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Autriche

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Présentation de l'Autriche

Date de mise à jour le : 28 mai 2026

Carte

Données générales

Nom officiel : République d’Autriche 
Nature du régime : parlementaire
Chef de l’Etat : M. Alexander VAN DER BELLEN (depuis le 26 janvier 2017, réélu pour 6 ans le 22 mai 2022)
Chancelier (chef de gouvernement) : M. Christian STOCKER, investi le 3 mars 2025

Données géographiques

Superficie : 83 859 km²
Capitale : Vienne
Villes principales : Graz, Linz, Salzbourg, Innsbruck
Langue officielle : allemand
Monnaie : euro
Fête nationale : 26 octobre

Données démographiques

Population : 9 197 213 (2025)
Croissance démographique : + 0,96 % par an (2022)
Espérance de vie : hommes 80,1 ans ; femmes 85,4 ans (2024)
Taux d’alphabétisation : 99 % 
Religions : catholiques romains 73,6 %, orthodoxes 2,2 %, protestants 4,9 %, autres catholiques 0,2 %, musulmans 3,5 %, alévis 0,7 %, autres 2,9 %, sans confession 12 % (octobre 2024) 
Minorités reconnues : Croates, Slovènes, Serbes et Bosniaques représentant 4 %, les Turcs environ 2 %, Allemands environ 1 % et autres ethnies environ 2 %
Indice de développement humain (2023) : 0,930

Politique intérieure

Le gouvernement actuel, issu des élections législatives fédérales du 29 septembre 2024, se caractérise par une configuration inédite depuis 1945 : une coalition tripartite associant la droite conservatrice de l’ÖVP aux socialistes du SPÖ ainsi qu’aux libéraux centristes de NEOS, ces derniers participant pour la première fois de leur histoire à un gouvernement avec deux ministères (Affaires étrangères et Education) et un Secrétariat d’Etat (Déréglementation). Cette coalition a été formée au terme de trois phases de négociation d’une durée totale de près de six mois, qui ont débouché sur le maintien dans l’opposition de l’extrême-droite (FPÖ) malgré son arrivée en tête du scrutin (à 28,8 % des voix). En effet, le scénario d’une coalition entre le FPÖ et l’ÖVP, qui semblait s’imposer compte tenu de la deuxième position obtenue par l’ÖVP, a été dans un premier temps écarté par le président fédéral Alexander van der Bellen, qui a préféré confier au chancelier ÖVP sortant, Karl Nehammer, un mandat pour mener des discussions avec le SPÖ et NEOS. L’échec de celles-ci ayant conduit M. Nehammer à démissionner, le président Van der Bellen s’était résolu à confier à Herbert Kickl, président du FPÖ, un nouveau mandat pour engager des négociations avec l’ÖVP. Celles-ci se sont à leur tour avérées infructueuses, conduisant l’ÖVP, le SPÖ et NEOS à revenir à la table des négociations et trouver un compromis autour d’une « grande coalition » dirigée par Christian Stocker (ÖVP), investie le 3 mars 2025.

Ecarté du gouvernement fédéral, le FPÖ n’en demeure pas moins en tête des sondages (plus de 37 % mi-décembre 2025), et continue d’enregistrer des succès électoraux. En effet, outre les législatives de septembre 2024, les autres échéances électorales de l’année ainsi que celles de 2025 ont vu le FPÖ soit arriver en tête, soit effectuer une percée notable lui donnant accès à la présidence du Nationalrat (chambre basse du parlement fédéral), ainsi qu’à plusieurs gouvernements locaux. Avec 28 % des voix au Vorarlberg, 34,8 % en Styrie et 23,1 % au Burgenland, le FPÖ dirige ou participe désormais au gouvernement de 5 Länder sur 9. Le dernier scrutin local en date, à Vienne le 27 avril 2025, a vu le FPÖ presque tripler son score dans une ville traditionnellement ancrée à gauche.

