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Ukraine

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Présentation de l'Ukraine

Date de mise à jour le : 08 juillet 2026

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Données générales

  • Nom officiel : Ukraine ;
  • Nature du régime : République parlementaire ;
  • Chef de l’État : Volodymyr Zelensky (né le 25/01/78) depuis le 20 mai 2019. 

     

Données géographiques

  • Superficie : 603 700 km².
  • Capitale : Kyïv.
  • Villes principales : Kharkiv, Dnipro, Odessa, Donetsk, Lviv.
  • Langue officielle : ukrainien ; le russe est couramment parlé à Kyïv et dans les régions de l’Est et du Sud.
  • Monnaie : Hryvnia (UAH)
  • Fête nationale : 24 août.      

     

Données démographiques

  • Population : 44 millions d’habitants (2018) soit 75 hab./km².
  • Croissance démographique annuelle moyenne (2019) : - 0,5% (PNUD).
  • Espérance de vie (2020) : 72,4 ans (femmes : 77,1 ans ; hommes : 67,4 ans ; source : worldpopulationreview).
  • Taux d’alphabétisation : 99,8%.
  • Religion(s) : environ 65% de chrétiens orthodoxes, environ 6,5% de gréco-catholiques
  • Indice de développement humain : 88e rang (classement PNUD 2018).     

       

Politique intérieure

L’Ukraine a connu depuis 2014 une période de transition sans précédent, hautement fragilisée par le déclenchement de la guerre avec la Russie le 24 février 2022. Après la « Révolution de la dignité » (Euromaïdan), Kyïv a entrepris un processus d’européanisation et de réformes, politiques, judiciaires, financières et économiques dans un contexte de conflit avec la Russie (annexion illégale de la Crimée en mars 2014, suivie de la guerre de basse intensité des régions de Louhansk et de Donetsk). Entre 2014 et février 2022, le conflit russo-ukrainien a fait près de 14 000 morts (dont 3000 civils) et 21 000 blessés. Il a entraîné le déplacement de 2,7 millions de personnes, dont près de 1,5 million de déplacés internes en Ukraine, 

Le président Zelensky a été élu en 2019 avec 73% des suffrages. Son parti a remporté la majorité absolue à l’issue des législatives anticipées du 21 juillet 2019, lui permettant d’avancer dans les réformes de modernisation et de libéralisation du pays (réforme du foncier agricole en mars 2020 puis de la loi bancaire le 13 mai 2020). L’été 2021 a également vu des avancées dans les réformes, en particulier en matière de Justice (réforme des instances de nomination des juges) et de Défense (réforme de la holding Ukroboronprom). Le début de son mandat a par ailleurs été marqué par de nombreux remaniements ministériels (mars et juin 2020, juillet et novembre 2021).

Les réformes bancaire et judiciaire ont cependant affaibli le contrôle de V. Zelensky sur sa majorité à la Rada, réduisant considérablement sa marge de manœuvre pour mettre en œuvre des réformes contraires aux intérêts des oligarques. Le pays a ainsi connu une véritable crise institutionnelle à la suite de la décision de la cour constitutionnelle du 27 octobre 2020 de censurer plusieurs dispositions essentielles de la législation anti-corruption. Celles-ci ont finalement été réinstaurées par la Rada en juillet 2021. Cette décision a renforcé les tensions entre le chef de l’exécutif et le pouvoir judiciaire.

Avant le début de la guerre à grande échelle, plusieurs dossiers opposaient tout particulièrement le président à ses adversaires politiques. Il s’est attaqué aux intérêts pro-russes (fermeture en février 2021 de trois chaînes de l’oligarque Viktor Medvedtchouk, proche de V. Poutine), aux oligarques, à ses adversaires politiques (l’ancien président Petro Porochenko a été poursuivi pour haute trahison) et même parfois aux voix dissidentes dans les rangs de sa propre majorité (l’ancien président de la Rada, Dmytro Razoumkov, a été évincé en octobre 2021).

La politique intérieure ukrainienne s’est profondément transformée depuis le début de la guerre à grande échelle. L’Ukraine parvient remarquablement à maintenir une vie démocratique avec la tenue de séances régulières à la Verkhovna Rada. Ces séances sont devenues à nouveau publiques (retransmission) en 2025. 

