Déclarations à la presse de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, lors de son déplacement en Israël

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Conférence de presse

Le : 07 octobre 2026

Réïm, le 7 octobre 2026

C'est ici, il y a trois ans, que le Hamas perpétra le pire massacre antisémite depuis la Shoah. Plus de 1200 personnes perdirent la vie dans ces actes terroristes barbares, parmi lesquelles 51 ressortissants français. Dans les kibboutz de Be’eri, de Kfar Aza, de Zikim, de Nir Oz, des familles entières furent décimées. Dans les rues de Sdérot, des innocents sauvagement abattus. Sur le site du festival Nova, la jeunesse insouciante assassinée. Autant de destins tragiques à l'image de celui de Vivian Silver, éminente figure du camp de la paix, tuée de sang-froid par le Hamas alors qu'elle avait consacré l'intégralité de sa vie à la réconciliation entre Israéliens et Palestiniens. 

Face à l'atrocité du mal, il y eut aussi, ce matin-là, la simplicité du bien, le courage de ces femmes et de ces hommes ordinaires et justes qui résistèrent à l’arbitraire de la violence et de la haine et donnèrent leur vie pour que d’autres puissent sauver la leur. Il y eut Liel Itach, citoyen français de 22 ans qui décida d'attirer sur lui le feu des terroristes pour que ses amis puissent vivre.Il y eut Bar Zohar, citoyenne française de 23 ans qui renonça à sauver sa vie pour porter secours à ses proches et qui fut, elle aussi, abattue par le Hamas.Tous deux consentirent pour les autres au sacrifice suprême. Ils moururent en résistants. Ce jour-là, Liel et Bar furent l'honneur de la France. 

Au moment où nous commémorons cet attentat abominable, qui a blessé le peuple israélien et tous les juifs dans leur chair et laissé un traumatisme qu'il est interdit de relativiser, nous nous inclinons devant le courage de toutes celles et ceux qui se sont levés contre la folie antisémite, devant l'humanité irréductible de tous nos enfants assassinés. 

Avant de revenir en ce sanctuaire où eut lieu le festival Nova, j'ai échangé ce matin avec le cercle des familles endeuillées qui mettent leur humanité au service de la paix et de la réconciliation. Je me suis rendu à Tel Aviv sur la place des otages. J'ai visité les kibboutz Be’eri et Nir Oz et rencontré là-bas les familles des victimes françaises tombées sous le feu de terroristes. Nous ne laisserons pas leurs noms être effacés. C'est la raison pour laquelle le président de la République a voulu qu'un hommage national leur soit rendu le 7 février 2024. C'est pourquoi que je me tenais ici même il y a deux ans aux côtés des familles françaises endeuillées. 

Alors que nos sociétés sont confrontées au retour d'un antisémitisme désinhibé, nous ne laisserons pas ce poison se diffuser au sein de la République. Car tout dans l’âme de la France rejette l'antisémitisme et la haine de l’autre. Alors que le Hamas a voulu ce jour-là tuer la possibilité même de la coexistence, nous continuerons inlassablement à agir pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens. 

Tous les récits que nous avons entendus aujourd'hui nous enseignent, pour reprendre les mots de Vassili Grossman, que l’histoire des hommes n'est pas le combat du bien cherchant à vaincre le mal. L'histoire de l'homme c'est le combat du mal cherchant à écraser la minuscule graine d'humanité. Mais si même maintenant l'humain n'a pas été tué en l'homme, alors jamais le mal ne vaincra.

Merci pour votre attention. 

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Q - (inaudible) essayer de réchauffer les relations entre la France et Israël qui sont difficiles ?

R - C'est une manière pour nous d'honorer la mémoire des 51 ressortissants français qui ont perdu la vie au cours du pire massacre antisémite depuis la Shoah.

Q - Mais au-delà, est-ce qu'il n'y a pas une volonté de réparer aussi par votre présence ici toute la journée, une relation qui est quand même abîmée, objectivement, avec le sentiment parfois pour les Israéliens d'une politique un peu illisible, avec effectivement cet hommage que vous avez rappelé, mais de l'autre, des déclarations comme la reconnaissance (inaudible) de l'État de Palestine, ou le discours d'Emmanuel Macron à l'ONU qui a pu créer des tensions entre les deux pays ?

R - Je ne veux pas commenter certains éditoriaux qui, à mon sens, relèvent de la pure fausse information sur ce que sont les positions de la France. Ils semblent avoir abandonné, sous la plume et dans la bouche de certains observateurs de la politique internationale de la France, le camp de la paix. Le camp de la paix que le Quai d'Orsay continue de soutenir et continuera de soutenir malgré tous les vents contraires. Ensuite, vous m'interrogez sur une sorte d'opportunisme de ma présence ici, ce qui me paraît un tout petit peu indécent dans la mesure où je viens de le lire, il y a deux ans, ce même jour du 7 octobre, j’étais déjà présent aux côtés des familles de Bar Zohar et de Liel Itach, que je suis très heureux d’avoir retrouvées ici. Je suis obligé de constater avec vous que la tragédie que ces familles françaises ont subie laisse encore des traces indélébiles et qu'aucune commémoration ne parviendra véritablement à effacer. 

Q - (inaudible).

R - J'assisterai aux côtés du président Herzog à la cérémonie, ici, sur le site du festival Nova. Mon principal message est évidemment adressé aux familles françaises, aux familles des victimes françaises du 7 octobre, 51 victimes de cet attentat antisémite, terroriste, en leur rappelant que la France se tient à leurs côtés, et que les équipes de l'ambassade de France et du consulat général de France à Tel Aviv sont à leur disposition pour les accompagner sur ce chemin éprouvant de deuil. 

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