Libye

Présentation de la Libye

Date de mise à jour le : 15 septembre 2026

Carte

Données générales

Nom officiel : État de Libye (dans l’attente de l’adoption d’une Constitution) 
Nature du régime : Parlementaire (Déclaration constitutionnelle transitoire d’août 2011 et Accord de Skhirat de 2015) 
Chef de l’État : M. Mohamed Al-Menfi, président du Conseil présidentiel depuis février 2021 (Accords de Genève)

Données géographiques

Superficie : 1 759 500 km²
Capitale : Tripoli
Villes principales : Tripoli, Benghazi, Misrata, Sebha
Langue (s) officielle (s) : Arabe
Langue (s) courante (s) : Arabe dialectal, langues berbères, langues toubou
Monnaie : Dinar libyen (LYD) 1€ = 6,32 LYD (27/08/2026 au taux officiel)
Fête nationale : Fête de l’indépendance le 24 juillet, anniversaire de la Révolution de 2011, le 17 février ; anniversaire de la proclamation de la libération de 2011, le 23 octobre.

Données démographiques

Population : 6 888 388 (2023, Banque Mondiale)
Densité : 4 hab./km2 (2021, Banque Mondiale)
Croissance démographique : 1,1% (2023, Banque Mondiale)
Espérance de vie : 72 ans (2022, Banque Mondiale) 
Taux d’alphabétisation : 89,9% (2014, PNUD)
Religion (s) : Islam sunnite (97 %), autres (3 %)
Indice de développement humain (2023) : 0,746 (PNUD) 92ème place sur 192 pays

Politique intérieure

La révolution libyenne dans le contexte des printemps arabes en 2011 a mis fin au régime de Mouammar Kadhafi après quarante-deux ans au pouvoir. Les premières élections libyennes libres en 2012, puis en 2014, ont finalement conduit à une guerre civile et à la division des institutions libyennes, avec des autorités concurrentes à l’Est et à l’Ouest de la Libye. Le processus de réconciliation, lancé sous l’égide des Nations Unies, a abouti à un accord politique en décembre 2015 à Skhirat (Maroc), ouvrant une nouvelle période de transition caractérisée par la formation d’un nouveau gouvernement et la création de nouvelles institutions politiques.

Toutefois, en l’absence de progrès quant à la réunification politique, de nouveaux affrontements sont survenus en 2019, dans le cadre d’une offensive du commandant de l’Armée nationale libyenne (ANL), le maréchal Khalifa Haftar, pour prendre le contrôle de la capitale. Les hostilités, auxquelles ont pris part des contingents turcs, aux côtés du Premier ministre Fayez Al-Sarraj à l’Ouest, et des mercenaires russes de Wagner, aux côtés de l’ANL à l’Est, se sont poursuivies avant la stabilisation de la ligne de front en juin 2020 et la signature d’un accord de cessez-le-feu le 23 octobre 2020 sous l’égide des Nations Unies. Le cessez-le-feu est toujours respecté à ce jour.

Le Forum de dialogue politique libyen (LPDF), organisé à Genève par les Nations Unies fin 2020, a permis la désignation de Mohamed Al-Menfi comme président du Conseil présidentiel et d’Abdelhamid Dbeiba comme Premier ministre du nouveau Gouvernement d’unité nationale (GUN), dont le mandat était d’assurer la tenue d’élections présidentielle et parlementaires le 24 décembre 2021.Après le report sine die des élections en décembre 2021, la Chambre des représentants (CdR) a retiré sa confiance au Premier ministre du GUN Abdelhamid Dbeiba. Elle a désigné en mars 2022 un gouvernement, le Gouvernement de stabilité nationale (GSN) dirigé par Fathi Bachagha – remplacé en mai 2023 par Oussama Hammad. Ce gouvernement n’est toutefois pas parvenu à s’installer dans la capitale et n’est pas reconnu par la communauté internationale. Le GUN se maintient au pouvoir malgré l’expiration, en juin 2022, de la feuille de route qui encadrait son mandat.

La médiation onusienne vise à relancer le processus politique et à organiser les élections au plus tôt. Le 24 janvier 2025, l’ex-ministre des Affaires étrangères du Ghana et ancienne Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies (RSSGNU) pour la Corne de l’Afrique, Hannah Tetteh, a été nommée dixième RSSGNU pour la Libye. Cette nomination a mis fin à une période de vacance de dix mois à la tête de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL), consécutive à la démission d’Abdoulaye Bathily en avril 2024. Hannah Tetteh a présenté, fin août 2025 au Conseil de sécurité, une feuille de route politique visant à unifier les institutions libyennes et à organiser des élections nationales. 

