L’action de la France au G20

Le G20 : composition, fonctionnement, sommets

Le G20 regroupe 20 membres (19 Etats et l’Union européenne) : Afrique du Sud, Allemagne, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, États-Unis, France, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Mexique, Royaume-Uni, Russie, Turquie, Union européenne.

Le G20 en chiffres

Les membres du G20 représentent :

85% du PIB mondial
2/3 de la population mondiale
75% du commerce mondial
80% de l’investissement global
92% des dépenses mondiales en R&D

Mis en place pour faire face aux crises qui touchaient alors plusieurs économies émergentes, le G20 a été créé en 1999 sous la forme de réunions des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales. Véritable forum de coopération économique et financière, il s’agissait de réunir une fois par an les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales des pays industrialisés et des pays émergents afin de faciliter la concertation économique internationale et de trouver ensemble des solutions aux crises et aux difficultés économiques.

En 2008, les dirigeants des pays du G20 se sont pour la première fois réunis au plus au haut niveau pour tenter d’apporter une réponse concertée à la crise financière mondiale. À l’occasion du sommet de Washington (qui s’est tenu les 14 et 15 novembre 2008), les chefs d’État et de gouvernement se sont accordés sur un plan d’action d’envergure mondiale destiné à prévenir l’effondrement du système financier international et à relancer l’économie mondiale.
Le G20 fête en 2018 sa dixième année d’existence au niveau des chefs d’Etat. Son bilan est très positif : il a joué un rôle essentiel pour répondre à la crise économique et financière. Depuis lors, il a su s’imposer comme le principal forum de gouvernance économique mondiale, où sont discutés aussi bien les questions économiques et financières que les grands enjeux globaux, comme la lutte contre le terrorisme, la santé mondiale, la lutte contre le réchauffement climatique, les migrations ou encore la mise en œuvre de l’Agenda 2030 pour le développement durable.

Le sommet des dirigeants du G20

Liste des sommets : Hambourg, Allemagne (2017) ; Hangzhou, Chine (2016) ; Antalya, Turquie (2015) ; Brisbane, Australie (2014) ; Saint-Pétersbourg, Russie (2013) ; Los Cabos, Mexique (2012) ; Cannes, France (2011) ; Séoul, Corée du Sud (2010) ; Toronto, Canada (2010) ; Pittsburgh, États-Unis (2009) ; Londres, Royaume-Uni (2009) ; Washington, États-Unis (2008).

Comment fonctionne le G20 ?

Le G20 repose sur un système de présidence tournante. Chaque année, un pays membre du G20 est chargé d’organiser le Sommet des chefs d’Etat ainsi que l’ensemble des travaux préparatoires. La présidence en exercice associe la présidence sortante et la présidence suivante à la constitution de l’ordre du jour des réunions, selon le système de la « troïka ».

Pour superviser les travaux des différents groupes de travail du G20, les chefs d’Etat sont représentés par des émissaires, appelés les « sherpas ». En France, le sherpa du Président de la République est son conseiller diplomatique, Philippe Etienne. Ces sherpas se réunissent plusieurs fois par an, afin notamment de préparer le communiqué qui sera endossé par les chefs d’Etat lors du Sommet.

Tout au long de l’année, les travaux du G20 se répartissent en deux filières :

  • La filière « Finances  » regroupe les réunions et les échanges entre les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales, leurs adjoints et des experts. Cette filière se concentre sur les questions financières et économiques, parmi lesquelles figurent les politiques de croissance, les travaux sur l’architecture financière internationale, les investissements dans les infrastructures, la réglementation financière, l’inclusion financière ou encore la fiscalité internationale.
  • La filière « Sherpas », qui tient son nom des représentants personnels des chefs d’Etat qui y siègent, supervise les travaux des experts sur les enjeux globaux, comme par exemple la santé mondiale, la lutte contre le changement climatique, la mise en œuvre de l’Agenda 2030 pour le développement durable, l’éducation, les migrations, l’égalité entre les femmes et les hommes, ou encore la lutte contre la corruption.

Les travaux du G20

Les sherpas coordonnent les travaux des groupes thématiques (développement, lutte contre la corruption, sécurité alimentaire, etc.). Ces groupes de travail composés d’experts éclairent les dirigeants sur les thèmes définis par la présidence. Ils ne sont pas pérennes : chaque présidence choisit ou non de les reconduire ou d’en créer de nouveaux pour les besoins de sa présidence. Chaque groupe est co-présidé chaque année par deux pays membres du G20.
Pour mener à bien ses travaux, le G20 s’appuie sur l’expertise technique de très nombreuses organisations internationales, notamment du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale (BM), de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l’Organisation internationale du travail (OIT), de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), ou encore du Conseil de stabilité financière (CSF).
Depuis plusieurs années, le G20 a établi un dialogue permanent avec la société civile par l’intermédiaire des groupes d’engagement, qui regroupent aussi bien des ONG que des représentants des employeurs ou des syndicats. Le G20 compte actuellement sept groupes d’engagement : Business (B20), Civil Society (C20), Labour (L20), Science (S20), Think Tanks (T20), Women (W20) et Youth (Y20).

