« France Info radio » - Entretien de Pascal Confavreux, porte-parole du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères

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Le : 02 septembre 2026

Q - Merci d'avoir accepté l'invitation de France Info. Vous êtes le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Est-ce que la France est-elle aussi convaincue que l'ombre du Kremlin plane sur cette affaire de drones chargés d'explosifs à Leipzig ?

R - Oui, tout à fait. Elle est à la fois convaincue et elle suit tout à fait l'analyse allemande de l'établissement de la responsabilité russe. Elle est ensuite en pleine solidarité avec l'Allemagne. Vous savez que plusieurs pays font face à des attaques hybrides qui sont de nature escalatoire. On a parlé des drones en Europe de l'Est, mais la France aussi fait face à des attaques hybrides, qu'elles soient dans le champ informationnel, qu'elles soient aussi dans le champ cyber. Et puis, par la voix du président de la République et puis du ministre Jean-Noël Barrot ce matin, elle a indiqué que ces attaques ne seraient pas sans conséquence. C'est-à-dire que nous allions soutenir de nouvelles sanctions, notamment au niveau européen. On travaillera avec Bruxelles. Vous savez qu'il y a déjà eu 21 trains de sanctions.

Q - Justement, pas très efficaces. Donc, vous continuez quand même ?

R - « Ils ne sont pas très efficaces » : je ne suis pas d'accord. 500 milliards !

Q - Ça n'empêche pas Vladimir Poutine de poursuivre sa campagne anti-Europe.

R - Ça n'empêche pas de poursuivre. Par contre, ça l'entrave énormément. 500 milliards de dollars ont été privés, disons, pour le régime russe, dans le cadre de sa guerre d'agression russe. Je vous rappelle quand même, si vous remettez en février 2022, la Russie devait gagner la guerre en trois semaines. On est quand même quatre ans après. C'est donc plus long que la Première Guerre mondiale. Donc non, en réalité, sur le terrain économique, sur le terrain militaire et même sur le terrain politique, la Russie est en échec.

Q - Il y a le chargé d'affaires russe à Paris qui était cet après-midi dans le bureau du chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, qu'il avait convoqué pour, semble-t-il, protester très vivement contre cette attaque. Comment s'est passé ce rendez-vous ?

R - Alors, il a été convoqué au niveau du directeur de la zone concernée. Jean-Noël Barrot est en ce moment en Irlande pour une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne, qui d'ailleurs montre l'unité, la détermination des Européens face en particulier à l'agression russe de l'Ukraine. Il sera d'ailleurs demain en Allemagne, à Weimar, dans ce qu'on appelle le format Weimar, c'est-à-dire en fait des consultations des ministres des Affaires étrangères polonais et allemand, dans lesquels ils vont notamment évoquer les attaques hybrides russes qui nous concernent tous. Donc non, le chargé d'affaires qui, en l'absence de la présence de l'ambassadeur russe en ce moment sur le territoire national, a été convoqué cet après-midi au niveau du directeur, dans lequel nous lui avons réitéré la responsabilité très claire établie par l'Allemagne de la Russie derrière ces extrêmement graves incidents. Notre solidarité.

Q - Est-ce qu'il reconnaît l'implication de la Russie ?

R - Alors, vous savez que, déjà, je ne suis pas son porte-parole, mais ensuite, vous savez que la lecture de l'agression russe de l'Ukraine est un petit peu différente à Moscou et en Europe.

Q - Donc, vous ne répondez pas à cette question ?

R - Non, je ne suis pas là pour dire ce qui se passe dans les... Par contre, quand on convoque un État... C'est très fort quand même, hein, en diplomatie. C'est dans la grammaire diplomatique.

Q - Justement, comment l'a pris ce chargé d'affaires ?

R - Lui, il est déjà là pour, disons, encaisser et entendre ce que nous avons à lui mettre devant les yeux, de manière très claire, et ensuite, effectivement, leur faire passer nos messages très directement.

