Le Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) en 6 questions

La France fonde sa diplomatie climatique sur les constats portés par la science, notamment ceux mis en avant par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Publié le : 04 mars 2023 Mis à jour le : 05 juin 2026

Pour les experts du GIEC, l’origine humaine du dérèglement climatique est clair. Ses effets sur la vie sur terre sont déjà visibles et le seront encore davantage dans un avenir proche.

Qu’est-ce que le GIEC ?

Le GIEC, Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, a été créé en 1988 par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Depuis presque 40 ans, il évalue l’état des connaissances sur l’évolution du climat, ses causes, mais aussi les possibilités d’atténuer ses effets et de s’y adapter. Cet organisme intergouvernemental réunit 194 États membres et fournit aux gouvernements une évaluation des travaux scientifiques dans le domaine du climat, dans trois domaines principaux :

  • les mécanismes scientifiques physiques du changement climatique ;
  • les impacts du changement climatique et les adaptations possibles ;
  • les options pour atténuer le changement climatique.

Depuis sa création, le GIEC a publié de nombreux de rapports qui ont marqué l’actualité : rapport spécial sur les conséquences d’un réchauffement planétaire de 1,5°C (octobre 2018), rapport sur les terres (août 2019) et sur les océans et la cryosphère (septembre 2019).

Les travaux du GIEC se déroulent selon des cycles de 5 à 7 ans, appelés cycles d’évaluation du GIEC. Le cycle actuel, le 7ème, a commencé en 2023.. 

La gouvernance du GIEC est assurée collectivement par les États membres qui approuvent les résumés à l’intention des décideurs - des résumés courts de chaque rapport qui visent à alimenter des décisions politiques - et valident ses rapports au consensus durant des réunions plénières.

Quel est le rôle du GIEC ?

Le GIEC n’est pas un laboratoire ni une structure commanditant ses propres travaux. Il n’a pas vocation à effectuer des recherches, à exploiter des modèles ou à prendre des mesures du climat ou des phénomènes météorologiques. Son rôle consiste à évaluer la documentation scientifique, technique et socio-économique sur les changements climatiques, leurs répercussions et les risques futurs, ainsi que les solutions envisageables en matière d’atténuation et d’adaptation. 

Le GIEC est donc un lieu d’expertise collective visant à synthétiser les travaux menés dans les laboratoires du monde entier. À titre d’exemple, 664 scientifiques provenant de 90 pays (dont 46% de femmes et 15 français ou travaillant en France) ont été choisis pour participer aux trois volumes du 7ème cycle d’évaluation. Ils se sont tous réunis à Paris en décembre 2025 dans le cadre des célébrations des 10 ans de l’accord de Paris. 

Pourquoi les rapports du GIEC constituent-ils une référence ? 

Depuis sa création, le GIEC publie des rapports de synthèse dans lesquels les experts évaluent, sans parti pris et de manière méthodique l’information sur les changements climatiques. Ces informations sont synthétisées à partir des recherches ou études effectuées par des scientifiques, des experts ou des organismes et publiées dans des revues scientifiques. 

Par ailleurs, les rapports du GIEC ne prescrivent pas de choix de nature politique. Les experts utilisent à ce sujet une formule constamment rappelée : le contenu des rapports doit être « policy relevant, but not policy prescriptive », c’est-à-dire « pertinent politiquement, mais non prescriptif ».

Quel est le lien avec les négociations sur le climat ?

Les rapports du GIEC constituent la principale source scientifique sur laquelle s’appuient les négociations climatiques. Ils permettent par ailleurs d’évaluer les efforts accomplis par la communauté internationale dans la lutte contre les changements climatiques.

Le sixième rapport d’évaluation du GIEC a été publié en 2023, à temps pour le premier bilan mondial de l’accord de Paris, qui s’est tenu à la COP28 de Dubaï et auquel il a servi de base scientifique. 

En mars 2026, la France a exprimé sa vive préoccupation face aux tentatives de ralentir et décaler arbitrairement le calendrier de publication des rapports du septième  cycle d'évaluation du GIEC au-delà du deuxième bilan mondial de l’accord de Paris fin 2028. Tout retard dans la prise en compte des données scientifiques pertinentes pour répondre à l’urgence climatique compromettrait gravement l'action climatique à l’échelle mondiale.

Est-ce que la France soutient les travaux du GIEC ?

La France soutient les travaux du GIEC et appelle tous les pays à faire de même. Cette entreprise exceptionnelle a un coût infime : si tous les États contribuaient, il serait de 35 000 euros par État et par an. La France a pris sa part dans cette responsabilité et a décidé de porter sa contribution au GIEC à 1 million d’euros par an de 2018 à 2022, puis plusieurs centaines de milliers d'euros chaque année.

La France, via l’Université Paris-Saclay, accueille par ailleurs l’unité de soutien technique du groupe de travail I du GIEC, à la suite de l’élection du scientifique Robert Vautard au poste de co-président de ce dernier. 

Enfin, la France a soutenu le lancement du 7ème cycle d’évaluation du GIEC en accueillant les 664 auteurs principaux à Paris en décembre 2025. À cette occasion, le Ministre de l'Europe et des affaires étrangères a réaffirmé le plein soutien de la diplomatie française à une gouvernance climatique multilatérale éclairée  par les travaux scientifiques, dans un contexte de montée préoccupante de la désinformation climatique.

Quelles sont les conclusions du GIEC ?

Selon le rapport de synthèse du 6ème cycle d’évaluation, le réchauffement climatique d’origine anthropique est très net : la température de surface mondiale pendant la période de 2011 à 2020 était 1,1°C supérieure à celle pendant la période de 1850 à 1900. Au rythme actuel des émissions, le budget carbone restant serait épuisé au cours de la décennie actuelle et la hausse de 1,5°C de la température mondiale moyenne serait atteinte entre 2030 et 2050.

Toutefois, le GIEC souligne qu’il reste possible de contenir à 1,5°C la hausse des températures d’ici la fin du siècle à la condition expresse de diminuer nos émissions de gaz à effet de serre de 43% en 2030 et 60% en 2035 par rapport à 2019 et de parvenir à la neutralité carbone (c’est-à-dire à un équilibre au niveau mondial entre émissions et absorptions de CO2) en 2050. Le rapport de 2018 attestait déjà que nous disposons de l’ensemble des technologies et conditions nécessaires pour parvenir à cet objectif ambitieux.

Le réchauffement à grande vitesse, causé par la hausse de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, accélère plusieurs phénomènes dangereux pour notre vie actuelle et notre avenir. Les défis sont nombreux :

  • menace sur les zones glacées de notre planète (la cryosphère) causée par la hausse globale des températures. La fonte des glaces, notamment des glaciers et de l’Arctique, entraîne une accélération de l’élévation du niveau de la mer qui pourrait atteindre entre 29 et 110 cm en moyenne d’ici 2100 par rapport à la période de référence (1986-2005) ;
  • renforcement de la fréquence et de l’intensité de certains ouragans ;
  • dégradation des terres et désertification. Au-delà de 2°C, le réchauffement climatique causera une importante baisse des rendements et de la production agricole mondiale, en particulier dans les zones les plus vulnérables de la planète comme l’Afrique sub-saharienne et l’Asie du sud-est, intensifiant encore l’insécurité alimentaire de ces régions ;
  • prolifération de certains germes favorisée par des précipitations abondantes et des saisons sèches plus longues. Dès 1990, le GIEC relevait que le changement climatique pouvait avoir des conséquences majeures sur la santé humaine ;
  • effondrement brutal de la biodiversité dont il est l’une des 5 causes principales identifiées.

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