« France Inter » - Entretien de Jean-Noël Barrot - Extraits

  • Politique étrangère

Interventions médias

Le : 04 septembre 2026

Q - Un grand entretien ce matin consacré à l'actualité internationale en présence du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères. Bonjour Jean-Noël Barrot. 

R - Bonjour.

Q - Beaucoup de questions à vous poser ce matin. Nos auditeurs et auditrices ont également la possibilité de vous interroger en appelant le standard 01.45.24.70.00. ou en passant par l'application Radio France. L'actualité internationale, on vient d'en parler, c'est d'abord l'Europe. Début août, deux drones chargés d'explosifs ont été retrouvés à l'aéroport de Leipzig, en Allemagne. Cette semaine, après un mois d'enquête, Berlin a donc officiellement attribué cette opération à Moscou. Kaja Kallas, la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne parle d'un acte de terrorisme soutenu par un État. On vous entend, vous, Monsieur le ministre, souvent utiliser l'expression d'attaque hybride, Emmanuel Macron aussi. Il a parlé également d'ingérence s'agissant de Leipzig. Est-ce que vous ne diluez pas un peu les choses ? Est-ce qu'on n'est pas face là à un acte de guerre, tout simplement ?

R - On est dans la continuité de ce que Vladimir Poutine a fait depuis le début de cette guerre d'agression en Ukraine, c'est-à-dire des agressions de diverses natures qui vont des campagnes d'information aux cyberattaques à des actes très graves de sabotage comme ce qui s'est passé dans cet aéroport à Leipzig en Allemagne, et qui ont pour objectif de nous diviser entre Européens, d'affaiblir en Europe le soutien à l'Ukraine pour pouvoir continuer à mener ce projet impérialiste et colonial. Mais c'est un échec, puisque vous l'avez vu, depuis le début de cette guerre d'agression, l'unité des Européens s'est renforcée et le soutien à l'Ukraine également.

Q - Mais tout de même, Jean-Noël Barrot, ce n'est pas de la même nature que d'affronter une cyberattaque d'un côté et ce qui s'est passé à l'aéroport de Leipzig où du matériel militaire a été utilisé. Est-ce que là encore, la réponse de la France, la réponse de l'Europe n'est pas un peu faible justement face à ce type d'attaques qui montent en gamme et en puissance surtout, en intensité ?

R - Vous savez, des incursions de drones, d'avions de chasse ou même de missiles sur le territoire de l'Union européenne ou le territoire de l'OTAN, ça n'est pas tout à fait nouveau puisqu'on l'a déjà vu par le passé. Et à chaque fois, et c'est ce qui est le plus important, à chaque fois la réaction des Européens a été très ferme et unanime. Et s'agissant de l'attribution par l'Allemagne, c'est-à-dire de la publication des résultats de l'enquête menée par l'Allemagne, attribuant à la Russie cette attaque de l'aéroport de Leipzig, vous avez vu partout en Europe des réactions très fermes, des convocations des ambassadeurs et des chargés d'affaires, et un soutien aux mesures qui ont été prises par l'Allemagne en représailles à cet acte inacceptable.

Q - Le 26 août, devant le MEDEF, la patronne de la DGSI, les services secrets français, Céline Berthon, a dit qu'il fallait considérer comme possible des actions hostiles plus directes et plus violentes sur le territoire national français, cette fois-ci. Là aussi, comment la France se prépare-t-elle à ce type d'attaques ?

R - Elle se prépare, la France, à parer et à riposter à toute agression dont elle serait la cible.

Q - De quelle façon ?

R - Eh bien, avec des nouveaux textes juridiques, des lois qui ont été votées pour renforcer notre arsenal juridique contre les ingérences étrangères, contre les cyberattaques, etc. Mais aussi avec de nouveaux instruments, de nouvelles équipes au sein de l'État qui s'assurent de pouvoir détecter en amont et de pouvoir traiter ce genre d'incident. Et puis des méthodes nouvelles parce que la menace évolue. Je veux vous rappeler que nous avons accueilli en 2024 un événement majeur qui est les Jeux olympiques, qui était la cible de très nombreuses attaques, pas uniquement en provenance de la Russie, que nous avons réussi à parer parce que nous nous en étions donné les moyens. Sur ces sujets, la France est en avance. Bien sûr, il faut en permanence faire mieux et aller plus loin parce que la menace évolue.