Dans ce contexte, l’ÖVP parvient à se maintenir (deuxième aux européennes à 24,5 % et aux législatives à 26,3 %), juste devant le parti social-démocrate SPÖ (23,2 % aux européennes, 21 % aux législatives), mais ces deux grands partis traditionnels subissent une certaine érosion de leur popularité. Pour autant, comme l’a prouvé l’après-scrutin législatif, l’ÖVP a su rester en mesure de jouer un rôle déterminant dans la formation d’une coalition. NEOS, créé en 2012, oscille entre 9 et 10 % des voix, et est même passé devant les Verts aux législatives de 2024 alors que ces derniers le devançaient encore aux européennes (avec 11 % des voix), une dynamique qui tend toutefois à s’inverser depuis l’automne 2025.

Politique étrangère

Questions européennes

L’Autriche a rejoint l’UE le 1er janvier 1995, l’espace Schengen le 28 avril 1995, l’Union économique et monétaire le 1er janvier 1999. Les Autrichiens restent majoritairement attachés à leur appartenance européenne. L’Autriche a exercé 3 fois la Présidence du Conseil de l’UE (1998, 2006, 2018).

Migrations
Fortement touchée en 2015 par la crise migratoire, l’Autriche donne la priorité à la protection des frontières extérieures mais elle s’oppose à des relocalisations obligatoires. Elle a proposé en 2022 la création d’une plateforme intergouvernementale ayant pour ambition de jouer le rôle de mécanisme d’alerte précoce pour lutter contre les migrations irrégulières dans les Balkans occidentaux. Elle s’est beaucoup investie dans les négociations du Pacte Asile et Migrations et a adopté une attitude très prudente sur l’extension de l’espace Schengen.

Balkans occidentaux
Un des principaux objectifs de la diplomatie autrichienne est l’élargissement de l’UE aux 6 pays des Balkans occidentaux, partenaires et voisins historiques. L’Autriche a créé en avril 2023 un groupe des amis des Balkans occidentaux et souhaite leur intégration graduelle aux politiques sectorielles de l’UE.

L’Autriche participe à plusieurs formats régionaux, comme le « Slavkov » ou « S3 » avec la République tchèque et la Slovaquie ou le « C5 » avec les mêmes pays plus la Slovénie et la Hongrie. Ces formats sont pour elle des vecteurs d’influence régionale. Le 5 mars 2025 s’est tenu le premier sommet présidentiel en « S3 » : M. Van der Bellen et ses homologues ont abordé la coopération transfrontalière, les projets d’infrastructures, la défense européenne et le conflit en Ukraine.

Questions internationales

L’Autriche a proclamé sa neutralité permanente et perpétuelle par la Loi constitutionnelle du 26 octobre 1955. Toutefois la guerre en Ukraine et la réalité des menaces directes auxquelles l’Autriche est maintenant confrontée l’obligent à réfléchir aux modalités d’exercice de sa neutralité. Questions européennes

 

L’Autriche a rejoint l’UE le 1er janvier 1995, l’espace Schengen le 28 avril 1995, l’Union économique et monétaire le 1er janvier 1999. Les Autrichiens restent majoritairement attachés à leur appartenance européenne. L’Autriche a exercé 3 fois la Présidence du Conseil de l’UE (1998, 2006, 2018).

 

Migrations 
Fortement touchée en 2015 par la crise migratoire, l’Autriche donne la priorité à la protection des frontières extérieures mais elle s’oppose à des relocalisations obligatoires. Elle a proposé en 2022 la création d’une plateforme intergouvernementale ayant pour ambition de jouer le rôle de mécanisme d’alerte précoce pour lutter contre les migrations irrégulières dans les Balkans occidentaux. Elle s’est beaucoup investie dans les négociations du Pacte Asile et Migrations et a adopté une attitude très prudente sur l’extension de l’espace Schengen.

 

Balkans occidentaux

Un des principaux objectifs de la diplomatie autrichienne est l’élargissement de l’UE aux 6 pays des Balkans occidentaux, partenaires et voisins historiques. L’Autriche a créé en avril 2023 un groupe des amis des Balkans occidentaux et souhaite leur intégration graduelle aux politiques sectorielles de l’UE.

