Discours d’ouverture de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, lors de la Conférence nationale humanitaire Action humanitaire Discours Le : 06 octobre 2026 Paris, le 6 octobre 2026 Madame la secrétaire générale adjointe, Monsieur le vice-président, Monsieur le directeur général, Madame la présidente, Mesdames et Messieurs les ambassadrices et les ambassadeurs, Mesdames et Messieurs, Je vous remercie pour votre présence et votre participation en grand nombre à cette septième édition de la Conférence nationale humanitaire. Ce rendez-vous me tient à cœur, comme à vous tous, car il rassemble tout l'écosystème de la solidarité internationale : organisations internationales, États, institutions, élus, organisations non gouvernementales, mais aussi fondations, entreprises, acteurs de la société civile. Ce rendez-vous nous donne l'occasion de nous retrouver, de dialoguer, de réaffirmer notre engagement, de faire le bilan de ce que nous avons accompli au cours des dernières années et de préparer les actions à venir. Je voudrais commencer par rendre hommage à l'ensemble des acteurs humanitaires qui, par leur courage et leur dévouement, œuvre au quotidien, au plus près du terrain, dans des contextes qui se dégradent. Au cours des trois dernières années, mille d'entre eux ont payé de leur vie cet engagement. J'ai évidemment, et avec vous, une pensée particulière pour les humanitaires français, tués dans l'exercice de leur mission, et en particulier notre compatriote Karine Buisset, disparue le 11 mars dernier à Goma, abattue par un drone en République démocratique du Congo, pays dont je reviens et où j'ai pu faire valoir la nécessité que justice soit faite. Il n'y a sans doute pas de métier plus risqué ni plus noble que celui de travailleur humanitaire, ne l'oublions jamais. Alors oui, leur protection doit être renforcée dans les faits et en droit. Les nouvelles menaces doivent être traitées, notamment celle des drones qui frappent aveuglément les convois et les lieux de soins. La redevabilité doit être renforcée. C'est pourquoi la France soutient le projet de résolution porté par le Danemark au Conseil de sécurité des Nations unies pour renforcer la protection des personnels humanitaires médicaux. Protéger ceux qui portent secours, c'est la condition même de l'action humanitaire. Les diplomates, les acteurs humanitaires, les entreprises, les responsables politiques agissent sur des théâtres qui peuvent paraître bien éloignés les uns des autres et pourtant notre but est le même : agir pour ce qui est juste. Et dans ce combat qui nous anime, chacun a un rôle à jouer. Ayons le courage d'être optimistes, de nous mobiliser et d'être utiles, de ne rien céder à l'esprit du temps ou à l'esprit de défaite. Voilà ce à quoi nous a exhortés le président de la République il y a quelques jours à la tribune des Nations unies. L'action humanitaire n'est pas une œuvre de bienfaisance anodine. C'est beaucoup plus que cela. C'est tout à la fois un engagement de principe, un acte de solidarité et une dynamique collective. Un engagement de principe tout d'abord qui s'inscrit au cœur de notre attachement au droit international et au droit international humanitaire. Alors que les principes fondateurs de notre ordre international sont remis en cause, notre boussole doit rester celle du droit. Il protège les plus vulnérables, comme ceux qui leur portent assistance, et c'est pourquoi la France continuera d'en défendre les principes, les règles et de soutenir les juridictions internationales. C'est la raison pour laquelle nous menons activement campagne pour la candidature de François Alabrune au poste de juge à la Cour internationale de justice, cette juridiction centrale pour la communauté internationale doit demeurer un lieu de règlement pacifique des différends par la qualité de sa jurisprudence et par une interprétation rigoureuse, indépendante et transparente du droit international. C'est aussi le sens du soutien de la France à la Cour pénale internationale, seule juridiction à même de combattre l'impunité en poursuivant les auteurs des crimes les plus graves. Aujourd'hui, la Cour est prise pour cible par des campagnes visant à la détruire, par des tentatives d'intimidation, par des mesures de rétorsion. Face à ces attaques répétées, la France continue de défendre l'indépendance, l'impartialité et l'intégrité de la Cour avec l'ensemble des États qui partagent sa vision. Le droit doit aussi permettre de concilier