Discours d’ouverture de Nicolas Forissier, ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargé du Commerce extérieur et de l'Attractivité à l'occasion de l'événement "Entreprises à l’international, la volonté de conquête"

  • Commerce extérieur

Discours

Le : 24 septembre 2026

Mesdames et Messieurs les parlementaires,

Mesdames et Messieurs les élus locaux,

Mesdames et Messieurs les chefs d’entreprise,

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis, vous venez de voir quelques images de ces derniers mois. Ce n’est pas un bilan personnel. Je voulais vous montrer ces images parce qu’elles disent assez bien ce que je crois profondément depuis que j’ai pris mes fonctions il y a un an : c’est sur les marchés mondiaux que se joue l’avenir de notre pays. Le commerce international, le développement international de nos entreprises sont plus que jamais des sujets de premier plan. Plus que jamais, nous devons avoir un esprit de conquête, ouvert sur le monde !

J’ai beaucoup voyagé ces derniers mois. J’ai aussi reçu, depuis octobre 2025, plus de 200 entreprises. Et partout, le constat est le même : le monde économique est devenu plus politique, plus incertain et plus concurrentiel que jamais. ll faut mouiller la chemise, entreprises comme politiques. Si nous n’allons pas à la conquête des marchés, d’autres les prendront. Plus que jamais, nous devons diversifier nos débouchés commerciaux, sécuriser nos chaines d’approvisionnement, nous emparer des accords commerciaux signés par l’Union européenne, aller chercher les investissements, les technologies et les talents dont nous avons besoin en France et conclure autant de partenariats de long terme que possible avec les pays qui jouent le jeu.

Car le monde dans lequel nos entreprises évoluent n’est plus celui d’il y a dix ans, ni même celui d’il y a cinq ans. Je ne vais pas vous infliger un long développement sur la géopolitique. Car vous l’observez comme moi si ce n’est mieux. La guerre en Ukraine, le blocage du détroit d’Ormuz et l’incertitude sur celui de Bab-el-Mandeb nous ont rappelé brutalement à la réalité concernant nos approvisionnements énergétiques. Les États-Unis assument une politique commerciale, avec leurs droits de douane, et une diplomatie économique, par exemple en soutenant agressivement Boeing, qui sont beaucoup plus tournées vers leurs intérêts de court terme. La Chine n’hésite pas à utiliser comme moyen de pression l’accès à son marché pour nos produits agricoles ou cosmétiques, ou certaines dépendances, comme sur les terres rares. Et son avance technologique et industrielle se reflète désormais dans notre balance commerciale.

Dans le même temps, l’intelligence artificielle, le quantique, les semi-conducteurs et les technologies de rupture rebattent les cartes à une vitesse considérable. La bataille économique est donc aussi une bataille industrielle et technologique. A la fin, une bataille de souveraineté.

Le commerce n’est donc plus cette fameuse « main invisible » du marché qui organisait encore hier harmonieusement les relations économiques en faisant abstraction des frontières. Derrière les échanges d’aujourd’hui, il y a désormais la main très visible des États : cette main qui protège, qui subventionne, qui négocie, qui impose parfois, et qui peut aussi décider de fermer un marché ou de couper un approvisionnement.

Certains auront alors la tentation du repli : « mettons-nous à l’abri du monde, barricadons-nous » ! Ce serait pour moi une erreur majeure, pour deux raisons.

Tout d’abord, parce que plus de 80% du commerce mondial de marchandises continue à se faire dans le cadre des règles internationales. Toutes les puissances moyennes, dont beaucoup de nos partenaires, continuent à jouer selon ces règles, que nous avons donc intérêt à défendre, car elles bénéficient à nos entreprises. 

Ensuite, parce que les opportunités de croissance pour nos entreprises sont nombreuses ! 1 salarié sur 4 en France dépend déjà de l’export ! Si certains marchés deviennent plus difficiles ou plus saturés comme celui de l’Union européenne, allons en chercher d’autres ! Si certaines dépendances deviennent dangereuses, diversifions nos fournisseurs ! Si la croissance mondiale se déplace, soyons présents là où elle se trouve. Je pense aux pays du Golfe, où la compétition est particulièrement forte ; l’Asie du Sud-Est ; l’Asie centrale ; l’Inde ; l’Amérique latine, notamment, les pays du Mercosur. Emparons-nous de ces nouvelles géographies de conquête.

Cela ne veut évidemment pas dire abandonner nos partenaires historiques. Cela veut dire qu’il faut élargir notre jeu. La diversification est l’assurance de notre prospérité, et il faut, il faudra, y consacrer toute l’énergie et tous les moyens nécessaires !