Q - Vous parliez tout à l'heure des réactions des Européens face à cet acte qui a eu lieu à l'aéroport de Leipzig. Vous disiez que la France allait avoir des actes aussi pour condamner ça. Mais en Allemagne, on a vu le doublement des effectifs de l'unité fédérale anti-drones. En Lituanie, des armées autour des terminaux gaziers et pétroliers être installées. En Lettonie, protection du grand barrage aussi près de Riga qui est une réserve de gaz. Les exemples se multiplient. En France, vous avez fait appel. Vous avez appelé l'ambassadeur de Russie et après quelles sont les conséquences de ce qui s'est passé ?

R - Non, il ne faut pas tout mélanger. Nous avons convoqué le chargé d'affaires, c'est-à-dire le bras droit de l'ambassadeur de Russie en France, pour exprimer notre vive protestation contre cet acte d'agression contre l'Allemagne, mais en réalité contre nous. Parce que chaque fois qu'un pays européen, qu'un pays de l'Union européenne est ainsi attaqué, c'est au fond l'Union européenne qui est attaquée. Parce que ce que déteste la Russie, j'entendais la chronique tout à l'heure sur l'Allemagne, c'est ces liens de solidarité que nous avons entre nous et qui font que nous sommes si forts et que nous avons la capacité à nous défendre. Ensuite, les pays du flanc Est, du flanc oriental de l'Union européenne prennent un certain nombre de dispositions et de protections et nous les y aidons. Nous avons, rappelons-le, des soldats qui sont en Estonie, qui sont en Roumanie et qui contribuent par leur présence à dissuader Poutine de mener des gestes agressifs à l'encontre de l'Europe. Par ailleurs, lorsque, je le disais tout à l'heure, des drones sont entrés sur le territoire de l'OTAN, nous avons à plusieurs reprises contribué à les neutraliser, notamment par la mobilisation des avions de chasse français.

Q - Jean-Noël Barrot, c'est vous qui avez signé dans les colonnes du JD News une tribune dimanche dernier sur la cathédrale Saint Jean-Baptiste, et puis il y a deux jours encore, un autre article évoquant une soi-disant désinformation du journal Le Monde. 

R - Je suis très étonnée, comme vous semblez l'être, de voir que Mme Fedorova, qui, nous l'avons démontré, n'est pas une journaliste, mais une agente...

Q - C'est elle donc qui continue de signer, qui continue d'écrire dans le JD News encore cette semaine.

R - Une agente d'ingérence au service de la Russie, une agente de subversion, qui a été expulsée du territoire national après avoir été expulsée de l’Allemagne, après avoir été sanctionnée par l'Union européenne, considérant qu'elle est en réalité une propagandiste du Kremlin, très étonné et je dois dire assez affligé de voir que des grands groupes de médias - la liberté éditoriale est sacrée - mais de les voir ouvrir leur colonne ou leur studio à quelqu'un dont toutes les forces politiques de ce pays considèrent que nous avons eu raison de l'expulser tant les faits sont avérés.

Q – Toutes les forces politiques : en l’occurrence non. On entend quand même certaines critiques liées à la liberté d'expression, on l'entend quand même parfois.

R - Je vous invite à consulter les positions qui ont été prises par les forces politiques de l'ensemble du spectre. Toutes ont reconnu que nous avions eu raison d'expulser Mme Xenia Fedorova parce que c'est une agente de l'étranger.

Q - Est-ce que vous savez où elle se trouve aujourd'hui ?

R - Je ne sais pas, parce que je n'ai pas son agenda, il ne m'intéresse pas. En revanche, je souhaite que chacun puisse être mis face à ses responsabilités. Et quand on est un groupe de médias et qu'on fait la programmation de ses émissions et de ses invités, on doit pouvoir s'expliquer devant les Français.

