Tanzanie

Présentation de la Tanzanie

Date de mise à jour le : 12 octobre 2026

Carte

Données générales

Nom officiel : République unie de Tanzanie
Nature du régime : République
Cheffe de l’Etat : Mme Samia Suluhu HASSAN

Données géographiques

Superficie : 947 300 km²
Capitale : Dodoma (capitale officielle, siège du Parlement)
Villes principales : Dar es Salam (capitale économique), Dodoma, Arusha, Zanzibar, Mwanza, Tanga, Tabora, Mbeya
Langue (s) officielle (s) : swahili, anglais
Langue (s) courante (s) : swahili, anglais, arabe (Zanzibar)
Monnaie : Shilling tanzanien ; 1 EUR = 2 520 TZS (février 2024)
Fête nationale : 26 avril (Union du Tanganyika et de Zanzibar)

Données démographiques

Population : 65,5 millions d’habitants en 2022 (Banque mondiale)
PIB : 75,73 Mds USD en 2022 (Banque mondiale)
RNB ajusté par habitant (USD courant) : 960 USD/habitant en 2021 (Banque mondiale)
Taux de croissance : 5,2% en 2023 (Banque mondiale)
Taux d’inflation : 4,4% en 2022 (Banque mondiale)
Taux de chômage (au sens du BIT) : 2,6% en 2023 (Banque mondiale)
Déficit public : 3,3% du PIB en 2023 (FMI)
Dette publique : 42,6% du PIB en 2023 (FMI)
Balance courante : -1,6% du PIB USD en 2020 (FMI)
 

Politique intérieure

Suite à l’indépendance du Tanganyika en 1961 et de Zanzibar en 1963, la République unie de Tanzanie a été formée en 1964, Zanzibar conservant un statut semi-autonome disposant d’un président et de son propre gouvernement. Les principes fondamentaux de l’Etat tanzanien ont été établis par le père de l’indépendance et premier président de la République unie de Tanzanie, Julius Nyerere, surnommé Mwalimu (professeur en swahili) : unité nationale, centralisation du pouvoir, institutions stables, socialisme économique, laïcité. Le parti Chama Cha Mapinduzi (CCM, Parti de la Révolution) fondé par Julius Nyerere domine toujours la vie politique tanzanienne, malgré un passage au multipartisme en 1992 avec la fondation du parti Chadema (Parti pour la Démocratie et le Progrès), principal parti de l’opposition.

Les présidences successives d’Ali Hassan Mwinyi (1985-1995) et de Benjamin Mkapa (1995-2005) ont été marquées par la libéralisation progressive de l’économie tanzanienne et celle de Jakaya Kikwete (2005-2015) par sa volonté de lutter contre la corruption. Son successeur John Magufuli (2015-2021) a entamé un virage autoritaire, qui s’est notamment traduit par un recul de la liberté de manifester et de la liberté d’expression. Le président Magufuli a également procédé à la mise en place de mesures économiques « nationalistes » : mesures restrictives à l’égard de l’immigration, pression fiscale et réglementaire exercée sur les entreprises étrangères et plan de nationalisation des industries locales.

Arrivée au pouvoir en mars 2021 à la suite du décès de John Magufuli, la présidente Samia Suluhu Hassan est devenue la première femme cheffe d’État en Tanzanie. Elle a rompu avec l’isolationnisme de son prédécesseur et a relancé le dialogue avec les pays occidentaux. Outre une plus grande ouverture à l’international marquée par une succession de déplacements (Kenya, Ouganda, Afrique du Sud, États-Unis, France, Qatar, Émirats arabes unis, Royaume-Uni, Chine, Indonésie, Turquie…), elle a porté des réformes nationales ambitieuses, notamment concernant l’amélioration du climat des affaires. Elle a fait de l’égalité femmes-hommes une cause nationale et a développé un programme social qui donne la priorité aux secteurs de la santé, de l’éducation et de l’accès à l’eau. Lors des élections générales d’octobre 2025, la présidente Hassan a été reconduite en remportant plus de 97% des voix. Lors d’un scrutin contesté pour des fraudes massives et émaillé par des manifestations sans précédent, causant la mort de 518 personnes selon le bilan officiel. En vue de parer de nouvelles violences, le gouvernement adopte régulièrement des mesures préventives face aux appels à manifester lancés par les mouvements d’opposition.

