Lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme : l’engagement de la France

Malgré des progrès considérables réalisés contre le sida, le paludisme et la tuberculose, les défis à relever restent considérables : ces maladies tuent encore près de 2,5 millions de personnes chaque année. Par son rôle historique en faveur de la santé mondiale et son expertise, la France contribue activement aux structures de financement multilatérales afin d’atteindre l’Objectif de développement durable n°3 et d’en finir avec ces pandémies.

Lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme : où en est-on ?

La mobilisation de la communauté internationale, notamment depuis la création du Fonds Mondial en 2002, a permis d’accomplir d’immenses progrès contre les grandes pandémies, permettant de rendre leur élimination possible d’ici 2030. Ceux-ci sont toutefois fragiles. La pauvreté, la faiblesse des systèmes de santé, les inégalités de genre, la stigmatisation et les violations des droits humains comptent parmi les principales causes des problèmes d’accès aux outils de prévention, de dépistage et de soin. En parallèle, l’expansion des résistances aux traitements et insecticides menace de plus en plus les avancées atteintes ces dix dernières années.

Aujourd’hui, le constat est clair : la recrudescence des grandes pandémies est désormais un risque réel. L’augmentation des ressources financières du Fonds mondial ainsi que des financements domestiques des pays dédiés à la santé est nécessaire pour sécuriser les acquis et obtenir la fin de ces pandémies d’ici à 2030.

VIH/sida

Le VIH/sida est la première cause de mortalité des femmes de 15 à 44 ans dans le monde, et des adolescents en Afrique subsaharienne. La mortalité liée au sida a été divisée par deux depuis 2005 mais le virus continue de tuer plus de 770 000 personnes par an. Les nouvelles infections, qui ont atteint 1,7 million de personnes en 2018, sont en hausse dans une cinquantaine de pays. En 2018, 37,9 millions de personnes vivaient avec le VIH dans le monde, parmi lesquelles 23,3 millions avaient accès à un traitement antirétroviral. La même année, la commission VIH du Lancet a alerté sur les risques d’une reprise de l’épidémie.

Tuberculose

Malgré une baisse de 37% des décès imputables à la tuberculose depuis 2000, l’épidémie fait partie des 10 premières causes de mortalité dans le monde et la première par voie infectieuse. La tuberculose a provoqué 10 millions de nouveaux cas et tué 1,3 million de personnes en 2017, principalement parmi les populations les plus fragiles. Selon l’OMS, la tuberculose multi-résistante (MDR-TB) est l’une des principales menaces pour la sécurité sanitaire mondiale, avec plus de 400 000 cas dont seuls 160 000 ont été détectés.

Paludisme

Si près de de la moitié de la population mondiale vit dans des régions à risque de transmission du paludisme, depuis 2000, les taux de mortalité liés au paludisme ont chuté de 60%. Néanmoins, après des années de recul constant, le nombre de cas de paludisme repart à la hausse. En 2016, l’OMS alertait sur les risques de résurgence de la pandémie : on comptait alors 5 millions de cas supplémentaires par rapport à 2015. Le paludisme a provoqué 219 millions de cas en 2017.

Les femmes enceintes et les enfants sont toujours les plus touchés : 435 000 personnes dans le monde en sont mortes en 2017, dont les deux tiers étaient des enfants de moins de 5 ans. L’Afrique continue de payer le plus lourd tribut avec 93 % des décès dus au paludisme en 2017.

Comment la France agit-elle au niveau international ?

Au cours des précédentes décennies, la France a fait preuve d’une mobilisation déterminée et continue dans la lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme et en a fait un pilier de sa stratégie en faveur d’une santé mondiale. Afin de donner le plus de poids possible à son action, la France a fait le choix de concrétiser son engagement politique et financier par un soutien très important aux fonds multilatéraux.

Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme

Créé en 2002 à l’initiative de la France, de l’Union européenne et du G7, le Fonds mondial a permis de sauver 32 millions de vies depuis sa création et de réduire le nombre de décès annuels dus au sida, à la tuberculose et au paludisme de 40 % depuis 2002.

En mutualisant les contributions financières de plus de 60 pays et d’acteurs privés et non-gouvernementaux, il a investi plus de 41,4 milliards de dollars depuis 2002 pour soutenir les programmes nationaux de lutte contre les pandémies dans 142 pays. Le Fonds mondial est aujourd’hui le principal fournisseur de subventions pour lutter contre les pandémies dans les pays en développement, à hauteur de 20 % pour le sida, 69 % pour la tuberculose et 65 % pour le paludisme.

Il repose sur une gouvernance unique :

  • Son conseil d’administration compte, parmi ses membres votants, les pays donateurs et les pays de mise en œuvre, mais aussi les ONG, les communautés affectées par les pandémies et le secteur privé.
  • Dans les pays de mise en œuvre, les demandes de subventions sont élaborées et leur utilisation supervisée, par des instances de coordination nationale, réunissant des représentants des autorités nationales, ainsi que des partenaires techniques et financiers, des populations affectées par les maladies et des ONG.
  • Le Fonds mondial ne dispose pas de représentation directe dans les pays de mise en œuvre : il finance des structures locales pour mettre en œuvre les subventions accordées. Son secrétariat qui regroupe environ 750 personnes est basé à Genève et assure la gestion quotidienne et la mise en œuvre de la stratégie et des politiques de l’organisation.
Que fait la France ?