Q - Mais quand même, Jean-Noël Barrot, mercredi soir, CNews a annoncé à ses téléspectateurs que Xenia Fedorova reviendrait bientôt à l'antenne en visio depuis l'étranger. Est-ce que vous n'avez pas l'impression que ce groupe de médias, que vous citez là, nargue, en quelque sorte le gouvernement sur cette question ?

R - Je crois surtout qu'il fait des choix que les Français ne vont pas comprendre. Pourquoi ouvrir ses studios, ses colonnes, donner des opportunités, donner des ressources médiatiques, du temps médiatique à quelqu'un dont il est avéré qu'il travaille au service de la Russie, contre la France et contre l'Union européenne. 

Q - Les ingérences, ce n'est pas seulement Fedorova. Cet été, le parquet de Paris a ouvert des enquêtes pour ingérences russes visant Gabriel Attal, Édouard Philippe, Raphaël Glucksmann. Là aussi, comment la France se prépare ? Comment l'État français même pense organiser les élections présidentielles d'une manière où la Russie, et d'autres d'ailleurs, ne pourront pas interférer dans les résultats.

R - Je vois dans ces enquêtes et ces informations judiciaires le fruit du travail que nous avons réalisé depuis 2021 pour être en mesure de protéger l'intégrité de nos processus électoraux, et donc de nos élections contre toute forme d'ingérence. Je m'explique.

Q - Ces enquêtes, c'est la preuve que ça fonctionne ?

R - Oui, puisqu’aux élections municipales, pour la première fois, nous avons déployé un dispositif complet de surveillance de ces élections contre les ingérences étrangères, d'information des candidats. Et ces habitudes de travail que nous avons prises ont permis effectivement de pointer du doigt quand ingérence il y avait. 

Q - Quelles sont ces habitudes concrètement ? Quelles sont ces habitudes de travail ?

R - Nous avons en 2021 créé un service à la demande du président de la République qui a pour expertise, pour savoir-faire, de détecter quand une manœuvre provient de l'étranger et qu'elle vise à perturber le débat public ou les élections, et notamment quand ça se passe sur Internet. Il faut un savoir-faire particulier et ce service est assez étonnant, puisqu'il rassemble à la fois des experts de la donnée, des experts d'Internet, mais aussi des géographes, des historiens qui mettent en commun leur expertise pour faire cette détection. Ensuite, dans le cadre d'une campagne, il faut un comité de coordination, si vous voulez, avec ce service de détection qui informe en temps réel les forces politiques pour qu'elles puissent connaître les activités qui pourraient perturber le scrutin. Ce dispositif de l'avis général a parfaitement fonctionné pour protéger les élections municipales. Et c'est sur cette base-là, avec un texte juridique, un texte de loi qui va être adopté d'ici là, que nous allons protéger les scrutins de 2027, élection présidentielle et puis élections législatives, si devait y en avoir.

Q - Donc vous pouvez nous dire ce matin, Jean-Noël Barrot, que la campagne qui démarre, les élections présidentielles de 2027 se dérouleront sans accroc du point de vue des ingérences étrangères. 

R - Je vous dis que nous avons pris de l'avance, que nous faisons au mieux. Évidemment, c'est une menace, là encore, qui évolue. On ne peut pas tout prévoir à l'avance. Mais je dois dire, quand je regarde autour de nous, dans les autres pays européens, que nous sommes assez exemplaires sur la protection de notre débat public et de nos élections.

Q - Jean-Noël Barrot, le contexte international, c'est aussi la guerre au Moyen-Orient qui se poursuit avec le risque d'une nouvelle escalade entre les États-Unis et l'Iran. Au mois de mars, la France prenait part à ce conflit en déployant notamment le Charles de Gaulle en Méditerranée orientale. Il y a deux mois, on apprenait que le Charles de Gaulle était rentré à Toulon. Qu'en est-il aujourd'hui de la présence de la France dans le détroit d'Ormuz notamment ?

R - Dans le détroit d'Ormuz, ou pour le détroit d'Ormuz si je puis dire, nous nous tenons prêts à déployer cette mission internationale que la France...

Q - L’opération de déminage, c’est ça ?

