COP17 biodiversité : la France veut accélérer la protection de la biodiversité Environnement Actualité Publié le : 19 octobre 2026 La 17e Conférence des Parties (COP17) à la Convention des Nations unies sur la diversité biologique se tiendra à Erevan, en Arménie, du 19 au 30 octobre 2026. À cette occasion, la France et l’Union européenne défendront une accélération de l’action internationale pour protéger et restaurer la nature. Objectif : renforcer la mise en œuvre du cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal, qui prévoit notamment de protéger 30 % des terres, 30 % des mers et de restaurer 30 % des écosystèmes dégradés d’ici à 2030. COP17 biodiversité : quelles sont les priorités de la France ? La COP17 constituera une étape décisive pour évaluer les progrès réalisés depuis l’adoption du cadre mondial de Kunming-Montréal en 2022 et accélérer les actions nécessaires pour atteindre les objectifs fixés à l’horizon 2030. Les priorités de la France à la COP17 : Accélérer la mise en œuvre du cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal, en s’appuyant sur un bilan des progrès accomplis et des engagements restant à concrétiser ou à renforcer. Mieux intégrer la biodiversité dans les politiques publiques et la planification écologique. Mobiliser davantage de financements en faveur de la biodiversité, notamment en associant le secteur privé et en élargissant la base des pays contributeurs aux financements en faveur des pays en développement. Renforcer les synergies entre la protection de la biodiversité, la lutte contre le changement climatique et la prévention de la dégradation des terres. Placer la science au cœur des décisions internationales, afin de garantir des politiques fondées sur les meilleures connaissances disponibles. Pourquoi la biodiversité est-elle essentielle et menacée ? La biodiversité joue un rôle essentiel dans notre alimentation, notre santé et notre économie. Elle contribue également à notre capacité à faire face aux effets du changement climatique. En France, environ 70 % des espèces cultivées pour l’alimentation dépendent de la pollinisation animale. À l’échelle mondiale, plus de 31 000 espèces sauvages sont directement utilisées par les populations, notamment pour se nourrir, se soigner ou produire des matériaux. La biodiversité constitue aussi un enjeu économique majeur : plus de la moitié du produit intérieur brut (PIB) mondial dépend directement de la nature et des services qu’elle rend, tandis que des centaines de millions d’emplois reposent sur des écosystèmes en bonne santé. Pourtant, les écosystèmes subissent des pressions croissantes : artificialisation des milieux terrestres et marins, surexploitation des ressources naturelles, changement climatique, pollutions et introduction d’espèces exotiques envahissantes. Selon la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), près d’un million d’espèces animales et végétales sont menacées d’extinction, dont beaucoup au cours des prochaines décennies. Biodiversité : pourquoi protéger les forêts, les zones humides et les récifs coralliens ? La protection de la biodiversité et la lutte contre le changement climatique sont étroitement liées. Les écosystèmes en bonne santé contribuent à réguler le climat, à stocker le carbone et à protéger les populations contre les conséquences du réchauffement. Les zones humides, qui ne couvrent qu’environ 6 % de la surface terrestre, accueillent ou permettent la reproduction de près de 40 % des espèces végétales et animales. Elles jouent également un rôle majeur dans la régulation de l’eau et le stockage du carbone, notamment dans leurs sols. Les forêts constituent le principal réservoir de biodiversité terrestre et jouent un rôle essentiel dans l’absorption du dioxyde de carbone. Elles sont pourtant fortement menacées : entre 1990 et 2020, 420 millions d’hectares de forêts ont été déboisés dans le monde, soit une superficie comparable à celle de l’Union européenne. En savoir plus sur l’action de la France pour la protection des forêts Les récifs coralliens, quant à eux, couvrent moins de 1 % des fonds marins, mais abritent au moins un quart des espèces marines. Ils sont particulièrement vulnérables au réchauffement des océans. Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les récifs coralliens tropicaux pourraient décliner de 70 à 90 % avec un réchauffement mondial de 1,5 °C, et de plus de 99 % à 2 °C. La préservation de ces écosystèmes est donc indispensable pour enrayer l’érosion de la biodiversité et renforcer la résilience des sociétés face au changement climatique. Quels sont les objectifs du cadre mondial pour la biodiversité d’ici à 2030 ? Créée en 1992, la Convention des Nations unies sur la diversité biologique repose sur trois grands objectifs : la conservation de la diversité biologique ; l’utilisation durable de ses éléments ; le partage juste et équitable des avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques. En 2022, lors de la COP15, les États ont adopté le cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal, qui définit quatre grands objectifs à l’horizon 2050 et 23 cibles à atteindre d’ici à 2030. Outre la protection et la restauration des écosystèmes, ce cadre prévoit notamment de réduire les pressions exercées sur la biodiversité et de renforcer les moyens financiers consacrés à sa préservation. Il vise à réduire progressivement un déficit de financement de la biodiversité estimé à 700 milliards de dollars par an, en fixant un objectif de mobilisation d’au moins 200 milliards de dollars par an d’ici à 2030, provenant de sources publiques et privées, et un objectif de réduction des incitations et subventions dommageables à la biodiversité d’au moins 500 milliards de dollars par an d’ici à 2030. En savoir plus sur le cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal, adopté lors de la COP15 en 2022 La COP17 d’Erevan marquera une étape majeure dans la mise en œuvre de cet accord. Pour la première fois depuis son adoption, les États procéderont à un bilan mondial des progrès accomplis et des efforts restant à fournir. Pour la France, le succès de la COP17 reposera sur la capacité de la communauté internationale à traduire les engagements existants en actions concrètes, mesurables et financées, afin d’enrayer la perte de biodiversité d’ici à 2030. Crédit photo : Philémon Henry/MEAE Contenus qui pourraient vous intéresser