Le 30 août 2026, la MANUL a accueilli la signature, à Tripoli, de l’accord du « mini-dialogue » politique (Small Convening), composé de représentants du GUN, de l’ANL et des chambres libyennes, sur la tenue d’élections présidentielle et législatives d’ici 24 mois au plus tard et sous l’égide d’un pouvoir exécutif unique et d’institutions unifiées. L’accord doit désormais être adopté par les chambres libyennes et mis en œuvre. 

Politique étrangère 

La Libye s’est efforcée depuis 2011 de développer des relations de bon voisinage. Les officiels libyens (GUN) multiplient les visites dans les pays de la région pour obtenir des soutiens politiques et développer les relations économiques dans le contexte de polarisation interne du pays. La Libye est membre des organisations internationales (ONU), arabes (LEA) et africaines (UA). Pays méditerranéen, sa diplomatie se situe au carrefour des enjeux de la frontière européenne et de la rive Sud de la Méditerranée. 

La communauté internationale est mobilisée pour parvenir à une solution politique sous les auspices des Nations Unies. La France a accueilli la rencontre de la Celle-Saint-Cloud en juillet 2017 entre Fayez Sarraj et Khalifa Haftar, ainsi que la conférence internationale sur la Libye à Paris en mai 2018. Les conférences de Berlin tenues en janvier 2020 puis en juin 2021 ont instauré le « processus de Berlin » incluant des groupes de travail thématiques et un comité de suivi. La France a participé à la dernière réunion du comité de suivi du « processus de Berlin » qui s’est tenue le 20 juin 2025 dans la capitale allemande. 

Le 12 novembre 2021, Paris a accueilli une nouvelle conférence internationale pour la Libye, présidée par le président de la République, en présence des membres du processus de Berlin, des pays voisins de la Libye et des autorités libyennes (Premier ministre du GUN Abelhamid Dbeiba et président du Conseil présidentiel Mohamed Al-Menfi).

Situation économique

Pays pétrolier pourvu d’un territoire grand comme trois fois la France et d’une population ne dépassant pas les 7 millions d’habitants, la Libye dispose de l’un des PIB/habitant les plus élevés d’Afrique. La situation économique de la Libye, où les hydrocarbures représentent les deux tiers du PIB et 90% des recettes publiques en moyenne sur la période 2021-2024, est particulièrement volatile. L’économie du pays est ainsi en grande partie tributaire du cours du baril, mais également de la situation sécuritaire et de l’évolution de la fragmentation politico-institutionnelle qui influent sur le niveau de production pétrolière. La capacité de production du pays (entre 1,1 et 1,4 Mb/j depuis 2023) permet en théorie des revenus confortables, malgré des blocages pétroliers ponctuels (2022, 2024) en raison de la situation politique. 

En 2025, la croissance s’est établie à 15,9%, d’après le FMI, notamment grâce au rebond de la production pétrolière. Le FMI prévoit la poursuite de la hausse de la production pétrolière jusqu’à 1,5 Mb/j en 2026, les autorités libyennes espérant atteindre une production de 1,6 Mb/j fin 2026 puis 2 Mb/j en 2030. Pour 2026, la hausse des prix du pétrole devrait bénéficier à l’économie libyenne (prévision de croissance de 6,7% selon le FMI), malgré une possible reprise de l’inflation et dans un contexte de dépréciation du dinar libyen. 

Le marché pétrolier constitue un enjeu central de la politique libyenne et du processus de réunification des institutions. Le Panel d’experts du Comité de sanctions pour la Libye de l’ONU a ainsi pointé la question de l’exploitation des ressources pétrolières, et ses conséquences sur l’économie libyenne, comme un facteur de crise. Dans ce contexte, et alors que le pays est dépourvu de loi de finances depuis 2014, un accord budgétaire unifié a été conclu en novembre 2025 puis avril 2026 entre les acteurs de l’Ouest et de l’Est, mais son application reste à vérifier. 

Les autorités libyennes développent une nouvelle stratégie commerciale, grâce aux interfaces portuaires sur la Méditerranée : c’est ainsi que, outre l’important port de Tripoli, se développent des zones franches notamment à Misrata, Syrte et Benghazi, qui accueillent les grands opérateurs du fret maritime. Ces ports constituent les points d’entrée des corridors transsahariens (notamment à destination du Niger du Tchad et du Soudan, trois pays frontaliers, et-au-delà). 

La Libye entretient des relations économiques directes avec les grands pôles voisins du commerce méditerranéen, soit par ses frontières terrestres (notamment la Tunisie et l’Egypte) soit par ses frontière maritimes (notamment la Turquie, l’Italie et Malte). 

Liste des représentations françaises

Annuaire des représentations libyennes en France

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