R - Oui, que la France et le Royaume-Uni ont lancé, ont commencé à préparer il y a plusieurs mois avec plusieurs dizaines de pays, de manière indépendante des parties au conflit, dans une posture strictement défensive, pour s'assurer qu'une fois que les conditions le permettront, le trafic puisse reprendre le plus rapidement possible. Pourquoi ? Parce que cette guerre que nous n'avons pas soutenue, que nous n'avons pas choisie, aujourd'hui, c'est nous qui en payons le prix. Le prix à la pompe, le prix sur notre économie, le prix sur nos recettes fiscales et donc sur les contraintes qui s'exercent sur le budget, le prix sur le pouvoir d'achat des Français.

Q - Mais là, le retour du Charles de Gaulle, alors à quoi a-t-il servi, en somme ?

R - Le Charles de Gaulle était déployé dans la région, vous vous en souvenez, parce que je sais qu'une actualité en chasse l'autre. Mais souvenez-vous que dès les premiers jours de cette guerre, la France a déployé des moyens militaires considérables pour la protection de nos ressortissants dans la région, pour la protection des pays qui sont nos amis ou nos alliés et qui étaient pris pour cible par l'Iran. Le Charles de Gaulle était sur place. Le président de la République a décidé qu'il puisse y rester un peu plus longtemps pour préfigurer cette mission internationale en espérant que l'Iran et les États-Unis, qui avaient trouvé un accord, le respecteraient ; que le détroit d'Ormuz réouvrirait et que cette mission pourrait accompagner d'abord les activités de déminage et peut-être même la circulation des navires, parce que ce détroit d'Ormuz reste un nœud du commerce international. Et donc quand il est bloqué, ça a des conséquences majeures. Mais je vais vous dire quelque chose. 

Q - On en est loin, vous êtes d’accord, on en est loin ?

R - Notre priorité, c'est aussi de ne plus jamais nous trouver dans cette situation, de ne plus jamais tomber dans ce piège. Et donc, tout cet été, avec nos partenaires dans la région, et avec nos partenaires européens…

Q – Ce piège, c’est-à-dire se laisser embarquer malgré nous dans une guerre ?

R - Non, ce piège, c'est de se retrouver bloqué dans nos importations, etc., par un conflit qui n'est pas le nôtre et que nous n'avons pas choisi. Et donc, tout l'été, avec nos partenaires dans la région et avec nos partenaires européens, nous avons commencé à préfigurer, à réfléchir à ce que seraient les routes commerciales alternatives pour ne plus être dépendants de ces détroits qui sont, dans un monde brutalisé, pris en otage par des puissances qui, en quelque sorte, veulent faire du chantage et extraire de la part de la communauté internationale des concessions inacceptables.

Q - Dans cette actualité internationale qui est très sombre, vous le reconnaîtrez, une bonne nouvelle toutefois avec l'annonce de la libération des réalisateurs Gaël Mocaër et Sebastian Pérez-Pezzani qui étaient détenus au Togo. Ils sont finalement rentrés hier matin en France. On a entendu le témoignage de Gaël Mocaër dans le journal. Qu'est-ce qui a débloqué le dossier après cinq semaines de détention ? Qu'a garanti la France en échange de ces libérations ?

R - Ce qui a débloqué la situation, c'est le travail de la diplomatie. Parce que la diplomatie, c'est d'abord et avant tout la protection des Français en France et à l'étranger. Et dans le respect de la souveraineté du Togo, c'est exactement ce que nous avons fait. Et je veux saluer la mobilisation de nos agents sur place, de nos agents au Quai d'Orsay, me féliciter du résultat positif de cette mobilisation à tous les niveaux du terrain jusqu'au président de la République en passant par le Quai d'Orsay et par moi-même.

Q - Et sur Christophe Gleizes, alors notre confrère détenu en Algérie depuis mai 2024, est-ce que là aussi le travail diplomatique permet d'avancer concrètement pour lui permettre d'être libéré un jour ?