A Zanzibar, un Gouvernement d’union nationale (GNU), réunissant le CCM et le parti d’opposition ACT-Wazalendo (Alliance pour le changement et la transparence), a été constitué sur la base d’un accord signé le 9 juillet 2026.
 

Politique étrangère

Après une période de relatif isolationnisme sous la présidence de John Magufuli, la présidente Samia Suluhu Hassan a opéré un réengagement de la diplomatie tanzanienne sur la scène internationale, à travers la mobilisation du pays en réponse aux crises sécuritaires régionales et son implication dans le cadre d’initiatives multilatérales relatives à l’égalité femmes-hommes et l’adoption de modes de « cuisson propre ».

La Tanzanie est l’un des trois pays fondateurs de la Communauté des États d’Afrique de l’Est (EAC), dont elle abrite le siège. Cette organisation régionale comprend également le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi, la RDC, le Soudan du Sud et la Somalie. Le Tanzanien Stéphane Patrick Mbundi exercice la fonction de Secrétaire général de l’EAC depuis mars 2026. La Tanzanie est également membre de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), avec quinze autres pays d’Afrique centrale et australe. 

Les relations de la Tanzanie avec les pays voisins fluctuent entre intérêts économiques partagés et tentatives de médiation dans une région traversée par les crises : 

Les relations entre la Tanzanie et le Kenya sont marquées par la compétition économique au sein de la sous-région, les deux pays se positionnant en tant que porte d’entrée maritime des pays enclavés d’Afrique centrale. La présidente Hassan s’est employée à donner un nouvel élan à la relation bilatérale et a effectué quatre déplacements dans le pays depuis son accession à la présidence. 
La Tanzanie et la RDC coopèrent, notamment, sur les enjeux économiques et sécuritaires. Le président Tshisekedi a effectué, en août 2026, une visite de travail, à Zanzibar, lors de laquelle il a insisté avec la présidente Hassan sur la nécessité transition d’un modèle d’extraction des ressources naturelles vers le développement des capacités de traitement et de raffinage local des minerais. Une feuille de route a également été signée à Lubumbashi pour encadrer le retour volontaire des réfugiés congolais, dont le nombre est estimé à 87 000 en Tanzanie.

La Tanzanie et le Mozambique entretiennent de bonne relations politiques. Les échanges commerciaux demeurent en-deçà de leur potentiel et les questions sécuritaires à la frontière entre les deux pays sont un facteur de préoccupation. La Tanzanie a maintenu la présence de troupes à la frontière du Mozambique à la suite de l’expiration du mandat de la mission de la SADC en 2024, afin de prévenir le risque terroriste.

Les relations entre la Tanzanie et l’Ouganda sont marquées par le conflit qui les a opposés en 1978 et 1979, durant lequel la Tanzanie a bénéficié du soutien des forces de Yoweri Museveni, alors figure de l’opposition ougandaise, qui a provoqué la chute du régime du président Idi Amin Dada. Les deux pays cherchent désormais à renforcer leurs relations économiques, notamment dans le cadre du projet d’oléoduc transfrontalier EACOP qui doit relier les gisements situés dans le bassin du lac Albert, en Ouganda, jusqu’au port de Tanga, sur la côte au nord de la Tanzanie.

La Tanzanie a joué un rôle diplomatique important dans l’histoire récente du Rwanda, ayant notamment accueilli les négociations entre le gouvernement du président Juvénal Habyarimana et le Front patriotique rwandais (FPR) qui ont abouti, en 1993, aux Accords d'Arusha, où a siégé le Tribunal pénal international pour le Rwanda, entre 1994 et 2015. Les deux pays connaissent certains désaccords s’agissant, en particulier, de la situation à l’Est de la RDC. Sur le plan commercial, le Rwanda dépend de façon significative de la Tanzanie puisqu’environ 80% de ses importations transitent par le port de Dar es Salam.