Alors, bien sûr, je n’ai pas une vision naïve de notre développement international. Lorsque nos entreprises sont victimes de pratiques déloyales, l’Europe doit savoir riposter. Enquêter pour rétablir des conditions de concurrence équitables et prendre des mesures de protection. Le marché européen est un espace stable, prévisible et ouvert, avec près de 450 millions de consommateurs. C’est déjà un formidable atout pour nos entreprises ; c’est aussi un levier dans le rapport de force commercial.

Voilà ma conception de la souveraineté : ne pas s’isoler du monde, y être suffisamment intégré pour conserver la liberté de choisir nos partenaires, nos fournisseurs, nos technologies et nos débouchés. Et savoir riposter. De ce point de vue, la France, ces derniers temps, a beaucoup pesé pour que l’Union européenne soit moins naïve, et beaucoup plus réactive dans ses négociations ou face aux pratiques déloyales.

Cette nouvelle donne nous oblige aussi à revoir notre manière de travailler. Je connais le discours que l’on tient volontiers aux entreprises : « Exportez davantage », « Diversifiez-vous », « Prenez des risques », « Allez chercher de nouveaux marchés ». Tout cela est juste. Mais l’État ne peut pas donner ces conseils depuis le bord du terrain.

Si nous voulons que nos entreprises aillent plus vite, notre dispositif public de soutien, nos administrations et nos opérateurs doivent faire de même. Si nous leur demandons de prendre des risques, nous devons être capables de mobiliser nos financements et notre diplomatie au bon moment. Il nous faut, si vous me permettez l’expression, mettre un tigre dans le moteur de nos entreprises.

Et quand je parle de mobilisation, je ne parle évidemment pas seulement de l’administration centrale ou de nos opérateurs. Je veux saluer ici l’engagement des parlementaires et des élus locaux présents ce soir. Vous savez aussi ce que représente très concrètement l’arrivée d’un investissement, l’ouverture d’un nouveau marché pour une PME ou, à l’inverse, la fragilisation d’un site industriel. Vous êtes souvent les premiers ambassadeurs économiques de vos territoires. 

Je rappelle aussi que les Conseils régionaux, avec leurs agences de développement économique et en partenariat avec les chambres de commerce, sont les premiers opérateurs, sur le terrain, de l’équipe de France à l’international, ceux qui doivent détecter, inciter, accompagner dans les premières démarches. Et ceux qui doivent accueillir les investisseurs étrangers.

C’est pourquoi nous avons besoin de vous. Votre action contribue à faire connaître nos entreprises, à renforcer l’attractivité de notre pays, l’ouvrir davantage à l’international. Je veux vous en remercier.

L’état soutient les entreprises. Par conséquent, l’État doit, lui aussi, se transformer. C’est le sens des réformes que nous engageons.

D’abord, nous devons mieux accompagner nos entreprises à l’export. Je veux vous dire quelque chose qui devrait être une évidence : Nous devons aimer nos entreprises. Avant de distribuer de la richesse, il faut la créer, et ce sont les entreprises qui créent la richesse !

Notre aéronautique dégage un excédent majeur. Notre balance des services s’est fortement améliorée depuis la crise sanitaire. Nos grands groupes disposent d’une capacité d’exportation considérable. Ce sont des forces sur lesquelles nous pouvons nous appuyer et qui entraînent de nombreuses PME et ETI. 

Nous avons partout en France des PME et des ETI qui, elles aussi, ont le produit, la technologie ou le savoir-faire pour réussir à l’international, mais qui n’ont pas toujours le réseau ou les moyens de franchir seules le premier obstacle.

C’est là que la Team France Export doit faire la différence. Elle réunit, autour des entreprises, Business France, les Régions, les chambres de commerce et d’industrie en France et à l’étranger, Bpifrance, les Conseillers du commerce extérieur et les services de l’État en France et dans les ambassades. Sans compter le soutien actif du Medef international, des opérateurs privés de conseil, des EFE et de tous ceux qui concourent à l’image de la France sur les marchés du monde. Je veux que cette équipe parte du besoin concret de chaque entreprise et l’accompagne dans la durée, depuis son territoire jusqu’au marché qu’elle cherche à conquérir.

Cette équipe doit renforcer notre présence dans de nouvelles géographies de conquête. C’est pour cela que j’ai engagé la réforme de Business France, que Lois Margueritte son directeur général conduit avec force et talent, réforme qui se concentrera dorénavant sur les entreprises à plus fort potentiel à l’export et les pays en croissance ou nous avons des atouts à faire valoir. Sans oublier une présence accrue sur les salons internationaux, notamment pour les PME.

Sur les grands projets enfin, je veux que nous sachions unir nos forces. Lorsque la France finance un projet à l’étranger, nous devons regarder systématiquement comment nos entreprises, y compris les petites, peuvent y prendre leur part. L’Agence française de développement, qui elle aussi se réforme, cher Christophe Lecourtier, les services de Bercy et Bpifrance travailleront davantage ensemble pour faire gagner nos entreprises. Nous savons le faire. Au Maroc, l’Équipe France a réussi à mobiliser 1,5 milliard d’euros pour étendre le réseau ferroviaire en combinant plusieurs de nos instruments. C’est exactement le type d’offre intégrée que je veux pouvoir porter lorsqu’un grand projet stratégique se présente.