Bilan du sommet du G20 de Hambourg (7-8 juillet 2017)

Le sommet du G20 de Hambourg, qui s’est tenu les 7 et 8 juillet 2017, a été un succès. En effet, les Vingt sont parvenus à trouver les compromis nécessaires pour réaffirmer un message d’unité, en dépit des différences de vues qui peuvent exister. Les échanges entre les dirigeants, reflétés dans un communiqué, ont permis d’impulser des orientations fortes en faveur d’une mondialisation mieux régulée et plus inclusive :

  • L’adoption d’une déclaration commune sur la lutte contre le terrorisme a constitué une avancée majeure, notamment en matière (i) de lutte contre le financement du terrorisme, à travers l’engagement de renforcer le groupe d’action financière (GAFI) et (ii) de lutte contre l’utilisation d’internet à des fins terroristes
  • Sur le climat, le G20 a réaffirmé l’ambition collective d’une réduction des émissions de gaz à effet de serre et, en dépit de la décision américaine de sortir de l’Accord de paris, l’engagement des autres membres du G20 de pleinement mettre en œuvre l’Accord de Paris sur le climat.
  • Un an après l’affaire des « Panama Papers », les travaux en matière de fiscalité et d’intégrité financière ont également été approfondis et continueront à rester au cœur de l’agenda du G20
  • Le groupe a réitéré son attachement au refus du protectionnisme, a rappelé l’importance d’un commerce ouvert, juste et réciproque et a pris des engagements pour assurer des conditions de concurrence véritablement équitable (« level playing field »).

La présidence argentine du G20 en 2018

L’Argentine exerce la présidence du G20 depuis le 1er décembre 2017 et accueillera le sommet des chefs d’État et de gouvernement à Buenos Aires le 30 novembre et 1er décembre 2018. Le sommet du G20 sera ainsi organisé pour la première fois en Amérique du Sud.

L’Argentine a dévoilé les trois grandes priorités de sa présidence :

1. Les questions liés à l’emploi, au numérique et à l’éducation, sous l’angle de l’avenir du travail à l’heure du numérique, avec un accent particulier sur la formation, dans l’objectif de réduire la fracture numérique et de permettre l’adaptation des compétences des travailleurs ;

2. Le financement de projets d’infrastructure en faveur du développement, l’accent étant mis sur la mobilisation des financements publics et privés dans les infrastructures.

3. L’agriculture durable, en insistant sur l’importance de la productivité des sols dans le respect des exigences environnementales et la sécurité alimentaire.

L’action de la France au G20

La France voit dans le G20 une enceinte de dialogue unique entre pays développés et grands pays émergents, propre à répondre aux défis économiques immédiats et futurs.

Elle encourage une action diversifiée du G20, y compris sur des sujets non strictement économiques, comme la lutte contre le réchauffement climatique (dans la continuité de la COP21), le domaine social (« task force » pour l’emploi créée sous sa présidence), le domaine agricole (sécurité alimentaire et réponse au défi démographique en matière agricole), le domaine du développement et la promotion des Objectifs du Développement Durable (ODD) et le dialogue du G20 avec les organisations régionales (UA, CEDEAO, ASEAN, APEC) et les Nations Unies.

Dans le domaine économique, la France soutient les efforts du G20 visant à écarter le protectionnisme en matière commerciale, à favoriser une trajectoire soutenable dans la gestion des dettes publiques, à encourager la demande intérieure dans les pays dont la dette est soutenable.
Elle promeut également la mise en place d’une régulation et d’une supervision renforcées et mieux coordonnées des marchés et établissements financiers dans les cadres législatifs des États membres et souhaite voir rééquilibrée la gouvernance financière internationale dans le cadre des institutions de Bretton Woods (grâce notamment à une représentation de chaque pays plus fidèle à son poids dans l’économie mondiale).

Dans le domaine financier et fiscal, plus spécifiquement, la France soutient l’action du G20 visant à réguler et à superviser les institutions financières (institutions d’importance systémique au niveau mondial et national, banques et assurances). Elle est également à l’initiative dans la lutte contre les juridictions non coopératives (l’affaire des « Panama Papers » a démontré l’importance de la lutte contre les « paradis fiscaux »), la régulation du système bancaire parallèle (institutions n’ayant pas le statut de banques mais servant d’intermédiaires financiers), la régulation des agences de notation et la lutte contre la volatilité des prix des matières premières (énergétiques et agricoles), ainsi que la lutte contre le financement du terrorisme.

Les priorités françaises en 2018

La France entend pleinement jouer son rôle dans la gouvernance économique mondiale. Son objectif principal est de défendre le multilatéralisme, qui reste la méthode de décision collective la plus légitime et la plus efficace dans un monde interconnecté et interdépendant. Face à une mondialisation qui n’a pas profité à tous, les citoyens attendent des réponses concrètes pour mieux réguler l’économie internationale.
Le G20 est ainsi l’une des enceintes privilégiées de la gouvernance économique mondiale. Le G20 poursuit ainsi ses travaux, confortant le multilatéralisme comme la réponse la plus appropriée aux enjeux globaux. Il s’agira notamment de maintenir une dynamique de coopération internationale renforcée sur les grands sujets à l’agenda international, comme la lutte contre le terrorisme, la lutte contre le changement climatique, la mobilisation en faveur de la biodiversité, la promotion d’un commerce ouvert, équitable et fondé sur des règles, la mise en œuvre de l’Agenda 2030 sur le développement durable, la responsabilité sociale des entreprises ou encore une meilleure régulation du numérique.

Mise à jour : janvier 2018

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