Micro tendu Nicolas Forissier, ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargé du Commerce extérieur et de l'Attractivité à l'occasion de l'événement "Entreprises à l’international, la volonté de conquête" Commerce extérieur Interventions médias Le : 24 septembre 2026 Nicolas Forissier - (inaudible) Parce qu'il y a des subventions publiques, parce qu'il y a, au fond, une compétition qui n'est pas égale, du fait des moyens mis en œuvre par l'État chinois et le système chinois, la Chine va détruire un marché dont elle a pourtant besoin. Si nous perdons notre industrie, nous perdrons le pouvoir d'achat de nos compatriotes. Et donc nous n'aurons plus, au fond, la capacité de commercer avec les Chinois. C'est un raisonnement simpliste, mais c'est en réalité ce qui est en train de se produire si nous ne rétablissons pas l'équilibre dans nos relations commerciales. Moi, j'ai été notamment sur les questions de rétorsion sur le cognac, sur la crème de lait, sur les abats de porc, etc. J'ai été le plus possible présent pour essayer de retrouver une démarche apaisée. Il y a une concurrence, c'est évident. Je comprends bien la volonté d'expansion de la Chine qui a une mécanique économique extraordinaire, une capacité à développer les nouvelles technologies. Mais si elle détruit l'industrie européenne, elle détruit un marché de 450 millions de consommateurs, qui est quand même un marché essentiel pour elle. Donc c'est au terme de cette évolution-là, si on ne trouve pas une forme d'équilibre avant, nous aurons tous perdu. Et donc dans cet esprit-là, l'Union européenne envoie des signaux, utilise ses instruments de défense commerciale, comme la Chine le fait, et comme tous les pays du monde le font. Et c'est normal. Il ne faut pas y voir une volonté de ciblage de la Chine en tant que telle. C'est partout vrai. C'est quand même important d'entendre ces signaux et donc d'en tirer une conséquence. C'est le troisième point, à mon avis, c'est que nous devons beaucoup plus travailler sur des partenariats que de rester dans une logique d'affrontement et de guerre commerciale. Et les partenariats entre les grands secteurs économiques ou entre l'industrie, ils existent déjà. Il y en a qui fonctionnent très bien. J'étais tout à l'heure avec le patron d'un grand groupe français. Il travaille beaucoup avec la Chine dans le domaine de l'énergie. On trouve des partenariats. On va faire des opérations ensemble dans certains pays. Et je ne veux pas rentrer dans le détail, ni citer personne, mais c'est une réalité qui existe déjà. Donc il faut qu'on se batte pour ça. Journaliste - Mais quel type de politique souhaitez-vous voir le 9 ou le 10 octobre ? Quand vous voyez ce genre de politique, les promesses chinoises, vous dites que « OK, là, ça ira, on ne va pas lancer la guerre, on ne va pas mettre des tarifs » ? Nicolas Forissier - L'Europe doit faire preuve de fermeté et être capable d'utiliser, quand c'est justifié, les instruments de défense commerciale, anti-dumping en particulier. Elle l'a déjà fait dans le passé, mais il ne faut pas que ce soit un cercle vicieux. C'est normal que l'Europe utilise les instruments qui existent dans son droit, quand tous les autres pays du monde le font. Après, il faut qu'on soit capable dans le même temps de construire un dialogue beaucoup plus équilibré. Quand le président de la République, M. Macron, dit au président Xi « Il faut aussi que la Chine investisse et crée de l'emploi sur le marché européen, sinon on n'y arrivera pas », c'est une proposition de partenariat. C'est ce que d'ailleurs nous avions fait, nous, à une époque. Moi, je me rappelle avoir visité l'usine de montage Airbus près de Pékin, à Tianjin. C'était exactement la même logique. Il faut qu'on arrive à retrouver dans le monde - et c'est peut-être un vœu pieux que je fais - mais une logique beaucoup plus coopérative, partenariale dans le commerce. Sinon, on va se laisser entraîner dans des guerres qui sont mortifères pour tout le monde. Et ce qui est clair, c'est que la France défend une position où on ne se laissera