Les institutions financières internationales

Partager

Les institutions financières internationales (IFI) diffèrent des autres institutions internationales par le recours aux prêts comme principal instrument de financement de l’aide et le mode de représentation des États membres, lié à l’importance de leur participation au capital en tant qu’actionnaire.

Le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale

Les IFI les plus importantes sont la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI). Elles ont été créées au lendemain de la seconde guerre mondiale à Bretton Woods et leur principal objectif fut de mettre en place une organisation monétaire mondiale et de favoriser la reconstruction et le développement économique des pays touchés par la guerre. Elles sont complémentaires mais restent distinctes car :

Les seuls clients de la Banque mondiale sont les pays en développement, alors que le FMI intervient dans tous les pays membres. Le FMI donne la priorité aux questions de stabilisation macro-économique et financière, ses prêts sont principalement destinés aux problèmes de court terme ; la Banque Mondiale traite du développement à plus long terme et intervient dans des secteurs variés.

La Banque mondiale est la principale institution multilatérale au service de la lutte contre la pauvreté et de promotion de la croissance dans les pays en développement. Elle met en œuvre ce mandat en apportant des financements - prêts, dons, garanties, prises de participation-, mais aussi grâce à des activités d’assistance technique et de conseil en politiques publiques.

La Banque mondiale intervient principalement par le biais de deux de ses deux institutions : la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et l’Association internationale de développement (AID). Ces institutions ont chacune un rôle différent mais travaillent en étroite collaboration. La BIRD a pour objectif de réduire la pauvreté dans les pays à revenu intermédiaire et dans des pays plus pauvres mais solvables, tandis que l’AID cible ses efforts sur les pays les plus pauvres du monde avec des financements concessionnels relevant de l’APD.

La France est le 4ème actionnaire du groupe Banque mondiale, avec une part de plus de 4% au capital. Elle en est aussi un des principaux bailleurs et met en œuvre environ 5% de son aide publique au développement via le groupe de la Banque mondiale, la France étant le 5ème contributeur à l’AID - le guichet concessionnel du groupe - et un contributeur important aux divers fonds fiduciaires de la Banque mondiale.

La France est enfin un partenaire opérationnel de la Banque mondiale, notamment via le co-financement et la conduite de projets sur le terrain avec l’Agence française de développement (AFD), acteur pivot de la politique française de développement.

Pour en savoir plus :

Les banques régionales de développement

Les banques régionales de développement sont fondées sur le modèle de la Banque mondiale. Mais, contrairement à cette dernière, les actionnaires majoritaires sont les pays membres régionaux et exercent, de ce fait, un rôle prépondérant dans les décisions du conseil d’administration. Les banques régionales de développement, au travers de leurs fonds spéciaux et de leurs institutions spécialisées, financent uniquement les projets et programmes dans leurs pays membres régionaux.

Leur principal objectif est la lutte contre la pauvreté. Elles favorisent le développement économique et social durable dans ses pays membres en leur fournissant des prêts et des subventions destinés aux investissements dans le secteur public et à la promotion du secteur privé. Elles interviennent également en cas de besoin de devises suite aux plans d’ajustement et de réformes structurelles dans les secteurs économiques et sociaux. En complément des outils financiers, elles peuvent également accompagner les pays membres en leur fournissant de l’assistance technique.

Les Banques régionales, comme la Banque mondiale, empruntent sur les marchés de capitaux à des conditions très compétitives, car elles bénéficient généralement d’une très bonne notation. D’autres fonds proviennent de la réserve, constituée des bénéfices réalisés, et du capital propre des banques. Elles peuvent ainsi proposer des prêts à des taux préférentiels à ses pays-clients.

La France entretient des liens privilégiés avec la Banque africaine de développement où elle détient 3,7% des droits de vote, ce qui la situe au 4ème rang des actionnaires non régionaux. Elle est également le 2ème donateur du Fonds africain de développement (FAD), guichet concessionnel de la Banque africaine.

La France participe aussi, mais dans une moindre mesure, aux activités de la Banque asiatique de développement et de la Banque interaméricaine de développement.

La Banque européenne d’investissement développe pour sa part des activités de prêts vers des pays tiers, à l’appui des politiques de développement et de coopération de l’Union européenne.

Pour en savoir plus

Mise à jour : décembre 2013