Réunion des ministres du développement des pays du G7 à Bangkok

  • G7

Communiqué

Le : 16 octobre 2026

La ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, Éléonore Caroit, a présidé une réunion des ministres du Développement des pays du G7 à Bangkok le 16 octobre 2026, en marge des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international. Les ministres du G7 et les représentants de l’Inde, du Kenya et de la République de Corée ont participé à la réunion, ainsi que des hauts responsables du Groupe de la Banque mondiale, du Programme des Nations Unies pour le développement et du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).


Cette réunion a permis de faire le point sur les travaux menés depuis le début de l’année par le G7 sous présidence française. La ministre déléguée a présenté les principales conclusions du Rapport de redevabilité d’Évian, qui a été officiellement publié. Ce rapport retrace les progrès accomplis dans la définition et la mise en œuvre de la nouvelle approche du G7 en matière de développement, fondée sur des partenariats mutuellement bénéfiques et adoptée par les chefs d’État et de gouvernement lors du Sommet d’Évian (15-17 juin).


En 2026, le G7 a renforcé son engagement en faveur de la nutrition et de la sécurité alimentaire afin de faire face aux conséquences engendrées par le blocage du détroit d’Ormuz, la perturbation du commerce de produits alimentaires en mer Noire dans le contexte de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine et le phénomène El Niño. Ensemble, les pays du G7 ont mobilisé 2,5 milliards de dollars en financements internationaux depuis le début de la crise au Moyen-Orient pour mettre en œuvre le Plan d’action du G7 et de ses pays partenaires sur les engrais et la résilience des systèmes alimentaires, adopté en juin 2026. Cet effort financier important repose presque exclusivement sur des subventions (environ 95 %), une grande partie des fonds étant consacrée à des initiatives en faveur de la résilience et de la prévention de crises futures, en particulier en Afrique. Ces financements sont complémentaires des fonds d’urgence mis en place par les institutions financières internationales et contribuent à l’objectif du G7 d’une utilisation plus stratégique des ressources concessionnelles, là où elles sont le plus utiles. Cette mobilisation vient s’ajouter à l’engagement à plus long terme des membres du G7 en faveur de systèmes alimentaires et de marchés des engrais plus résilients.


Dans le même esprit, les ministres du Développement du G7 progressent dans la mise en œuvre du Cadre pour la promotion du financement de la souveraineté et de l’autonomie sanitaires du G7, adopté en avril à Paris. Les membres du G7 ont salué l’adoption de 16 pactes nationaux pour la santé (National Health compact) et 14 autres étaient prévus d’ici la fin 2026, contribuant ainsi à la transition vers un financement de la santé principalement piloté par les pays. Une attention particulière a été accordée à la santé maternelle, néonatale et infantile, en présence de la directrice générale de l’UNICEF, avec l’examen des innovations dans ce domaine et des efforts de coordination menés. La réponse actuelle à l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo a également été abordée, ainsi que la nécessité de maintenir la dynamique politique pour éviter la propagation de la maladie dans la région.


Renforcer la résilience face aux chocs naturels et exogènes figurait également parmi les priorités de la présidence française du G7. Les ministres du G7 continuent de soutenir les autorités népalaises à la suite des inondations et glissements de terrain survenus récemment, et ont aussi pour objectif de renforcer la résilience du pays à long terme. Le déploiement de systèmes d’alertes précoces et de mesures d’anticipation face aux catastrophes naturelles, notamment au moyen de diverses initiatives comme l’initiative sur les systèmes d’alerte précoce aux risques climatiques (Climate Risk and Early Warning Systems, CREWS) et l’initiative « Alertes précoces pour tous » (Early Warnings for All), a déjà contribué à multiplier par deux le nombre de pays couverts depuis 2015. Plusieurs pays du G7 ont par ailleurs réaffirmé leur intention de mobiliser des financements au service des réparations urgentes de la nouvelle enceinte de confinement de Tchernobyl en Ukraine, qui a été gravement endommagée par une frappe russe en 2025, et ils ont appelé d’autres partenaires internationaux à se joindre à ces efforts et à contribuer aux besoins de financement restants lors de la conférence des donateurs qui se tiendra à Paris le 9 novembre 2026 sous présidence conjointe de la France, de l’Ukraine et de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD).


Outre la concentration des ressources concessionnelles là où les besoins sont les plus urgents, la nouvelle approche du G7 en matière de développement vise également à mobiliser davantage de capitaux privés pour soutenir le développement durable. Les ministres ont salué la mobilisation de capitaux privés record du Groupe de la Banque mondiale, qui a atteint 112 milliards de dollars en 2026. Les outils d’atténuation des risques, notamment l’Assurance pour le développement du commerce et de l’investissement en Afrique (African Trade and Investment Development Insurance, ATIDI), peuvent jouer un rôle de catalyseur pour de nouveaux investissements en Afrique. Tout au long de l’année, les travaux du G7 ont impliqué la participation de fondations et d’entreprises afin de renforcer l’impact des financements philanthropiques grâce à un meilleur usage des financements mixtes.


Ces efforts de mobilisation sont notamment dirigés vers l’investissement dans des corridors économiques et des infrastructures qui engendrent des bénéfices à long terme pour la population locale et stimulent la création d’emplois. Les ministres ont réaffirmé leur engagement en faveur du Partenariat du G7 pour les infrastructures mondiales et l’investissement (Partnerships on Global Infrastructure and Investment – PGII) et de son objectif de mobilisation de 600 milliards de dollars d’ici à 2027. Ils ont également souligné l’importance de disposer de chaînes d’approvisionnement en minerais critiques fiables et la nécessité de soutenir la formalisation de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle, comme facteur de développement pour les pays producteurs et comme instrument de lutte contre les activités illicites liées à la criminalité organisée. 


Le G7 a appelé à poursuivre la coordination des efforts et la collaboration pour mettre en œuvre la nouvelle approche en faveur de partenariats mutuellement bénéfiques. Les ministres du G7 ont souligné que cette approche devait être reflétée dans le cadre des réformes en cours du système international de développement, notamment dans le cadre du processus actuel d’examen du Comité d’aide au développement (CAD) de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Ils sont convenus de promouvoir cette nouvelle approche après 2026 et attendent avec intérêt la présidence des États-Unis du G7 et la présidence du Royaume-Uni du G20 en 2027.
 

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