Partenariat stratégique entre la France et la Finlande

Actualité

Publié le : 01 octobre 2026

Philémon Henry/MEAE

Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a effectué une visite en Finlande lundi 14 septembre pour participer au Sommet arctique européen à Rovaniemi et rencontrer son homologue finlandaise Elina Valtonen à Helsinki. Les deux ministres ont signé un partenariat stratégique entre les deux pays.

Le Gouvernement de la République française (ci-après dénommé la « France ») et le Gouvernement de la République de Finlande (ci-après dénommé la « Finlande »), ci-après dénommés collectivement les « Signataires », sont liés par une longue et solide amitié et partagent des valeurs communes fondées sur la liberté, la démocratie, l’État de droit, les droits de l’Homme et l’égalité de genre. 

La France et la Finlande sont historiquement des alliées proches et des partenaires de confiance qui coopèrent tant sur le plan bilatéral que dans le cadre de l’Organisation des Nations Unies (ONU), de l’Union européenne (UE) et de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). 

Face aux menaces multiples et en particulier à la guerre d’agression illégale de la Russie contre l’Ukraine, aux rivalités de puissance, au recours croissant à la désinformation, à l’instrumentalisation des dépendances économiques et à l’instabilité au Moyen-Orient, la France et la Finlande réaffirment leur attachement indéfectible au droit international, à un multilatéralisme efficace et à l’intégrité territoriale de tous les États. 

Elles sont déterminées à renforcer encore la souveraineté, la sécurité, la compétitivité et la résilience de l’UE et à en faire un acteur de premier plan dans le secteur des technologies de pointe, tout en veillant à la santé et au bien-être de ses populations ainsi qu’à la défense de ses valeurs démocratiques. 

La France et la Finlande soulignent leur engagement en faveur de la préservation et de l’utilisation durable d’un environnement sain, dans le contexte de la triple crise mondiale résultant du changement climatique, de la perte de biodiversité et des pollutions. Elles sont déterminées à renforcer leur coopération sur l’atténuation du changement climatique, l’adaptation et la résilience dans le cadre de l’Accord de Paris sur le changement climatique. 

Le présent partenariat stratégique vise à approfondir la coopération entre la France et la Finlande en donnant des orientations politiques et en servant de cadre aux accords existants ou à venir entre les différents acteurs français et finlandais. L’un des objectifs fondamentaux de ce partenariat est également de donner l’élan nécessaire à une nouvelle coopération commerciale bilatérale entre la France et la Finlande.

Défendre l’Europe 

La France et la Finlande réaffirment leur attachement commun à une Europe sûre et soulignent qu’il est important d’accélérer les efforts déployés pour y parvenir, notamment en renforçant la défense de ses flancs septentrional et oriental, en stabilisant et en promouvant la démocratie dans le voisinage oriental et méridional de l’UE ainsi qu’en améliorant la sécurité dans l’Arctique pour garantir la sécurité de la région euro-atlantique. Elles reconnaissent que l’Europe se doit de devenir plus souveraine, d’assumer davantage la responsabilité de sa propre défense et d’être mieux armée pour agir et faire face de façon autonome aux menaces immédiates et à venir. Il est impératif de renforcer la dissuasion et la défense. L’initiative de la France pour la dissuasion avancée vient accroître la sécurité européenne et compléter la dissuasion nucléaire de l’OTAN. Comme annoncé par ailleurs, la Finlande a décidé d'adhérer à cette initiative. Cette décision, conforme aux obligations internationales respectives des deux pays, constitue une avancée importante pour la sécurité européenne et pour la coopération bilatérale. Les deux pays réaffirment leur ambition d'une Europe plus forte, plus sûre et mieux défendue.

La France et la Finlande œuvreront de concert pour la sécurité dans les régions de la Baltique et de l’Arctique. L’UE et l’OTAN constituent des cadres importants pour cette coopération et les discussions peuvent également être menées dans d’autres formats, comme la coopération nordique-baltique (NB8). La France et la Finlande reconnaissent que la région arctique est un espace d’intérêt géostratégique croissant. Les effets du changement climatique et l’accroissement des rivalités stratégiques accentuent les fragilités en matière d’écologie et de sécurité. Des échanges plus généraux sur les enjeux liés à l’Arctique ont lieu au sein du Conseil de l’Arctique, auquel la France participe comme État observateur et où la Finlande siège comme membre permanent.

