Israël / Palestine : 8 clés pour comprendre la position de la France

La France considère que le conflit ne pourra être résolu qu’à travers la solution avec deux États vivant côte-à-côte en paix et en sécurité, conformément au droit international.

Publié le : 01 septembre 2020 Mis à jour le : 17 septembre 2026

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Qui la France soutient-elle ?

1. La France soutient les Israéliens et les Palestiniens

La France partage avec Israël des liens historiques, culturels et humains forts. La France a été l’un des premiers pays à reconnaître le nouvel État et à établir avec lui des relations diplomatiques, dès 1949. Depuis plus de 70 ans, elle défend le droit d’Israël à vivre en sécurité dans son environnement régional. 

La relation bilatérale franco-israélienne se nourrit également de la présence en Israël d’une importante communauté française et francophone et, en France, de la première communauté juive d’Europe. 

Dès le 7 octobre 2023, la France condamnait l’attaque du Hamas et réaffirmait son engagement contre le terrorisme et l’antisémitisme. Quelques semaines après sa prise de fonction, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot se rendait sur le site du festival Nova (le 7 octobre 2024) pour marquer le triste anniversaire de cet attentat barbare, et a rendu hommage à toutes ses victimes – notamment à nos plus de cinquante compatriotes assassinés.

La France soutient la création d’un État palestinien, vivant dans des frontières sûres et reconnues, en sécurité au côté d’Israël, avec Jérusalem comme capitale de ces deux États. Le 22 septembre 2025, par la voix du Président de la République, la France a reconnu le statut d’État à part entière de la Palestine. La mission de Palestine en France a désormais le statut d’ambassade, avec à sa tête une ambassadrice.

Avant cela, François Mitterrand avait été le premier président français à exprimer devant la Knesset, en 1982, l’objectif de création d’un État palestinien. En 2010, la France avait déjà rehaussé le statut de la Délégation générale de Palestine en France, devenue la Mission de Palestine. Elle avait ensuite voté en faveur du statut d’État observateur non-membre aux Nations unies en novembre 2012, et en faveur de l’érection du drapeau palestinien à l’ONU en septembre 2015. 

2. La France se tient du côté du droit international

La France appelle au respect des résolutions pertinentes des Nations unies. La France promeut une solution à deux États (résolution 181 de l’Assemblée générale des Nations unies), une solution juste pour les réfugiés (résolution 194 de l’Assemblée générale des Nations unies), la fin de l’occupation israélienne des Territoires palestiniens (résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies) et la préservation du statut de Jérusalem (résolutions 476 et 478 du Conseil de sécurité des Nations unies). Sur cette base, la France appelle chacune des parties à réaffirmer son engagement en faveur d’un règlement négocié et de la solution des deux États et à s’abstenir de toute action unilatérale qui empêcherait de réunir les conditions pour y parvenir.

La colonisation en Cisjordanie est illégale au regard du droit international (notamment au regard de la IVe Convention de Genève et de plusieurs résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies). Elle menace la viabilité de la solution à deux États et constitue un obstacle à une paix juste et durable. La résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies, votée à la quasi-unanimité des États membres le 23 décembre 2016, a appelé à l’arrêt immédiat et complet de la colonisation et a exhorté les États à différencier le territoire de l’État d’Israël et les territoires palestiniens occupés depuis 1967.

Dans ce cadre, la France condamne régulièrement la politique de colonisation, qui s’est traduite en 2025 par l’approbation de plus de 27 900 unités de logement par les autorités israéliennes, soit plus du double du nombre d’unités approuvées en 2023 (12 349).  

Des mesures concrètes ont été prises au niveau européen face à l’accélération de la colonisation, notamment afin de traiter de manière différenciée le territoire d’Israël et les colonies. C’est dans cette approche que s’inscrit l’obligation d’étiquetage des produits alimentaires en provenance des colonies israéliennes, précisé par la notice interprétative de l’Union européenne en novembre 2015 et que la Cour de justice de l’Union européenne a jugée conforme au droit européen dans un arrêt du 12 décembre 2019. La mise sous sanctions européennes d’organisations et d’individus engagés dans la colonisation et impliqués dans les violences contre des civils en Cisjordanie en constitue une autre illustration. Le 8 septembre 2026, la France, aux côtés de la Grande Bretagne, du Canada, et de neuf autres Etats, a décidé de mettre en place des mesures nationales afin d’interdire le commerce des biens issus des colonies israéliennes situées dans les Territoires palestiniens occupés. 

3. La France est engagée en faveur de la stabilité de la région

Avec la plus grande fermeté, la France condamne tous les actes de violence et de terrorisme et appelle toutes les parties à combattre toutes incitations à la haine. La France a condamné avec force les attaques terroristes du 7 octobre, pire massacre antisémite depuis la Shoah. 

Elle est attachée à la sécurité d’Israël et à son intégration régionale, dans un cadre qui comprend la création d’un État palestinien indépendant, souverain et démocratique.

Quelle solution la France défend-elle ?

4. La solution à deux États est la seule à même de répondre aux aspirations légitimes des Israéliens et des Palestiniens à la sécurité, à l’indépendance, à la reconnaissance et à la dignité

C’est dans cet esprit que la France a salué l’Initiative arabe de paix de 2002 et sa réaffirmation récente. Ces paramètres ont été au cœur de la mobilisation française de ces derniers mois en faveur de la solution à deux États, incarnée par l’adoption de la Déclaration de New York par 142 États le 12 septembre 2025.

