« Sud Radio » - Interview de Nicolas Forissier

  • Commerce extérieur

Interventions médias

Le : 24 septembre 2026

Q - Il est 8h30, vous êtes bien sûr sur Sud Radio, l'heure du grand entretien politique. Aujourd'hui, Jacques, vous recevez Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du commerce extérieur et de l'attractivité.

Q - Bonjour Nicolas Forissier. Votre travail est de faire en sorte que la France vende plus, que l'on exporte plus. Or, les importations aujourd'hui progressent plus vite que nos exportations. Est-ce que c'est à cause de la crise énergétique ?

R - Les importations progressent plus vite temporairement, parce qu'en réalité, nos exportations, ce que nous vendons à l'étranger, progressent en réalité de quasiment 2%, si on enlève la facture énergétique. Ce qui a dégradé notre solde finalement, et ce qui a rendu les choses un peu plus compliquées ces derniers temps, c'est évidemment ce qui se passe dans le détroit d'Ormuz : le renchérissement du prix des hydrocarbures. En gros, sur 6 milliards de dégradation, vous avez 5,2 milliards qui sont liés directement à l'augmentation du prix des hydrocarbures, du gaz naturel, du pétrole, etc. Mais donc ça veut dire que structurellement, on progresse en fait : le commerce extérieur et plus globalement, ce que la France vend à l'extérieur, c'est-à-dire les biens et les services… Tout ça progresse bien, particulièrement les services - c'est-à-dire le tourisme, la place financière de Paris, les transports maritimes, etc. Mais c'est vrai qu'on a une dégradation ces derniers mois, premier semestre, à cause de la crise d'Ormuz.

Q - Donc on peut dire que le coût de l'énergie freine les exportations françaises ?

R - Le coût de l'énergie dégrade un travail qui, par ailleurs, était très positif et qui rétablissait structurellement - peu à peu, je ne dis pas que tout va être réglé du jour au lendemain, mais honnêtement, les entreprises françaises, elles se battent sur les marchés extérieurs et elles réussissent à progresser. Et quand vous prenez encore une fois les biens et les services, c'est-à-dire en gros le parfum, le blé, les machines, etc., qu'on vend ; et puis d'autre part le tourisme, les services financiers, etc. : globalement, on est même excédentaire. Donc on a beaucoup redressé ces dernières années, en particulier depuis deux ans, mais c'est vrai que la guerre dans le détroit d'Ormuz, qui se passe sur le plan géopolitique, vient dégrader, temporairement j'espère, notre commerce.

Q - Temporairement, vous dites : la crise énergétique, est-ce qu'elle peut affecter profondément cette balance commerciale dans le temps ?

R - C'est certain. De toute façon, on sait depuis le début que ce qui nous coûte très cher, ce qui est difficile à compenser, c'est le prix d'énergie, puisqu'on ne produit pas de pétrole. Donc ça veut dire qu'il faut que, parallèlement - ce que le Premier ministre a dit très clairement et a mis en œuvre ces derniers temps - il faut qu'on trouve le moyen de se dégager de cette dépendance aux hydrocarbures, plus que jamais. Il y a évidemment des raisons qui sont liées à l'évolution écologique de notre politique, à l'évolution durable de la conduite du pays, mais c'est aussi très important sur le plan économique et financier.

Q - Que vous disent les entreprises françaises exportatrices précisément : qu'elles ne peuvent plus absorber le surcoût de l'énergie et du transport ?

R - Les entreprises exportatrices, elles ont de toute façon globalement, dans une compétition mondiale qui est extrêmement difficile, un problème de compétitivité. Donc elles sont à la recherche en permanence de gains sur leur coût de revient, pour être plus compétitives face aux Espagnols, aux Allemands, aux Italiens, mais surtout évidemment face aux Chinois ou à d'autres grands pays qui nous sont concurrents. Après ça c'est classique, c'est normal. Ce qui est vrai c'est que la hausse du prix de l'énergie vient alourdir les choses, rend les choses beaucoup plus difficiles. C'est vrai pour les entreprises exportatrices comme pour les entreprises non exportatrices. Pour le BTP, par exemple, c'est évidemment très important, les agriculteurs, les pêcheurs... C'est pour ça que le gouvernement a mis en place beaucoup d'aides très ciblées sur ces entreprises, parce qu'il faut préserver avant tout la croissance, nos entreprises et l'emploi.

