« Sud Radio » - Entretien d'Éléonore Caroit

  • Politique étrangère

Interventions médias

Le : 10 septembre 2026

Q - Si on se fie aux chiffres d'Eurostat qui ont été publiés en mai par rapport à avant la crise, on s'aperçoit que ces marges sont assez impressionnantes sur le diesel : puisque sur 27 centimes d'augmentation, il y a 22 centimes qui sont allés aux compagnies pétrolières et aux pays producteurs de pétrole.

Q - Eléonore Caroit est avec nous, ministre du gouvernement Lecornu. Est-ce que dans ce contexte, avec ces chiffres qu'on vient de voir, il faut aller plus loin, il faut tordre le bras des professionnels ? Parce qu'il y a eu la réunion à Bercy, mais ça n'a pas donné grand-chose.

R - Déjà, la question n'est pas simple, parce qu'en fait, c'est celle de notre dépendance : on n'est pas producteur de gaz ni de pétrole. On est en fait peu raffineur et en réalité, on voit bien qu'on dépend d'un marché mondial. Et ce qu'il faut réellement, c'est assurer notre souveraineté. Alors que fait le gouvernement ? Le gouvernement donne des aides ciblées à ceux qui sont le plus impactés par cette crise, mais il faut quand même prendre en compte le contexte contraint du budget de l'État. Et puis, surtout, le gouvernement est en train d'accélérer l'électrification, parce que c'est là où on va vraiment pouvoir être plus solides. 

Q – Oui mais cela, ce n’est pas tout de suite.

R - Oui, mais c'est quelque chose qui doit se faire et que le gouvernement est en train de faire avec un véritable plan d'électrification. Parce que si vous répondez uniquement à l'urgence, on voit bien que la flambée des prix, ce n'est pas la faute de la France, ce n'est pas la faute du gouvernement français. C'est parce que nous avons une situation internationale comme on n'en a jamais connu, avec la fermeture depuis plusieurs mois du détroit d’Ormuz où passent 20% du pétrole et du gaz mondial.

Q - Et on entendra la réaction de Francis Pousse qui vous écoute, un représentant de ce secteur qui va répondre dans quelques instants. […] Sur les taxes, malgré tout, l'État, même s'il n'a pas gagné beaucoup, a gagné un petit peu. C'est autour d'une dizaine de millions d'euros par mois.

R - Mais pas du tout, 9 millions d'euros depuis le début de l’année. Mais combien paye l'État dans ces aides qui vous semblent insuffisantes ? 1,4 milliard cette année. Donc en fait, à peu près 200 millions par mois. Donc en fait, ça coûte à l'État.

Q – Donc en net, il perd beaucoup ? 

R - Il perd énormément. Lorsqu'on dit que l'État profite de la crise, c'est faux, c'est archi-faux. Et il faut se le dire, cette crise, elle coûte de l'argent à l'État. Et donc ce que l'on doit faire, c'est évidemment continuer à aider autant qu'on le peut, mais on est dans un contexte budgétaire contraint et il faut le voir. Et d'un autre côté, continuer le travail sur le long terme.

Q - Céline Imar. […]

R - On a l'électricité la moins chère d'Europe. C'est la raison pour laquelle d'ailleurs on est le pays qui attire le plus d'investissements étrangers. Aujourd'hui on amortit la crise, justement parce qu'on a investi dans le nucléaire, justement parce qu'on a investi dans un mix énergétique qui est, à bien des égards, meilleur que celui de nos voisins. 

[…]

Q - Je vous disais que dans la campagne des sénatoriales, le président du Sénat fait un peu une tournée, et il nous confiait que ce dont lui parlent tous les maires et les assemblées de maires, ce n'est pas tant encore de l'élection présidentielle, c'est du pouvoir d'achat. La santé et le pouvoir d'achat, avec un élément, les gens lui disent : « on n'y arrive plus, on n'y arrive plus ». Quelles sont les pistes pour le relancer, pour donner une perspective aux gens, Eléonore Caroit, dans cette période présidentielle qui s'ouvre de campagne présidentielle ?

R - Alors, moi, je ne suis pas là pour faire campagne. On est là vraiment pour assurer que le pays continue. La première chose, c'est de doter le pays d'un budget. Alors, je sais que justement, parce que la campagne est en toile de fond…

Q - Justement, c’était des retraités qui étaient interrogés tout à l’heure, ils s'angoissent beaucoup. C'est quoi les pistes à l'étude pour eux ?

R - Ce qu'il faut déjà, c'est qu'il y ait un budget qui soit adopté. Il faut qu'on ait de la visibilité pour les pouvoirs publics, pour savoir ce qui va se passer, pour pouvoir programmer. On a eu une année et demie assez complexe sur le plan politique avec beaucoup d'instabilité, et ça a eu nécessairement une répercussion sur la façon dont l'État a fonctionné. Et je ne vais pas vous décliner différents programmes, ce n'est pas l'objet du débat, mais ce que je peux vous dire, c'est que j'en appelle à la responsabilité de chacun et de chacun. Et le premier ministre Sébastien Lecornu a fait un appel solennel aux parlementaires. Il faut faire un budget. Après, de toute façon, il y a une année électorale, des propositions seront confrontées, des idées, des visions de la politique seront confrontées, les Français trancheront. Mais là, on a besoin de continuer à travailler et surtout d'assurer la force, la stabilité de notre pays sur la scène internationale, ce qui aujourd'hui est le cas. On agit sur la scène internationale, mais il faut qu'on se donne les moyens de le faire.

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