Drapeau de l'Afghanistan

Afghanistan

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Présentation de l'Afghanistan

Date de mise à jour le : 28 juillet 2026

Carte

Données générales

Nom officiel : République islamique d’Afghanistan (dénomination talibane : Emirat islamique d’Afghanistan).
Nature du régime : n/a (prise de pouvoir des talibans par la force le 15 août 2021).
Dirigeant de facto/taliban : L’« émir » taliban Haibatullah Akhundzada

Premier ministre de facto/taliban : Mohammad Hassan Akhund

 

Données géographiques

Superficie : 652 090 km².
Capitale : Kaboul (2,4 millions d’habitants).
Villes principales : Hérat (400 000 habitants), Kandahar (350 000 habitants), Mazar-e Charif (300 000 habitants).
Langues officielles : pachto et dari (autres langues courantes : tadjik, ouzbek, turkmène).
Fête nationale : 19 août (fête de l’Indépendance de 1919).

Données démographiques

Population : 43,84 millions d’habitants (FMI, 2025), auxquels s’ajoutent les réfugiés afghans se trouvant au Pakistan (entre 2 et 3 millions – MANUA, 2026) et en Iran (4,5 millions – MANUA, 2026)

Croissance démographique : taux annuel de 2,8% par an (Banque mondiale, 2024), auquel s’ajoute une augmentation mécanique due au retour forcé d’environ 2,6 millions de réfugiés afghans par an, expulsés du Pakistan et d’Iran (Banque mondiale et UNHCR, 2026) 

Espérance de vie : 66 ans (Banque mondiale, 2024).
Taux d’alphabétisation : 37 % – seuls 52 % des hommes et 27 % des femmes savent lire et écrire (UNESCO, 2025) 
Religions : 84% de musulmans sunnites (rite hanéfite), 15% de musulmans chiites (duodécimains et ismaéliens), autres (sikhs, hindous…) – (AUEA, 2022)

Indice de développement humain : 0,496 (rang : 181e sur 193) – catégorie des pays à faible développement humain (PNUD, 2023).

 

Politique intérieure

Depuis la prise de pouvoir des talibans par la force le 15 août 2021, la situation économique, humanitaire et sécuritaire se dégrade continuellement en Afghanistan. L’« émir » taliban H. Akhundzada continue d’affermir son contrôle et d’imposer une interprétation rigoriste de la charia au détriment des besoins de la population et du redressement économique du pays. 

Bien que la mobilisation de la communauté internationale ait permis d’éviter l’effondrement économique et humanitaire du pays, les Nations Unies ont été amenées à réduire leur plan de financement pour 2026 face à l’attrition de l’aide internationale et à la multiplication des crises. L’ONU a fait un appel de fonds de 1,71 Mds USD pour aider les 21,9 millions d’Afghans (45 % de la population) en besoin d’assistance humanitaire. Le retour massif de réfugiés afghans, expulsés du Pakistan et d’Iran (2,61 millions en 2025), contribue également à accroître la pression sur les communautés d'accueil, les services essentiels et les moyens de subsistance. 

En dépit de leurs engagements internationaux, les Talibans multiplient les exactions et violations des droits de l’Homme surtout à l’encontre des filles et des femmes. En témoignent l’interdiction pour les Afghanes d’étudier dans les écoles secondaires (mars 2022) et les universités (décembre 2022), la loi « du vice et de la vertu » (interdictions pour les femmes de chanter, de réciter de la poésie ou de parler à voix haute en public, de regarder un homme avec lequel elles ne sont pas liées par les liens du sang ou du mariage, obligation du port du voile intégral dans l’espace public - août 2024), ainsi que le décret « n°18 » régissant les principes de la séparation entre époux (négation du droit au consentement, autorisation des mariages infantiles et obstacles au divorce – mai 2026). Les anciens responsables politiques et membres des forces afghanes, ainsi que les journalistes et défenseurs des droits humains, sont également des cibles prioritaires du régime taliban.  