l'efficacité de nos sanctions avec la nécessité de l'action humanitaire. Là encore, et bien souvent face à des vents contraires, la France s'est engagée pour l'introduction et la pérennisation d'exemptions humanitaires dans les régimes de sanctions onusiens et européens. Aux Nations unies, ces efforts ont commencé avec l'adoption de la résolution 2462 du Conseil de sécurité, qui, pour la première fois en 2019, demandait aux États de veiller à ce que leurs mesures de lutte contre le financement du terrorisme tiennent compte des activités exclusivement humanitaires. La France a également soutenu en 2022 l'adoption de la résolution 2664, qui prévoit une exemption humanitaire générale étendue ensuite au régime de sanctions contre Daech et Al-Qaïda. Au niveau européen, nous sommes mobilisés pour mener à bien la transposition de la directive sur la violation des mesures restrictives de l'Union européenne. Pour protéger efficacement, le droit international humanitaire doit être connu, promu et renouvelé. Faisons vivre l'héritage d'Henry Dunant et son message d'humanité. Bouleversé par les cris des blessés sur le champ de bataille de Solferino, il décida qu'on ne laisserait jamais plus mourir un homme sans secours. C'est précisément l'objectif de l'initiative que nous avons lancée avec le Comité international de la Croix-Rouge aux côtés de la Jordanie, du Brésil, de la Chine, du Kazakhstan et de l'Afrique du Sud. Peu d'États croyaient à cette initiative il y a deux ans, mais grâce à notre mobilisation, 120 pays nous ont rejoints. L'objectif de cette initiative est simple, le plein respect du droit international humanitaire, toujours et partout. Je salue d'ailleurs la présence parmi nous du vice-président du Comité international de la Croix-Rouge. Pour que le droit évolue avec son temps, la France poursuit aussi ses efforts pour établir un futur instrument international qui interdise les systèmes d'armes complètement autonomes et encadre les systèmes intégrant des fonctions autonomes. La protection du droit doit s'appliquer à tous et d'abord aux plus vulnérables, les enfants. Alors que les violations graves commises contre eux n'ont jamais été aussi nombreuses à Gaza, en République démocratique du Congo, en Ukraine, au Liban ou en Haïti, la protection des enfants dans les conflits armés ne peut être reléguée à un objectif de second ordre. La France ne l'acceptera pas. C'est pourquoi, à l'occasion du 20e anniversaire des principes et engagements de Paris, lancés par la France avec l'UNICEF, nous organiserons, je vous l'annonce, une conférence de haut niveau à Paris en février 2027. 115 États soutiennent d'ores et déjà ce texte de référence qui définit des mesures concrètes en matière de prévention, de protection et de réinsertion des enfants dans leur famille ou leur communauté. Notre objectif est de convaincre les autres pays du monde de souscrire à ces engagements et nous mènerons ce travail avec la représentante spéciale Vanessa Frazier, dont je salue la présence. Enfin, nos institutions internationales doivent pouvoir agir sans entrave pour défendre les populations civiles. Trop souvent, par un emploi abusif du droit de veto, le Conseil de sécurité des Nations unies a été empêché de prendre des décisions pour faire cesser des atrocités de masse. Ce fut le cas en Syrie, au Proche-Orient, en Ukraine ou encore au Soudan. C'est pourquoi la France a décidé de redonner une impulsion décisive à l'initiative qu'elle avait lancée avec le Mexique en 2015 pour encadrer le droit de veto au Conseil de sécurité dans les cas d'atrocités de masse, crimes de génocide, crimes contre l'humanité, crimes de guerre les plus graves. Grâce à notre mobilisation, 128 États membres des Nations unies soutiennent désormais cette initiative, c'est-à-dire 21 de plus qu'il y a six mois, dont un autre membre permanent du Conseil de sécurité, le Royaume-Uni. Nous poursuivrons notre campagne sans relâche pour qu'elle rassemble le plus largement possible. Mesdames et Messieurs, défendre tous ces principes ne suffit pas. Encore faut-il leur donner une traduction tangible. C'est pourquoi l'action humanitaire doit être un acte de solidarité concret et efficace. Notre pays dispose d'un écosystème humanitaire reconnu dans le monde entier qui agit sur le terrain et obtient des résultats incontestables. Il concrétise chaque jour et partout le triptyque fondamental de l'action humanitaire que la France a apporté au monde : impartialité, neutralité