Le 22 juillet 2025, l’adoption d’une loi revenant sur certaines dispositions importantes du dispositif ukrainien de lutte contre la corruption a suscité des manifestations dans toutes les grandes villes d’Ukraine (mouvement de la « révolution des cartons »). Tenues malgré l’interdiction de manifester en vigueur dans le cadre de la loi martiale, ces manifestations ont témoigné de l’attachement profond de la nouvelle génération ukrainienne – qui n’avait pas connu la révolution de la Dignité – à préserver l’indépendance des instances anticorruption. . Les dispositions les plus problématiques de cette loi ont été in fine corrigées par une loi votée le 31 juillet. 

En raison de l’application de la loi martiale, des élections nationales (présidentielles et législatives) ne peuvent être organisées. La Constitution prévoit explicitement l’extension des mandats (échus en 2024). Cette interprétation a été soutenue unanimement par les forces politiques ukrainiennes et les partenaires de l’Ukraine, en dépit de la campagne de désinformation russe menée depuis.

 

Politique étrangère

Avant le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie le 24 février 2022, le règlement du conflit russo-ukrainien faisait l’objet de discussions dans deux formats distincts : le format Normandie (France, Allemagne, Russie et Ukraine) et le Groupe de contact trilatéral, qui réunissait l’OSCE, la Russie et l’Ukraine, dit Groupe de Minsk.

Les accords de Minsk, signés par les membres du Groupe de contact trilatéral les 5 et 19 septembre 2014 (Minsk I) et le 12 février 2015 (Minsk II), fixaient le cadre de règlement du conflit. L’objectif de ces accords était une réintégration de certaines régions de Donetsk et de Louhansk à l’Ukraine, avec un statut d’autonomie spécifique. Le conflit est resté de basse intensité pendant 8 ans le long de la ligne de contact, mais les accords de Minsk n’ont jamais été pleinement mis en œuvre.

Le renforcement du dispositif militaire russe aux frontières de l’Ukraine à partir d’avril 2021, sous prétexte d’exercice, a conduit à un regain de tensions. Le 21 février 2022, le président Poutine reconnaissait unilatéralement l’indépendance des « Républiques populaires » de Donetsk et de Louhansk, rendant caducs les accords de Minsk. Il signait un traité d’amitié avec chacune des deux entités contenant notamment une clause d’assistance mutuelle.

Le 24 février 2022, la Russie lançait une invasion à grande échelle contre l’Ukraine, invoquant la nécessité de venir en aide aux « Républiques populaires » de Donetsk et de Louhansk et fixant pour objectifs la démilitarisation, la neutralisation et la « dénazification » du pays.

Dès le 28 février 2022, des pourparlers bilatéraux se sont tenus entre l’Ukraine et la Russie. Si les deux parties ont pu se mettre d’accord sur des échanges de prisonniers et l’ouverture de couloirs humanitaires, aucun cessez-le-feu global n’a été négocié. Les futures relations de l’Ukraine avec l’OTAN et l’UE tout comme le statut du Donbass et de la Crimée restent des points de crispation majeurs, bien que le président Zelensky se soit déclaré ouvert à discuter, à ce moment-là, sur un statut de neutralité pour l’Ukraine, en échange de garanties de sécurité de la part d’un certain nombre d’États, dont potentiellement la France.

Les relations de l’Ukraine avec la Russie s’étaient déjà fortement dégradées depuis l’annexion illégale de la Crimée par la Russie (18 mars 2014) et le début du conflit dans le Donbass. Les liaisons aériennes sont interrompues depuis 2015. En 2018, l’Ukraine a instauré le contrôle biométrique à sa frontière avec la Russie et l’ancien président Porochenko a signé un décret mettant fin au traité d’amitié qui liait l’Ukraine à la Russie depuis 1997. A partir de 2020, les sanctions introduites par le gouvernement de V. Zelensky à l’encontre d’oligarques ukrainiens proches du Kremlin et la fermeture de chaînes relayant le discours russe sur l’Ukraine ont provoqué la colère de Moscou.

En réponse au lancement de la guerre d’agression russe, l’Ukraine a rompu ses relations diplomatiques avec la Russie le 24 février 2022 et lui livre désormais une bataille juridique sur plusieurs fronts. Elle a saisi la Cour internationale de justice contre la Russie le 26 février 2022, a créé le 3 avril un « mécanisme de justice spécial » pour enquêter sur les crimes russes présumés en Ukraine et qualifie de « génocide » les agissements de l’armée russe en Ukraine, en appelant la communauté internationale à faire de même. Le Tribunal spécial pour le crime d’agression a été créé le 25 juin 2026.