Q - Quand la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne appelle à passer à un niveau supérieur pour mettre fin à la guerre en Ukraine, qu'est-ce qu'elle veut dire exactement ? C'est quoi l'étape supérieure ?

R - L'étape supérieure, c'est déjà de nouvelles sanctions. Donc ça, nous nous y préparons. C'est aussi la poursuite du soutien à l'Ukraine. Vous savez que nous avons, en décembre dernier, adopté un plan de 90 milliards qui a déjà été mis en œuvre, 90 milliards sur deux ans. Donc 11 milliards ont été décaissés, 22 milliards sont engagés. C'est ça, c'est cette solidarité européenne qui permet à l'Ukraine de tenir dans le temps et de, disons, soutenir avec ce que nous pouvons faire, ce formidable courage des Ukrainiens face à l'agression russe.

Q - Donc vous le dites ce soir sur France Info, la France, l'Europe vont continuer à venir en aide à l'Ukraine qui se défend contre l'agression russe. 

R - Tout à fait.

Q - Est-ce que tout de même, vous craignez une division à un moment ou à un autre au sein de l'Union européenne ?

R - C'est probablement le pari russe. Je constate que ce n'est pas du tout le cas. Il y a une unité qui est d'ailleurs formidable entre ces 27 membres de l'Union européenne. Vous savez qu'à l'initiative de la France, du président de la République, du ministre des armées et du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, nous avons organisé ce qu'on appelle la coalition des volontaires. La coalition des volontaires, c'est une coalition des États européens - mais plus largement, pas uniquement l'Union européenne - qui a eu une coordination notamment avec les Américains, pour à la fois offrir des garanties de sécurité, une fois que les Russes seraient prêts à négocier, ce qui n'est pas encore du tout le cas, et puis ensuite poursuivre effectivement ce soutien à l'Ukraine. Et très concrètement, par exemple, le 13 juillet dernier ou le 24 août dernier, nous avons fait des annonces d'envoi d'intercepteurs, c'est-à-dire qu'en fait, des missiles antibalistiques qui viennent protéger les civils, notamment ukrainiens, qui sont visés par des missiles balistiques russes ; ou bien une coalition antibalistique. Donc là, c'était mettre ensemble des industriels européens pour venir aider l'Ukraine à fabriquer ou à recevoir des missiles antibalistiques qui les protégeront.

Q - Une dernière question, Pascal Confavreux, sur un autre sujet. Quelles sont les dernières infos dont vous disposez au Quai d'Orsay sur les quatre touristes français portés disparus après la coulée de boue au Népal ?

R - Déjà, une formidable mobilisation et un lien avec les autorités népalaises de par notre ambassade sur place. Nous n'avons pas plus d'éléments que ce que nous avons dit il y a quelques jours, à savoir que tous les éléments font converger sur le fait qu'ils sont portés disparus.

Q - Une chance de les retrouver vivants ? Une semaine après...

R - Je n'ai pas plus d'éléments. Ils sont portés disparus et ce seront aux autorités locales, auxquelles nous apportons tout notre soutien, de déterminer tout cela.

Q - Il n'y a pas d'autres Français qui manquent à l'appel, ça vous en êtes certain ?

R - Non, nous n'avons pour l'instant dans nos éléments que ces quatre ressortissants. Mais si vous me permettez un dernier élément, ce vendredi et ce samedi se tiendront à Paris, la Fabrique de la diplomatie, où là on attend 20.000 personnes, à l'université, pour justement pouvoir parler de tous ces sujets avec des présences de prix Nobel de la paix, de très grands responsables français ou étrangers de la diplomatie, pour évoquer tous ces sujets et notamment le risque et les menaces russes hybrides.

Q - Dans quelle université ça va se passer ?

R - Ça va se passer près de la place de la Nation, à la Sorbonne. 

Q - Merci beaucoup d'être venu nous voir dans le 17/20 de France Info, Pascal Confavreux, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

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