Appel de Paris pour la solution à deux Etats : les sociétés civiles palestiniennes et israéliennes réunies à Paris Conflits Actualité Publié le : 11 juin 2026 À l'initiative du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, des citoyens israéliens et palestiniens engagés pour la paix se retrouvent le vendredi 12 juin à Paris. Leur objectif : produire des recommandations concrètes avant le Sommet du G7 à Evian et maintenir vivante la perspective d'une solution à deux États malgré un contexte régional particulièrement dégradé. Un an après l’Appel de Paris, un contexte dégradé Il y a un an des représentants de la société civile israélienne et palestinienne se réunissaient pour la première fois à Paris à l'invitation de la France. Ensemble, ils avaient signé un texte commun - l'Appel de Paris pour la solution à deux Etats - affirmant leur attachement à une solution négociée fondée sur la coexistence de deux États, Israël et Palestine, vivant côte à côte en paix et en sécurité. Un an plus tard, la situation sur le terrain est préoccupante. À Gaza, le cessez-le-feu obtenu au printemps demeure fragile. En Cisjordanie, la colonisation s'est accélérée, compromettant un peu plus la possibilité d'un futur État palestinien viable et souverain. Et dans l'ensemble de la région, l'embrasement d'un conflit plus large a relégué la question israélo-palestinienne au second plan de l'agenda international. Des avancées diplomatiques, sous impulsion française En septembre 2025, la Déclaration de New York a posé les bases d'un nouveau cadre diplomatique international pour la résolution du conflit. Plus de 140 Etats réaffirment leur engagement pour la mise en œuvre d’une solution de paix à deux Etats». ¨Pour la première fois, ils demandent conjointement : L’établissement d’un Etat palestinien viable et souverain ; Le désarmement du Hamas et son exclusion de la gouvernance de Gaza ; L’intégration régionale d’Israël et des garanties de sécurité collective ; L’engagement de la communauté internationale pour la reconstruction de Gaza. Dans le cadre de la conférence sur la solution à deux Etats, co-présidée par la France et l’Arabie saoudite, dix pays occidentaux ont officiellement reconnu l’Etat de Palestine, lors de la 80e sessions de l’assemblée générale des Nations Unies 2025 L’événement du 12 juin à l’Institut du monde arabe à Paris Le ministre Jean-Noël Barrot réunit à Paris, à l'Institut du monde arabe, des représentants de la société civile israélienne et palestinienne – experts, associations, intellectuels, femmes et hommes engagés pour la paix de part et d'autre - ainsi que plusieurs ministres des Affaires étrangères, les institutions européennes et représentants partenaires. La journée est conçue comme un espace de travail concret pour élaborer des recommandations opérationnelles, articulées autour de plusieurs grands axes : Les cinq priorités de l'Appel de Paris 2026 › Permettre la mise en œuvre effective du plan de paix à Gaza, notamment le respect du cessez-le-feu › Répondre aux menaces qui pèsent directement sur la viabilité de la solution à deux États (colonisation et annexion) › Favoriser la sécurité régionale et l'intégration des pays du Proche-Orient dans un cadre de paix partagé › Prendre en compte les aspirations des sociétés civiles à la démocratie et aux réformes politiques › Répondre à l’urgence humanitaire et amorcer une reconstruction conforme aux principes du droit international Pour un dialogue entre la société civile palestinienne et israélienne L'originalité de l'Appel de Paris tient à sa nature : il ne s'agit pas d'une conférence diplomatique entre gouvernements, mais d'un espace donné à la société civile - c'est-à-dire aux citoyens, aux militants, aux associations, aux voix qui portent la réalité du terrain et les aspirations des populations. Que des représentants israéliens et palestiniens acceptent de se retrouver autour d'une même table, à Paris, pour signer un appel commun en faveur de la paix, est en soi un signal politique fort — d'autant plus remarquable dans le contexte de violence et de méfiance qui marque cette période. Cette réunion a également une portée stratégique immédiate : les recommandations adoptées à Paris seront transmises aux dirigeants du G7 qui se retrouvent quelques jours plus tard à Évian. Elles auront vocation à nourrir les discussions des chefs d'État et à infléchir, dans la mesure du possible, les décisions prises au plus haut niveau international. Trois organisations au cœur de l'événement La conférence est co-organisée avec trois coalitions d’organisations de la société civile, dont l'engagement incarne précisément l'esprit du premier Appel de Paris : travailler ensemble. ALLMEP L'Alliance for Middle East Peace fédère plus de 200 organisations israéliennes et palestiniennes qui œuvrent au quotidien pour le dialogue et la coexistence. Elle plaide notamment pour la création d'un Fonds international pour la paix au Proche-Orient, destiné à soutenir ces initiatives de terrain. Guerrières de la Paix Collectif de femmes israéliennes et palestiniennes unies autour d'un refus commun : celui de la guerre et de la violence. Portant des voix souvent inaudibles dans les arènes diplomatiques traditionnelles, elles rappellent que la paix se construit aussi — et peut-être d'abord — dans les sociétés elles-mêmes. Principals for Peace Réseau international regroupant d'anciens responsables politiques et diplomatiques de haut rang mobilisés pour relancer le processus de paix israélo-palestinien. Leur expérience des négociations au plus haut niveau leur confère une autorité unique pour formuler des recommandations crédibles aux gouvernements.