« RTL » - Entretien de Glenn Salic, porte-parole adjoint du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères Thaïlande Affaires consulaires Interventions médias Le : 15 août 2026 Q - Il est 8h43, l'invité de RTL matin week-end. Bonjour Glenn Salic. R - Bonjour. Q - Vous êtes le porte-parole adjoint du Quai d'Orsay, merci d'être en ligne avec nous. On revient avec vous sur ces témoignages à peine croyables, des jeunes Français tombés dans le piège des « plans Thaïlande ». Sur le papier ou plutôt sur les réseaux sociaux, on leur promet des vacances de rêve à Bangkok. Leur mission en échange, ramener en France des valises pleines de smartphones, sauf que dans la réalité, il y a des kilos de drogue. Onze Français sont actuellement derrière les barreaux en Thaïlande. Et Glenn Salic, est-ce que vous avez des informations sur ces onze Français ? R - Je ne vais pas donner des informations sur ces Français spécifiquement. Simplement, ce que je peux vous dire, c'est que leur cas individuel est suivi de près par notre ambassade en Thaïlande. Chaque personne est suivie et accompagnée. Q - Vous suivez la situation de près, ça veut dire quoi concrètement ? R - Ça veut dire que nous prêtons assistance à ces Français qui sont en Thaïlande en difficulté. Si certains sont arrêtés, nous pourrons leur apporter ce qu'on appelle la protection consulaire. Et pour d'autres, nous pouvons, par exemple, leur délivrer des papiers pour rentrer en France dans le cas où ils se seraient fait, par exemple, retirer leur passeport. Q - Pour ceux qui sont derrière les barreaux, vous pouvez les appeler quotidiennement, vous pouvez leur rendre visite, vous faites l'intermédiaire avec les familles ? R - Oui, ça dépend. La protection consulaire, elle dépend aussi des visites qui sont autorisées par les autorités locales. En tout cas, nos agents du consulat à Bangkok sont en contact régulier. Et nous sommes aussi en contact avec les familles, soit depuis la Thaïlande, soit depuis Paris, via ce qu'on appelle le Centre de crise et de soutien du Quai d'Orsay. Q - Ce sont les parents, les familles qui vous ont alertés sur ces situations ? R - Parfois les parents, parfois les intéressés, les Français eux-mêmes en Thaïlande. Q - Qui sont derrière les barreaux et qui ont pu vous contacter. Qu'est-ce qui les attend désormais ? Ces onze Français, ils vont être jugés ? R - C'est variable en fait. Certains vont être effectivement jugés, ils sont entre les mains de la justice thaïlandaise. D'autres pourront rentrer directement. Ça dépend en fait de leur situation individuelle. Si certains ont payé l'amende douanière au départ de la Thaïlande ou pas, c'est très variable en fonction des cas. Q - Et qu'est-ce qu'ils risquent ? Que dit la loi thaïlandaise ? Là, on parle de transport de drogue ? R - Absolument. Je rappelle que l'usage du cannabis en Thaïlande est dépénalisé, mais que son exportation est strictement interdite. Donc, depuis juin 2026, la Thaïlande a renforcé ses contrôles de personnes transportant la drogue. C'est très récent. Concrètement, il y a une amende douanière de 30.000 bahts, donc cela fait environ 800 euros par kilo saisi. En cas de non-paiement de cette amende douanière, les gens sont placés en détention dans l'attente d'un jugement et les peines encourues peuvent aller jusqu'à dix ans d'emprisonnement. Q - Dix ans de prison ? R - Jusqu’à dix ans de prison. Q - Évidemment, ces jeunes, en tout cas, les témoignages qu'on a pu recueillir, ils ne s'attendaient pas évidemment à de tels risques puisqu'ils ne savaient pas qu'ils allaient devoir convoyer de la drogue. Ça, c'est en tout cas là où on vient de parler des onze Français qui sont détenus, mais d'autres ont réussi à s'échapper et nous avons pu obtenir des témoignages. J'aimerais vous faire écouter celui de Rémi. Ce n'est pas son vrai prénom. Sa voix a été modifiée pour préserver son anonymat. […] Q - Glenn Salic, vous êtes le porte-parole adjoint du Quai d'Orsay. Merci d'être avec nous. Est-ce que vous savez pourquoi certains ont réussi à s'échapper et est-ce qu'ils sont nombreux ? R - Non, je n'ai pas d'informations précises sur ces cas-là. Ce que je voudrais passer comme message, c'est un appel à la vigilance face à des offres qui sont très alléchantes en ligne, de voyage tout compris, qui sont anormalement avantageuses avec des propositions d'argent, il faut vraiment être extrêmement vigilant et surtout ne pas tomber dans le piège, disons, parce que vraiment les risques encourus ensuite sont extrêmement importants. Q - Oui, parce qu'on l'entend aussi dans ce témoignage RTL de Marie, idem son identité a été changée, de même que sa voix, on l'écoute. […] Q - Glenn Salic, les narcotrafiquants à l'origine de cette arnaque n'ont pas l'air d'être des tendres. Est-ce que vous avez des pistes sur l'identité de ces malfaiteurs ? R - Je voudrais rappeler quand même la priorité qui est la lutte contre le narcotrafic, qui est une priorité des services de l'État français, également du Quai d’Orsay sous l'autorité de Jean-Noël Barrot. Et donc concrètement, nous travaillons en lien étroit avec les services thaïlandais, que ce soit en matière de police, de justice, de douane. Donc les services français travaillent en coopération avec les services locaux. Ensuite, notre travail, c'est aussi de la prévention. Nous faisons beaucoup de prévention, en particulier ces derniers jours, sur les réseaux sociaux et sur nos sites Internet, sur ce qu'on appelle les Conseils aux voyageurs, sur les réseaux sociaux de notre ambassade en Thaïlande. La police nationale a également communiqué sur ses réseaux. Donc voilà, on fait aussi de la prévention pour justement, parallèlement à notre travail face à ces trafiquants, pour éviter que des Français tombent dans leur piège. Q - Donc de la prévention auprès des jeunes, mais pardonnez-moi, est-ce qu'il ne faudrait pas aussi peut-être, il y a une question de responsabilisation des parents de ne pas laisser son enfant partir comme ça pour la Thaïlande avec des promesses mirifiques ? R - C'est tout l'objet de nos campagnes de sensibilisation, c'est vraiment de sensibiliser les Français, que ce soit les jeunes ou leurs parents face à des offres qui sont anormalement alléchantes, avec des offres d'argent extrêmement surprenantes, et donc l'idée est vraiment d'éviter que ça se reproduise. Q - Glenn Salic, depuis que l'affaire est un petit peu médiatisée, on va dire, est ce que les annonces sont moins visibles sur les réseaux sociaux, est ce que vous le constatez ? R - Je n'ai pas d'informations à ce sujet. Nous, on se concentre vraiment sur nos messages, sur nos communications et en l'occurrence, elles sont nombreuses. Q - Et c'est peut-être donc une bonne chose tout de même de médiatiser pour au moins que les personnes qui sont à l'origine de ces arnaques sachent que oui, l'État français est au courant et l'État français agit ? R - La médiatisation, pour nous, elle a un intérêt, c'est de nous permettre de passer nos messages pour sensibiliser, encore une fois, faire de la prévention, afin que d'autres Français ne soient pas dans ce cas également. Q - Merci, Glenn Salic. Je rappelle que vous êtes l'un des porte-paroles du Quai d'Orsay, le ministère des Affaires étrangères. Merci d'être intervenu ce matin sur RTL.