Entretien de Pascal Confavreux, porte-parole du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, avec TV5 Monde - Extraits Russie Ukraine Conflits Interventions médias Le : 14 octobre 2026 Q - Demain la guerre ? C'est la question de cette émission spéciale avec nous autour de la table, Pascal Confavreux, bonsoir, soyez le bienvenu. Vous êtes diplomate, porte-parole du ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères. […] Pascal Confavreux, ma première question est pour vous. Quel est l'état de la menace ? Vladimir Poutine, vous l'avez entendu, il dit qu'il n'y a aucune menace. R - L'état de la menace, il est documenté. Le dernier grand document en l'espèce, c'est le livre blanc de la Défense, c'est juin 2025, qui parlait de cette menace, en évoquant évidemment une menace d'origine russe principalement, mais une nature de la menace qui a changé, qui a augmenté, qui est hybride dans le domaine cyber ou dans le champ informationnel, qui reste sous le seuil de conflictualité ouverte, comme on dit, et qui montre que la France est particulièrement visée, notamment depuis février 2022. C'est probablement quelque chose qu'on paie en réalité du fait de notre soutien à l'Ukraine depuis lors. Mais, là, ce sont des chiffres de la Commission, par exemple, dans le champ informationnel, la France est le pays le plus attaqué, après l'Ukraine, en termes d'attaques informationnelles par la Russie. C'est escalatoire ces dernières semaines, ces derniers mois. Vous le voyez avec l’attaque au drone à l'aéroport de Leipzig, vous le voyez avec les fusées éclairantes qui venaient menacer un bateau au large du Danemark, vous le voyez aussi avec une incursion d'un drone russe qui a été très vite déjouée par les forces de l'OTAN en Lituanie. Donc on voit que cette menace, elle l'augmente, que ça a pour objectif probablement double, à la fois de diminuer notre soutien à l'Ukraine et d'augmenter la polarisation dans nos sociétés. C'est quelque chose qu'on a vu aussi dans le champ informationnel, je ne sais pas si vous vous rappelez, mais par exemple les étoiles bleues de David peintes au pochoir dans les rues de Paris ou les cercueils qui étaient déposés en bas de la tour Eiffel. Q - Pour semer la zizanie et diviser la société française. R - Pour semer un peu du chaos informationnel et dire « qu'est-ce qui se passe, est-ce que c'est des communautés qui se... » Donc voilà, ça, on en est conscient, on le voit, on le met dans le champ informationnel, on veut augmenter la résilience et puis après on vous expliquera un peu les réponses qu'on entend apporter. Q - Et on va développer évidemment. […] Q - On va s'arrêter sur cet événement majeur que vous avez évoqué, Pascal Confavreux. Incident officiellement attribué par l'Allemagne à la Russie. Il s'agit de l'attaque de drone contre l'aéroport de Leipzig en plein été au mois d'août. […] Q - « Terrorisme d'État », vous reprenez ce mot, vous, au sein du ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères ? R - Je dirais qu'il y a une forme de guerre de l'ombre, avec à la fois la difficulté à attribuer formellement les choses et le caractère masqué de ces différentes attaques. Et notre travail collectif en interministériel, c'est de pouvoir se préparer aux différents scénarii et de pouvoir répondre à ces différentes menaces. Donc on travaille actuellement à notamment des plans de sécurisation des infrastructures critiques ou des sites sensibles, des bases industrielles et de défense. […] Q - C'est faux ça ? La France ne continue pas à acheter des hydrocarbures ? R - Alors déjà, sur Leipzig, nous avons tout à fait soutenu en pleine solidarité et pour aller tout à fait dans le sens de la députée, tout à fait soutenu à la fois le caractère terroriste et l'attribution au GRU. Il y a eu, je pense, un avant et un après d'ailleurs aussi dans notre perception, dans notre réponse à ça. Et nous, nous sommes en plein respect des sanctions européennes contre les hydrocarbures. Vous savez que les hydrocarbures, que ce soit pétrole, sont interdits et que le GNL, depuis septembre de cette année et à partir de janvier 2027, seront totalement interdits. […] Q - Une petite réaction, à vous, Pascal Confavreux. Étonnant de voir ces images, cette carte avec ce pourtour méditerranéen qui est à portée de tirs. R - Je vous confirme que déjà, nous n'avons pas eu effectivement ce rapport. Cette information a été démentie à différents niveaux. Et après, la menace, elle peut être très multiforme, très diverse. Il y a beaucoup de scénarii qui circulent. Notre travail collectivement, encore une fois, c'est de voir, d'imaginer ce que cela peut être. Mais il n'y a pas forcément besoin d'imaginer, on la voit déjà en bonne partie. Il ne faut pas être non plus dans l'autre sens, c'est-à-dire, parce que je voyais, l'Europe est-elle déjà au bord de la guerre, etc. Non, comme nous disait aussi Madame la députée, nous ne sommes pas en guerre, mais nous devons être prêts. Et c'est ça qui est… cette augmentation, d'une part, de la résilience des sociétés, une augmentation aussi de la conscience de ces risques pour nos concitoyens. C'est une partie du rôle qu'on fait, et notamment dans la bataille des récits ou dans la guerre informationnelle. C'est ce qu'on fait notamment au Quai d’Orsay. […] Q - Pascal Confavreux, est-ce que la France ne doit pas faire plus notamment ? R - Déjà je voudrais dire notamment en réaction à vous qu'il y a une formidable unité des Européens. Et je pense que c'est quelque chose contre laquelle le régime russe pariait. Et là, on est à plus de quatre ans et demi de... Q - Vous dites ça parce que Victor Orbán n'est plus au pouvoir en Hongrie ? R - Non, mais parce qu'on est à 21 trains de sanctions. On a adopté au Conseil des Affaires étrangères lundi dernier à Luxembourg, avec le ministre Jean-Noël Barrot, 1600 nouvelles entités contre le régime russe, contre le régime des drones russes, contre leurs dirigeants. 1600, ça nous fait passer de 3000 à 4600, c'est 50% de plus de sanctions. Donc c'est énorme. Et à chaque fois, pour avoir ces sanctions, il faut une unanimité. Donc en fait, il faut aussi quand même se mettre dans l'idée que ce dont on parle là, c'est quand même partagé avec les 27 États membres et que c’est quand même assez remarquable. […] Q - Je vous remercie d'avoir été avec nous Pascal Confavreux, porte-parole du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, merci à vous. Contenus qui pourraient vous intéresser Situation à Gaza - Réponse de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des… Israël/Palestine Conflits 14 octobre 2026 Incident survenu à la base aérienne Royal Air Force de Fairford Les ministres des affaires étrangères de l’Allemagne, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, la Bulgarie, le Canada, la Croatie, le… Iran Conflits 12 octobre 2026 Entretien de M. Pascal Confavreux, porte-parole du ministère de l’Europe et des… Russie Ukraine Conflits 12 octobre 2026
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