Entretien de M. Pascal Confavreux, porte-parole du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, avec France Info radio

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Le : 12 octobre 2026

Q - Alors que Donald Trump a une nouvelle fois retourné sa veste et pris fait et cause pour Vladimir Poutine en demandant le départ de Volodymyr Zelensky et de nouvelles élections en Ukraine, mais aussi en annonçant un accord au sujet du diesel avec Moscou et unilatéralement une trêve dans les attaques d'infrastructures énergétiques. La présidence russe a refusé d'ailleurs de dire aujourd'hui si une trêve avec l'Ukraine dans les attaques sur ses infrastructures était en vigueur. Le président ukrainien a, lui, jugé aujourd'hui de plus en plus évident que la Russie avait déjà rejeté cette trêve au vu des frappes qui ont touché notamment des infrastructures aujourd'hui dans le pays. Bonsoir Pascal Confavreux. 

R - Bonsoir.

Q - Vous êtes porte-parole du Quai d'Orsay. Quelle réponse de l'OTAN, de l'Europe, de la France à cette volte-face de Donald Trump ? Est-ce que tout cela a pris la France et les Européens de court ?

R - Évidemment que nous sommes tous pour une trêve sur les infrastructures énergétiques. On est même aussi pour une trêve sur la liberté de navigation dans la mer Noire. Mais pour qu'un cessez-le-feu fonctionne, il faut qu'il soit respecté des deux côtés. Et donc oui pour un cessez-le-feu, mais non pour céder face à la Russie. D'ailleurs, c'était la réponse qui a été apporté aujourd'hui au Conseil des Affaires étrangères qui était à Luxembourg, des ministres des Affaires étrangères, où nous avons poursuivi le soutien à l'Ukraine, augmenté la pression sur la Russie en augmentant le nombre de sanctions, et donc avec 1600 nouvelles entités ou individus placés sous sanctions, et continué à préparer la paix, mais une fois que la Russie sera disposée à venir à la table des négociations.

Q - Quelles sanctions nouvelles ont pris les 27 contre la Russie ?

R - Alors, d'un côté, 1600 sanctions, il faut se rendre compte, depuis 21 paquets de sanctions depuis février 2022, on en avait 3000. Donc là, d'un coup, on a 50% d'augmentation, on passe de 3000 à 4600. Dans ces 1600, en fait, c'est essentiellement des chaînes de production, des missiles ou des drones qui viennent taper en Ukraine. Et les individus sont en fait les dirigeants de ces entreprises. Et puis, il y a aussi 77 autres sanctions qui, elles, vont toucher ceux qui ont été liés aux mascarades d'élections à la Douma qui ont eu lieu, vous savez, il y a quelques semaines, dans les territoires ukrainiens occupés par la Russie. Donc voilà, ça, c'est extrêmement important. Ça a montré qu'il y avait les 27 États membres qui étaient unis, parce que pour avoir de nouvelles sanctions, il faut pouvoir être unis, en unanimité. Donc il y a cette unité de l'Union européenne qui s'est poursuivie dans le soutien à l'Ukraine et dans l'augmentation de la pression sur la Russie.

Q - Est-ce qu'il va y avoir des sanctions, des limitations pour des déplacements des diplomates ou encore l'octroi de visas touristiques pour les citoyens russes ?

R - Alors c'est un des autres aspects, mais en effet nous avons constaté ce matin un accord politique pour le principe de restriction de l'accès des anciens combattants russes en Ukraine pour pénétrer sur le territoire de l'Union européenne. Alors désormais il y a encore un travail technique qui doit être fait pour identifier et faire la mise en place de cette mesure, mais c'est effectivement ce qui a été constaté ce matin. Et puis, ça, c'était ensuite depuis à peu près un peu plus d'un an, il y a effectivement des restrictions visant les diplomates russes en poste en Europe, où ils doivent notifier tout déplacement en dehors de leur pays d'affectation.

Q - Pascal Confavreux, aujourd'hui, le vice-Premier ministre russe en charge de l'énergie indique avoir vendu aux pays européens 320 milliards de dollars d'hydrocarbures depuis 2022 malgré les sanctions. Est-ce que ça veut dire qu'on peut douter de l'efficacité de ces sanctions et que l'on reste malgré tout dépendant des hydrocarbures russes ?

R - Il y avait une très grande dépendance au début de l'agression totale de la Russie sur l'Ukraine et qui s'est progressivement diminuée, à être quasiment nulle au regard du pétrole et qui est en descente très forte au regard du gaz. Ce qu'il faut surtout retenir, c'est que nous avons privé, grâce à ces 21 trains de sanctions, et nous espérons bientôt 22, le régime russe de 500 milliards d'euros de recettes possibles qui auraient été sans quoi immédiatement engloutis dans son effort de guerre face à l'Ukraine. Donc non, il n'y a pas de faille dans ces sanctions vis-à-vis, en tout cas, de la consommation en Europe de ces hydrocarbures. Par contre, il y a effectivement des tentatives de contournement par le régime russe de ces sanctions. Et ces tentatives, nous évoluons aussi. Donc c'est ça, ces évolutions de sanctions mois après mois. Et le dernier exemple en date, c'est les arraisonnements de navires de la flotte fantôme. Il vient d'y avoir un arraisonnement, il y a quelques heures, au large de La Réunion, à 450 000 nautiques de la Réunion, d'un pétrolier qui avait un pavillon de complaisance, qui s'appelle le DF Peak, et qui, en gros, participait effectivement au contournement des sanctions européennes face à tout le système énergétique russe.

Q - Merci Pascal Confavreux, porte-parole du Quai d'Orsay, d'avoir répondu à nos questions sur France Info.

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