Partenariats et relations bilatérales dans le domaine spatial La puissance spatiale française constitue un enjeu international de premier plan, auquel le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères participe activement en développant les coopérations en Europe et à l'international. Coopération scientifique Spatial Publié le : 23 mai 2025 Mis à jour le : 12 août 2026 Judith Litvine/MEAE Dans cette rubrique Priorités & actions Le ministère en action Agir pour la paix et le respect des droits de l'homme Accompagner les ressortissants français Promouvoir une Europe souveraine Promouvoir les entreprises françaises et l'attractivité de la France Assurer la présence de la culture française Contribuer à une mondialisation durable et équilibrée Grands dossiers Le sommet international sur l'espace La présidence française du G7 2026 L'action diplomatique de la France en Ukraine La France, partenaire de paix au Proche-Orient La coopération franco-allemande Sommaire Vente d'équipements, partage de technologies, formation : des domaines de coppération divers En savoir plus sur les coopérations spatiales de la France, pays par pays En plus des coopérations développées dans le cadre européen, la France développe depuis plus de 40 ans des partenariats bilatéraux qu’elles a établis avec les principales nations spatiales que sont les États-Unis, le Japon, l’Inde (3 pays avec lesquels la France dispose de dialogues spatiaux bilatéraux), ou encore la Chine. Des coopérations spatiales se développent aussi fortement avec des pays du Golfe et en Asie. En Europe, au-delà du cadre de l’ESA, la France entretient des relations bilatérales poussées avec l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et la Pologne. La France apporte en outre son soutien au développement des écosystèmes spatiaux en Afrique et à l’Agence spatiale africaine. Le renforcement des coopérations spatiales françaises, avec ses grands partenaires et dans un cadre multilatéral, fait l’objet du pilier cinq de la Stratégie nationale spatiale. Publiée en novembre 2025 et aboutissement d’un important travail interministériel, elle fixe les grandes orientations de la politique spatiale française à l’horizon 2040, avec en son cœur les coopérations internationales. Vente d'équipements, partage de technologies, formation : des domaines de coppération divers La coopération spatiale bilatérale se développe dans le cadre d’accords intergouvernementaux ou d’accords inter-agences. En ce qui concerne les accords intergouvernementaux, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) joue un rôle central dans la coordination interministérielle lors des phases de négociation et de ratification. La mise en œuvre de ces accords incombe au CNES (Centre National d’Etudes Spatiales) désigné comme "organisme compétent", chargé de la mise en œuvre du volet institutionnel de celle-ci. La coopération institutionnelle peut également être accompagnée d’un volet industriel (vente par un industriel français d’équipements spatiaux). Dans de tels cas, si l’accord intergouvernemental couvre l’ensemble de la coopération avec un partenaire, une distinction claire est faite, au sein de celui-ci, entre ce qui se situe dans le cadre de la coopération institutionnelle et ce qui relève du volet industriel. Le MEAE est également impliquée pour le suivi et l’impulsion politique de la mise en œuvre de ces accords. Les accords bilatéraux de coopération spatiale récemment conclus par la France mettent l’accent sur le développement des applications spatiales, domaine qui représente un potentiel important dans la chaîne des activités spatiales. À ce titre, la France partage son expertise en matière de contribution des technologies spatiales à la lutte contre le réchauffement climatique, à la prévention et la réduction des risques naturels, à la gestion des ressources naturelles, à l’aménagement du territoire et à la protection de l’environnement, mais également dans les domaines de la sismologie, de la météorologie, de l’altimétrie, de l’océanographie, du télé-enseignement et de la télé-médecine dans le cadre de sa coopération institutionnelle avec de nombreux partenaires. Parmi les autres domaines de coopération prévus par ces accords, on peut citer la formation de spécialistes du secteur spatial, l’organisation de manifestations communes, les échanges sur des questions de droit spatial international ou les sciences de la terre. Outre les accords de coopération spatiale, la France entretient avec trois grands partenaires stratégiques – États-Unis, Japon et Inde – des dialogues spatiaux globaux réunissant l’ensemble des ministères et autorités compétents afin de permettre un échange