Élections en Serbie et au Brésil - Réponse de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, à une question au gouvernement, en séance publique, à l’Assemblée nationale Brésil Serbie Gouvernance Interventions au Parlement Le : 27 octobre 2026 Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les députés, Monsieur le Président Bruno Fuchs, Vous l'avez rappelé, dimanche dernier, les élections en Serbie et au Brésil en ont fait la démonstration éclatante : la démocratie n'a pas dit son dernier mot. A tous ceux qui prédisent son déclin, qui nous annoncent la fin de l'héritage des Lumières, qui voudraient nous faire croire au caractère inéluctable des solutions réactionnaires et autoritaires, les électeurs serbes et brésiliens ont apporté un démenti cinglant. Et pour toutes celles et ceux qui, partout dans le monde aujourd'hui se battent pour la dignité d'écrire leur propre histoire, d'être acteurs de leur propre vie. Pour tous ceux qui se battent pour la démocratie, ces deux résultats, ces deux élections sont une source d'espérance véritable. En Serbie, vous l'avez dit, c'est une génération qui s'est levée, qui a refusé la fatalité, qui s'est mobilisée pendant deux ans pour défendre l'État de droit et qui a démontré que de toutes les armes du monde, c'est le bulletin de vote qui est le plus puissant. Et au Brésil, c'est un grand peuple qui a fait vivre le pluralisme démocratique et qui a déjoué tous les pronostics. Avec ces deux peuples, le peuple serbe, le peuple brésilien, la France a vocation à nouer des liens toujours plus étroits au service de nos intérêts pour défendre la souveraineté de nos pays, mais aussi cet ordre international né après la Deuxième Guerre mondiale, comme vous l'avez rappelé. Mais, Monsieur le Président, la grande leçon de ces deux scrutins, c'est quoi ? Eh bien, c'est qu'une élection n'est jamais jouée d'avance. Ne jamais décider à la place du peuple, ne jamais préempter son choix souverain. Et quoi qu'en disent les sondages, et si forts soient les vents contraires, une élection n'est ni gagnée ni perdue jusqu'à l'ouverture des urnes. Voilà une leçon qu'à mon avis, certains d'entre nous feraient bien de méditer.