La France et la Finlande reconnaissent qu’il est important de renforcer la base industrielle et technologique de défense européenne. Pour accélérer les investissements dans le secteur de la défense et la passation de marchés par les États membres de l’UE, la France et la Finlande soutiendront les initiatives visant à réduire les dépendances stratégiques, à combler les lacunes qui existent en matière de capacités essentielles, selon les domaines capacitaires prioritaires définis par le Conseil européen et découlant des besoins des forces armées, à alléger les contraintes administratives et à renforcer la capacité de la base industrielle et technologique de défense européenne à innover et à concevoir des produits de manière autonome. 

La France et la Finlande reconnaissent les avantages que présente une coopération renforcée concernant le matériel de défense et elles se concerteront, dans la mesure du possible, pour mettre au point et acquérir du matériel de défense. Elles continueront à coopérer dans le domaine de la formation et dans la réalisation d’exercices conjoints. Elles utiliseront le cadre de la FLF Finlande pour renforcer la posture de l’OTAN dans le Nord et sa capacité à se déployer rapidement si besoin.

En outre, la France et la Finlande s’efforceront de renforcer les relations entre l’UE et l’OTAN, dans une logique de complémentarité et dans le respect des compétences et des forces de chaque organisation. Elles contribueront à l’intensification des efforts pour parvenir à une Europe plus forte au sein d’une OTAN plus forte. La France et la Finlande soutiendront les actions visant à renforcer le rôle des Européens au sein de l’OTAN et leur contribution à la sécurité euro-atlantique, s’agissant notamment de la dissuasion, de la défense et des opérations. Elles reconnaissent que les Alliés européens assument de plus en plus de responsabilités en vue d’un partage plus équitable des charges dans le cadre de la défense collective. En parallèle, l’unité et la coopération transatlantique étroite au sein de l’OTAN renforcent la sécurité dans l’ensemble de la région euro-atlantique. Dans ce contexte, la France et la Finlande promouvront la contribution des instruments de défense européens au renforcement de la responsabilité des États membres de l’UE en matière de sécurité sur le continent. 

Garantir que l’Ukraine l’emporte est un enjeu majeur en matière de politique de sécurité pour l’ensemble de l’Europe et à l’échelle mondiale. L’Ukraine a besoin d’un très large soutien non seulement pour renforcer ses capacités de défense, mais également dans la période qui suivra un éventuel cessez-le-feu ou accord de paix. La France et la Finlande continueront à soutenir l’Ukraine dans sa lutte pour la liberté, grâce à un appui militaire, politique, financier et matériel, notamment par l’intermédiaire des instruments de la politique de sécurité et de défense commune de l’UE et dans le cadre de la coalition des volontaires, afin de garantir une paix juste et durable. La pleine intégration de l’Ukraine à la région euro-atlantique est essentielle pour parvenir à une paix durable. La France et la Finlande confirment leur soutien sans équivoque à l’Ukraine dans son cheminement vers la pleine adhésion à l’UE et à l’OTAN ainsi que dans les efforts de réforme qu’elle déploie à cette fin. Au sein de la coalition des volontaires, elles travailleront étroitement à des garanties de sécurité robustes pour l’Ukraine afin de prévenir toute nouvelle agression russe, tout en reconnaissant le rôle clé que jouent les formes armées ukrainiennes pour renforcer la dissuasion et assurer la sécurité de toute l’Europe. Aussi, la France et la Finlande coopéreront de manière à soutenir l’industrie de défense de l’Ukraine et à favoriser l’intégration de sa base industrielle et technologique de défense à celle de l’UE. Elles œuvreront à priver la Russie des ressources qui alimentent sa guerre d’agression, elles continueront à prendre des mesures politiques et opérationnelles pour perturber la flotte fantôme russe et elles lutteront contre la menace que la Russie fait peser à long terme sur la sécurité de la région euro-atlantique. 

