Comprendre la situation en Ukraine depuis 2014

La guerre d’agression déclenchée par la Russie contre l’Ukraine le 24 février 2022 se situe dans le prolongement de l’annexion illégale de la Crimée par la Russie en 2014 et de ses conséquences, notamment le conflit dans le Donbass. La France, aux côtés de ses partenaires, n’a jamais reconnu l’annexion illégale de la Crimée et s’est investie dès 2014 en faveur de la résolution du conflit.

Publié le : 10 juin 2022 Mis à jour le : 29 juillet 2026

Soldat ukrainien
Louis Roquebert/MEAE

2014 : annexion illégale de la Crimée par la Russie et début du conflit dans le Donbass

Fin novembre 2013, les tensions montent entre l’Ukraine et la Fédération de Russie. La décision du président ukrainien V. Ianoukovitch de suspendre le processus devant conduire à la signature de l’Accord d’association avec l’Union européenne déclenche en Ukraine un mouvement populaire baptisé la « Révolution de la dignité » (« Euromaïdan »).

À la faveur de cette crise, des soldats russes cagoulés et sans insignes prennent le contrôle de l’ensemble des points stratégiques de la Crimée à partir du 27 février 2014. Le 16 mars 2014, un simulacre de référendum de rattachement à la Fédération de Russie est organisé. Cette annexion n’a pas été reconnue par la communauté internationale.

Au même moment débute à l’Est de l’Ukraine une opération de déstabilisation par proxi. À partir de mars 2014, des groupes armés sans insignes sous contrôle russe appuient des manifestants appelant à l’indépendance de ces régions. Le 11 mai, les entités autoproclamées de la « République populaire de Donetsk » (RPD) et de la « République populaire de Louhansk » (RPL) proclament leur indépendance à la suite d’un pseudo-référendum. Ce vote, organisé en dehors du cadre fixé par la législation ukrainienne et entaché de nombreuses irrégularités, est jugé illégal par l’Ukraine et n’est pas reconnu par la communauté internationale.

La France a soutenu l’adoption par l’Union européenne de sanctions en réponse à l’annexion illégale de la Crimée par la Russie et à la déstabilisation de l’Ukraine.

2014-2015 : les Accords de Minsk pour mettre un terme au conflit

Dès juin 2014, des pourparlers diplomatiques se sont engagés. Les commémorations du Débarquement du 6 juin 1944 ont été l’occasion d’ouvrir une séquence diplomatique entre les présidents ukrainien et russe sous les auspices du Président de la République française et de la Chancelière fédérale allemande, dans le format dit « de Normandie » ou « N4 ».

Des négociations ont été engagées également à Minsk au sein du Groupe de contact trilatéral, composé de représentants ukrainiens et russes, sous médiation de la présidence en exercice de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), et associant des séparatistes (représentants de « certaines régions des oblasts de Louhansk et Donetsk ») dans quatre groupes de travail.

Le 5 septembre 2014, les parties présentes au Groupe de contact trilatéral ont signé le Protocole de Minsk : 13 mesures d’ordre sécuritaire et politique qui visaient à mettre fin au conflit.

Les 11 et 12 février 2015, le sommet des chefs d’État ou de gouvernement en format « Normandie » a été réuni à Minsk. Les parties au Groupe de contact trilatéral ont signé le « Paquet de mesures pour la mise en œuvre des Accords de Minsk » (parfois improprement appelé « Minsk II »).

Celui-ci fixait les étapes opérationnelles pour la mise en œuvre du protocole de Minsk. L’esprit de cet accord était de faire avancer conjointement, sans logique de conditions préalables, la situation sécuritaire sur le terrain et le processus politique. L’objectif était de permettre de réintégrer les zones sous contrôle séparatiste dans le cadre de la souveraineté ukrainienne selon une organisation décentralisée.

La résolution 2202 du Conseil de Sécurité des Nations unies, adoptée le 17 février 2015, endossait le Paquet de mesures et appelait à sa pleine mise en œuvre.

Des difficultés dans la mise en œuvre des engagements

Ce "paquet de mesures pour la mise en œuvre des accords de Minsk" a contribué à une réduction sensible du nombre de victimes. Mais les négociations se sont enlisées, tandis que des tensions régulières ont continué d’alimenter le conflit. En Crimée, l’Ukraine n’a pas recouvré sa souveraineté et son intégrité territoriale dans ses frontières internationalement reconnues. Dans l’Est de l’Ukraine, les violations répétées du cessez-le-feu ont continué de menacer directement les populations civiles et la situation humanitaire est demeurée très dégradée, en particulier concernant la situation des personnes les plus vulnérables.

L’année 2019 a été marquée par l’élection de Volodymyr Zelensky comme président de l’Ukraine. Élu avec plus de 73% des voix, il a fait du règlement du conflit la priorité de son mandat. Plusieurs avancées (notamment cessez-le-feu et échanges de prisonniers) ont été obtenues sur le terrain après cette élection. 

24 février 2022 : L’invasion russe en Ukraine

Le 21 février 2022, le Président russe a reconnu unilatéralement l’indépendance des républiques séparatistes autoproclamées, revenant sur tous les engagements de la Russie, et notamment le paquet de mesures pour la mise en œuvre des accords de Minsk dont la Russie était signataire et qui était soutenue par la résolution 2202 du Conseil de sécurité des Nations unies. Puis, en dépit de tous ses engagements internationaux, la Russie a décidé de lancer une guerre d’agression contre l’Ukraine le 24 février 2022. 

