La France appelle à préserver le rôle du GIEC dans l'action climatique internationale Climat Communiqué conjoint Le : 19 octobre 2026 À l’issue de la 65e session plénière du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui s’est tenue à Addis-Abeba (Éthiopie) du 12 au 16 octobre 2026, la France exprime sa préoccupation face aux difficultés persistantes à adopter un calendrier de publication pour le 7e rapport d’évaluation permettant à ses trois volumes d’alimenter le deuxième bilan mondial de l’Accord de Paris. Alors que l’urgence climatique impose de renforcer l’action internationale, tout retard dans la mise à disposition des connaissances scientifiques du GIEC risque de fragiliser la capacité des États à prendre, en temps utile, les décisions nécessaires pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. Défendre l’indépendance de la science face aux tentatives de blocage Depuis 2023, le GIEC prépare son 7e rapport d’évaluation, composé de trois volumes consacrés aux bases physiques du changement climatique, à ses impacts et à l’adaptation, ainsi qu’à son atténuation. Ces travaux constituent une référence incontournable pour les négociations climatiques internationales et les bilans mondiaux de l’Accord de Paris, organisés tous les cinq ans. La France rappelle que la science doit demeurer au fondement du multilatéralisme climatique. Elle déplore les tentatives répétées de retarder les travaux du GIEC et de remettre en cause sa capacité à fournir aux États une expertise indépendante, rigoureuse et pertinente pour éclairer leurs décisions. La défense de la science constitue une priorité politique et diplomatique pour la France, qui apporte depuis de nombreuses années un soutien financier au GIEC et contribue à ses travaux par l’engagement de sa communauté scientifique. Cet engagement s’est notamment illustré par l’accueil à Paris, en décembre 2025, de la première réunion de l’ensemble des auteurs principaux du 7e rapport d’évaluation. Préserver la contribution du GIEC au deuxième bilan mondial de l’Accord de Paris Lors de cette 65e plénière, la France a défendu, avec ses partenaires des pays du Sud et du Nord, les calendriers proposés par les coprésidents des trois groupes de travail du GIEC, permettant d’assurer la robustesse et la cohérence scientifique des trois volumes du rapport d’évaluation, et de mettre à disposition des Etats l’ensemble de ces volumes à temps pour le deuxième bilan mondial de l’Accord de Paris, afin que les États puissent bénéficier d’une expertise essentielle au moment où ils devront évaluer collectivement les progrès accomplis et renforcer leurs efforts face au changement climatique. L’absence de consensus, non seulement sur le calendrier, mais aussi sur les mesures d’inclusivité proposées et sur le budget permettant d’assurer la continuité des travaux du GIEC, constitue un signal plus qu’alarmant. La France continuera de défendre la poursuite des travaux, avec ses partenaires, de manière à garantir la pertinence des productions du GIEC pour les décisions internationales, ainsi que l’indépendance et l’intégrité de son expertise. Elle portera ces priorités au niveau politique, notamment lors de la COP31. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a déclaré : « Cette 65e réunion plénière du GIEC à Addis-Abeba a démontré qu'une très large majorité de pays, des plus industrialisés aux plus vulnérables, réclame la même chose : une science indépendante, publiée à temps, utile à l’action. Sur ce sujet, il n'existe pas réellement de clivage entre le Nord et le Sud, mais plutôt entre ceux qui acceptent les faits et sont déterminés à y faire face, et ceux qui cherchent à les instrumentaliser pour protéger leurs intérêts à court terme. La France sera toujours du côté de la science. » Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, a déclaré : « La science ne doit pas être une variable d’ajustement des négociations climatiques. Le GIEC joue un rôle essentiel pour éclairer les décisions des États et donner toute sa portée à l’Accord de Paris. Retarder la publication de ses travaux, c’est risquer de priver la communauté internationale des connaissances dont elle a besoin pour agir. La France continuera de défendre une expertise scientifique indépendante et la pleine contribution du GIEC à l’action climatique internationale. » Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Espace, a déclaré : « La science est un socle sur lequel les décisions collectives doivent être prises. En ce sens, les travaux du GIEC sont indispensables dans le contexte du changement climatique. En mobilisant les connaissances scientifiques les plus solides, ils constituent une base essentielle pour orienter la recherche, éclairer l’action publique et construire des réponses à la hauteur des enjeux et de l’urgence. »