En réponse aux crises politiques au Burundi, les autorités tanzaniennes ont à plusieurs reprises endossé un rôle de facilitateur lors des négociations de l’Accord d’Arusha en 2000 contribuant à mettre fin à la guerre civile burundaise (1993-2005) ou en accueillant le dialogue politique inter-burundais à la suite de la tentative de coup d’Etat perpétré par le général Godefroid Niyombare en 2015. Le CCM continue d’entretenir d’excellentes relations avec le CNDD-FDD, le parti burundais au pouvoir, qui a bénéficié de bases arrière en Tanzanie durant la guerre civile. La coopération entre les deux pays s’est accélérée afin d’organiser le renvoi au Burundi de près de 130 000 réfugiés burundais vivant en Tanzanie.

La Tanzanie entretient une relation historique avec la Chine, qui a apporté son soutien au président Nyerere et y bâti son premier grand projet africain, le chemin de fer Tanzanie-Zambie en 1970. Premier partenaire commercial, la Chine est aujourd’hui fermement implantée dans les sphères économiques, médiatiques, politiques et culturelles de Tanzanie. Le dynamisme de la coopération sino-tanzanienne repose, notamment, sur la position stratégique de la Tanzanie dans le cadre de l'initiative des routes de la soie et est particulièrement dense dans le secteur économique.

L’Inde et la Tanzanie entretiennent une relation ancienne qui est aujourd’hui attestée par une vibrante communauté d'origine indienne forte d'environ 60 000 personnes, dont une immense majorité a adopté la nationalité tanzanienne tout en constituant un pilier économique majeur du pays. La vigueur des échanges est remarquable : l'Inde est le deuxième partenaire commercial de la Tanzanie, les deux nations ayant récemment choisi de libeller leurs transactions en monnaies nationales (roupies et shillings) pour stimuler les flux. De l'agriculture à l'industrie pharmaceutique, cette coopération stratégique fait de la Tanzanie la véritable porte d'entrée de l'Inde en Afrique de l'Est
 

Situation économique

L’économie tanzanienne demeure l’une des plus dynamiques d’Afrique de l’Est, avec une croissance moyenne d’environ 5 % entre 2020 et 2025, après une moyenne de 6,7 % sur la période 2010-2019. La croissance a atteint 5,9 % en 2025 et devrait rester supérieure à 6 % en 2026 selon la Banque de Tanzanie (BoT), tandis que le FMI prévoit 5,9 %. Elle repose notamment sur l’agriculture, les mines – principalement l’or –, le tourisme, le commerce et les services financiers. L’investissement public continue de soutenir l’activité, notamment dans les infrastructures de transport et d’énergie, avec le Standard Gauge Railway (SGR), les infrastructures portuaires et le barrage hydroélectrique Julius Nyerere (JNHPP).

Les principaux équilibres macroéconomiques restent globalement solides. L’inflation s’est établie à 3,3 % en 2025, nettement sous la cible de 5 % de la BoT. Le déficit courant s’est réduit de 2,8 % du PIB en 2024 à 2,4 % en 2025, grâce notamment à la progression des exportations d’or et de produits agricoles, au dynamisme du tourisme et à la diminution des importations liées à l’achèvement de plusieurs grands projets. Les exportations d’or ont atteint 4,7 Md USD, en hausse de 36 %, tandis que les réserves de change ont progressé à 6,3 Md USD, soit 4,9 mois d’importations, un niveau jugé adéquat par le FMI.

La dette publique, proche de 50 % du PIB, reste soutenable et figure parmi les niveaux relativement faibles de la Communauté d’Afrique de l’Est. Le principal défi budgétaire demeure toutefois la faible mobilisation des recettes domestiques, qui est susceptible de limiter les marges de manœuvre de l’État.

De manière générale, le gouvernement demeure favorable aux IDE. Certaines entreprises notamment étrangères signalent des dispositions fiscales et administratives complexes. Plusieurs exigences en matière de contenu local, de sous-traitance nationale et de conformité réglementaire doivent être observées.

 

Liste des représentations françaises

Annuaire des représentations tanzaniennes en France

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