La réaction de la communauté internationale a été immédiate : nombreuses condamnations, adoption de sanctions massives à l’encontre de la Russie par l’Union européenne, les États-Unis, le Royaume-Uni et d’autres pays affinitaires comme le Japon et le Canada. L’Ukraine a depuis lors également bénéficié d’un soutien financier et matériel important et constant de la part de ses partenaires, au rang desquels la France. 

Après plus de quatre ans de guerre, environ 20% du territoire ukrainien demeurent occupés par la Russie – dont 1% conquis en 2025 – et ces gains territoriaux limités se font au prix de très lourdes pertes au sein de ses Forces Armées. La Russie continue de violer ses obligations au titre du droit international en ciblant délibérément des infrastructures civiles ukrainiennes, y compris énergétiques au cœur de l’hiver et en touchant des sites culturels (cathédrale de la Dormition de Kyïv), n’hésite pas à favoriser l’escalade en ayant recours à des missiles balistiques à capacité nucléaire (Orechnik) et poursuit ses crimes de guerre en transférant de force des enfants ukrainiens en Russie. A ce titre, l’invasion de l’Ukraine a provoqué une crise humanitaire sans précédent et le déplacement de plus de 11 millions d’habitants.

L’Ukraine riposte aux frappes russes sur son territoire par des opérations d’ampleur sur des cibles à vocation militaire dans la profondeur du territoire russe (« Pavoutina » [toile d’araignée], juin 2025) ou en ciblant, notamment en 2026, les infrastructures pétrolières russes qui permettent à la Russie de financer sa guerre. 

Engagement de la France en faveur de la résolution du conflit en Ukraine

Depuis le début de la guerre, la France, en coordination avec ses partenaires européens et internationaux, poursuit son action en soutien au peuple ukrainien. Elle reste pleinement mobilisée pour mettre un terme à l’agression russe qui viole les règles les plus fondamentales du droit international et pour restaurer l’intégrité territoriale de l’Ukraine.

La France n’a jamais reconnu l’annexion illégale de la Crimée : la remise en cause par la force des frontières est contraire au droit international (Charte de l’ONU), ainsi qu’aux engagements souscrits par la Fédération de Russie. 

Dans le contexte de la montée des tensions avec la Russie à la frontière ukrainienne fin 2021, la France a mené une politique de fermeté et de dialogue avec la Russie ainsi que de solidarité avec l’Ukraine, pour aller vers un règlement politique du conflit et faciliter une désescalade. C’est dans ce contexte que le Président de la République et le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères se sont rendus à Kyïv le 8 février 2022, après un déplacement à Moscou le 7 février. La France a réitéré que toute nouvelle atteinte à la souveraineté ukrainienne entraînerait des sanctions massives et un coût très élevé pour la Russie.

Depuis le début de l’agression russe, la France a apporté un soutien continu à l’Ukraine au plan civil, humanitaire et militaire. Dans le contexte de la guerre, la France a renforcé ses liens partenariaux avec l’Ukraine, à travers notamment un accord bilatéral de coopération en matière de sécurité (février 2024). La France apporte par ailleurs son soutien à l’Ukraine en fournissant des capacités militaires dites en « coup complets » (un matériel est toujours livré avec ses munitions, la formation des personnels, ainsi que des solutions des maintenance des équipements, etc.) et adaptées aux demandes et aux besoins des Ukrainiens grâce à un dialogue fourni et une forte intimité stratégique entre nos deux pays. La France a fait partie des premiers partenaires ayant livré à l’Ukraine certains matériels militaires. Elle est également très présente sur le volet formation pour les militaires ukrainiens ainsi que les pilotes, dans un cadre multilatéral à travers notamment la mission de l’UE (EUMAM) mais aussi à titre national comme en 2024 lorsqu’elle a assuré, la formation et l’équipement complet d’une brigade ukrainienne entière, baptisée « Anne de Kyïv ».  

La France apporte également un soutien civil et humanitaire à l’Ukraine dans le cadre du conflit et au regard des enjeux de reconstruction du pays.

La France est fortement mobilisée au plan politique en faveur de la résolution du conflit, soutenant les propositions de l’Ukraine de cessez-le-feu ainsi que les efforts, notamment américains, en faveur du processus de négociations. Elle veille également à mobiliser l’ensemble de ses partenaires afin de répondre à l’objectif de soutien de l’Ukraine dans la durée. La France est impliquée dans le travail de coordination entre les Européens et les États-Unis dans le but de parvenir à une paix juste et durable qui préserve la souveraineté de l’Ukraine et la sécurité de l’Europe, comme a notamment pu le démontrer le déplacement du Président de la République à Washington aux côtés du Président Zelensky et de plusieurs dirigeants européens, le 18 août 2025.

Par ailleurs, depuis 2025, la France co-préside avec le Royaume-Uni la Coalition des Volontaires qu’elles ont créée, et à laquelle prennent part 35 pays afin d’assurer à l’Ukraine des garanties de sécurité robustes pour une paix juste et durable.

Enfin, la France fait par ailleurs de l’Ukraine l’une des priorités de sa présidence du G7 en 2026. Ce sujet a notamment été abordé lors du Sommet d’Evian les 15-17 juin 2026, lors duquel les dirigeants du G7 ont montré, en présence du Président ukrainien Volodymyr Zelensky, la force de leur unité. 

En lien avec ses partenaires et aux niveaux bilatéral et européen, la France continue d’apporter à l’Ukraine tout le soutien nécessaire pour faire advenir une paix juste et durable qui garantisse sa sécurité et celle de l'Europe.

Suivez-nous sur les réseaux sociaux et Abonnez-vous à notre lettre d’information