 

L’Autriche participe à plusieurs formats régionaux, comme le « Slavkov » ou « S3 » avec la République tchèque et la Slovaquie ou le « C5 » avec les mêmes pays plus la Slovénie et la Hongrie. Ces formats sont pour elle des vecteurs d’influence régionale. Le 5 mars 2025 s’est tenu le premier sommet présidentiel en « S3 » : M. Van der Bellen et ses homologues ont abordé la coopération transfrontalière, les projets d’infrastructures, la défense européenne et le conflit en Ukraine.

 

Questions internationales

 

L’Autriche a proclamé sa neutralité permanente et perpétuelle par la Loi constitutionnelle du 26 octobre 1955. Toutefois, la guerre en Ukraine et la réalité des menaces directes auxquelles le pays est maintenant confronté l’obligent à réfléchir aux modalités d’exercice de cette neutralité. L’envoi de troupes à l’étranger ne peut être décidé que dans le cadre de missions sous l’égide d’organisations internationales, avec l’accord des députés. Fin 2025, environ 550 Autrichiens sont engagés dans 12 opérations de l’UE et l’ONU. L’Autriche soutient l’approfondissement des relations OTAN-UE, et a ouvert un bureau de liaison de l’OTAN à Vienne en 2021, sans que l’adhésion à l’OTAN soit une perspective réaliste à ce stade (moins du quart de la population serait pour). Le débat sur l’application de la neutralité (renforcé par l’entrée au gouvernement de NEOS, favorable à sa remise en cause) a cependant fait évoluer la politique de défense de l’Autriche, qui promeut une « neutralité active ». Pour ce faire, deux grandes annonces ont été faites. La première en octobre 2022, confirmée par la coalition tripartite, est l’annonce d’un plan de développement de l’armée fédérale, pour la moderniser et la renforcer sur dix ans, via l’augmentation de son budget pour l’acquisition de matériels (de 0,6 % en 2023 à 2 % du PIB en 2032). La deuxième en juillet 2023 est la participation au programme européen de défense aérienne Sky Shield. L’Autriche demeure toutefois très engagée en faveur du désarmement. 

Russie et guerre d’agression contre l’Ukraine

Il existe un courant pro-russe dans la classe politique autrichienne, au sein de l’ÖVP, du SPÖ et surtout du FPÖ. Le 30 mars 2023, lorsque Volodymyr Zelensky s’est adressé au Parlement autrichien, de nombreux députés ont quitté leurs bancs et ceux du FPÖ le Parlement ; la moitié des députés SPÖ étaient absents. En outre, l’Autriche est restée dépendante du gaz russe jusqu’à l’interruption par Gazprom de ses livraisons mi-novembre 2024 après un litige judiciaire avec l’opérateur OMV.  

Chine

L’Autriche est observatrice du format « 14+1 » et suit de près l’activité chinoise dans les Balkans. Consciente des défis que représente la Chine sur le marché européen, l’Autriche a adopté le 9 juillet 2020 une loi de contrôle des investissements étrangers et soutient les initiatives européennes visant à défendre la souveraineté européenne et une concurrence équitable. Le 12 septembre 2025, la venue à Vienne du ministre des Affaires étrangères chinois, première visite bilatérale chinoise en Autriche depuis 7 ans, a donné lieu à des échanges sur l'économie, le commerce et les investissements, et la politique internationale (Ukraine, Taïwan, rôle de l’ONU).

États-Unis

L’Autriche entretient des relations étroites avec les États-Unis, tant au niveau culturel et économique qu’en matière de coopération militaire. Un partenariat stratégique visant en particulier à renforcer la coopération militaire bilatérale a été signé le 6 février 2020, et l’Autriche a adhéré le 2 juillet 2022 au State Partnership Program américain. Pour autant, le retour au pouvoir de D. Trump suscite une certaine défiance : le Risikobild 2026 (tableau des risques sécuritaires publié chaque année par le ministère de la Défense) décrit ainsi pour la première fois les États-Unis comme une menace sur la cohésion de l’UE.