pas marcher sur les pieds. Nous, on est hyper ouverts aux partenariats. Je passe mon temps dans le monde entier à aller défendre des partenariats, notamment dans le cadre des accords de commerce qui sont signés par l'Union européenne. Et c'est cette logique-là qui est bénéfique à tout le monde. Après, il faut faire des concessions, il faut que ce soit gagnant-gagnant, je l'ai dit tout à l'heure. C'est pareil avec la Chine, pour moi. Et je rappelle quand même que la France est un pays qui est un pays ami de la Chine. Moi, j'étais dans la délégation de l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin en 2002 ou 2003, au moment du SRAS. Tous les autres chefs d'État ont annulé leur venue, mais nous, on y est allé. Et c'était terrible, parce que l'épidémie était terrible. Il y a eu d'ailleurs un ministre chinois qui est mort pendant ce voyage. Enfin, c'était terrible. Mais on était aux côtés de nos amis chinois, dans le cadre d'une histoire qui est très ancienne. La France est le premier pays à avoir reconnu la Chine et à avoir créé des relations diplomatiques avec la Chine. Donc, moi, je souhaite qu'on arrive à retrouver de la sérénité et un esprit le plus constructif possible. Ce n'est pas facile. Je sais bien qu'il y a des conflits, je sais bien qu'il y a des rivalités, je sais bien qu'il y a une démarche chinoise qui est une démarche de puissance. Et c'est comme ça, je ne juge pas. Mais si le résultat de tout ça, c'est que la Chine détruit un marché dont elle a absolument besoin, comme nous, nous avons besoin du sien, eh bien, on n'en sort pas. Donc, il faut trouver des partenariats. Journaliste - Est-ce que la France est prête à faire la guerre, si nécessaire ? Nicolas Forissier - La guerre, c'est-à-dire ? Journaliste - La guerre commerciale. Nicolas Forissier - Mais non, je viens de vous dire le contraire. Nous, on ne veut pas faire la guerre commerciale. On veut être dans une logique de partenariat. Mais je n'imagine pas une seule seconde que la Chine, parce que ce n'est pas son intérêt, ne cherche pas, elle aussi, à discuter et à établir des compromis de long terme. Ce qui compte, c'est l'avenir de la planète tout entière. D'accord ? On est tous concernés par ça. Journaliste - Pour continuer ce sujet-là, un des sujets pendant le G7 que vous avez mené, c'était sur les terres rares, les minerais critiques. La proposition européenne d'élargir et d'avoir un partenariat particulier avec le Canada qui a un partenariat très important avec nous sur les minerais critiques, qu'est-ce que cela peut changer ? Nicolas Forissier - Le Canada est un pays qui est vraiment un pays très ami. On construit des partenariats, notamment dans ce domaine, dans le domaine minier en général. J'y étais au mois de mars, justement pour avancer sur ces sujets. J'étais à Toronto, à Vancouver, donc pas à Montréal, j'étais vraiment dans cette partie économique du Canada. Et ça correspond à ce que je viens de dire : c'est que nous, on n'est pas en train de dire qu'il ne faut plus acheter de terres rares aux Chinois. On est juste en train de dire qu'il est important que nous ne soyons pas dépendants. La souveraineté, et c'est vrai pour la France, comme c'est vrai pour tous les pays européens, comme c'est vrai pour tous les autres pays du monde, c'est d'abord le pouvoir de choisir. Journaliste - Donc pour la France, accorder ce nouveau statut au Canada, ça peut être intéressant dans le fait de ne plus être dépendants autant de la Chine ? Nicolas Forissier - Oui, mais je ne fais qu'un constat. Mais vous voyez bien qu’avoir un partenariat avec le Canada, comme avec l'Australie, comme avec la Malaisie, où j'étais récemment, comme avec beaucoup de pays dans lesquels on travaille sur ces sujets-là, c'est le moyen pour les uns et les autres de diversifier la chaîne d'approvisionnement et donc de ne pas avoir de dépendance. Parce que les dépendances, elles sont toujours un risque. Le risque, c'est qu'elles soient utilisées par celui dont vous dépendez. Donc il faut, là encore - et c'est toute la vertu du multilatéralisme, c'est la position