Q - Précisément par rapport à nos voisins, Nicolas Forissier, comment peut-on être compétitif à l'export avec une énergie qui est plus chère pour nous que pour nos concurrents ? Je parle des concurrents européens.

R - Elle est plus chère : tout ça est très relatif, elle n'est pas plus chère que dans les pays voisins. Vous avez des différences de taxes que l'État et le gouvernement se sont engagés à faire. Très clairement, c'est qu'il n'y ait aucune marge supplémentaire au profit de l'État qui soit faite par la mécanique de l'augmentation du prix du pétrole. Et donc tout surplus, y compris d'origine fiscale, qui pourrait être réalisé par rapport aux périodes normales, va être intégralement et déjà intégralement reversé pour aider, par exemple, les grands rouleurs, les infirmières, les aides à domicile.

Q - Et par rapport aux pays européens, on est à armes égales d'un point de vue de la...

R - On est à armes égales. Après, certains pays font ce que nous avons fait il y a quelques années, c'est-à-dire une baisse générale, mais ça coûte extrêmement cher. Et en fait, ce n'est pas productif du tout. 

Q - On a déjà fait une baisse générale de quoi ? 

R - C'est-à-dire que vous baissez les taxes, vous gelez les prix en compensant par ailleurs. Ça veut dire que vous dépensez des milliards d'euros qui partent un peu dans le sable. Évidemment, ça sert aux gens qui en ont vraiment besoin. Nous, on a choisi de cibler les aides précisément en tirant la leçon de ce qui s'est produit il y a trois ans, il y a deux ans, lors des précédentes crises, où on voit que quand on dépense de façon générale sans cibler, on a une bonne partie de cet argent - qui n'est jamais que nos impôts - qui disparaît dans le sable. Là, on cible sur les gens qui sont les gros rouleurs, les gens qui ont besoin de la voiture pour aller travailler, y compris en tenant compte des revenus familiaux. On fait en sorte que les infirmières, les aides à domicile, les travailleurs du BTP, les agriculteurs, les pêcheurs, etc., puissent être aidés parce qu'eux, ils en ont vraiment besoin pour pouvoir travailler. Mais c'est une aide, je tiens à le préciser, c'est une aide qui est assez importante, qui est massive. On a doublé l'aide ; on a augmenté aussi, je le dis au passage, aux entrepreneurs les plafonds de déduction fiscale et sociale sur les aides au carburant que les entreprises, au-delà de l'aide de l'État, peuvent aussi verser à leurs salariés quand ils prennent leur voiture pour venir travailler. Donc il y a quand même beaucoup de mesures qui sont mises en œuvre. Ça représente, au bas mot, à nouveau 500 millions d'euros qui sont dépensés, je ne parle pas des aides des entreprises.

Q - Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du commerce extérieur et de l'attractivité, vous revenez d'une tournée en Amérique latine et centrale. Là-bas, il faut ouvrir de nouveaux marchés dans ces zones pour contrer notamment les droits de douane américains ?

R - Contrer les droits de douane américains, ça fait partie d'un ensemble de choses qui, au fond, montrent que le commerce est devenu une arme dans un monde extrêmement violent avec des conflits géopolitiques. On en parlait tout à l'heure à propos du détroit d'Ormuz, mais aussi ce qui se passe dans le détroit de l'autre côté, sur la mer Rouge, de Bab el-Mandeb, où on voit bien que cette situation est extrêmement dangereuse. Et puis, vous avez la guerre que M. Poutine a entraîné en Ukraine, avec toutes ses conséquences, y compris économiques. Et puis, vous avez effectivement l'utilisation du commerce, notamment ce qu'on appelle les tariffs. C'était M. Trump qui nous a fait révéler ça, qui consiste à utiliser le commerce comme une arme. Donc, face à ça, moi, je dis, au fond, la France doit s'emparer de la logique et de la stratégie de diversification et de sécurisation de notre commerce. Il faut donc qu'on aille dans le plus de pays possible, qui pensent comme nous, et qu'on noue des accords.

Q - Justement, vous avez noué des accords et vous accompagnez l'installation d'entreprises françaises à l'étranger, vous revenez d'Amérique du Sud avec de bonnes nouvelles.