Israël

Pour des raisons historiques, l’Autriche est très engagée dans la lutte contre l’antisémitisme et entretient des relations étroites avec Israël. Suite à l’attaque terroriste du Hamas, le 7 octobre 2023, l’Autriche rappelle régulièrement son soutien inébranlable à l’Etat hébreu. La grande coalition a fait de la lutte contre l’antisémitisme et de la protection du patrimoine culturel juif autrichien une priorité. Dans le même temps, l’Autriche renforce son effort sur l’aide humanitaire aux civils de Gaza. En déplacement au Moyen-Orient fin juin 2025, la ministre des Affaires européennes et internationales a fait part de ses préoccupations sur l’extension des colonies et apporté son soutien à une solution à deux Etats. Pour autant, l’Autriche ne reconnaît pas l’Etat palestinien à ce stade.

Vienne, siège d’organisations internationales

L’Autriche a l’ambition de jouer un rôle de médiateur dans certains conflits, et défend le rôle de Vienne comme siège d’organisations internationales consacrées à la sécurité internationale. Elle est membre du conseil des gouverneurs de l’agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), du Groupe des fournisseurs nucléaires (NSG), et constitue un point de contact central pour le Code de conduite de La Haye. Elle a activement promu le traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN) et a organisé la première réunion des Parties à ce traité le 21 juin 2022. L’Autrichien Völker Türk est Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme depuis octobre 2022. Par ailleurs, l’Autriche est candidate à un siège non permanent au Conseil de Sécurité des Nations Unies en 2027-2028.

Situation économique

Avec un produit intérieur brut de 494,1 Mds€, l’Autriche affiche un des PIB par habitant les plus élevés de l’UE (53 830 € par habitant). Après un recul de la croissance de 0,7 % en 2024, dans un contexte de crise énergétique et de forte inflation (3,5 % en 2025 contre 2,5 % en moyenne européenne), mais aussi de ralentissement de l’économie allemande (qui pèse sur ses sous-traitants autrichiens), l'Autriche devrait parvenir à sortir de la récession en 2025, mais n'afficherait qu'une croissance molle estimée par la Commission européenne à +0,3 %, rebondissant modérément à +0,9 % en 2026 (contre -0,8 % en 2023 et -0,7 % en 2024).

Fort de plus de 730 000 entreprises (2022), le tissu économique de l’Autriche est majoritairement constitué de microentreprises et de PME (99,8 % du total des entreprises, jusqu'à 250 employés) qui emploient plus de 4,8 millions de salariés. Les entreprises de taille intermédiaire (ETI), généralement familiales, sont très industrielles et centrées sur des marchés de niche à haute valeur ajoutée. 13,3 % des entreprises sont actives dans le secteur primaire, 13,5 % dans le secteur manufacturier et 76,1 % dans les services. La Haute-Autriche, avec sa capitale Linz, est le creuset industriel du pays, bassin des secteurs sidérurgique, métallurgique et automobile. Le succès de l'économie autrichienne réside dans ses "champions cachés" comme Doppelmayr, Kapsch ou Blum. Bien que fortement affectée par le ralentissement de l'économie en Allemagne, son premier partenaire commercial, l’industrie manufacturière représentait encore 15,2 % du PIB en 2024.

Largement ouverte vers l'extérieur, l'économie autrichienne profite du marché européen : en 2024, l’UE a capté 68,1 % des exportations de l’Autriche et lui a fourni 78,3 % de ses importations. Après un recul de -5,3 % en 2024, les importations autrichiennes de biens pourraient progresser modestement de 1,0 % en 2025. De leur côté, les exportations de biens de l’Autriche ont reculé en 2024 de -4,5 % et devraient se maintenir en repli de -1,1 % en 2025.

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