française - il faut là aussi arriver, encore une fois, à diversifier nos partenariats. Et dans le domaine des matériaux critiques et des terres rares, que ce soit avec l'Australie ou avec le Canada ou avec d'autres pays, y compris en Afrique, nous avons là un terrain d'exercice qui est urgent. Mais on est en train de le faire. Et le G7 a été très intéressant de ce point de vue-là. Il a permis d'avancer avec nos amis américains y compris. Journaliste – (inaudible) Nicolas Forissier - Plus que ça même. Une trentaine. Et pour tout vous dire, il y a quand même... Oui, je pense que c'est un peu plus. Journaliste - Il y a des relations avec Maroc, avec la RHN, dans les 14 contrats qui ont été conclus. Est-ce qu'il y a dans ces contrats du win-win, comme vous l'avez bien évoqué, via les pays africains, puisque Maroc est dans le leadership avec l'Afrique ? Nicolas Forissier - C'est vraiment la logique qu'on veut mettre en œuvre à l'échelle du continent africain. Pour moi, et je l'ai dit sur le sommet de Nairobi, c'est exactement ça qui apparaissait. Après, il y a l'enthousiasme du moment, il faut construire, ça prend du temps, il faut le faire dans les différents pays. Moi, je suis allé en Guinée-Conakry, au Cameroun, au Sénégal, en Mauritanie, etc. A chaque fois, c'est la même logique que nous développons, et elle correspond à une vraie attente. Je crois que l’avoir dit, et d'autres intervenants l'ont dit : beaucoup de pays, à mon avis, une très grande majorité, se disent qu'il est important de créer d'autres voies, une troisième voie. Parce que sinon on est entre les deux grandes puissances que sont les États-Unis et la Chine, et on est un peu coincés, on est tous dans le même étau. Or, personne ne veut être dans un étau. Ça ne veut pas dire qu'on ne commerce pas et qu'on ne fait pas des partenariats avec la Chine ou avec les États-Unis, qui sont d'ailleurs, dans les deux cas, pour la France, des partenaires historiques. Mais le fait de pouvoir diversifier les débouchés de nos entreprises, de pouvoir créer des partenariats win-win avec des pays émergents ou de taille moyenne, etc., et en même temps de sécuriser dans cette diversification nos chaînes d'approvisionnement, c'est la stratégie de la France. Et ça se vérifie en particulier en Afrique. Et c'est évident que, pour répondre à votre question initiale, le Maroc, qui est un ami très cher de la France, un partenaire de premier plan, est un pays avec lequel nous pouvons effectivement essayer de construire des partenariats à trois ou quatre, dans d'autres pays africains. Journaliste - Est-ce que vous pensez à l'énergie, aux pipelines ? Nicolas Forissier - Oui. Alors, on va rentrer dans le détail des dossiers, mais c'est évident. Journaliste - Je suis journaliste à l’agence de presse chinoise. Aujourd'hui, j'ai justement deux questions. La première question est que vous avez parlé de trois mots, c'est sécuriser, conquérir et construire. Quand vous mentionnez la Chine, c'est surtout sécuriser, non ? Nicolas Forissier - Non, ça s'applique partout dans le monde. Moi, j'étais à Shanghai il y a à peine un an, pour le CE2I. Je vois les entreprises françaises, elles sont très présentes, elles ont des marchés. Certaines entreprises, je l'ai dit tout à l'heure, ont des partenariats avec des entreprises chinoises. Le tout, c'est simplement d'arriver à trouver des équilibres et à éviter une domination destructrice. Mais c'est vrai dans toute relation commerciale. Je ne cible pas particulièrement la Chine quand je dis ça. Moi, je suis un ami de la Chine. Je dis simplement qu'il faut qu'on arrive à rééquilibrer par le dialogue commercial, par le dialogue politique, une relation qui parfois apparaît, notamment en Europe, comme dangereuse pour nous, parce que l'avance chinoise, je pense au secteur de l'automobile par exemple, met en danger l'industrie automobile française. Et donc nous avons rétabli, notamment sur les véhicules électriques, simplement un équilibre commercial, concurrentiel. On n'a pas ciblé les véhicules chinois pour éviter qu'ils viennent. D'ailleurs, il