Bien sûr, et c’est heureux, nous ne sommes pas une économie administrée ! La majeure partie de vos réussites à l’international ne doit rien à l’État. Tant mieux, c’est aussi cela l’esprit de conquête ! Mais le dispositif public doit faire le maximum pour vous aider quand vous avez besoin de lui.

En ce sens, l’équipe de France des entreprises à l’international doit être plus unie que jamais et travailler systématiquement ensemble. Je dis non à toute résurgence des villages gaulois et toute logique de silos ! Ensuite, nous devons muscler notre jeu diplomatique dans les secteurs stratégiques

Cette volonté de conquête doit aller de pair avec une politique très concrète de souveraineté économique. Prenons les minerais critiques, indispensables à de nombreuses industries, de l’électronique aux batteries : nous dépendons encore beaucoup trop de quelques fournisseurs. 

J’ai donc réuni avec le ministre de l’industrie les industriels concernés pour regarder, filière par filière, où se trouvent nos vulnérabilités et comment diversifier nos approvisionnements. Nous construisons des plans d’approvisionnement et mobilisons nos outils nationaux, européens et du G7. Nous développons aussi des partenariats en Australie, au Groenland, en Ukraine, en Mauritanie et en Malaisie, et poursuivrons ce travail avec l’Inde, le Brésil, l’Indopacifique, en Afrique, en Europe …

Notre logique est simple : aller chercher aujourd’hui les partenariats, sous toutes leurs formes, dont notre industrie aura besoin demain.

Le même raisonnement vaut pour les vaccins, certains acides aminés indispensables à l’industrie et à l’agriculture, les semi-conducteurs et toutes les chaînes de valeur dont une rupture pourrait mettre notre économie en difficulté.

C’est pour cela que nous avons, avec Jean-Noël Barrot, refondé la diplomatie économique du Quai d’Orsay. Pour qu’elle soit davantage intégrée avec tous les services de l’Etat qui traitent de enjeux économiques stratégiques (industrie, énergie, défense, technologies, agriculture, santé …) et pour qu’elle mobilise davantage notre magnifique réseau diplomatique pour pousser nos entreprises et plus largement accélérer les coopérations.

Au passage : réforme de Business France, réforme de la diplomatie économique et réforme de l’AFD, c’est un tournant majeur que nous sommes en train d’opérer dans l’esprit de l’État efficace souhaité par le Premier ministre Sébastien Lecornu. 

Enfin, attirer les investissements dont la France a besoin, c’est aussi l’esprit de conquête ! Sous l’impulsion du Président de la République, nous nous sommes battus pendant dix ans pour remettre la France sur la carte des investisseurs internationaux. Cela s’est traduit par des usines, des emplois et de grands projets industriels. Pour la 7ème année consécutive, la France est la première destination européenne pour les investisseurs internationaux ! Nous devons poursuivre ce travail avec énergie.

Et c’est pourquoi je m’efforce de rencontrer les investisseurs et les grands fonds internationaux, d’écouter leurs difficultés et de leur présenter les atouts de la France et des projets concrets. Avec Business France, les agences régionales et les services de l’État, nous devons les accompagner jusqu’à la concrétisation. Ces relations se construisent dans la durée, parce qu’un investissement se prépare parfois plusieurs années avant l’annonce publique. Là encore, la conquête, c’est aller chercher les investissements plutôt que d’attendre qu’ils viennent à nous.

Mesdames et Messieurs, j’ai reçu personnellement plus de 200 entreprises en moins d’un an. Pour porter leurs dossiers, pour agir au plus près de leurs besoins, à Bruxelles, au G7, au G20 ou auprès des gouvernements étrangers.

Plus largement, lorsque je pars à l’étranger, je veux emmener avec moi les entreprises pour lesquelles le déplacement peut réellement changer quelque chose. J’étais, la semaine dernière, en Amérique centrale, et certains d’entre vous, présents ici ce soir, étaient à mes côtés. D’ici la fin de l’année, je poursuivrai ce travail dans le Golfe et au Proche Orient. Nous continuerons également à approfondir nos relations avec l’Inde, le Brésil et, avec l’Indopacifique. 

Mes déplacements n’ont de sens que s’ils s’inscrivent dans une stratégie. Et je veux y associer davantage d’entreprises, notamment des PME et des entreprises de taille intermédiaire qui ne sont pas toujours les habituées des délégations ministérielles.