et indépendance. Oui, nous pouvons être fiers de notre action collective. J'étais il y a quelques jours en République démocratique du Congo où la propagation du virus Ebola aggrave les souffrances d'une population déjà meurtrie par les conflits. L'épidémie a fait 4000 morts, dont un millier d’enfants de moins de cinq ans. Elle constitue un enjeu de santé mondial. À Bunia, épicentre d'Ebola, au nord-est de la République démocratique du Congo, j'ai constaté que ce sont des scientifiques français et des humanitaires français qui sont en première ligne face à cette épidémie meurtrière. Leur courage est remarquable. Je suis allé leur annoncer que nous apporterons une aide supplémentaire de sept millions d'euros, renforçant ainsi notre contribution qui atteindra 23 millions d'euros cette année. Pour prévenir une plus grande propagation de l'épidémie, nous continuerons, avec l'Agence française de développement, à soutenir l'Institut national de recherche biomédicale congolais. Avec les autorités congolaises, nous allons aussi développer un projet fondé sur l'action des ONG locales et internationales pour garantir l'accès à la justice pour les survivantes de violences sexuelles liées au conflit. Cette action s'inscrit plus largement dans le cadre de notre diplomatie féministe qui vise à protéger les femmes et les filles, elles qui sont souvent les victimes les plus durement affectées par les conflits et par les crises. En 2025, ce sont plus de 200 projets qui ont été financés par la France et qui ont ainsi contribué à les protéger, à les soigner et à promouvoir l'égalité de genre. Notre mobilisation à tous est visible partout. C'est celle d'Action contre la faim, qui répond aux besoins vitaux des victimes du tremblement de terre au Venezuela. C'est celle de la Chaîne de l'espoir qui redouble d'efforts pour maintenir l'activité de l'Institut médical pour la mère et l'enfant à Kaboul, en Afghanistan, dans des conditions particulièrement difficiles. Toutes ces actions font notre fierté. Et la France n'oublie aucune des nombreuses, trop nombreuses, crises humanitaires qui continuent de nous mobiliser en Afrique, au Proche et au Moyen-Orient. Je pense notamment au Yémen, où l'offensive des Houthis sur le détroit de Bab al-Mandeb a provoqué un nouveau choc humanitaire. Face à cette tragédie, j'ai décidé d'allouer un soutien supplémentaire de trois millions d'euros portant notre aide totale en faveur de la population yéménite à plus de sept millions d'euros en 2026. Certaines crises, nous le savons, ne reçoivent pas l'attention politique et médiatique que justifie pourtant la souffrance des populations civiles. C'est pourquoi j'ai demandé que les financements dont nous disposons encore en 2026 puissent être dirigés en priorité vers ces zones de crise négligées -- je pense notamment à Haïti et à la Birmanie. Ce n'est pas un hasard si la France, forte de sa tradition humanitaire, a accueilli récemment les plus grandes conférences de soutien aux populations frappées par la guerre. À Paris, en novembre 2023, un milliard d'euros d'engagements pour la protection des civils à Gaza. À Paris, en avril 2024, deux milliards d'euros pour le Soudan et les pays voisins. À Paris, en octobre de la même année, un milliard de dollars, dont 800 millions d'aides humanitaires pour la population du Liban. À Paris, en octobre 2025, deux milliards d'euros pour répondre à la crise dans l'est de la République démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs. Mobiliser les volontés, réunir les acteurs et les moyens financiers, créer l'étincelle de la solidarité, tel est le rôle que la France entend continuer de jouer. Et de fait, le secteur de la solidarité est une force pour notre pays et pour nos compatriotes. Ce sont des compétences et des vocations que l'on croise partout sur notre territoire, des engagements bénévoles qui font tenir la société française, des milliers, des dizaines de milliers d'emplois qui ne sont pas délocalisables et qui bénéficient directement à la France et aux Français. Alors bien sûr, pour que nous puissions continuer à agir concrètement et efficacement, il nous faut des moyens. Je ne veux mettre en aucun cas ce débat de côté. Après une augmentation inédite de ses contributions humanitaires, la France a fait face, comme de nombreux bailleurs, à une contraction de ses budgets. Cela a des effets directs sur les populations vulnérables et les acteurs de l'aide humanitaire qui sont, je le