Déclarations à la presse de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, lors de son déplacement en République démocratique du Congo

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Interventions médias

Le : 02 octobre 2026

Kinshasa, le 2 octobre 2026

Q - Vous venez de rencontrer le président de la République, peut-on savoir de quoi il a été question ?

R - J’ai été reçu en audience par le président Tshisekedi et je le remercie pour le temps qu’il m’a consacré ainsi qu’à ma délégation. Il l’a fait en présence du ministre de la Santé, de la vice-ministre des Affaires étrangères et cet entretien a été l’occasion d’abord de revenir sur les relations étroites, anciennes et vastes qui unissent la France, la République démocratique du Congo et surtout nos deux peuples, qui entretiennent des relations très vivantes et approfondies.

Chacun sait l’importance de la diaspora congolaise au sein de la République française.

L’occasion de revenir sur cette relation bilatérale très riche, sur le conflit dans l’est du pays et puis sur la raison principale de ma visite aujourd’hui à Kinshasa et demain à Bunia, épicentre de l’épidémie d’Ebola, la plus meurtrière des 17 épidémies que le pays a connues, mais aussi centre de coordination de la riposte dans le cadre du plan national des autorités congolaises pour juguler cette épidémie qui a fait tant de dégâts.

À l’occasion de ce déplacement, auquel se joindra le professeur Muyembe, je rendrai hommage à l’action des autorités congolaises, mais aussi à celle des travailleurs humanitaires, des organisations non gouvernementales congolaises, internationales et françaises qui sont présentes sur le terrain, et à la coopération ancienne, depuis plus de 40 ans, entre l’INRB et les institutions de recherche français qui ont permis justement de faire face aux différents épisodes épidémiques et notamment à celui que nous connaissons aujourd’hui, avec la force d’une recherche de pointe dans la vaccination et dans le traitement de la maladie d’Ebola.

Ce sera l’occasion de rendre hommage à toutes celles et ceux qui contribuent à la riposte et plus généralement à l’action des travailleurs humanitaires. Et j’ai évidemment à cet instant une pensée pour notre compatriote Karine Buisset, qui a été abattue par un drone il y a quelques mois dans le cadre de sa mission au service de l’UNICEF.

À cette occasion, je marquerai le souhait de la France de renforcer sa participation aux côtés d’autres partenaires internationaux au plan national que conduit M. le ministre de la Santé. Parce que nous avons eu bien raison d’agir dès le premier jour contre la propagation de cette épidémie. Et nous devons continuer à le faire pour nous assurer qu’elle soit parfaitement et définitivement jugulée, qu’elle ne s’étende pas plus qu’elle ne l’a fait à d’autres régions de la RDC et évidemment pas à d’autres pays. Mais qu’elle soit stoppée nette.

Ce déplacement à Bunia sera également l’occasion d’illustrer le protocole que nous venons de signer juste avant cette audience avec le ministre de la Justice que la lutte contre l’impunité et la réparation des violences sexuelles liées aux conflits. C’est une meurtrissure profonde qui affecte l’est du pays depuis des décennies maintenant.

Grâce à cette coopération que nous portons à part égale entre le ministère de la Justice congolais et le ministère des Affaires étrangères français, nous pourrons ouvrir un accès beaucoup plus immédiat et gratuit aux femmes victimes de ces violences. Sans qu’elles aient besoin de se déplacer. Et nous pourrons assurer une meilleure réparation des blessures dont elles ont été victimes.

J’aurai l’occasion de m’exprimer demain à ce sujet et de rencontrer des survivantes, des femmes victimes de ces violences dans un centre qui leur est consacré à Bunia. Ce sera l’occasion de faire un point sur ce sujet majeur.

C’est mon deuxième déplacement comme ministère des Affaires étrangères en République démocratique du Congo. Et je souhaite que sur l’ensemble des sujets que j’ai évoqués avec le président Tshisekedi, et dans la suite des engagements qui ont été pris par le président de la République, que cette visite produise les résultats les plus nombreux et les plus fructueux possibles.

Je vous remercie.

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