R - Oui, bien sûr. L'idée, c'est d'aller diversifier. On le fait dans le cadre des accords de commerce qui sont signés par l'Union européenne, on le fait en s'emparant de ces accords de commerce. Quand je vois les débats un peu incroyables, irrationnels sur le Mercosur, sur les accords de commerce en général, je pense qu'il faut que tout le monde prenne conscience qu'ils sont extrêmement importants. Je vais y revenir. Je vais répondre à votre question. Mais ce que je veux dire, c'est qu'il faut bien voir que ces accords de commerce qui sont signés par l'Union européenne, la France doit s'en emparer avant les autres. Et c'est ce que j'essaye de faire. Il y a eu un accord, par exemple, avec l'Australie au mois de mars dernier. Quinze jours après, j'étais en Australie pour dire aux Australiens « Et bien nous, la France, on y croit ». Parce qu'on veut nouer des liens durables avec des pays qui pensent comme nous, trouver des troisièmes voies et ne plus être dépendants, soit des Chinois, soit des Américains. Et c'est pour ça que je suis allé en Amérique centrale. Et je reviens à votre question initiale : en Amérique centrale, qu'est-ce que je fais ? Je vais débloquer, avec des entreprises que j'emmène, des contrats dans des pays avec lesquels nous essayons de construire des accords de long terme. Je vais prendre un exemple. Par exemple, au Panama, on a décroché 90 millions de dollars de contrats de maintenance pour l'entreprise Alstom. Ça fait partie de beaucoup d'autres contrats que Alstom décroche dans le monde. Mais il fallait débloquer ce contrat. Derrière, c'est de l'emploi en France. Parce que ça fait vivre Alstom et que vous avez beaucoup d'emplois en France. Autre exemple, en Équateur, l'entreprise Ragni, qui fait de l'éclairage public, une entreprise de l'Est de la France, elle a décroché 77 millions de dollars de contrats. Et je pourrais vous prolonger la liste. Mon boulot, c'est d'aller débloquer les contrats, d'emmener les entreprises sur place, de leur ouvrir des portes, de discuter avec les gouvernements des pays avec lesquels on essaie de construire dans le long terme pour leur dire « écoutez, la France, c'est un pays stable, c'est un pays qui pense comme vous, faites confiance à nos entreprises ». Et finalement, ça marche. C'est pour ça que notre commerce extérieur progresse, comme je disais tout à l'heure. 

Q - Dans cet ordre d'idées, il y a également des accords européens, cette fois-ci avec les Philippines ?

R - Oui, vous avez, je l'ai dit, des accords qui sont, parce que c'est la compétence de la Commission européenne de signer des accords de commerce avec d'autres pays ou avec d'autres zones, c'est l'Union européenne qui a signé avec le Mercosur, c'est-à-dire le sud de l'Amérique latine. C'est le cas, effectivement, dans la discussion qui est en cours, par exemple, en ce moment avec les Philippines. Je rappelle qu'on a conclu avec l'Indonésie il y a quelques mois, avec l'Inde il y a quelques mois, avec le Mexique on a revu notre ancien accord. Enfin, je pourrais poursuivre la liste. Il y a eu une accélération. Et moi, je dis qu'il faut se servir de ça pour que la France soit en première ligne dans la mise en œuvre de ces accords de commerce, parce que ça nous permet d'avoir des droits de douane qui baissent drastiquement et de rentrer ensuite dans une discussion pour lever toutes les barrières non tarifaires, c'est-à-dire au-delà des droits de douane. Je pense par exemple aux normes qui sont imposées par les pays pour essayer de se protéger, de fermer leur marché. Donc cette logique-là, il faut s'en emparer de façon très dynamique et c'est ce qui nous permettra de diversifier notre commerce, les débouchés de nos entreprises.

Q - Autre point intéressant et dont vous avez directement la charge, c'est la taxe sur les produits chinois. Est-ce qu'il faut aller plus loin aujourd'hui ? On voit en ce moment, en pleine crise du carburant, des Français qui achètent beaucoup de voitures électriques, mais elles sont chinoises. Depuis le 31 octobre, une nouvelle taxe frappe les voitures électriques chinoises importées en Europe. Certains à la Commission européenne disent qu'il faut aller plus loin et taxer des véhicules hybrides. Est-ce que vous y êtes favorable ?