La France et la Finlande discuteront de la façon dont elles poursuivront leur coopération concernant les crises internationales. Elles entendent également coopérer par l’intermédiaire de leurs forces respectives de « gendarmerie », en développant un partenariat bilatéral visant à renforcer leurs capacités partagées. Préoccupées par le risque de déstabilisation au Moyen-Orient, elles affirment leur intention de coordonner leurs actions pour favoriser la protection de leurs ressortissants, défendre les intérêts des deux pays et ceux de leurs proches partenaires et favoriser le retour à la stabilité de la région au moyen de la diplomatie. Elles échangeront également sur la manière dont l’UE et l’ONU pourront continuer de soutenir le Liban, dans la perspective de la fin du mandat de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), au sein de laquelle soldats français et finlandais ont coopéré de façon exemplaire.

La France et la Finlande reconnaissent que la résilience nationale et européenne dépend de la capacité de la société dans son ensemble en matière de préparation, d’endurance et de réaction face aux crises, aux menaces hybrides et aux activités hostiles. Elles approfondiront leur coopération concrète concernant la préparation civile et en matière de sécurité globale, notamment grâce à des partenariats commerciaux et industriels, pour renforcer la résilience de la société, les infrastructures essentielles, la sécurité de l’approvisionnement et la coopération civilo-militaire.  La France et la Finlande se concerteront également dans les enceintes compétentes de l’UE et de l’OTAN, en appui à la préparation nationale, à la résilience des Alliés et à la sécurité européenne.

Elles ont pour objectif commun d’élaborer une approche européenne en matière de migration qui soit bien gérée, globale, efficace et fondée sur la responsabilité, la solidarité et le respect du droit international et européen. Elles entendent renforcer la coopération et la concertation bilatérales concernant les priorités européennes clés en matière de migration et d’asile, approfondir le dialogue avec les principaux pays d’origine et de transit, et intensifier leur coopération en matière de retour et de réadmission, et échanger les bonnes pratiques en matière de préparation face aux pressions migratoires, aux menaces hybrides et à l'instrumentalisation de la migration. Reconnaissant qu’il est nécessaire d’adopter une approche mobilisant l’ensemble de l’administration, la France et la Finlande procèderont également à un échange de vues concernant l’usage coordonné des instruments politiques, notamment la politique de visas, la coopération au développement, le commerce, la coopération en matière de sécurité, le renforcement des capacités et les instruments financiers européens, afin de soutenir des partenariats mutuellement bénéfiques avec les pays partenaires.

La France et la Finlande travailleront ensemble pour lutter contre les menaces hybrides, notamment les ingérences étrangères et la manipulation de l’information. Elles continueront à promouvoir un cyberespace ouvert, libre, stable, sûr et sécurisé à l’échelle mondiale ainsi qu’un comportement responsable dans le cyberespace.

Face au risque d’instrumentalisation des dépendances économiques, l’approvisionnement sûr et durable en matières premières critiques est une nécessité pour les industries des États membres de l’UE. Soucieuses de développer des chaînes d’approvisionnement en minerais et métaux critiques diversifiées et conformes à des normes environnementales, sociales et de gouvernance exigeantes, notamment en matière de préservation de la nature, de préservation des ressources en eau, de prévention des répercussions sur les milieux aquatiques et de respect des droits des peuples autochtones, tels qu’évoqués dans la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, la France et la Finlande s’emploieront à accroître leur coopération dans le secteur des minerais et métaux critiques. Elles œuvreront à la signature d’une déclaration d’intention à cette fin. Elles consolideront la coopération de qualité qui existe entre les bureaux de recherche géologique et minière français et finlandais.

Bâtir des sociétés durables 

S’appuyant sur le pacte vert pour l’Europe, la France et la Finlande s’efforceront de poursuivre la trajectoire de l’UE vers la neutralité climatique à l’horizon 2050 et par la suite vers des émissions nettes négatives. Elles veilleront à la poursuite de la mise en œuvre ambitieuse de l’Accord de Paris, des engagements du premier bilan mondial issu de la 28e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP28) et du Programme de développement durable à l’horizon 2030. La France et la Finlande, fidèles à la science et à l’intégrité de l’information qui guident l’action climatique, déclarent leur intention de continuer à soutenir le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Elles continueront également de soutenir le Fonds pour l’environnement mondial. En tant que nations maritimes, elles réaffirment les engagements pris à l’occasion de la troisième Conférence des Nations Unies sur l’océan (UNOC3) organisée à Nice en juin 2025.