La France apporte un soutien politique et financier majeur au Fonds mondial, dont elle est un pays fondateur et le second contributeur historique, avec plus de 4,61 milliards d’euros de dons cumulés depuis 2002.

L’importance de son soutien financier permet à la France de disposer d’un siège à part entière au sein du conseil d’administration du Fonds mondial et de siéger dans deux des trois comités permanents chargés de préparer et d’assurer le suivi des travaux du conseil d’administration (comité de la stratégie et comité de l’audit et des finances). La France y défend notamment les valeurs fondatrices du Fonds mondial : rôle des communautés affectées et de la société civile dans l’élaboration et la mise en œuvre des programmes, prise en compte des pays fragiles et des populations clés, approche par les droits humains, etc.

Depuis 2011, la France consacre une partie de sa contribution au Fonds mondial en vue d’apporter de l’expertise technique aux pays membres et observateurs de la francophonie récipiendaires du Fonds mondial afin de les appuyer dans l’élaboration et la mise en œuvre des programmes du Fonds. L’opérateur responsable de ce mécanisme, appelé « Initiative 5% », est Expertise France.

Preuve de son engagement à l’égard du Fonds, la France a accueilli à Lyon les 9 et 10 octobre 2019 la 6e conférence de reconstitution de ses ressources. Les donateurs ont promis 14,02 milliards de dollars US pour les trois prochaines années. La France s’est engagée à augmenter sa contribution de 20 % pour atteindre 1,429 milliard de dollars.
Jamais une organisation multilatérale du secteur de la santé n’avait récolté une telle somme, la plus importante obtenue par le Fonds mondial.

Cette conférence de reconstitution est intervenue à un moment charnière où une mobilisation politique et financière renouvelée de la communauté internationale était nécessaire pour éviter une recrudescence des pandémies. Sa réussite était cruciale pour la réalisation des Objectifs de développement durable : mettre fin d’ici 2030 au sida et autres grandes pandémies.

Unitaid, l’innovation au service de la santé mondiale

La promotion internationale de l’innovation en santé est indispensable pour atteindre les objectifs de développement durable à l’horizon 2030. Unitaid accélère la réponse aux trois grandes pandémies VIH/sida, la tuberculose et le paludisme en identifiant et facilitant des moyens de prévenir, diagnostiquer et traiter ces maladies plus rapidement, plus efficacement et à moindre coût pour les pays du Sud. L’organisation intervient sur toutes les étapes préalables au déploiement de ces innovations. L’appropriation de ces solutions par le Fonds Mondial ou tout autre bailleur ou gouvernement autorise ensuite leur financement et leur mise en œuvre à très large échelle.

À la faveur de l’objectif d’intégration qui figure dans la stratégie en cours, Unitaid a récemment élargi son champ d’intervention (prise en charge intégrée des fièvres chez l’enfant, cancer du col du col de l’utérus). Environ 11 % du portefeuille relève de projets transversaux, principalement en partenariat avec le Fonds Mondial et l’OMS, ou encore la communauté de brevets (Medicines Patent Pool) dont Unitaid est à l’origine.

Que fait la France ?

Partenariat hébergé de l’OMS, Unitaid a été lancé en septembre 2006, à l’initiative de la France et du Brésil. La France est le premier bailleur de l’organisation avec plus de 1,7 milliard d’euros de contributions depuis sa création (soit 60 % des ressources cumulées de l’organisation depuis sa création).

Unitaid est étroitement associée aux financements innovants : les contributions françaises sont financées par la contribution de solidarité sur les billets d’avion, créée à cette fin, ainsi que par la taxe sur les transactions financières. Grâce à ce type de financements, la France a ouvert la voie d’une mobilisation des ressources stables et prévisibles dédiées à la santé mondiale et à la lutte contre le réchauffement climatique, désormais regroupées au sein du Fonds de Solidarité pour le Développement (FSD).

Gavi, l’Alliance du vaccin

Gavi, l’Alliance du Vaccin, finance l’introduction de vaccins pour protéger les enfants dans les 73 pays les plus pauvres de la planète. La mission de ce partenariat public-privé est de sauver la vie des enfants et protéger la santé des populations en élargissant l’accès à la vaccination dans les pays pauvres. Depuis sa création, Gavi a permis de vacciner 760 millions d’enfants et de prévenir 13 millions de décès.

Que fait la France ?

La France a rejoint l’Alliance en 2004. Son engagement financier pour la période 2016-2020 est de 465 millions d’euros, répartis entre une contribution directe (100 millions) et l’utilisation d’un mécanisme de financement innovant.

La France a fondé et est le deuxième contributeur en volume de la facilité internationale de financement pour l’immunisation (IFFIm). Cette facilité reçoit de la part de donateurs des promesses de dons sur une longue période qu’elle convertit, via l’émission d’obligations sur les marchés financiers, en financements immédiatement disponibles pour Gavi. Ainsi, sur la période 2007-2026, la France aura versé 1,39 milliard d’euros à l’IFFI.

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