarifs douaniers. Le Mexique a donné aux Etats-Unis des gages de sa politique volontariste en déployant la Garde nationale à sa frontière nord pour freiner les flux migratoires illégaux et accueillir ses concitoyens expulsés, y compris en adaptant son dispositif consulaire sur le sol états-unien (53 consulats mexicains aux Etats-Unis). Concernant la lutte contre le fentanyl et contre le crime organisé, le ministre de la Sécurité publique, Omar García Harfuch, a multiplié les opérations en lien avec les services américains pour arrêter des leaders d’organisations criminelles et détruire des laboratoires de production de stupéfiants.  Suite à la désignation, le 20 février 2025, de 6 cartels mexicains (le cártel de Sinaloa, le cártel de Jalisco “Nueva generación”, le cártel del Noreste, la nueva familia michoacana, le cártel de Golfo et Cárteles Unidos) comme organisations terroristes, le Mexique a rappelé ses lignes rouges à son voisin nord-américain concernant l’utilisation de drones ou le bombardement des cartels par les Etats-Unis sur le territoire mexicain. En matière douanière, la partie mexicaine a rappelé qu’au-delà du secteur automobile (première industrie concernée par les annonces sur les tarifs douaniers), il fallait se mobiliser pour défendre un système d’échanges basé sur des règles.

Plusieurs décisions et événements récents ont généré des tensions entre les deux pays (décision américaine de prélever une taxe sur les transferts financiers transfrontaliers, propos de Kristi Noem du Département de la Sécurité intérieure (DHS) accusant la présidente mexicaine d’avoir attisé les manifestations en Californie). 

Dans ce contexte, tout en poursuivant un dialogue constructif avec les Etats-Unis, le Mexique cherche à diversifier ses partenaires extérieurs.

Bien que fermement opposé aux sanctions contre la Russie et critique des livraisons d’armes à l’Ukraine, le Mexique a tout de même condamné l’agression de l’Ukraine par la Russie. Le Mexique a soutenu les quatre résolutions de l’AGNU condamnant l’agression russe, coparrainant la deuxième sur les conséquences humanitaires de l’agression avec la France, mais s’est abstenu lors du vote sur la résolution du 7 juillet 2022 visant à suspendre la Russie du Conseil des droits de l’Homme, ainsi que sur celle du 11 juillet 2024 sur la sûreté et la sécurité nucléaires, résolutions jugées moins consensuelles. Le Mexique a également voté en faveur des deux projets de résolutions présentés le 24 février 2025. Les autorités mexicaines insistent régulièrement sur le besoin de négocier et appellent à l’ouverture d’un dialogue entre toutes les parties. 

Les positions du Mexique sur la crise au Proche-Orient sont proches des positions françaises : condamnation des attaques du 7 octobre 2023, appel au cessez-le-feu, au respect du droit humanitaire et à une solution politique à deux Etats. Le Mexique a voté, comme la France, en faveur de l’ensemble des résolutions adoptées par l’Assemblée générale depuis les attaques du 7 octobre 2023. Le Mexique a voté en faveur de la résolution « règlement pacifique de la question palestinienne » du 3 décembre 2024 qui prévoit la tenue d’une conférence internationale sur la mise en œuvre de la solution des deux Etats. 

L’Union européenne pâtit d’un manque de visibilité de la part des autorités mexicaines malgré son poids économique non-négligeable (2ème marché des exportations mexicaines, 3ème origine des importations au Mexique) et son action en matière de coopération (50,4 M € sur 2014-2020). L’UE demeure toutefois un allié stratégique du Mexique et son troisième partenaire dans le monde. La finalisation des négociations de l’accord global politique et commercial UE-Mexique modernisé en janvier 2025 offre des perspectives intéressantes pour approfondir les liens économiques et les investissements entre le Mexique et l’UE.