La France et la Finlande porteront des positions ambitieuses en matière de produits chimiques, en vue d’une modernisation équilibrée du règlement REACH et du renforcement de la gouvernance de l’Agence européenne des produits chimiques basée à Helsinki. Elles se mobiliseront en faveur de l’économie circulaire, de la lutte contre la mode express et de la promotion de la bioéconomie et des matériaux biosourcés. 

Elles se montreront ambitieuses dans la lutte contre le changement climatique et s’efforceront d’harmoniser leurs positions sur le développement d’un cadre pour le climat et la résilience face aux changements climatiques post-2030. Elles promouvront la décarbonation compétitive de leurs économies, notamment dans les secteurs de l’énergie et des transports.  Elles œuvreront également à la mise en œuvre de la Déclaration de Chaillot sur le bâtiment.

La France et la Finlande confirment leur ambition concernant une transition juste et équitable vers des énergies autres que fossiles dans les systèmes énergétiques ainsi que le développement de l’énergie nucléaire et des énergies renouvelables. Elles resteront mobilisées dans le cadre de l’Alliance européenne du nucléaire. Elles s’appuieront sur leur déclaration d’intention pour la coopération dans le domaine de l’énergie nucléaire, signée le 20 octobre 2025. En cohérence avec ce texte et avec la Déclaration de l’Alliance du nucléaire du 10 mars 2026, la France et la Finlande collaboreront pour promouvoir un cadre favorable au nucléaire, renforçant la sûreté énergétique et industrielle, la souveraineté et la neutralité technologique, en particulier dans le cadre réglementaire et financier de l’UE. Elles faciliteront la coopération industrielle sur les réacteurs à grande échelle et les petits réacteurs modulaires, le soutien aux réacteurs en exploitation, la sécurité de l’approvisionnement en combustibles et la gestion des déchets radioactifs, la recherche et développement dans les utilisations pacifiques du nucléaire et le développement des compétences humaines pour les nouveaux projets. En outre, la France et la Finlande étudieront les possibilités de renforcement de leur coopération dans le domaine des énergies renouvelables.

En tant que grands États forestiers européens, la France et la Finlande renforceront leur coopération dans le secteur de la forêt et du bois, dans le but de promouvoir des chaînes de valeur fondées sur les forêts qui soient responsables, notamment la protection de la biodiversité des forêts et la restauration des forêts dégradées, ainsi qu’une gestion durable, résiliente et multifonctionnelle des forêts. Les Signataires entendent œuvrer à la signature d’une lettre d’intention relative à la coopération forestière. Ils travailleront ensemble à la mise en œuvre des politiques de l’UE qui promeuvent l’innovation, la production, l’exploitation et le commerce dans le domaine des services et des biens industriels forestiers. 

La France et la Finlande sont déterminées à mettre un terme à la perte de biodiversité et à en inverser la tendance d’ici à 2030, en mettant en œuvre rapidement l’intégralité du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, et à atteindre l’ensemble des objectifs de ce dernier. En cohérence avec ces engagements, les signataires porteront des positions ambitieuses pour assurer le succès du premier bilan mondial biodiversité, qui aura lieu à la dix-septième réunion de la Conférence des Parties (COP17) à la Convention sur la diversité biologique. Elles œuvreront à une mise en œuvre ambitieuse de l’Accord se rapportant à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer et portant sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale (dit « Accord BBNJ »). La France et la Finlande défendent par ailleurs une pause de protection ou un moratoire contre l’exploitation minière des grands fonds marins et travailleront de concert à élargir la coalition des pionniers de l’océan (Ocean Pioneers), qui soutient cette initiative. Elles collaboreront également à la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée et au renforcement du rôle des conventions maritimes régionales dans la gouvernance des océans. La France et la Finlande œuvrent par ailleurs à la décarbonation du transport maritime notamment dans le cadre des négociations menées à l’Organisation maritime internationale. Elles entendent également promouvoir une mise en œuvre ambitieuse du pacte européen pour l’océan et les activités du Centre international Mercator pour les océans. La France et la Finlande étudieront les possibilités de renforcement de leur coopération dans l’industrie maritime en ce qui concerne la construction navale et les ports intelligents, dans le but de décarboner les flottes et la logistique maritime. La France et la Finlande sont en outre déterminées à mettre fin à la pollution plastique. Elles soulignent la nécessité de conclure les négociations pour adopter un traité international juridiquement contraignant pour mettre fin à la pollution plastique, qui couvre l’ensemble du cycle de vie des plastiques, de la production à la fin de vie, et qui intègre le principe du pollueur-payeur ainsi que la nécessité d’assurer l’adéquation des flux financiers avec les objectifs du traité. 