R - Nous exigeons sa libération immédiate et inconditionnelle. Il n'y a plus aucune justification, il n'y en a jamais eu, mais il n'y a plus rien qui s'oppose à sa libération. Nous lui avons rendu visite la semaine dernière. Il va bien, il est très solide en dépit de l'épreuve qu'il traverse. Nous sommes en lien constant avec ses proches et sa famille, dont je veux saluer là encore la dignité dans cette épreuve. Et je sais que nous parviendrons à obtenir sa libération.

Q - Alors vos propos vont réagir évidemment nos auditeurs et auditrices. Michel vous demande : « Ne peut-on pas douter de notre défense contre les cyberattaques russes quand on voit le piratage du ministère des Finances ? ».

R - Je crois qu'il faut différencier les sujets. Il y a ce que l'on appelle les cyberattaques, on dit dans le jargon, du haut du spectre, c'est-à-dire celles qui sont lancées par des puissances étrangères avec beaucoup de moyens. Et sur cette question-là, nous avons développé des compétences qui sont reconnues dans le monde entier. Nous avons une agence nationale, l'ANSSI, celle qui nous a précisément aidés à protéger les gens...

Q - L’agence nationale de la sécurité informatique. 

R - Voilà, cette agence, le monde entier nous l'envie. Alors, je ne dis pas qu'on évitera toutes les attaques, mais on est mieux armés que bien des pays du monde pour y faire face. S'agissant...

Q - C'est un peu paradoxal, on est plus forts pour contrer les grosses attaques, si je puis dire, et en revanche, plus faibles pour les plus petites ?

R – Oui c’est paradoxal. Oui, on vit dans un monde brutalisé où la menace évolue en permanence. Et donc, je ne dis pas que l'attaque est plus petite. Moi aussi, j'ai été concerné par... 

Q - Vous avez été piraté ?

R - J'ai reçu le mail, comme beaucoup de Français, et j'ai ressenti une forme d'inquiétude, comme beaucoup de Français. Mais ne confondons pas, il ne s'agissait pas là d'une cyberattaque lancée par une puissance étrangère comme la Russie pour nous déstabiliser, il s'agissait de tout autre chose. Et il s'agissait en quelque sorte d'une nouvelle menace sur laquelle nous allons nous mobiliser sous l'autorité du Premier ministre pour apporter des réponses et pour protéger les Français. Il ne faut pas tout mélanger, mais on est sur tous les fronts.

Q - Une autre question de Patrice sur l'application de Radio France qui nous dit « Depuis le début conflit en Ukraine, pourquoi allons-nous crescendo dans les représailles ? Pourquoi nous n'avons pas mis les moyens dès le début pour stopper Poutine ? » Et je prolonge sa question. Est-ce que vous discutez toujours, le gouvernement français, est-ce que vous discutez toujours avec Vladimir Poutine ?

R - Alors d'abord, nous avons, nous France, amené les Européens à changer considérablement leur posture pour répondre à la question. Au départ, souvenez-vous, les Européens étaient tétanisés à l'idée de soutenir l'Ukraine. Même l'idée d'envoyer des sacs de couchage et des jumelles soulevait des hésitations, des questionnements profonds. C'est la France qui a dit « Non, non, on ne peut pas accepter ce qui est en train de se passer à nos portes, parce que si l'Ukraine devait tomber, c'est à la fin de l'Union européenne qui serait prise pour cible ». Et donc nous avons fait changer l'attitude des Européens sur ces questions. Quant à notre posture dans cette période que nous traversons et qui est marquée par ces attitudes escalatoires de Vladimir Poutine, il faut rappeler les principes. L'agresseur, c'est Vladimir Poutine. Celui qui fait l'escalade, c'est Vladimir Poutine. Nous, nous répondrons toujours lorsque nous sommes ciblés, mais nous ne cherchons pas l'escalade et surtout nous ne cherchons pas la guerre. Nous, ce que nous voulons, c'est la paix. Et donc nous allons continuer à soutenir l'Ukraine, à exercer de la pression sur la Russie qui est l'envahisseur et nous allons continuer à préparer la paix. Vous savez que nous le faisons depuis plus d'un an maintenant avec cette Coalition des volontaires qui est prête, une fois que la paix sera conclue, à se déployer pour qu'elle soit garantie, qu'elle soit durable.

[…]

Q - Merci beaucoup, Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères.

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