 

Situation économique

12ème économie mondiale (1 856 Mds USD en 2024), 10ème puissance industrielle, le Mexique est la deuxième économie d’Amérique latine (1/4 du PIB de la région), derrière le Brésil. Fort d’une grande stabilité politique macroéconomique, de plus en plus intégré aux chaines de valeur mondiales, le Mexique se distingue notamment par son ouverture commerciale élevée à la faveur de nombreux accords de libre-échange (16 accords couvrant 46 pays, dont l’accord nord-américain T-MEC (ou USMCA), dont la révision est prévue en juillet 2026, et l’accord modernisé de libre-échange UE-Mexique, dont la conclusion des négociations est intervenue en janvier 2025). Il est en outre la 1ère puissance exportatrice d’Amérique latine, devant le Brésil et s’avère également très ouvert aux investissements directs étrangers. 

L’économie mexicaine est largement dépendante des relations commerciales avec les Etats-Unis : 86 % des exportations totales lui sont destinées, dont 90 % de produits manufacturiers, notamment équipements électriques et véhicules automobiles. Près de 38 millions de Mexicains résident aux Etats-Unis, à l’origine de transferts de fonds vers le Mexique ayant atteint 62.5 Mds USD en 2024, soit 4% du PIB. Profitant de la rivalité sino-américaine, le Mexique est devenu en 2023 le 1er partenaire économique de Washington, devant la Chine. Si cette forte dépendance à l’économie étatsunienne constitue un atout avec le nearshoring, elle représente également un risque élevé en cas de ralentissement économique aux Etats-Unis ou de politique douanière étatsunienne protectionniste. Les autres principaux partenaires commerciaux du Mexique sont le Canada, la Chine, l’Allemagne et la Corée du Sud. 

Après une croissance du PIB soutenue en 2023 (3,2 %), la croissance s’est dégradée en 2024 (1,5 %) et devrait se contracter en 2025 (-0,3 % selon le FMI), principalement sous l’effet des incertitudes tarifaires qui pèsent sur les perspectives commerciales du pays et sur les dynamiques d’investissement. La politique monétaire restrictive mise en place en 2021 par la Banque centrale (Banxico) a été assouplie en 2024, tandis que le gouvernement s’efforce de consolider sa politique budgétaire (le Mexique est le pays de l’OCDE au plus faible taux de prélèvements obligatoires, 16% du PIB), après un creusement historique du déficit public à 5,7 % du PIB en 2024 (contre 4,3 % en 2023). En outre, alors qu’en 2022, le peso mexicain est devenu l’une des monnaies émergentes les plus performantes face au dollar, permettant de le qualifier de Superpeso, sa valeur a chuté significativement suite aux élections présidentielles mexicaines de juin 2024, la monnaie mexicaine ayant enregistré une dépréciation de 22 % face au dollar au cours de l’année 2024 sur fond de réformes constitutionnelles controversées. 

La présidente Sheinbaum revendique un « nearshoring durable », soit une opportunité historique de développement pour le pays qui dispose pour cela de multiples avantages. Le corollaire de cette vision est l’importance accordée à la politique industrielle dans des secteurs prioritaires (électromobilité, semiconducteurs, etc.), via la création de nombreux parcs industriels et la relance volontariste des infrastructures, avec pour objectif notamment la promotion de la production nationale. En matière d’énergie, Claudia Sheinbaum met l’accent sur les énergies renouvelables, tout en continuant à apporter son soutien à la compagnie pétrolière nationale PEMEX et à la Commission fédérale d’électricité (CFE), dont la dette combinée pèse lourdement sur les finances publiques du pays (environ 7,5 % du PIB).

Enfin, le Mexique connaît des défis structurels : productivité faible (+0,67 %/an depuis 1990), retards en termes de développement social et humain (IDH, source PNUD : 0.789 en 2023), disparités régionales persistantes, informalité importante (55 % du marché du travail), criminalité et corruption (140ème sur les 180 pays les plus corrompus selon Transparency International).

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