disais, aussi des acteurs économiques. Or, préserver notre politique de solidarité internationale, c'est contribuer au rayonnement de la France et soutenir une expertise nationale précieuse que le monde entier nous envie. Prévenir ou répondre à l'aggravation des crises, c'est aussi directement défendre nos intérêts. Les exemples ne manquent pas, je pense à la pandémie de Covid-19 ou aux conséquences économiques et sécuritaires des conflits au Moyen-Orient. Je veux donc prendre devant vous un engagement clair. En 2027, les moyens financiers accordés par le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères à l'aide humanitaire augmenteront. Et notre soutien aux organisations non gouvernementales à travers le guichet sera stabilisé après plusieurs années de baisses consécutives. Nous nous mobilisons aussi au niveau européen, vous le savez, dans le cadre des négociations du prochain budget de l'Union européenne, le cadre financier pluriannuel pour la période 2028-2034. Nous y défendons une aide humanitaire fondée sur les besoins, respectueuse des principes humanitaires -- impartialité, neutralité, indépendance -- et délivrée sans conditionnalité. Nous œuvrons pour un budget ambitieux afin de préserver le rôle de l'Union européenne en tant que premier bailleur humanitaire mondial et poursuivre une diplomatie humanitaire européenne fondée sur nos valeurs et sur nos engagements. En parallèle, il nous appartient de développer des outils de financement innovants, complémentaires. Ce sera l'objet de discussions approfondies aujourd'hui. Je pense notamment à la proposition d'établir des loteries solidaires. Cela fonctionne en Allemagne, cela fonctionne aux Pays-Bas. Alors pourquoi cela ne fonctionnerait pas en France ? Le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères a déjà pris contact à la fois avec la Française des Jeux et avec des parlementaires qui ont pris des initiatives pour identifier les moyens de concrétiser cette proposition. C'est une première étape vers quelque chose de plus ambitieux. Les travaux se poursuivront avec les autres ministères et régulateurs concernés. Mais il nous appartient aussi collectivement d'être lucides sur l'état de la société française et de l'opinion publique. Elle tend à se polariser, à se fragmenter. Pour certains, dont ma famille politique fait partie, la solidarité est une valeur, un principe suffisant pour agir. Pour d'autres, en revanche, à un moment où l'on doit faire des choix difficiles pour redresser nos finances publiques, la solidarité n'est pas une évidence, elle n'est plus une évidence. Alors oui, c'est un combat politique que de continuer à démontrer sans relâche que la solidarité est une valeur républicaine, une valeur en somme qui découle en droite ligne de la devise de la République française : liberté, égalité, fraternité. Et vous pouvez compter sur moi pour mener ce combat, je compte sur vous pour le mener également. Face aux attaques politiques dont fait l'objet désormais l'engagement humanitaire, il faut rappeler que l'action humanitaire de la France, c'est quatre euros par Français et par an. C'est un minimum moral. Un minimum moral. Mais c'est aussi une protection nécessaire. Comme je le rappelais à Bunia en République démocratique du Congo, les épidémies ne connaissent pas de frontières, ni Ebola, ni la Covid-19. Et si nous entendons nous en prémunir, alors l'action humanitaire est indispensable. Et ces quatre euros par Français et par an sont bien à la fois une exigence morale, un principe d'action républicain, mais également le moyen de protéger les Françaises et les Français contre bien des calamités dont les racines se trouvent à l'autre bout du monde. Et c'est vrai de beaucoup d'autres crises. Les atrocités qui se déroulent au Soudan, où deux camions d'aide humanitaire affrétés par le Programme alimentaire mondial ont été pris pour cibles samedi dernier, justifient en elles-mêmes notre action humanitaire. Les Français doivent avoir conscience que notre action est nécessaire pour assurer la stabilité et pour assurer la paix. Je sais que cette vision peut parfois interpeller, mais je crois profondément que cette lucidité face aux doutes de certains de nos compatriotes nous permettra de bâtir un récit politique plus partagé, plus unanime et donc plus efficace. Au fond, l'impartialité de l'action humanitaire et la protection des Français sont dans la quasi-totalité des crises parfaitement complémentaires. Mesdames et Messieurs, l'action