Sécurité alimentaire, nutrition et agriculture durable

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Sécurité alimentaire - Lancement par Jean-Baptiste Lemoyne de la nouvelle stratégie internationale de la France pour la sécurité alimentaire, la nutrition et l’agriculture durable (22 octobre 2019)

Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, a ouvert mardi 22 octobre l’événement de lancement de la nouvelle stratégie internationale de la France pour la sécurité alimentaire, la nutrition et l’agriculture durable, en présence de Laurent Thomas, (…)

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Après plusieurs années d’amélioration de la situation en matière de sécurité alimentaire, on assiste à une dégradation ces 4 dernières années, selon le rapport sur « L’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde » (dont l’acronyme anglais est « SOFI »), publié conjointement par la FAO, le PAM, le FIDA, l’UNICEF et l’OMS. Le nombre de personnes sous-alimentées a augmenté de 36 millions entre 2015 et 2018, s’élevant à 820 millions en 2018, soit 11% de la population mondiale (1 personne sur 9). L’Afrique est la région où la prévalence de la sous-alimentation est la plus élevée, avec 21% de la population touchée en 2017, soit 256 millions de personnes. L’Asie est quant à elle la région avec le nombre le plus important de personnes sous-alimentées, avec 515 millions de personnes sous-alimentées. L’obésité est également devenue un enjeu central, touchant 670 millions d’adultes dans le monde. L’urgence est prégnante dans les pays du Sud : la croissance démographique et les impacts déjà perceptibles du dérèglement climatique sur les populations rurales, les plus vulnérables, nécessitent des actions immédiates.

Sécurité alimentaire et nutritionnelle : définition

La France partage la définition de la sécurité alimentaire et nutritionnelle adoptée par le Comité de la Sécurité Alimentaire en septembre 2012 : La sécurité alimentaire et nutritionnelle existe lorsque les êtres humains ont, à tout moment, la possibilité physique, sociale et économique de se procurer une nourriture suffisante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins et préférences alimentaires pour mener une vie saine et active.

La France identifie quatre piliers dans cette définition :

  • l’accès physique, économique, social à l’alimentation ;
  • la disponibilité de la nourriture
  • la qualité sanitaire et nutritionnelle des produits
  • la régularité de l’accès, de la disponibilité et de la qualité

La malnutrition est également un problème grave et persistant. Il existe 3 principales formes de malnutrition : la sous-nutrition (chronique ou aiguë), les carences en micronutriments et l’obésité. Dans le monde, la malnutrition chronique touchait 22% des enfants de moins de 5 ans en 2018, soit 149 millions. Au vu de ces chiffres en augmentation, il existe un risque réel de ne pas atteindre l’Objectif de Développement Durable (ODD) n° 2 visant à l’élimination de la faim d’ici à 2030.

Des enjeux multiples

Ces trois dernières années, le rapport SOFI s’est penché plus spécifiquement sur les liens entre insécurité alimentaire, conflits (SOFI 2017), changement climatique (SOFI 2018) et les effets des ralentissements de croissance (SOFI 2018). La situation dépeinte par le SOFI est sérieuse : l’exposition à des extrêmes climatiques plus complexes, plus fréquents et plus intenses menace d’éroder les progrès réalisés par la lutte contre la faim et la malnutrition. En outre, le changement climatique a des conséquences négatives sur la nutrition des populations vulnérables : baisse de la qualité des nutriments et de la diversité des aliments, effets sur l’eau et l’assainissement, risques sanitaires …

Par ailleurs, on observe un lien à double sens entre insécurité alimentaire et conflits ; d’une part, l’instabilité et les conflits créent ou aggravent l’insécurité alimentaire et, d’autre part, l’insécurité alimentaire, la hausse des prix agricoles peuvent déclencher ou aggraver des situations conflictuelles et instables. Aujourd’hui, 6 personnes sur 10 souffrant de la faim vivent dans des pays affectés par un conflit.

Enfin, il convient de prendre en compte l’importance du secteur agricole dans les pays du Sud : au Sahel par exemple, 80% de la population est rurale et le secteur fournit 66% des emplois. Par rapport à d’autres secteurs, la croissance de l’agriculture a des effets deux à quatre fois plus efficaces sur l’augmentation du revenu des populations les plus démunies. Enfin, à l’échelle du continent, les pertes économiques liées à la malnutrition sont estimées à 11% du PIB.

L’action de la France

La nouvelle stratégie internationale de la France pour la sécurité alimentaire, la nutrition et l’agriculture durable pour la période 2019-2024 est le fruit d’une concertation avec les acteurs français impliqués dans cette thématique et définit le cadre de référence pour les institutions françaises de développement. Cette nouvelle stratégie poursuit 5 objectifs principaux :

  • Renforcer la gouvernance mondiale de la sécurité alimentaire et de la nutrition
    La France souhaite jouer un rôle moteur pour améliorer l’efficience des instances de gouvernance dans le domaine de la sécurité alimentaire et de la nutrition, en particulier en définissant une vision claire et partagée des objectifs et des moyens d’action dans ces domaines et en favorisant une meilleure harmonisation et une meilleure coordination des instances et des bailleurs.
  • Développer des systèmes agricoles et alimentaires durables
    Face aux conséquences du changement climatique et à l’érosion de la biodiversité, un enjeu crucial sera de développer et de promouvoir la transition vers des systèmes agricoles et alimentaires durables, d’un point de vue économique, social et environnemental, répondant aux défis du changement climatique afin d’assurer la sécurité alimentaire et la nutrition des populations.
  • Renforcer l’action française sur la nutrition
    L’approche promue par la France est multisectorielle afin d’agir de manière intégrée sur les différents facteurs menant à la sous-nutrition. Elle vise un impact sur la sous-nutrition significatif et durable.
  • Appuyer la structuration de filières agroalimentaires durables pour favoriser la création d’emplois décents dans les territoires ruraux, notamment pour les jeunes
    Le secteur agricole et rural représente souvent le cœur de l’activité socio-économique des pays en développement et un gisement d’emplois important qu’il convient de soutenir. L’inclusion des agricultures familiales dans ces filières est un enjeu clé.
  • Renforcer les actions d’assistance alimentaire aux populations vulnérables et améliorer leur résilience aux causes de l’insécurité alimentaire, que ce soit dans des contextes d’urgence ou dans les contextes d’insécurité alimentaire chronique.

La France travaille étroitement avec des partenaires nationaux et internationaux

La France est fortement mobilisée dans le fonctionnement du Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA) et soutient le secrétariat du Mouvement pour le renforcement de la nutrition (SUN). Elle travaille étroitement avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Programme alimentaire mondial (PAM), le Fonds international de développement agricole (FIDA) et, dans le domaine de la recherche, avec le CGIAR.
Au niveau français, le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères s’appuie notamment sur un groupe de travail, le Groupe interministériel français sur la sécurité alimentaire (GISA). Celui-ci associe l’ensemble des acteurs français (ministères, Agence française de développement, institutions de recherche, organisations non gouvernementales, profession agricole et fondations). Il est co-présidé par le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) et le Ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire (MAA).

Consulter la Stratégie internationale de la France pour la sécurité alimentaire, la nutrition et l’agriculture durable pour la période 2019-2024

Mise à jour : octobre 2019