de vues exhaustif sur les sujets scientifiques, industriels, sécuritaires et politiques. Pour la France, c’est le Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères qui le co-préside avec le Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale. En savoir plus sur les coopérations spatiales de la France, pays par pays Coopération spatiale avec les États-Unis La France entretient une coopération spatiale avec les États-Unis depuis plus de 50 ans. Celle-ci se développe dans le cadre de l’accord intergouvernemental du 23 janvier 2007[HM2] . Compte tenu de la variété des activités menées par les deux principales agences américaines qui opèrent dans le secteur spatial (NASA et NOAA), la coopération franco-américaine couvre un large spectre de domaines, incluant notamment l’observation de la Terre, les sciences de la Terre et de l’univers et les vols habités. En matière d’altimétrie et d’océanographie, le programme JASON, fruit d’une coopération franco-américaine progressivement étendue à l’Europe (EUMETSAT), constitue une référence en la matière. Le satellite TOPEX-Poseidon, lancé en 1992 a été suivi par plusieurs satellites de la série Jason, dont le dernier en date (JASON 3) a été lancé le 17 janvier 2016. Lancé en 2022, le satellite SWOT, d’altimétrie interférométrique, fournissant des données altimétriques sur une fauchée de 120 km, permet d’effectuer un nouveau bond technologique et souligne le niveau d’excellence de la coopération franco-américaine dans ce domaine. Dans le domaine de l’exploration planétaire, de nombreux instruments scientifiques français sont développés pour des missions d’exploration martienne de la NASA, comme les instruments ChemCam et SAM pour la mission Curiosity dont le rover est opérationnel sur Mars depuis 2012. La France a fourni à la NASA un sismomètre pour la mission américaine martienne InSight (Interior Exploration Using Seismic Investigations, Geodesy, and Heat Transport) qui s’est déroulé entre 2018 et 2022. Le rover Perseverance, qui a atterri sur Mars en février 2021, a emporté la caméra SuperCam, dont le développement a bénéficié d’une contribution importante de la France. En 2022, le CNES a confirmé sa participation à la mission vénusienne Veritas (reportée à 2031) et a signé plusieurs accords avec la NASA pour la mission Dragonfly d’exploration de Titan, lune de Saturne et les missions lunaires CLPS (LuSEE et FSS). Un autre volet de coopération concerne la collecte de données et l’aide à la recherche et au sauvetage, entre le CNES et la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration). Elle se traduit par l’exploitation de systèmes opérationnels de collecte de données comme Argos et d’aide à la recherche et au sauvetage comme COSPAS-SARSAT. Enfin, la NASA compte de nombreux ingénieurs français parmi ses équipes, soulignant l’excellente coopération bilatérale et valorisant le savoir-faire français. La France a aussi rejoint en 2022 le programme d’exploration lunaire américain Artemis, dans le cadre duquel elle est pleinement engagée. La première édition du dialogue spatial bilatéral (comprehensive space dialogue) franco-américain s’est tenue à Paris le 10 novembre 2022. Washington a accueilli la seconde édition les 20 et 21 mars 2024. Coopération spatiale avec le Japon Le Japon est une puissance spatiale de rang mondial ainsi qu’un partenaire de premier plan pour la France. La relation spatiale franco-japonaise bénéficie d’une forte dynamique au plus haut niveau, consacrée lors des visites officielles du Président de la République en 2019 et 2026. Le CNES est le second partenaire de l’agence spatiale japonaise (la JAXA), après la NASA. Les grands axes de coopération portent sur le développement industriel, l’évolution des technologies, la promotion de la viabilité des activités spatiales et l’exploration. La coopération entre le CNES et JAXA est régie par un accord-cadre, renouvelé en mai 2023, qui couvre plusieurs domaines : préparation du futur, missions d’exploration, recherche et technologie pour les satellites et les lanceurs (dont le démonstrateur de lanceur réutilisable CALLISTO avec le DLR allemand), loi spatiale, débris, observation de la Terre (en particulier pour les gaz à effet de serre), composants électroniques complexes et communications optiques. La volonté de coopérer des deux pays se matérialise depuis 2016 au travers des réunions annuelles du dialogue global sur l’espace dont la dernière édition en date a eu lieu en janvier 2026, sous co-présidence, côté français, du MEAE et du SGDSN. La feuille de route de la coopération franco-japonaise a été publiée en décembre 2023 et définit l'espace comme un domaine de coopération essentiel