La France et la Finlande entendent défendre l’accès à l’eau et à l’assainissement comme un droit de l’Homme fondamental, promouvoir la Convention des Nations Unies sur la protection et l’utilisation des cours d’eau transfrontières et des lacs internationaux et contribuer au programme d’action international pour l’eau, notamment dans le contexte de la Conférence des Nations Unies sur l’eau de 2026 et en vue d’un processus onusien intergouvernemental visant à tenir compte de la question de l’eau au moyen de conférences des Nations Unies régulières sur l’eau.

La coprésidence par la France et la Finlande ainsi que le Brésil de la Coalition mondiale pour l’alimentation scolaire témoigne de la volonté commune de bâtir des sociétés durables, résilientes et solidaires. Toutes deux membres de la Coalition depuis 2021, la France et la Finlande sont attachées à l’objectif d’assurer un repas nutritif à l’école à chaque enfant d’ici à 2030.

La France et la Finlande développeront encore leurs liens historiques dans le secteur de la santé, un accent particulier étant mis sur l’approfondissement de la collaboration dans la santé numérique, les technologies de la santé, l’utilisation des données de santé dans les soins et l’innovation et le développement fondés sur les données. On peut citer à titre d’exemple l’accord conclu le 23 novembre 2021 entre les plateformes de données de santé Health Data Hub (France) et FinData (Finlande), dans le respect de la législation européenne applicable en matière de protection des données à caractère personnel. La coopération dans le secteur de la santé soutiendra la mise en place de systèmes de santé résilients et axés vers l’avenir et la création de soins de santé personnalisés et préventifs. 

La France et la Finlande sont déterminées à intensifier leur préparation en matière de prévention grâce à la mise en œuvre de l’approche « Une seule santé », qui couvre l’interdépendance entre climat, qualité de l’eau, santé des écosystèmes, santé animale et santé humaine, à harmoniser leurs stratégies pour renforcer à l’avenir leur résilience face aux crises sanitaires et à faire de la santé un vecteur de résilience systémique. 

La France et la Finlande continueront à réaffirmer l’importance du multilatéralisme dans la santé mondiale, en faveur de la souveraineté sanitaire des États et de systèmes de santé nationaux solides, pour pérenniser les progrès accomplis vers la couverture sanitaire universelle grâce à une mobilisation accrue des ressources nationales en faveur de la santé. À cet égard, la France et la Finlande reconnaissent le rôle central de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en tant qu’autorité directrice et coordonnatrice de l’action multilatérale en santé, et restent déterminées à participer activement au processus conjoint visant à soutenir la réforme de l’architecture sanitaire mondiale hébergé par l’OMS.

Technologies émergentes en matière de production et d’innovation 

La France et la Finlande continueront de promouvoir le renforcement de la souveraineté technologique européenne, tout en maintenant rigoureusement la division des compétences entre l’Union et les États membres prévue par le Traité sur l’Union européenne. Face au risque de décrochage de l’UE vis-à-vis de ses concurrents mondiaux, elles souhaitent favoriser les investissements publics et privés en faveur des technologies d’avenir. Elles travailleront à des politiques et des financements de l’UE et de ses États membres favorables à la production et à la création de valeur en Europe, en particulier dans des secteurs stratégiques essentiels à la sécurité économique et à la souveraineté industrielle et numérique. Elles continueront d’échanger sur l’introduction de critères favorisant le contenu local (critères en faveur d’une origine dans l’UE) dans les secteurs stratégiques visés, dans le respect des engagements de l’UE et des engagements internationaux, sans préjudice des engagements de l’UE sur les négociations actuelles et à venir relatives à des accords de libre-échange. Elles soutiendront les actions européennes permettant de garantir le continuum de financements européens pour les entreprises en expansion à fort contenu technologique, en conservant le même objectif, à savoir provoquer un effet levier sur le secteur privé. Elles soutiennent également les efforts de simplification réglementaire pour les entreprises, en particulier les petites et moyennes entreprises, et les administrations. 