Au fond, ma feuille de route tient en trois verbes : sécuriser, conquérir, construire. D’abord sécuriser. Sécuriser ce dont notre économie a besoin, qu’il s’agisse de l’énergie, des matières premières ou des chaînes d’approvisionnement essentielles. Puis conquérir. Conquérir de nouveaux marchés parce que la croissance mondiale ne nous attendra pas. Construire, enfin. Construire des relations suffisamment solides avec nos partenaires et les investisseurs pour produire des résultats dans la durée.

Maintenant, vous n’êtes pas sans savoir que nous aurons beaucoup de débats en France dans les prochains mois. À l’approche des élections présidentielles, ils vont s’intensifier. Et nous, responsables politiques, aurons une responsabilité particulière : celle de ne pas enfermer ce débat, comme trop souvent, dans nos seules frontières.

Nous devrons aborder la question du pouvoir d’achat, de l’emploi, de nos services publics, de la sécurité, ou de l’avenir de notre modèle social. Nous devrons aussi parler de production, d’innovation, de compétitivité et de commerce extérieur. Mais nous devrons surtout parler du monde, et de la place de la France.

Parce qu’aucune des grandes décisions que nous aurons à prendre demain ne pourra l’être en faisant comme si la France était à l’abri du monde. Voilà pourquoi je crois que le débat présidentiel qui s’ouvrira devra aussi être un débat sur notre puissance économique et sur la place que nous voulons occuper dans la compétition mondiale. 

Chaque candidat devra énoncer clairement comment il entend produire davantage en France, comment il compte renforcer nos entreprises, comment il veut conquérir de nouveaux marchés, attirer les investissements dont nous avons besoin, réduire nos dépendances et défendre nos intérêts, en Europe comme à l’international.

Ceux qui font comme si la France était une île, ou comme si se comparer honnêtement à nos voisins était sans intérêt ; ceux qui pensent que, dans le fracas du monde, on peut travailler toujours moins avec des dépenses sociales toujours plus généreuses ; ceux qui pensent que la diplomatie, c’est demander à nos concurrents commerciaux de bien vouloir être gentils avec nous ; ceux qui nous enferment dans des débats totalement hexagonaux alors que l’international est aujourd’hui partout, dans chaque entreprise, dans chaque foyer, et qui passent donc à côté du sujet ; ceux-là, il faudra s’en méfier !

Cette exigence est d’autant plus nécessaire que je refuse l’idée que les prochaines élections présidentielles puissent se résumer à un choix mortifère entre les fausses solutions du simplisme, de la démagogie et du repli sur soi qui, chacune à leur manière, affaibliraient grandement la place de la France dans le monde et l’avenir de nos compatriotes.

Et c’est là que le mot de conquête prend, à mes yeux, un sens qui dépasse largement le commerce extérieur. La conquête, c’est refuser le déclin comme horizon politique. C’est refuser d’expliquer aux Français que nous serions condamnés à subir la mondialisation, la concurrence, des décisions prises « ailleurs », le recul de notre industrie ou celui de notre influence.

Je le dis avec d’autant plus de conviction que, lors de mes déplacements, je mesure le décalage qui existe parfois entre le regard que nous portons sur nous-mêmes et celui, bien plus admiratif, que les autres portent sur nous.

Cela ne signifie évidemment pas qu’il faille nier nos difficultés. Elles sont réelles, et il faudra les affronter. Mais sachons reconnaître la grandeur de la France, au moins tout autant que le reste du monde. 

Mes chers amis, je vous le dis. La France est regardée. La France est admirée. Et la France est attendue. Elle est attendue par des pays qui veulent travailler avec nos entreprises. Elle est attendue pour les valeurs qu’elle porte et pour sa capacité à s’ouvrir, à construire des partenariats durables et solides, des partenariats gagnant-gagnant.

Je crois donc à une France qui protège ses intérêts sans se renfermer sur elle-même. Une France qui produit, qui innove, qui exporte et qui attire des investissements. Une France qui regarde les bouleversements du monde sans naïveté, mais sans peur non plus, une France conquérante, avec énergie !

Et je crois que c’est aussi notre responsabilité politique dans les mois qui viennent : redonner aux Français des raisons de croire en la capacité de notre pays à gagner. Vous l’avez compris, cette ambition se réalisera avec vous. Et, le rôle que je veux jouer à vos côtés, est celui d’un ministre qui vous écoute, qui se déplace là où il y a des contrats à remporter, qui se bat lorsqu’un obstacle peut être levé et qui mobilise l’État lorsque son intervention peut faire la différence.

La France n’a pas vocation à regarder les autres conquérir les marchés de demain. Elle a les talents, les territoires et les outils pour y prendre toute sa place. Et elle vous a, vous.

Alors oui, je vous l’ai dit en commençant et je vous le redis pour conclure : je choisis la conquête. Et je veux que nous la menions ensemble. 

Je vous remercie.

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