pour les deux pays à l'horizon 2027. La France contribue à deux missions d’exploration majeures de la JAXA : Hayabusa-2, qui a déposé en 2018 l’atterrisseur Mascot et sur lequel le CNES a développé un microscope infrarouge du sol in situ, nommée MicrOmega, et MMX (Martian Moons Exploration), qui sera lancé en 2026 et à laquelle le CNES a fourni le spectromètre MIRS et le rover IDEFIX réalisé avec le DLR. En février 2025, le CNES et la JAXA ont également signé un accord de coopération sur la mission SOLAR-C, satellite de spectroscopie solaire ultraviolette dont le lancement est prévu en 2028. Concernant les lanceurs réutilisables, le démonstrateur Callisto, développé conjointement par le CNES, le DLR et la JAXA, a achevé sa phase de conception détaillée fin 2024. Son premier vol d'essai est désormais prévu à l’horizon 2026-2027. Coopération spatiale avec l’Inde La coopération spatiale constitue l’un des piliers de la relation franco-indienne. Elle s’est historiquement construite autour de deux programmes emblématiques : Megha-Tropiques consacré à l’étude de la climatologie tropicale (2011-2023), et SARAL-Altika, lancé en 2013 pour mesurer la topographie des surfaces des océans, auquel s’est ajoutée la mission conjointe Oceansat3-Argos, mise en orbite en 2022. Le CNES et l’ISRO développent également la mission Trishna, dont le lancement est prévu en 2027, dédiée à l’observation de la Terre en infrarouge thermique. La stratégie nationale spatiale fait de l’approfondissement de la coopération avec l’Inde une priorité, en tirant parti des convergences d’intérêts stratégiques, de la complémentarité des programmes civils et des nombreuses synergies industrielles croissantes. Sur ce plan, outre les nombreux partenariats des entreprises françaises en Inde, l’entrée du fonds d’investissement Bharti au capital d’Eutelsat en 2025 a marqué une étape importante de ce rapprochement. Avec le Japon et les Etats-Unis, l’Inde constitue le troisième pays avec lequel la France entretient un dialogue spatial bilatéral global (strategic space dialogue), dont la première édition s’est tenue le 26 juin 2023. Coopérations spatiales au niveau européen Allemagne Premiers contributeurs de l’Agence spatiale européenne, la France et l’Allemagne assurent à elles seules plus de 40% de son financement et entretiennent une coopération spatiale renforcée. Sur le plan politique, celle-ci bénéficie d’une dynamique bilatérale à haut niveau. La tenue des Conseils des ministres franco-allemands (CMFA), ainsi que les entretiens bilatéraux réguliers de haut niveau, permettent de faire converger nos intérêts dans le spatial et d’alimenter une vision européenne commune. Cette convergence se traduit également sur le plan industriel. La présence, de part et d’autre du Rhin, de groupes tels qu’Airbus et ArianeGroup, illustre les nombreuses convergences existantes. Si les deux pays demeurent concurrents sur certains segments, leurs intérêts industriels convergent largement et constituent le socle d’une politique industrielle européenne ambitieuse, fiable et dynamique. La coopération couvre l’ensemble des grands domaines du spatial : lanceurs, exploration, orbites basses, observation de la Terre et télécommunications. S’agissant des coopérations interagences, le CNES et le DLR ont signé un accord de coopération sur la propulsion liquide en 2021 et travaillent en partenariat pour la mise au point du moteur à bas coût Prometheus. Ils coopèrent également sur la mission d'exploration japonaise MMX, dont le décollage pour les lunes de Mars est prévu pour octobre 2026, et qui embarquera le rover franco-allemand Idefix. Les agences prévoient aussi en 2029 le lancement de la mission d'observation de la Terre Merlin, dédiée à la mesure de la concentration atmosphérique en méthane. Du côté des lanceurs réutilisables, le démonstrateur Callisto, développé conjointement avec la JAXA devrait effectuer son premier vol d'essai à l'horizon 2026-2027. Lors du Salon du Bourget en 2025, le CNES et le DLR ont également signé une déclaration conjointe sur le renforcement de la coopération spatiale entre les deux agences, et prévoyant la mise en place d’un groupe de travail sur les sujets des technologies critiques et de rupture. Italie La signature en novembre 2021 par le Président de la République française et le Président du Conseil italien du traité du Quirinal, qui comporte un volet « espace », a renouvelé la dynamique spatiale bilatérale entre la France et l’Italie. Cinq ans plus tard, en 2026, les Ministres Adolfo Urso et Philippe Baptiste ont signé à Antibes une nouvelle feuille de route engageant Paris et Rome à renforcer leur coopération sur six grands thèmes (accès