Quelles priorités pour la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 à Paris ? Conflits G7 Actualité Publié le : 06 novembre 2026 Jonathan Sarago/MEAE Les ministres des Affaires étrangères du G7 se réunissent à Paris les 9 et 10 novembre 2026. Cette deuxième réunion formelle de deux jours, organisée dans le cadre de la présidence française du G7, permettra aux ministres de coordonner leurs positions sur les grands sujets d’actualité en matière de politique internationale, en particulier pour le règlement des crises, ainsi que de faire le point sur les avancées obtenues depuis la réunion ministérielle aux Vaux-de-Cernay en mars 2026. LES PRIORITÉS DE LA RÉUNION DE PARIS 1. Contribuer au règlement des crises et faire face aux grands défis contemporains Les ministres échangeront sur les conflits et foyers de crises internationaux, en particulier sur le soutien capacitaire, financier et énergétique à l’Ukraine, sur la stabilisation au Moyen-Orient et les enjeux de diversification et de sécurisation des approvisionnements énergétiques ainsi que sur le Soudan, la corne de l’Afrique, le Venezuela, Cuba, Haïti, et sur l’importance d’une région indopacifique libre et ouverte, fondée sur l’état de droit. L’objectif est de bâtir une convergence entre partenaires afin de répondre aux crises de façon coordonnée. 2. Renforcer la sécurité maritime et portuaire pour mieux lutter contre le narcotrafic Annoncé lors du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement à Evian, le réseau des ports du G7+ se réunira pour la première fois à Marseille, en parallèle de la réunion des ministres des Affaires étrangères à Paris. Il vise à renforcer, entre membres du réseau, l’échange de bonnes pratiques en matière de sécurisation des ports des pays du G7 et de leurs partenaires dans la lutte contre le narcotrafic. 3. Renforcer l’efficacité de l’aide humanitaire Les ministres poursuivront aussi leurs travaux sur le renforcement de l’efficacité et la rationalisation des chaînes d’approvisionnement humanitaire ainsi que sur la sécurité alimentaire et la nutrition, en présence du directeur exécutif du Programme alimentaire mondial Luke J. Lindberg. 4. Sécuriser l’intelligence artificielle (IA) Enfin, la sécurité de l’IA sera abordée, dans la lignée des efforts de coordination du G7 entamées au Sommet d’Evian en juin 2026 et au Conseil de sécurité des Nations unies en septembre 2026. L’IA est en effet une technologie porteuse d’opportunités mais aussi de nouveaux risques. Dans un contexte où l’accélération des capacités des modèles d’IA de frontière transforme profondément l’environnement stratégique mondial, en risquant de fragiliser notre résilience et sécurité collectives, le G7 doit se saisir de cette question et y apporter une réponse coordonnée afin de préserver l’innovation tout en assurant un déploiement et un développement sûr de l’IA. DES ACTIONS CONCRÈTES ET UNE COLLABORATION ÉTENDUE AU-DELÀ DU G7 Tout au long de l’année, la France a été attachée à ce que sa présidence du G7 soit une « présidence d’équilibre, de convergence et de résultats », basée sur des projets concrets pour répondre aux grands défis de notre temps. Pour améliorer l’efficacité de l’assistance humanitaire, un travail de cartographie des capacités de stockage humanitaire à travers le monde a été entrepris, afin de répondre de manière plus rapide aux situations d’urgence. Pour accélérer la reconstruction de l’Ukraine, les partenaires du G7 se sont engagés à soutenir la levée de fonds internationale en faveur de la restauration de l’enceinte de confinement de Tchernobyl en Ukraine, sévèrement endommagée par une frappe russe en 2025. La France organisera à cet égard une conférence de levée de fonds le 9 novembre à Paris, avec la BERD et les autorités ukrainiennes. Pour lutter contre les menaces transversales, la conférence « No Money For Terror » a été organisée à Paris en mai 2026 afin de mieux identifier, traquer et tarir le financement du terrorisme. Pour renforcer la lutte contre le narcotrafic, la conférence régionale de sécurité dans la Caraïbe a été organisée en juillet 2026 en Martinique. Sur l’ensemble de ces sujets, la France entend obtenir des résultats concrets au service de la sécurité et de la prospérité des pays du G7, et donc de la France et des Français. Dans cet esprit également, la France a invité le Brésil, la Corée du Sud, l’Égypte, l’Arabie saoudite et l’Ukraine à participer à la réunion à Paris. Ces pays partenaires participent activement aux discussions et aux livrables de la présidence française depuis le début de l’année. La présidence française du G7 2026 Photo: Judith Litvine/MEAE