Loi d'orientation internationale pour le développement et la solidarité - Réponse de Jean-Noël Barrot à une question au gouvernement, en séance publique, à l’Assemblée nationale Politique étrangère Interventions au Parlement Le : 17 juin 2026 Madame la présidente, Mesdames et Messieurs les députés, Monsieur le député Dominique Potier, Merci de souligner l'importance de l'aide publique au développement qui est l'instrument majeur de l'influence de la France dans le monde. Un instrument que nous devons défendre et qui fait face à une contrainte budgétaire et à une menace politique. La contrainte budgétaire, c'est que ces crédits, comme beaucoup d'autres crédits de l'État, l'essentiel à quelques exceptions près, ont été contributeurs à l'effort de réduction des dépenses publiques, auxquelles nous avons collectivement dû nous résoudre pour permettre à la France de contenir le déficit public qui dérivait et qui donc compromettait sa capacité à maîtriser son propre destin. Dans ce cadre, mon souhait, c'est que les crédits qui permettent à cet écosystème que le monde entier nous envie, d'ONG qui emploient 40 à 50.000 personnes dans notre pays, et dont le modèle est exemplaire de continuer à mener leur mission partout dans le monde. Et je le disais, contrainte budgétaire, menace politique aussi. Car toute une partie de l'extrême droite aujourd'hui ment aux Français et veut leur faire croire que l'aide publique au développement est une manière de dilapider l'argent des Français. Et cela contredit à deux égards non seulement ce qu'est la vocation de la France, mais ce qu'est aussi son intérêt. La vocation de la France, pays avancé, pays développé, pays beaucoup plus riche que la moyenne des pays du monde, c'est bien sûr de pouvoir tendre la main à toutes ces populations dont vous avez rappelé à quel point les épreuves qu'elles traversent sont difficiles. Mais c'est contraire aussi aux intérêts de la France, car il est illusoire de penser juguler la production de cocaïne, notamment en Amérique latine, de pouvoir maîtriser les flux migratoires, de pouvoir lutter contre la propagation du terrorisme, de pouvoir contenir le risque épidémique et pandémique dans la région des Grands Lacs, on a vu la résurgence d'Ebola, sans l'aide publique au développement. Et ce discours, Mesdames et Messieurs les députés, je crois que nous devons collectivement le tenir. Source : Assemblée nationale