à l’espace, communications, observation de la Terre, coordination UE-ESA, gouvernance européenne et cadre réglementaire). La relation bilatérale bénéficie d’importants liens industriels, symbolisés par les structurations de Thales Alenia Space (TAS, 67% Thales et 33% Leonardo, pour les satellites) et Telespazio (67% Leonardo et 33 % Thales, pour les services), ainsi que par le projet Bromo de consolidation de l’industrie manufacturière européenne. Malgré la sortie du lanceur Vega (développé par l’italien Avio) de la coupole d’Arianespace s’agissant de la commercialisation des vols en 2023, les relations demeurent importantes puisque Vega-C est toujours tirée depuis le CSG à Kourou, en Guyane Française. Trois programmes majeurs structurent la coopération institutionnelle entre la France et l’Italie. Premièrement, Athena-Fidus, satellite de télécommunications haut débit duales, en orbite depuis 2014 et construit par TAS. Deuxièmement, le programme dual ORFEO d’observation de la Terre à haute résolution et dont les charges utiles sont développées par le CNES et l’agence spatiale italienne (ASI). Enfin, les deux pays développent Sicral 2, un programme de télécommunications gouvernementales et militaires. S’agissant des sciences, le CNES et l’ASI collaborent principalement sur deux missions ESA : JUICE (exploration des satellites de Jupiter) et BepiColombo (exploration de Mercure). Autres partenariats La coopération spatiale avec les Émirats arabes unis est la plus dynamique et structurée de la région pour la France. Articulée autour de partenariats institutionnels et scientifiques, de collaboration industrielle et axées sur le développement des écosystèmes locaux, elle s’inscrit pleinement dans les grandes ambitions émiriennes. La France et les Emirats Arabes Unis coopèrent dans le cadre des rovers lunaires émiriens Rashid auxquels le CNES apporte des caméras CASPEX. Le CNES et le centre spatial Mohammed Bin Rashid (MBRSC), ont également mené des travaux de définition d’un satellite d’observation hyperspectral conjoint. Depuis 2021, les deux pays collaborent également sur le projet LEONAV, un démonstrateur de nanosatellite de géolocalisation en orbite basse dont le lancement est prévu en 2026. La France et la République de Corée entretiennent une coopération spatiale depuis le début des années 2000. Le début de la relation a été marqué par un appui technique du CNES à la conception et à la gestion des ensembles de lancements coréens. Sur le plan commercial, les industriels français, en particulier Thales, Airbus et Ariane entretiennent une dynamique importante avec les acteurs institutionnels coréens, auprès desquels ils ont remporté de nombreux contrats. La France et la République de Corée organisent depuis 2016 un forum sur la coopération spatiale franco-coréenne élargi à l’ensemble des acteurs français et coréens du spatial. Un accord-cadre entre le CNES et l’agence spatiale coréenne a été conclu lors de la 5ème édition du forum en 2025. La coopération franco-britannique dans le domaine spatial s’inscrit dans le cadre de l’accord signé entre le CNES et l’UKSA en janvier 2014. Depuis 2025, le Royaume-Uni, au côté de la France, participe à la mission européenne MicroCarb dont l’objectif de cartographier les sources et les puits de dyoxide de carbon. Le Royaume-Uni participe aussi avec la France, le Canada et les Etats-Unis au programme SWOT. La coopération franco-britannique s’articule enfin également autour de la mission IASI-NG du CNES. Dans le cadre de l’accord intergouvernemental relatif à la coopération dans le domaine spatial signé en 1997, la France et la Chine ont décidé de développer conjointement deux satellites : CFOSat, pour l’observation globale des océans avec la fourniture par le CNES de l’instrument SWIM lancé en 2018, et SVOM, mission scientifique d’astrophysique comprenant la fourniture par le CNES de deux instruments ECLAIRs et MXT lancée en 2024. Le spatial constitue un thème porteur sur le continent africain, auprès de l’Union Africaine (UA) qui le considère comme un important vecteur de croissance au service de l’économie du continent. Les applications spatiales contribuent au développement de secteurs critiques comme l’agriculture, l’urbanisme ou les télécoms. Cet intérêt s’est concrétisé par l’inauguration en 2024 au Caire des locaux de l’Agence Spatiale Africaine (ASA) fondée un an plus tôt, auprès de laquelle la France a envoyé un expert technique international (ETI) pour en accompagner la structuration. Il constitue ainsi un outil diplomatique pour le renouvellement des relations franco-africaines se faisant à la faveur du développement d’un écosystème spatial continental émergeant.