y en a beaucoup qui se vendent en Europe. Mais simplement, il s'agissait de rétablir un équilibre. Et c'est ça qu'il faut que tout le monde comprenne. Journaliste - Il y a beaucoup de vos interlocuteurs qui disent qu'il y a une concurrence déloyale. Est-ce que vous pensez... Nicolas Forissier - C'est ressenti comme ça. L'objectif, c'est de sortir de cette logique, d'où le dialogue nécessaire avec la Chine, comme avec les États-Unis. Vous savez, M. Trump, quand il nous met des tarifs sur le nez, ça pose un problème à beaucoup de secteurs. Finalement, on arrive à négocier. Turnberry, l'accord qui a été signé il y a un an, plus d'un an maintenant, a fixé des règles. Les Européens ont fait de grosses concessions. L'important pour nous, c'était de maintenir la stabilité et la visibilité pour le monde économique, pour nos entreprises. Et puis maintenant, on est en discussion avec les États-Unis pour trouver de nouvelles exemptions et revenir à des règles commerciales qui soient plus équilibrées. Mais il faut comprendre la logique de tout le monde, il faut aussi comprendre celle des Européens, et notamment celle de la France. C'est la seule chose que je dis. Et donc, de temps en temps, on montre un peu les dents, c'est normal. On est ferme, on n’est plus naïf, c'est normal. Et la France a beaucoup poussé pour sortir de cette naïveté, mais ça ne veut pas dire qu'on est ennemis, ça veut dire qu'il faut qu'on avance. L'avenir de la planète, de la population mondiale, ne se fera pas dans le rapport de force. Il ne se construira pas dans le rapport de force, ou alors il sera déséquilibré. L'avenir de la population mondiale doit se construire dans le multilatéralisme, dans la capacité à construire des partenariats dans tous les domaines et avec tous les pays. Je souhaite qu'on puisse le faire avec la Chine comme avec n'importe quel autre pays. Il faut nous entendre. Journaliste - Et ma deuxième question : vous avez beaucoup parlé de PME. Est-ce que vous pensez qu'il y a toujours beaucoup de potentiel entre les PME françaises et les partenaires internationaux ? Nicolas Forissier - Bien sûr, mais je pense qu'il y a beaucoup de PME françaises qui devraient être plus à l'international et qui ne le font pas parce qu'elles n'osent pas ou parce qu'elles n'ont pas les moyens ou parce que ça paraît tellement difficile. Et donc c'est tout le rôle du dispositif public d'appui à l'export que d'accompagner les PME françaises qui ne sont pas encore à l'international, de les emmener. Et ça commence par la capacité des acteurs dans les régions, sur les territoires, à les détecter et à les sensibiliser et à les accompagner. De ce point de vue, les conseils régionaux et les chambres de commerce dans les départements et les régions, ce sont les deux acteurs qui sont prévus d'ailleurs par la loi pour le faire, doivent continuer à démultiplier leurs efforts. Mais le marché européen, il est aujourd'hui très saturé et très concurrentiel. Et en plus, ça a été dit, il peut y avoir des problèmes de pouvoir d'achat dans certaines périodes comme celles que nous vivons, avec des crises géopolitiques, un prix d'énergie qui explose : ça tasse un peu les choses. Donc il faut que les entreprises en général, et notamment les PME ou les entreprises de taille intermédiaire française qui tirent notre économie dans nos territoires, elles aillent chercher des relais de croissance dans le reste du monde. Ce serait une illusion et ce serait dangereux de se dire qu'il faut rester qu'en Europe. Il ne faut pas abandonner l'Europe. Mais il faut aussi aller travailler dans la zone Indo-Pacifique et en Asie, évidemment. Il faut évidemment commencer à travailler sur l'Afrique, parce que ce sera le grand continent de l'évolution démographique et c'est le continent qui a la croissance la plus forte aujourd'hui. Donc il faut absolument qu'on le fasse. Et le sommet de Nairobi, la nouvelle logique qui est mise en œuvre par la France de ce point de vue-là est extrêmement importante, à mes yeux. Et puis j'étais en Amérique centrale et en Amérique latine, je vais y