R - Je pense qu'il faut faire très attention. La taxe sur les véhicules électriques, elle avait pour objectif simplement de rétablir un peu d'équité. Parce que nous savions très bien que nos partenaires chinois, ils nous vendaient des produits, et notamment des véhicules électriques qui étaient très subventionnés. Et donc il y avait une inéquité qui était créée, comment dire, je dirais même une inégalité entre les producteurs européens et producteurs chinois. Donc on a remis ça, on a remis l'équilibre en place. Après, il faut faire attention parce qu'on vend aussi aux Chinois. Donc il faut monter en puissance progressivement. Moi, je ne peux pas vous dire aujourd'hui s'il sera décidé de faire la même chose sur les véhicules hybrides, mais tout est à l'étude. Et ce qui est certain, c'est que c'est vraiment la position de la France, celle que je défends.

Q - Tout est possible, c'est pas impossible ?

R - Tout est possible dans la mesure où il faut que nous nos partenaires chinois comprennent qu'à force d'essayer de détruire l'industrie, l'économie européenne en prenant des positions à coût de subventions publiques, ils vont finalement détruire un marché qui est important pour eux. Donc il faut rétablir une forme d'équilibre. Moi, je ne suis pas pour le recroquevillement, la lutte effrénée contre les concurrents, la fermeture des frontières qui aboutirait au fond à détruire notre industrie. Il faut qu'on soit capable de continuer à conquérir le monde, d'avoir un esprit de de conquête, mais il faut aussi qu'on soit beaucoup plus ferme quand les règles du commerce ne sont pas respectées. Et c'est la position de la France, notamment dans l'Union européenne. C'est pour ça que nous poussons beaucoup à des mesures comme ça a été le cas sur la taxe sur les véhicules électriques. Mais il y en a beaucoup d'autres, de façon à rétablir l'équilibre.

Q - On va y revenir, Nicolas Forissier. Vous restez avec nous. Vous êtes ministre délégué chargé du commerce extérieur et de l'attractivité. […] On parlera dans vos « trois minutes pour vous convaincre » de votre politique en matière d'investissement à l'étranger.

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Q - Le Grand Matin Sud Radio, 7h10, Jacques Cardoz. Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du commerce extérieur et de l'attractivité est notre invité ce matin. Monsieur le ministre, deux petites questions d'actualité avant de passer à vos trois minutes pour convaincre. Trump et Zelensky espèrent la fin de la guerre avant l'hiver. Qu'est-ce que vous dites aux entreprises françaises ? Est-ce que vous les poussez à aller en Ukraine, malgré la situation ?

R - Je les ai déjà emmenées en Ukraine. J'ai fait une mission en Ukraine avec les entreprises françaises au mois de février dernier, dans des conditions d'ailleurs qui étaient terribles, puisqu'il y avait dans la nuit où je suis arrivé 500 drones et missiles qui sont tombés sur Kiev. 

Q - Vous leur dites qu'il y aura des marchés à prendre ? 

Mais je leur dis, il faut être maintenant aux côtés de nos amis ukrainiens. Ce n'est pas quand la guerre sera finie, c'est maintenant, quand c'est difficile, ce que la France a toujours fait, y compris, on en parlait tout à l'heure avec les Chinois, rappelez-vous, du Tsarskov en 2001, 2002, 2003, dans ces années-là. On était là quand les autres… C'est pareil en Ukraine, évidemment, il y a des marchés à prendre, de la reconstruction. Mais ce ne sont pas des marchés à prendre simplement de façon égoïste : c'est un contrat de développement de long terme qu'on doit construire avec les entreprises ukrainiennes, avec l'État ukrainien, avec les sociétés françaises. Il faut qu’on y aille maintenant, bien sûr. Je l'ai déjà fait.

Q - Autre sujet d'actualité, le pape, mais aussi Céline Dion. Lorsque l'on évoque le pape et Céline Dion, on se dit que c'est bon pour l'attractivité française. Est-ce que ça fait partie aussi de vos arguments ?

R - Mais bien sûr, écoutez : moi, je vais dans plein de pays pour essayer de vendre la France, et à chaque fois, je me rends compte qu'il y a un désir de France dans tous les pays du monde. Et quand nous avons des personnalités aussi éminentes que le pape qui viennent en France, évidemment, on est fiers. Évidemment, il y a des contraintes, il faut organiser, il y a des blocages de certains quartiers de Paris, j'en sais quelque chose, mais tout ça est très important, ça dure quelques jours, mais pour l'image de la France, c'est essentiel. Que Céline Dion vienne faire son grand retour à Paris, c'est évidemment aussi un moment très fort, tant pour nos compatriotes en particulier, mais dans le monde entier, il y a un amour pour Céline Dion. Moi, je suis un défenseur de l'image de la France. Je voudrais qu'on arrête de se tirer des balles dans le pied tous les matins, de se dire la France ne va pas bien, elle est déclassée, etc. On ne parle que de négatif.

