COP17 sur la lutte contre la désertification : priorités et enjeux Mongolie Coopération internationale Environnement Nations unies Actualité Publié le : 18 août 2026 Du 17 au 28 août 2026, la Mongolie accueille à Oulan-Bator la 17e Conférence des Parties (COP17) à la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD). Cette conférence ouvre une année marquée par la tenue des trois grandes conférences des Nations unies consacrées à l'environnement (« triple COP »), avec la COP biodiversité en Arménie puis la COP climat en Turquie. Dans un contexte international de fortes tensions géopolitiques, la COP17 constitue une échéance importante pour poursuivre la mise en œuvre des engagements internationaux en faveur de la lutte contre la dégradation des terres et rappeler l’importance que la France attache au multilatéralisme et à la science. Les sols, le plus grand réservoir terrestre de carbone - Les sols stockent trois fois plus de carbone que l'atmosphère - Les sols renferment également près de trois fois plus de carbone que l'ensemble de la végétation mondiale => La restauration des terres dégradées pourrait fournir plus d'un tiers des réductions d'émissions nécessaires d'ici 2030 pour maintenir le réchauffement climatique sous les objectifs de l'Accord de Paris Les principaux objectifs de la COP17 Longtemps considérée comme la moins visible des trois Conventions de Rio, la Convention sur la lutte contre la désertification occupe aujourd'hui une place croissante dans les négociations environnementales internationales. Les conséquences de la dégradation des terres, de la sécheresse ou des tempêtes de sable et de poussière concernent l'ensemble des régions du monde. Elles affectent directement la sécurité alimentaire, l'accès à l'eau, le développement économique, la stabilité des territoires ainsi que les efforts de lutte contre le changement climatique et contribue à l'érosion de la biodiversité. La COP17 s'inscrit dans la continuité des avancées enregistrées lors de la COP16 désertification de Riyad (2024), notamment sur la préservation et la restauration des terres agricoles. A cette occasion, la France s’était déclarée comme partie affectée par la désertification. Les négociations de cette année portent principalement sur : les réponses internationales face à l'aggravation des sécheresses la gestion durable des terres agricoles et des ressources en eau la promotion d’un pastoralisme durable Qu'est-ce qu'une COP ? Les priorités de la France La France défend une approche intégrée de la lutte contre la désertification, fondée sur les synergies entre climat, biodiversité, développement durable et sécurité alimentaire. Cette approche est articulée autour de plusieurs priorités : Faire progresser les travaux sur la sécheresse, en soutenant l'élaboration de réponses concrètes permettant de renforcer l'adaptation et la résilience des territoires Promouvoir des systèmes agricoles durables, qui préservent la santé des sols Définir le futur cadre stratégique de la Convention, qui fixera les priorités de l'organisation pour les prochaines années La France plaide aussi pour une architecture financière internationale plus efficace, fondée sur le renforcement des instruments existants, notamment le Fonds pour l'environnement mondial (FEM) et le Fonds vert pour le climat (GCF), plutôt que sur la multiplication de nouveaux mécanismes. La France aux côtés de la Mongolie pour lutter contre la désertification La France renforce les institutions mongoles pour : - améliorer les services météorologiques et l’accès à l’information climatique- renforcer la prévention et la gestion des incendies de forêts et de steppes- valoriser durablement des ressources en eau, en particulier les eaux souterraines Comprendre la désertification La désertification et la dégradation des terres concernent aujourd'hui près de la moitié de la population mondiale. Tous les continents sont aujourd’hui touchés par ce phénomène. Les zones les plus affectées se trouvent au Moyen-Orient, en Amérique latine et du Nord, en Asie centrale et du Sud-Est, et en Afrique subsaharienne. La désertification et la dégradation des terres fragilisent la sécurité alimentaire, accentuent les inégalités, favorisent les déplacements de populations et alimentent les tensions autour des ressources naturelles. La désertification et la dégradation des terres en chiffres - Près de 50% de la population mondiale est concernée- Entre 40 % et 75 % des terres mondiales sont dégradées- En France, jusqu’à 75 % des terres sont dégradées dont environ 1 % est affecté par la désertification Préserver les sols permet ainsi simultanément de stocker davantage de carbone, de préserver la biodiversité, de sécuriser les productions agricoles et de renforcer la résilience face aux sécheresses. L’initiative « 4 pour 1000 », lancée par la France lors de la COP21 de 2015, encourage les États à augmenter la teneur en matière organique de leurs sols de 0,4 % chaque année, ce qui compenserait le CO2 émis dans le même temps par l’humanité. Dix ans après son lancement, l'initiative rassemble près de 900 partenaires - États, organisations internationales, instituts de recherche, collectivités, entreprises, organisations agricoles et ONG - et constitue aujourd'hui le principal réseau international consacré au carbone des sols. En savoir plus sur la désertification Renforcer l'engagement du secteur privé : Business 4 Land La France soutient le développement de Business 4 Land, initiative lancée lors de la COP16 afin de renforcer la contribution des entreprises à la lutte contre la dégradation des terres. Business 4 Land vise à créer un cadre de dialogue entre les gouvernements, les entreprises, les institutions financières et les organisations internationales afin d'encourager les investissements privés en faveur de la gestion durable des terres. L'initiative promeut notamment l'intégration des enjeux liés aux sols dans les stratégies des entreprises, la diffusion de bonnes pratiques tout au long des chaînes de valeur ainsi que le financement de projets de restauration des terres. La Convention encourage les Parties à mettre en place des hubs nationaux Business 4 Land. La France valorise à la COP17 le lancement du premier hub national, qui concentre son action sur deux priorités : - accélérer la transition des filières agricoles et forestières vers des pratiques durables - mobiliser les secteurs économiques dont les activités exercent une forte pression sur les terres Cette démarche permet également de mettre en avant l'expertise des entreprises françaises dans les domaines de l'agriculture durable, de la restauration des écosystèmes et de la gestion des ressources naturelles.