retourner. C'est évidemment, y compris compte tenu des liens historiques entre la France et ces pays, une zone où nous devons être beaucoup plus présents. Journaliste - Je journaliste d’origine néerlandaise. Les Néerlandais ont peur que quand M. Macron partira, l'Europe ne soit pas du tout importante pour le prochain président. Alors, qu’est-ce que vous diriez aux Néerlandais, aux Européens ? Nicolas Forissier - Alors moi je vais vous poser une question en retour. Est-ce que vous pouvez me donner le nom du prochain président de la République française ? Il y a deux concurrents aujourd'hui. Est-ce que vous pensez que ça va être définitivement ça ? Généralement, les gens qui sont en tête six ou huit mois avant l'élection, généralement ce ne sont pas ceux-là qui sont élus. Ça c'est la tradition française. Donc on va voir. Moi je n'imagine pas que la France, qui est un membre fondateur de l'Union européenne et qui joue un rôle moteur, je l'ai dit tout à l'heure, encore une fois, dans l'évolution de l'attitude européenne, notamment en matière de commerce. Plus de naïveté mais une démarche partenariale : On n'a jamais fait autant d'accords de commerce avec des pays et des zones que depuis deux ou trois ans. Jamais. Donc il y a un vrai changement. La France est extrêmement motrice de ce point de vue-là. Je n'imagine pas que le président de la République ou la présidente de la République demain ne joue pas ce rôle-là. Ou alors, ça signifierait que la France perd son influence, son poids et le rôle qu'elle joue. Évidemment, je ne le soutiens pas. Mais le futur ou la future présidente, personne ne sait qui ce sera aujourd'hui. Journaliste - Monsieur le ministre, je ne sais pas si vous avez parlé de ça, mais l'influence et l'impact de ce qui se passe dans les pays de Golfe aujourd'hui sur la France ? Nicolas Forissier - C'est énorme. Mais c'est vrai, c'est énorme pour le monde entier. C'est 20% du GNL, c'est 25% des hydrocarbures en général qui transitent par Ormuz. Alors, on a cherché des dérivatifs, notamment avec l'oléoduc qui traverse... Mais on voit bien que maintenant c'est Bab el-Mandeb qui est en danger, donc ça crée beaucoup d'incertitudes, ça oblige les compagnies maritimes à faire d'énormes détours, à trouver des solutions. Évidemment, tout cela est en train de dérégler le commerce mondial et l'approvisionnement en énergie, c'est clair. Ça s'ajoute, je le rappelle quand même, à l'agression de M. Poutine en Ukraine qui aboutit à ce que les ports, et russes et ukrainiens, aujourd'hui soient complètement bloqués. Donc on a une situation géopolitique mondiale qui est extrêmement difficile, très dangereuse et qui n'arrange rien. C'est clair, c'est évident. La France en tire des conséquences d'un point de vue national en ayant des mesures ciblées pour soutenir ceux qui ont besoin, par exemple, d'utiliser leur voiture ou leur bateau de pêche ou leur tracteur dans les champs à passer le cap. Donc il y a des compensations qui sont ciblées. On préserve les entreprises et l'emploi. Et puis deuxièmement, ça nous amène aussi, et c'est ce qu'a dit le Président de la République encore ce soir si je ne me trompe, à aller sécuriser dans le monde, par des accords commerciaux, nos approvisionnements énergétiques, car nous ne produisons pas de pétrole. Même si nous avons cette chance quand même, je le rappelle, c'est que 80% de notre électricité, elle est nucléaire, et qu'on rajoute à ça 7% d'hydroélectrique. On est un pays qui a cette chance d'avoir une énergie électrique décarbonée, abondante et moins chère pratiquement de moitié par rapport à certains d'autres pays européens. Donc ça, c'est un énorme atout qui est le résultat de décennies d'investissements français. La France est un des principaux champions en matière d'industrie nucléaire. Et quand le Premier ministre, Sébastien Lecornu dit, on va accélérer, ça c'est la conséquence du détroit d'Ormuz, l'électrification de tous les usages, pas simplement l'industrie, mais évidemment la vie quotidienne des gens, il a raison. Il s'est déjà très largement engagé. C’est essentiel.