Q - Est-ce qu'on peut mesurer l'ampleur financière de la venue du pape ? 

R - Je ne l'ai pas calculée, mais évidemment, vous avez beaucoup de dépenses qui vont tourner autour, hôtel, restaurant, transport, etc. Mais ce n'est pas ça qui est important. Le pape, c'est quand même autre chose qu'un enjeu financier. C'est une personnalité, c'est le chef de l'Église catholique, le chef des catholiques dans le monde. Il vient en France, fille aînée de l'Église, comme je le rappelle, c'est historique ce que je suis en train de dire. Et donc, on est fiers d'accueillir le pape à nouveau. Et ce nouveau pape, Léon XIV, on est heureux qu'il vienne ici à Paris.

Q – Nicolas Forissier, c'est l'objet de votre carte blanche, l'attractivité et vos trois minutes pour convaincre. Vous avez choisi de parler de l'attractivité de la France. Comment peut-on l'améliorer ?

R - Pourquoi j'ai choisi de parler de ça ? C'est parce que, je le disais il y a quelques instants, on est dans un débat public où on ne parle que de négatif. On passe son temps à expliquer que rien ne va plus, que la France, encore une fois, est déclassée, etc. Or, j'observe que ça fait plus de sept ans maintenant que la France est le champion du monde, pardon, le champion d'Europe en matière d'investissement direct étranger. C'est-à-dire que c'est la France qui attire le plus d'investissements directs étrangers de l'ensemble des pays de l'Union européenne, c'est-à-dire des 27 pays de l'Union européenne. C'est bien. Au mois de juin dernier - c'est la procédure Choose France qui a été mise en œuvre par le président de la République déjà il y a presque 10 ans maintenant, et bien, on a eu 93 milliards d'euros d'engagement d'investissement d'entreprises du reste du monde qui ont choisi de s'installer en France, de faire des data centers, mais aussi des investissements industriels. Moi, j'ai eu l'occasion au mois de juin d'aller à Chartres, dans ma région de Centre-Val-de-Loire, pour inaugurer l'investissement d'une entreprise qui s'appelle Novo Nordisk, qui est danoise. C'est 2 milliards d'euros d'investissements avec des centaines d'emplois supplémentaires. On doit être fier de l'attractivité française et du fait que nous soyons champions.

Q - Nicolas Forissier, l'un des derniers investissements dont on a beaucoup parlé en France est celui de l'Arabie saoudite à travers ce parc d'attractions qui pourrait voir le jour en Europe. Est-ce que vous avez des nouvelles à nous donner concernant la licence qui appartiendrait aux Japonais et dont l'Arabie saoudite ne pourrait pas se servir ?

R - Mais ça, c'est un problème entre l'Arabie saoudite et les Japonais, propriétaires d'une licence dont il a été évoqué qu'elle pourrait servir d'un des éléments de base de ce parc, mais ça n'a jamais été annoncé comme tel par les Saoudiens. Ce qui est annoncé par les Saoudiens, c'est un investissement considérable, de l'ordre finalement à moyen terme de ce qui s'est fait avec Euro Disney, sur d'autres thèmes complémentaires et avec des choix qui seront développés au fur et à mesure. Si les Saoudiens s'engagent dans cet investissement, ce n'est pas par hasard. C'est parce qu'ils savent que la France est la porte d'entrée de l'Europe, que c'est le pays qui accueille le plus de touristes au monde. Mais moi j'espère, parce que c'est des milliers d'emplois. C'est des milliers d'emplois pour la région parisienne et pour des gens qui ont besoin de boulot. Quand j'entends certaines voix, certaines bonnes consciences vous expliquer que ce n'est pas bien de faire des parcs à thème, enfin ils regrettent de redistribuer les milliers d'emplois que ça représente. Donc moi je suis pour qu'on se développe, qu'on soit fiers, que vous ayez une conquête et qu'on aille chercher aussi des investisseurs.

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