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Jordanie

Annuaire des représentations jordaniennes en France

Présentation de la Jordanie

Date de mise à jour le : 29 juillet 2026

Carte

Données générales

Nom officiel : Royaume hachémite de Jordanie

Nature du régime : Monarchie parlementaire

Chef de l’Etat : Roi Abdallah II de Jordanie (depuis le 7 février 1999)

 

Données géographiques

Superficie : 92.300 km2

Capitale : Amman

Villes principales : Amman, Irbid, Zarka 

Décalage horaire avec Paris : + 1 heure

Langue officielle : Arabe

Langues courantes : Arabe, Anglais

Monnaie : Dinar jordanien (JD). Taux de change actuel : 1JD = 1.24€

Fête nationale : 25 mai (Commémoration de la déclaration d’indépendance de 1946, au terme du mandat britannique)

 

Données démographiques

(Banque mondiale, PNUD, DG Trésor)

Population : 11.552.876  (2024)

Densité : 116 hab/km2

Indice de fécondité : 2,6 enfants par femme (2023)

Croissance démographique : 1,03 % 

Espérance de vie : 78 ans (2024)

Taux d'alphabétisation des adultes : 95% (2023) 

Taux de pauvreté : 15,7% (2019)

Taux de scolarisation : 81,8% (2024)

Taux de pénétration d’Internet : 62,3% (2024)

Religions : Islam sunnite (92%), Chrétiens (6%), autres (2% : Druzes, Chiites)

Indice de développement humain  : 0,754 (100ème mondial)

 

Politique intérieure

La Jordanie est une monarchie parlementaire où le Roi dispose de prérogatives telles que la nomination du Premier ministre, du chef d’état-major des forces armées et des directeurs des services de sécurité. Le pouvoir législatif est exercé par le Parlement, divisé en une Chambre des représentants élue au suffrage universel tous les 4 ans et un Sénat nommé par le Roi. 

Les dernières élections législatives jordaniennes se sont déroulées le 10 septembre 2024 – les dernières avaient eu lieu en 2020 avec un taux de participation de 29%. 

Ces élections sont intervenues dans un cadre institutionnel renouvelé par la réforme électorale de 2022, qui vise à amorcer la structuration de la scène politique jordanienne en partis (là où le fait tribal et le clientélisme dominaient) et à contribuer à une meilleure représentation politique des femmes et des jeunes (à noter qu’on compte 10% de primo votants à cette élection). Les principales évolutions apportées en ce sens par cette réforme sont (i) l’introduction d’un minimum légal de 30% de députés issus de partis politiques, ce qui équivaudra à 41 députés sur les 138 (pour mémoire 12 députés sur les 130 élus en 2020 étaient affiliés à des partis politiques) et (ii) l’augmentation des quotas de femmes députées (de 11,5% à 13% soit de 15 à 25 députées) ainsi que l’instauration d’un quota de candidats de moins de 35 ans. L’adoption de cette réforme, qui correspond partiellement aux recommandations du le rapport de la mission d’information électorale de l’UE de 2013, a également clarifié et renforcé le rôle de la commission électorale indépendante quant à l’organisation des élections et à la supervision des partis.

A l’issue de ces élections, dont la mission d’observation de l’UE a noté le bon déroulement, parti Front d’action islamique (FAI), proche des Frères Musulmans, a remporté 31 sièges sur 138, constituant ainsi la première force politique de cette assemblée. Le parti, Le nouveau gouvernement, conduit par Jafar Hassan, préalablement directeur de cabinet du Roi, ne comporte pour autant aucun membre des FAI. Au sein de ce gouvernement composé de 31 ministres, dont 5 femmes, on retrouve des personnalités déjà connues et populaires, comme Ayman Safadi, reconduit aux postes de vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères ou Mazen Al-Faraya au poste de ministre de l’Intérieur, tous deux proches du Roi. A l’instar des précédentes législatives du 20 septembre 2016, elles ont conduit à la formation d’un parlement majoritairement composé d’élus tribaux, d’hommes d’affaires et de notables. 

Pour accéder à la constitution du Royaume hachémite de Jordanie :

http://www.parliament.jo/en/node/150#ch1

 

Politique étrangère

La diplomatie jordanienne est déterminée par une situation géographique complexe du fait des conflits qui touchent son voisinage. 

Dans un environnement régional marqué par les crises, la Jordanie s’efforce de préserver sa stabilité. Deux millions de réfugiés palestiniens sont enregistrés dont 17% vivent encore dans dix camps répartis sur le territoire. Depuis 2011, le nombre des réfugiés syriens est aussi très important (440 000 selon le HCR en 2025). La communauté irakienne est également importante (60 000 réfugiés selon le HCR). 

Dans ce contexte difficile, la Jordanie a fondé sa politique étrangère sur trois piliers.

Le premier est l’alliance avec les Etats-Unis. En 2022, les Etats-Unis ont annoncé qu’ils octroieraient une aide bilatérale d’au moins 1,45Mds$ chaque année à la Jordanie sur la période 2023-2029. Un accord de libre-échange a été signé en 2001, le premier entre Washington et un pays arabe.