L’Ukraine a envoyé sa demande d’adhésion à l’Union européenne le 28 février 2022. En décembre 2023, le Conseil européen a décidé d’ouvrir les négociations d’adhésion. En juin 2026, la première conférence intergouvernementale ouvrant officiellement le premier bloc de négociations sur les Fondamentaux a été organisée.

Dans le contexte de l’agression russe, l’Ukraine bénéficie du soutien financier et humanitaire appuyé de nombreux États, notamment l’Allemagne, les États-Unis, la France, la Pologne ou le Royaume-Uni, ainsi que de celui de l’Union européenne. De nombreux représentants occidentaux se rendent régulièrement à Kyïv pour témoigner leur solidarité et leur soutien au peuple ukrainien et aux autorités.

 

Situation économique

L’Ukraine bénéficie d’une situation géographique enviable (route de transit, terres fertiles, proximité de l’Europe) et d’une main d’œuvre qualifiée. L’agriculture (9,3%), l’industrie (principalement métallurgie) (20,9% contre 28,6% en 2017) et les services (61%) constituent les principaux secteurs d’activité. En 2020, le PIB de l’Ukraine s’élevait à 156 Mds$ (Banque Mondiale) et le PIB par habitant à 3 724,94 $. Le taux de chômage (9,7%) est en légère hausse depuis 2020 (9,48%).

Après une forte récession à la suite de l’annexion de la Crimée et de la déstabilisation du Donbass (-7% en 2014 puis de 9,8% en 2015), les indicateurs économiques sont redevenus positifs à partir de 2016, se confirmant en 2017 et 2018. Près de 3,2 millions d’Ukrainiens travaillent de façon permanente à l’étranger, le pays recevant d’importants transferts de la part de sa diaspora (transferts en hausse de 7.3% entre janvier et septembre 2019, et représentant environ 12% du PIB en 2021).

L’Ukraine a bénéficié d’une importante aide financière du FMI depuis 2014 (13Mds $ versés entre 2014 et 2019). En 2018 et 2020, le FMI a conclu des accords d’aide à l’Ukraine s’élevant respectivement à 3,9 Mds$ et 5 Mds$. Suite au déclenchement de la guerre avec la Russie, le FMI a permis le 9 mars 2022 le décaissement de 1,4 Mds $ en faveur de l’Ukraine au titre de l’instrument de financement rapide. Le 9 avril, il a approuvé la création d’un compte administré offrant aux donateurs un moyen sûr d’acheminer leur aide financière à l’Ukraine. La Banque mondiale a annoncé une aide de 1,5 Md $. Le 26 février 2026, le FMI a approuvé un nouveau programme d’aide budgétaire à l’Ukraine en 4 ans (jusqu’en 2030) à hauteur de 8,1 Md$. Ce nouveau plan d’aide prend la suite du précédent programme de 15,5 Md$ qui avait été approuvé en 2023.

Le PIB de l’Ukraine s’est contracté de 4% seulement en 2020 suite à l’épidémie de COVID-19, en raison de la solidité du secteur agricole et de la faible dépendance au tourisme. La modeste reprise économique du pays en 2021 (2% selon les premières estimations) va être effacée par l’agression russe. En 2022, le PIB de l’Ukraine a fortement diminué et la croissance a chuté, la guerre provoquant une chute des importations, exportations et investissements, mais une tendance à la hausse est à noter depuis. Dans les premières années, la guerre a provoqué une pénurie alimentaire aux répercussions mondiales et une inflation galopante.

Malgré la guerre de haute intensité que mène la Russie contre l’Ukraine, Kyïv est parvenue a stabilisé sa situation macro-économique, en partie en raison du soutien financier apporté par ses partenaires. L’Ukraine est parvenue également à ouvrir un corridor maritime en mer Noire afin de poursuivre ses exportations de matières premières, principalement agricoles, mais pas uniquement. Ce corridor ukrainien fait suite à une initiative coordonnée par la Turquie qui facilitait les exportations ukrainiennes en mer Noire de l’été 2022 à l’été 2023. La Russie s’en est retirée à l’été 2023.

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