Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs Déclaration diplomatique

  • République démocratique du Congo

  • Défense et Sécurité

Déclaration à la presse

Le : 25 mai 2026

Le Groupe de contact international (ICG – International Contact Group en anglais) pour la région des Grands Lacs, qui inclut des représentants de l’Allemagne, de la Belgique, du Danemark, des États-Unis, de la France, des Pays-Bas, du Royaume-Uni, de la Suède, de la Suisse et de l’Union européenne, s’est réuni à Stockholm les 20 et 21 mai 2026 et publie la déclaration ci-dessous sur la situation dans la région des Grands Lacs.

L’ICG réaffirme son inquiétude concernant la poursuite du conflit dans l’est
de la République démocratique du Congo (RDC) et l’obstacle que ce conflit
représente pour la stabilité et la prospérité de la région. L’ICG réitère, en
outre, son soutien aux efforts de paix internationaux en cours, facilités par le
Qatar, les États-Unis, le médiateur désigné par l’Union africaine, Faure
Gnassingbé, président du Conseil de la République du Togo, et le groupe des
facilitateurs, ainsi que les partenaires régionaux.


L’ICG se félicite des progrès réalisés dans le cadre des Accords de
Washington entre la République démocratique du Congo et le Rwanda et de
l’accord-cadre de Doha entre la République démocratique du Congo et
l’Alliance Fleuve Congo/ Mouvement du 23 mars (AFC/M23).
L’ICG salue les progrès réalisés par le gouvernement de la République
démocratique du Congo et l’AFC/M23, lors de la réunion du 13 au 19 avril à
Montreux, en Suisse, en vue de soutenir les opérations humanitaires et de
s’engager à libérer des prisonniers ainsi qu’à mettre en œuvre l’accord de
surveillance et de vérification du cessez-le-feu, soutenu par la Conférence
Internationale sur la Région des Grands Lacs et la MONUSCO, comme
indiqué dans la déclaration publique publiée à l’issue de la réunion.

L’ICG se félicite également de la réunion du 23 avril à Washington, où la
République démocratique du Congo et le Rwanda au cours de laquelle le
comité conjoint de surveillance s’est tenu. L’ICG se félicite de la volonté
exprimée par les deux parties de respecter leurs engagements dans le cadre
des Accords de Washington et rappelle l’importance de la mise en œuvre de
la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies. Nous rappelons
l’importance de créer les conditions d’un dialogue intercongolais inclusif
avec toutes les parties prenantes congolaises clés – un élément nécessaire
pour une paix durable en RDC, et nous saluons les consultations entreprises
par la République d’Angola.
L’ICG exhorte toutes les parties au conflit à tirer parti de cette dynamique, à
respecter les engagements qu’elles ont pris dans le cadre de ces accords et
des accords précédents, ainsi qu’à demeurer résolues dans leur quête de la
paix par la négociation. L’ICG réaffirme qu’il ne peut y avoir de solution
militaire au conflit.
Toutes les parties doivent protéger les civils conformément aux obligations
qui leur incombent en vertu du droit international humanitaire. L’utilisation
croissante des drones par différents acteurs, y compris des acteurs étatiques,
a entraîné un nombre croissant de victimes civiles. L’ICG condamne avec la
plus grande fermeté les violations du droit international humanitaire. Il est
urgent d’améliorer la coordination civile-militaire et les mécanismes de
liaison, les procédures de notification et l’identification préalable des
infrastructures humanitaires.


Les progrès politiques doivent se traduire sans délai par des améliorations
sur le terrain. Le cessez-le-feu doit être respecté par toutes les parties et la
situation humanitaire doit s’améliorer. Le personnel humanitaire d’urgence
doit pouvoir accéder aux personnes en toute sécurité, rapidement et sans
obstacles. L’ICG appelle toutes les parties à faciliter l’accès humanitaire
conformément au droit international humanitaire, notamment en œuvrant à
l’ouverture durable des aéroports de Goma et de Kavumu, à la mise en place
de corridorshumanitaires sûrs dans le Nord et le Sud-Kivu et à la
simplification des procédures administratives. La récente épidémie d’Ebola,
classée par l’OMS comme une urgence de santé publique de portée
internationale, le 17 mai, et déclarée par le Centre Africain de Contrôle et de
Prévention des Maladies comme une urgence de santé publique de portée
continentale, le 18 mai, vient aggraver une situation humanitaire déjà fragile
dans l’est de la RDC. L’ICG exhorte toutes les parties au conflit à faciliter les
efforts pour répondre à l’épidémie d’Ebola. Cette menace souligne
l’importance de la coopération régionale pour répondre aux défis communs.


Conformément à l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération
pour la RDC et la région, l’ICG continuera à aider les partenaires régionaux à
s’attaquer aux ressorts du conflit, à soutenir une paix durable et une
prospérité mutuelle à long terme dans la région des Grands Lacs. La
gouvernance inclusive, la responsabilité et la protection des droits sont
essentielles à la stabilité à long terme, car elles permettent de résoudre les
griefs et de rompre les cycles d’instabilité.

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