Le deuxième est le choix de la paix avec Israël. La Jordanie a signé un traité de paix avec Israël en 1994 (accord de Wadi Araba). 

Le troisième pilier est la relation avec les pays du Golfe, notamment avec les Emirats arabes unis, le Koweït et l’Arabie Saoudite. La relation avec le Conseil de Coopération des Etats Arabes du Golfe fait l’objet d’un partenariat renforcé. 

La Jordanie cherche également à renouer des liens étroits – en particulier sur les plans économique et commercial – avec ses voisins immédiats, la Syrie depuis la chute du régime Assad et l’Irak. Les visites du Roi Abdallah II en Irak, début 2019 (son premier déplacement dans le pays depuis dix ans) et en août 2021 pour la Conférence de Bagdad,, ainsi que le mécanisme de coopération trilatérale mis en place avec l’Egypte, témoignent d’un nouveau rapprochement entre ces deux pays voisins.

Sur le plan sécuritaire, la Jordanie s’est associée à la Coalition internationale contre l’organisation terroriste Daech. Dans ce cadre, elle a participé à des frappes aériennes conduites contre cette organisation terroriste depuis septembre 2014. 

 

Situation économique

(Banque mondiale, PNUD, DG Trésor)

PIB : 53,35 milliards $ (2024)

PIB par habitant : 4618,1 $ (2024)

 

Taux de croissance : 2,8% (2025)

Taux de chômage : 16,5% (2025)

Taux d'inflation : 1,5% (2025)

 

Solde budgétaire (en % du PIB) : - 5,9% (2024)

Dette publique (en % du PIB) : 83,6% (2025)

Solde de la balance courante (en % du PIB) : -5,6% (2025)

Aide publique au développement reçue : 2,83Mds$ (2023) 

 

Principaux clients : Etats-Unis, Irak, Arabie Saoudite, Syrie

Principaux fournisseurs : Arabie Saoudite, Chine, Etats-Unis, Allemagne, Italie

 

Part des principaux secteurs d'activités dans le PIB :

- agriculture : 5%

- industrie : 26 %

- services : 68 %

 

Commerce bilatéral (2025) 

Exportations de la France vers la Jordanie : entre 306M€ (2024)

Importations françaises depuis la Jordanie : 43M€ (2025)

Part de marché de la France en Jordanie : 1,4%

Le solde courant de la balance de paiements, structurellement déficitaire, est tributaire des variables extérieures, en premier lieu le commerce, mais également le tourisme, les envois de fonds de la diaspora, ou encore les IDE. Les conflits régionaux depuis octobre 2023 ont eu des conséquences importantes, bien que réversibles, sur ces variables. A cet égard, entre 2024 et 2025, la croissance des exportations et la résilience du tourisme ont permis la réduction du déficit du compte courant, de 5,8 % du PIB en 2024 à 5,1 % du PIB en 2025. 

Les crises successives de cette dernière décennie (conséquences des printemps arabes, conflit en Syrie, instabilité irakienne, pandémie, guerres en Ukraine, à Gaza, au Liban et entre Israël et l’Iran) constituent des poids supplémentaires, empêchant de traiter des défis structurels internes auxquels fait face la Royaume Hachémite. La croissance, positive (2,8 % en 2025), demeure atone et insuffisante pour réduire significativement le taux de chômage ou encore rétablir les équilibres budgétaires. Le taux de chômage connaît une baisse tendancielle mais reste élevé (16,%), en particulier pour les jeunes (39,4% en 2022).

L’économie jordanienne repose sur les services, notamment les secteurs financier et touristique. L’industrie (textile, pharmacie, engrais) représente plus de 25% du PIB. La Jordanie a engagé une démarche de diversification de ses sources d’approvisionnement et de développement de sa production d’énergies renouvelables. La rareté de ses ressources hydriques est également une difficulté à laquelle elle doit faire face, en particulier concernant l’agriculture (la Jordanie est le 2ème pays le plus pauvre en eau du monde).

La situation budgétaire jordanienne est marquée par un endettement accru, qui atteint désormais 83,6% du PIB. 

La Jordanie fait toujours face à des besoins de financement importants (2,6 Mds USD en 2024) mais garde le soutien des bailleurs et la confiance des marchés. Le royaume reçoit un soutien budgétaire important de la part de ses principaux partenaires (FMI, BM, Etats-Unis, Allemagne, UE, Canada, Emirats arabes unis, Japon, Israël, Royaume-Uni, , France). Le pays , qui est sous programme FMI depuis plus de 10 ans (une 4ème facilité étendue de crédit a été adopté en janvier 2024, pour un montant de 1,2 Md USD sur 4 ans), mène des réformes économiques structurelles saluées par le FMI.

La présence de 440 000 réfugiés syriens recensés par le HCR pèse aussi sur les infrastructures (éducation, santé notamment), les ressources du pays (eau, énergie),  la situation de l’emploi et le marché immobilier. Si 177 000 retours depuis la Jordanie ont été enregistrés depuis la chute du régime de Bachar al-Assad, les intentions de retour ont baissé en 2025.

 

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