La menace terroriste en Afghanistan demeure élevée. L’EI-K a démontré sa capacité à mener des attaques contre les intérêts talibans (attaque de mars 2024 à Kandahar contre des combattants talibans en civil ayant fait plus de 20 morts) et étrangers (attentat suicide de janvier 2026 à Kaboul contre un restaurant chinois), avec une capacité d’inciter à des attentats à l’étranger (projet d’attentat déjoué à Strasbourg en décembre 2022, attaque du Crocus City Hall de Moscou en mars 2024) . Par ailleurs, le dernier rapport de l'Équipe de surveillance des sanctions des Nations Unies (4 février 2026) souligne que les Talibans maintiennent des liens étroits avec plusieurs groupes terroristes, notamment Al-Qaïda, le Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP) et le Mouvement islamique du Turkestan oriental. 

En matière de lutte contre les stupéfiants, l’impact de l’interdiction de la culture du pavot en Afghanistan par les talibans (2022) est mitigé. Bien que la production ait baissé, la part de marché de l’opium issu d’Afghanistan s’est maintenue (environ 90 % des ventes mondiales) grâce à la persistance de stocks massifs. En outre, la diminution de la culture d’opium s’est accompagnée d’un effet de report sur la production de métamphétamines, en constante augmentation. 

 

 

Politique étrangère

A la tête de l’Afghanistan depuis 2021, les Talibans cherchent à accroître leur légitimité sur la scène internationale. En dépit de leurs efforts, seule la Russie a officiellement reconnu le régime taliban le 3 juillet 2025. Les Talibans entretiennent toutefois des liens étroits avec plusieurs pays limitrophes, notamment pour des raisons sécuritaires (lutte contre le narcotrafic et terrorisme) et économique (échanges commerciaux vitaux). 

La menace terroriste émanant d’Afghanistan a notamment conduit à une détérioration progressive des relations entre le Pakistan et les Talibans. La multiplication des affrontements armés depuis 2025 a culminé dans le lancement, le 27 février 2026, d’une guerre ouverte contre les Talibans (opération pakistanaise Ghazab lil-Haq - « colère pour la justice »). Le Pakistan exige notamment que les Talibans prennent des mesures « concrètes et vérifiables » contre les groupes terroristes en Afghanistan, qui multiplient les attaques sur le sol pakistanais (TTP, EI-K). Alors que les derniers affrontements (9-15 octobre 2025) avaient déjà fait plus de 80 morts, la MANUA a comptabilisé, entre janvier et mars 2026, 372 victimes civiles afghanes. 

 

Relations avec l’Union européenne

L’Union européenne reste fortement engagée en Afghanistan et maintient une présence physique en Afghanistan (Délégation de l’Union européenne à Kaboul).. Depuis 2021, l’Union européenne a alloué 1,9 Md€ à l’Afghanistan. L’aide humanitaire européenne représentait 161 M€ en 2025, et représente 162 M€ en 2026.  

L’engagement de l’UE en Afghanistan est axé sur la mise en œuvre des cinq piliers définis dans les conclusions du Conseil de l’Union européenne du 21 septembre 2021 et réitéré le 20 mars 2023 : (i) faciliter la mise en œuvre d’opérations humanitaires en Afghanistan dans le respect des principes d’humanité, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance, ainsi que du plein respect du droit international humanitaire, (ii) promouvoir, protéger et respecter tous les droits humains, en particulier les droits des femmes, des filles, des enfants et des minorités, (iii) établir un gouvernement inclusif et représentatif par la voie de négociations, (iv) empêcher l’Afghanistan de servir de base pour héberger, financer ou exporter le terrorisme vers d’autres pays, (v) garantir le départ sûr, sécurisé et ordonné de tous les ressortissants étrangers et des Afghans souhaitant quitter le pays. 

Pour plus d’informations, voir le site de la délégation de l’UE en Afghanistan.