La France et la Finlande réaffirment les principes auxquels elles ont souscrit dans la Déclaration sur une intelligence artificielle inclusive et durable pour les peuples et la planète, adoptée à l’occasion du Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle, qui s’est tenu les 10 et 11 février 2025 à Paris.

La France et la Finlande s’efforceront de renforcer les infrastructures d’intelligence artificielle (IA) durables et sécurisées et les infrastructures en nuage européennes.  Elles faciliteront le partage de données transfrontalier au sein de l’UE et elles encourageront la croissance stimulée par l’IA au sein de l’UE tout en coopérant en matière de gouvernance mondiale de l’IA et des grands modèles linguistiques ouverts. Elles veilleront à ce que l’écosystème de l’IA demeure ouvert, concurrentiel et stimulant pour l’innovation, notamment en déployant des efforts conjoints pour mettre au point des modèles d’IA ouverts et interopérables, et elles veilleront à ce que cet écosystème soutienne l’extensibilité des entreprises. Elles promouvront le développement et le déploiement d’une IA axée sur l’humain, dans le plein respect des droits de l’Homme, des libertés fondamentales et des valeurs démocratiques. Elles veilleront à ce que les écosystèmes d’IA respectent les droits de propriété intellectuelle et les valeurs européennes, telles que la liberté d’expression, le pluralisme des médias et la diversité linguistique et culturelle, tout en prenant en compte les conséquences environnementales des systèmes d’IA tout au long de la chaîne de valeur. Elles s’engageront à promouvoir une réglementation qui protège les citoyens, à commencer par les enfants, et les démocraties européennes, ainsi qu’à faire appliquer les règlements en vigueur afin que l’environnement numérique reste un lieu sûr. 

Reconnaissant l’importance et la valeur ajoutée de la coopération bilatérale pour garantir la primauté de l’Europe dans le domaine de l’économie des données, les Signataires saluent le mémorandum d’entente signé le 2 juin 2026 pour établir une coopération entre France Datacenter et l’Association finlandaise des centres de données.

La France et la Finlande font partie des pays européens qui sont à la pointe dans le domaine quantique. La France et la Finlande œuvreront ensemble à renforcer la recherche universitaire et la mobilité des chercheurs ainsi que la collaboration entre les instituts de recherche, les pôles d’innovation et les industries dans ce domaine. Elles ont pour objectif d’aider à faire émerger sur le territoire européen plusieurs champions industriels souverains dans le domaine de l’informatique quantique et spécialisés dans différentes technologies. Elles soulignent que cet objectif mériterait d’être soutenu par une ambitieuse politique européenne d’achat public d’ordinateurs quantiques conçus et fabriqués en Europe par des entreprises européennes, soutenant la souveraineté technologique et la compétitivité stratégique de l’Europe. Elles promouvront également une approche européenne coordonnée en faveur de normes internationales dans le domaine quantique.

La France et la Finlande œuvreront au renforcement des capacités spatiales européennes en promouvant des perspectives commerciales et financières ainsi que la recherche et développement et en soulignant l’importance du secteur stratégique qu’est l’espace, ainsi que le rôle du programme spatial de l’UE et de l’Agence spatiale européenne dans l’autonomie stratégique de l’Europe. La France et la Finlande réaffirment l’importance du droit international et du système multilatéral dans le domaine spatial mondial, ainsi que leur participation aux échanges concernant l’élaboration de cadres internationaux relatifs à l’espace.

Enseignement, recherche et culture 

La France et la Finlande sont de proches partenaires dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche. Leur partenariat sera encore renforcé, notamment grâce à la coopération à tous les niveaux au sein de l’UE. La France et la Finlande souhaitent renforcer la collaboration entre les établissements d’enseignement supérieur et les instituts de recherche français et finlandais, en particulier dans les domaines des technologies d’innovation et de rupture, de l’espace et de ses usages innovants, du changement climatique, des questions environnementales et de l’océan, notamment par l’intermédiaire de la Mission Neptune, ainsi que de l’étude de la région arctique, de la cryosphère et des sciences humaines. 

La France et la Finlande renforceront les liens existants entre leurs systèmes d’enseignement supérieur nationaux et elles faciliteront la reconnaissance des diplômes, contribuant ainsi à ouvrir la voie à une approche européenne plus ambitieuse.