En juin 2025, des représentants des sociétés civiles israélienne et palestinienne se réunissaient pour la première fois à Paris à l'invitation de la France. Ensemble, ils avaient signé un texte commun l'Appel de Paris pour la solution à deux États - affirmant leur attachement à une solution négociée fondée sur la coexistence de deux États, Israël et Palestine, vivant côte à côte en paix et en sécurité.

L'originalité de l'Appel de Paris tient à sa nature : il ne s'agit pas d'une conférence diplomatique entre gouvernements, mais d'un espace donné à la société civile - c'est-à-dire aux citoyens, aux militants, aux associations, aux voix qui portent la réalité du terrain et les aspirations des populations.

Que des représentants israéliens et palestiniens acceptent de se retrouver autour d'une même table, à Paris, pour signer un appel commun en faveur de la paix, est en soi un signal politique fort, d'autant plus remarquable dans le contexte de violence et de méfiance qui marque cette période.

Cet appel a été réitéré par un second Appel de Paris, le 12 juin 2026, à l’Institut du Monde arabe, autour du Ministre Jean-Noël Barrot.

Quelle est l’action de la France ?

5. La France apporte son soutien à la création d’un État palestinien indépendant, viable et souverain

A travers une coopération dense, notamment dans les domaines institutionnel, économique, culturel et universitaire, la France accompagne et soutient l’Etat de Palestine dans l’établissement d’institutions fortes et démocratiques. La France contribue également au développement économique palestinien et notamment au développement de son secteur privé.

Des relations anciennes de coopération décentralisée entre la France et les Palestiniens participent de ces efforts. La coopération décentralisée compte comme un vecteur majeur des rapports économiques, politiques et de solidarité entre la France et la Palestine (quelques 126 projets sont mis en œuvre). Ces dernières années, la plupart des projets portent sur l’amélioration des infrastructures et le développement durable (gestion de l’eau, assainissement, préservation du patrimoine, culture, formation des cadres territoriaux, jeunesse). 

Les accords d’Oslo et les zones A, B et C en Cisjordanie

Les accords d’Oslo II, signés en 1995, instituent un découpage en trois zones de la Cisjordanie, distribuant les compétences administratives entre l’Autorité palestinienne et Israël :

Zone A : sous administration civile et sécuritaire palestinienne
Zone B : sous administration civile palestinienne et sécuritaire israélienne
Zone C : sous administration civile et sécuritaire israélienne

Conçu comme transitoire et devant évoluer au gré de transferts progressifs vers l’Autorité Palestinienne, ce découpage est resté largement figé depuis la fin des années 1990, dans l’attente d’un accord de statut final. 

6. La France apporte son soutien à la population palestinienne, notamment là où elle est la plus vulnérable

La France est particulièrement attentive à la question des conditions de vie des Palestiniens, indissociable de celle de la résolution du conflit.

Le 9 novembre 2023, le Président Emmanuel Macron a rassemblé les États et les principaux acteurs humanitaires, dont les Nations Unies et les ONG, lors d’une première conférence humanitaire internationale de soutien à la population civile de Gaza. Celle-ci visait à apporter une réponse de la communauté internationale aux besoins de la population palestinienne sur place et à fédérer les soutiens internationaux. 

Elle est tout d’abord engagée dans la réponse à l’urgence humanitaire. Notre aide humanitaire transite notamment par nos contributions volontaires aux agences et organisations humanitaires, nos contributions à l’UNRWA, notre participation à la programmation conjointe de l’Union européenne pour les Territoires palestiniens.

À Gaza, la France vient en aide à la population dans de nombreux domaines (aide alimentaire, santé), et à travers la présence de l’Institut français de Gaza, seul centre culturel étranger présent dans la bande (aujourd’hui fermé).

L’Agence Française de Développement a financé environ quatre-vingt projets. Parmi ces projets, treize ont concerné le domaine de l’eau et de l’assainissement. Ces projets ont permis à 800 000 personnes de gagner un accès à l’eau potable ou de bénéficier d’une amélioration de la qualité du service d’eau potable.

7. La France encourage la réconciliation inter-palestinienne

La réconciliation inter-palestinienne doit permettre à l’Autorité palestinienne d’exercer pleinement ses prérogatives dans la bande de Gaza, y compris dans le domaine de la sécurité. Indispensable pour recréer un horizon politique, cette réconciliation est également urgente pour améliorer les conditions de vie de la population de Gaza et assurer la sécurité du territoire et de ses frontières.

La France rappelle par ailleurs la nécessité que le Hamas, qui figure sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne, soit d’écarté de la gouvernance palestinienne de façon définitive. 

Conformément aux engagements pris par le président Mahmoud Abbas dans sa lettre du 9 juin 2025 au président de la République Emmanuel Macron et au prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, l’Autorité palestinienne organisera des élections législatives et présidentielles permettant la pleine expression de la volonté démocratique du peuple palestinien.

8. La France est prête à prendre toute sa part à la relance d’un processus politique crédible

La France reste prête à soutenir toute initiative dont le cadre est celui du droit international, la méthode celle de la négociation. Elle entretient des contacts avec chacune des parties, israélienne et palestinienne, pour contribuer à travailler à la préservation de la possibilité des deux États sur le terrain et à une reprise des négociations. Les acteurs internationaux, les membres permanents du Conseil de sécurité et les partenaires européens et régionaux ont un rôle à jouer pour rétablir un horizon politique. 

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