humanitaire doit être toujours plus un acte de partenariat. Le président de la République en parlait à l'instant. Nous portons cette ambition dans le cadre de la présidence française du G7, en donnant la priorité à l'efficience des chaînes humanitaires pour projeter le plus rapidement possible les biens humanitaires au plus près des besoins, en structurant avec nos partenaires du G7 un réseau mondial de stocks et de capacités logistiques humanitaires afin d'optimiser nos modalités de réponse collective, en continuant à soutenir les efforts des Nations unies pour que le projet de plateforme logistique commune aux organisations humanitaires internationales soit un succès. Nous nous mobilisons aussi aux côtés de l'Union européenne en investissant dans des projets innovants qui soutiennent les efforts de mutualisation logistique. Grâce aux équipes de la Direction générale de la protection civile et des opérations d'aide humanitaire européennes, dont je salue le travail et la présence aujourd'hui, nous avons participé à sept ponts humanitaires européens cette année. Nous sommes venus en aide au Népal, à la Colombie ou encore à l'Ukraine. Structurer nos capacités de réponse aux urgences, c'est aussi développer nos partenariats bilatéraux. La France dispose désormais de six stocks humanitaires à travers le monde, du Pacifique aux Caraïbes et désormais en Malaisie au profit des pays de l'ASEAN et à Dubaï pour un accès rapide aux théâtres de crise du Moyen-Orient et de l'Afrique de l'Est. Nous prévoyons par exemple de mobiliser ce stock pour acheminer très rapidement des abris, des kits d'hygiène et des équipements à Gaza en prévision de l'hiver. Nous continuerons d'unir nos forces avec les autres bailleurs internationaux pour soutenir de tels projets dimensionnants. En 2026, nous avons déjà cofinancé des projets humanitaires au Cameroun, au Nigeria, en Mauritanie, en Syrie, en République démocratique du Congo, en Ukraine et au Yémen pour un montant cumulé de 15 millions d'euros. J'appelle de mes vœux la poursuite et le développement de ces collaborations pour conjuguer les efforts de tous ceux qui, aux côtés de la France, veulent continuer à agir. Notre coopération avec les ONG et le secteur privé sera déterminante pour les années à venir. Nous œuvrons déjà aux côtés de la fondation CMA-CGM en soutenant par exemple l'établissement d'un entrepôt solidaire opéré par l'association Bioport à Mions, près de Lyon, qui sera opérationnel dès 2027. Et nous continuerons à bâtir de tels partenariats avec la fondation Veolia pour envoyer des experts et des unités de potabilisation d'eau, avec l'entreprise Nutriset pour des produits nutritionnels spécialisés, avec le groupe BNP Paribas pour le réassort de stocks humanitaires. Autant de partenaires avec lesquels nous établissons aujourd'hui un club humanitaire France qui se réunira deux fois par an pour favoriser le partage d'expertise et identifier des opportunités de coopération entre entreprises et ONG. Nous sommes par ailleurs heureux de poursuivre notre partenariat pour la réponse d'urgence avec la Croix-Rouge française. Cette coopération permet le déclenchement en 48 heures d'interventions d'urgence en lien avec les sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. 18 opérations ont déjà été réalisées. Enfin, je veux saluer avec vous l'action des collectivités locales françaises qui sont elles aussi des maillons essentiels de la solidarité internationale. À l'approche de l'hiver, nous avons décidé d'envoyer des générateurs en Ukraine de soutenir des projets dans le secteur de l'énergie, notamment grâce au concours de la métropole de Lyon. De même, notre réponse au Népal a été très utilement complétée par l'appui de la ville de Chambéry. Mesdames et Messieurs, à vous toutes et tous, je veux redire ce message de fierté et de mobilisation. Vous pouvez compter sur le soutien actif de la France pour contribuer avec vous à la solidarité internationale. Alors, tâchons, malgré toutes les difficultés, à l'occasion de cette septième Conférence nationale humanitaire, de garder la tête haute et pleine d'espoir, de garder l'optimisme et la volonté tenace de changer le monde, de le rendre un peu meilleur, de ne céder à rien jamais et surtout pas à ceux qui essaient parfois de discréditer notre engagement collectif au service de la solidarité internationale. Pour que vive la solidarité, que vive l'action humanitaire, que vive la République et que vive la France.