Encadrer l’usage du véto, réformer le Conseil de sécurité

Actualité

Publié le : 22 septembre 2026

Dans un contexte marqué par la multiplication des conflits, les réponses collectives sont plus que jamais nécessaires.

Du conflit israélo-palestinien à la guerre d’agression russe en Ukraine, de la guerre civile au Soudan aux crises qui touchent notamment l’Iran, le Liban, l’Afghanistan, Haïti ou la région des Grands Lacs, il revient à l’ONU, et en particulier au Conseil de sécurité, de s’entendre sur les situations et d’agir : « Nous avons une responsabilité : agir ensemble, bâtir ce multilatéralisme efficace. » Depuis la tribune des Nations unies, le Président de la République Emmanuel Macron appelait ainsi à faire face à la brutalisation du monde en septembre 2025.

Un an plus tard, cet appel prend une résonance particulière, alors que la France préside le Conseil de sécurité des Nations unies pour le mois de septembre et que s’ouvre une nouvelle session de l’Assemblée générale des Nations unies, qui rassemble à New York de nombreux chefs d’État et de gouvernement. 

Ce rendez-vous annuel constitue une occasion de contacts au plus haut niveau pour faire avancer les discussions les plus difficiles, à commencer par celles concernant la paix et la sécurité internationales. Pour la France, ce sera aussi l’occasion de défendre un multilatéralisme efficace pour faire des Nations Unies un outil de réponse aux attentes des populations.

Encadrer l’usage du veto

Le Conseil de sécurité dispose d’instruments importants pour agir en faveur de la paix : décisions, médiations et bons offices, déploiement d’opérations de paix et de casques bleus, appui aux opérations humanitaires ou encore soutien aux processus de paix conduits par les organisations régionales. Mais l’efficacité du Conseil dépend aussi de sa capacité à surmonter les divisions lorsque les circonstances l’exigent.

La France défend depuis plusieurs années une initiative visant à encadrer volontairement le recours au veto en cas d’atrocités de masse (génocide, crime contre l’humanité ou crimes de guerre de grande ampleur).

La France s’est engagée en 2013 à ne pas utiliser son veto en cas d’atrocités de masse. Depuis 2015, la France et le Mexique s’engagent en faveur d’un encadrement de l’usage du veto. Aujourd’hui, 127 États soutiennent l’initiative franco-mexicaine, dont 20 ont rallié cette initiative depuis le début de l’année 2026. Le Royaume-Uni fait partie de ces États ayant récemment adhéré à cette initiative, devenant ainsi le second membre permanent du Conseil de sécurité, avec la France, à y appartenir. 

L’objectif est de préserver la capacité d’action du Conseil dans les situations les plus graves, lorsque des populations civiles sont directement menacées.

Cette proposition s’inscrit dans une conviction plus large : la responsabilité du Conseil de sécurité est de faire respecter les règles qui régissent l’ordre international et la Charte des Nations unies. La France défend, et s’applique à elle-même, une utilisation responsable du droit de veto. Ce-dernier ne doit pas être vu comme un privilège mais plutôt comme une responsabilité. La France n’a plus eu recours au veto depuis 1989

« La responsabilité de ce Conseil, c’est d’abord celle de faire respecter les règles qui régissent l’ordre international. C’est de faire respecter la Charte des Nations unies. »

Jean-Noël Barrot, Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères

Réformer le Conseil de sécurité

Le monde a profondément changé depuis la création de l’ONU en 1945. La composition du Conseil de sécurité doit mieux refléter les réalités du monde contemporain et octroyer une place plus importante aux régions aujourd’hui insuffisamment représentées.

La France est engagée en faveur d’une réforme du Conseil de sécurité prévoyant son élargissement dans ses deux catégories de membres, permanents et non permanents.

Cette réforme doit notamment permettre une meilleure représentation de l’Afrique, ainsi que de l’Asie-Pacifique, de l’Amérique latine et des Caraïbes.

Une représentation plus équilibrée contribuerait ainsi à renforcer la légitimité du Conseil de sécurité et sa capacité à répondre aux crises affectant la paix et la sécurité internationales.

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