 

Relations avec l’ONU

L’Afghanistan bénéficie d’un soutien important de la communauté internationale depuis 2001. Les Nations unies sont présentes notamment à travers la mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (MANUA), mise en place par la résolution 1401 du Conseil de sécurité du 28 mars 2002. Le mandat de la MANUA a évolué au fil du temps pour refléter les besoins du pays et a été prolongé pour la dernière fois en 2022 (résolution 2626). Le mandat de la MANUA couvre notamment le soutien en faveur de la délivrance de l'aide humanitaire, des droits de l'homme, de l'égalité des femmes et des filles, de la gouvernance inclusive, de la résilience et de la stabilité économique. Plusieurs agences onusiennes interviennent aussi fortement en Afghanistan (PNUD, HCR, ONUDC, PAM) sous la coordination de la MANUA. 

Pour plus d’informations, voir le site de la Représentation permanente de la France auprès des Nations unies, ainsi que celui de la MANUA : https://unama.unmissions.org/.

La résolution 2593 du Conseil de sécurité des Nations Unies, adoptée le 30 août 2021, fixe cinq conditions à la normalisation des relations avec les Talibans :  (1) la levée de toutes les entraves pour celles et ceux qui veulent quitter le pays ; (2) l’accès libre et sécurisé de l’aide humanitaire sur le territoire afghan ; (3) le respect des droits humains, en particulier des droits des femmes et des filles ; (4) la formation d’un gouvernement représentatif des différentes composantes de la société afghane, en particulier en termes ethnico-religieux et de genre ; (5) la lutte contre le terrorisme et la rupture de tout lien avec les groupes terroristes tels qu’Al-Qaida. 

Dans l’objectif de nouer un dialogue entre la communauté internationale et les Talibans pour répondre aux exigences précitées, le Secrétariat des Nations-Unies a initié un cycle de négociations internationales appelé « processus de Doha » (2023). A l’issue de la troisième réunion de Doha (Doha III), deux groupes de travail technique sur le terrorisme et la lutte contre les stupéfiants ont été créés. 

Présentement, les conditions encadrant la normalisation des relations avec les Talibans ne sont pas réunies.

 

Situation économique

Depuis 2001, l’Afghanistan a bénéficié de l’assistance internationale de donateurs bilatéraux et multilatéraux (notamment Banque mondial et Banque asiatique de développement) très significative. 

La prise de pouvoir par la force des Talibans en 2021 a entraîné une forte contraction de l’économie afghane, ainsi qu’une reconfiguration des modalités d'accès à l'aide internationale. Les Talibans n’ont pas accès au système bancaire international et leur accès aux réserves de change afghanes à l’étranger est bloquée à la suite du gel des avoirs de la banque centrale afghane. 

L’économie afghane croît pour la deuxième année consécutive depuis la prise de pouvoir des talibans. La croissance économique de l’Afghanistan est estimée à 4,8% en 2025 contre 2,5 % en 2024 (Banque mondiale, 2026). En revanche le PIB par habitant continue de décroître fortement, atteignant -5,6% en 2025 du fait de la croissance démographique supérieure à la croissance économique. L’économie afghane fait également face à un fort taux de chômage (chez les jeunes notamment) et au creusement du déficit commercial (économie dépendante des importations). L’inflation rampante (3,5% en 2025, Banque mondiale) est accentuée par les flux migratoires, les aléas climatiques (sécheresse et inondations notamment) et les contraintes d'approvisionnement liés aux conflits régionaux (guerre au Moyen-Orient ; fermeture de la frontière afghano-pakistanaise en raison du conflit opposant Islamabad aux Taliban). 

Tant que les talibans poursuivront leur politique extrémiste et entraveront le redressement économique du pays en excluant la moitié de la population (les femmes et les filles afghanes) de l’espace public, l’Afghanistan ne parviendra pas à s’inscrire dans une croissance durable.

Pour plus d’informations, voir le site de la Direction générale du Trésor

Voir également, la Fiche Repère Afghanistan de la Direction de la diplomatie économique.  

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