La France et la Finlande souhaitent promouvoir la participation au programme-cadre européen pour la recherche et l’innovation « Horizon Europe » dans le but d’accroître le nombre de projets scientifiques déposés conjointement. Elles reconnaissent qu’il est important de promouvoir leur coopération universitaire grâce à la mobilité des étudiants, du personnel et des chercheurs, notamment dans le cadre du programme « Erasmus + » et des alliances d’universités européennes. Elles continueront d’œuvrer ensemble à l’intégration de l’espace européen de la recherche et de l’espace européen de l’éducation. Rappelant la coopération culturelle approfondie qui unit de longue date la France et la Finlande, les Signataires maintiendront leur étroite collaboration dans ce domaine, notamment dans le cadre de l’actuel programme Europe créative et du programme à venir AgoraEU. La France et la Finlande œuvreront conjointement à renforcer la coopération entre les artistes, les organisations et les institutions culturelles français et finlandais, à intensifier la mobilité des artistes et des professionnels et à promouvoir les coproductions, notamment dans le secteur audiovisuel. 

La France et la Finlande jouissent d’un savoir-faire reconnu en matière de formation musicale, de design et de métiers d’art. Elles développeront leur coopération dans ces domaines, ainsi que dans le domaine du cinéma et de l’audiovisuel en lien avec le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) et son homologue finlandais, la Finnish Film Foundation. Par ailleurs, la France et la Finlande continueront de favoriser le développement de plateformes européennes diffusant des contenus accessibles à tous les citoyens dans l’ensemble des langues de l’UE et visant à promouvoir une identité européenne commune, à l’image du projet ARTE+. Elles collaboreront dans le cadre de la révision de la directive « Services de médias audiovisuels » afin de garantir la visibilité des médias d’intérêt général dans l’environnement numérique. La France et la Finlande soutiendront la traduction littéraire.

La préservation du patrimoine et la coopération muséale sont des sujets d’intérêt commun pour les Signataires, dont l’excellence en la matière est reconnue. La France et la Finlande poursuivront les échanges entre les professionnels et les spécialistes dans ce domaine, notamment concernant le patrimoine culturel matériel et immatériel, par l’intermédiaire du Partenariat européen pour un patrimoine culturel résilient. 

La France et la Finlande envisageront la signature d’une déclaration d’intention par leurs ministres de la Culture afin de définir leurs priorités communes en matière de coopération culturelle, notamment la promotion des industries culturelles et créatives et de leurs exportations internationales.

La France et la Finlande renforceront leur coopération dans le domaine de l’éducation au moyen d’ateliers, de séminaires, de conférences, de visites d’études, de partenariats scolaires et de programmes de mobilité pour les élèves, les professeurs et les proviseurs et directeurs d’établissement. Elles soulignent le rôle joué par le lycée franco-finlandais d’Helsinki, qui est un moteur de la coopération éducative franco-finlandaise, et elles déclarent leur intention de soutenir ce modèle. La France et la Finlande reconnaissent l’importance de l’enseignement des langues étrangères à l’école et tout au long de la scolarité et elles réaffirment leur soutien au multilinguisme. L’enseignement et l’apprentissage du finnois dans les universités françaises demeure un sujet important et permet de renforcer la compréhension mutuelle. 

Un dialogue politique renforcé

La France et la Finlande renforceront leur dialogue à tous les niveaux. Elles s’efforceront d’organiser des consultations, sur une base annuelle, au niveau des ministres et des hauts fonctionnaires, sur les domaines clés définis dans le présent partenariat stratégique. Des consultations sur les affaires européennes, multilatérales et stratégiques seront notamment organisées, en plus des dossiers bilatéraux.

Les progrès du partenariat stratégique seront passés en revue une fois par an, avec le soutien des ambassades bilatérales. S’agissant du suivi, des propositions d’amélioration ou d’adaptation susceptibles de faciliter la mise en œuvre du partenariat pourront être formulées.

Le présent partenariat stratégique n’est pas juridiquement contraignant et ne crée aucun droit ni aucune obligation en vertu du droit national ou international.

Signé à Helsinki, le 14 Septembre 2026, en deux exemplaires en langues française et anglaise, pour traduction ultérieure en langue finnoise.

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