Déclarations à la presse de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur, et Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer, en marge de leur déplacement en Martinique

  • Lutte contre le trafic de drogue

Interventions médias

Le : 06 juillet 2026

Il ne faut pas sous-estimer l'importance de cette première conférence régionale de sécurité, qui a été voulue par le Président de la République, qui s'inscrit plus largement dans la politique qui est menée sous l'autorité du Premier ministre pour faire échec à 360 degrés au narcotrafic et à la criminalité organisée. On ne peut pas la sous-estimer parce qu’une quarantaine de pays présents, ici en Martinique, et décidant collectivement de joindre leurs forces pour entraver l'activité de ces organisations transnationales spécialisées dans le trafic de drogue, d'armes à feu et dans la traite d'êtres humains, c'est tout simplement inédit. Et donc c’est une grande satisfaction pour nos trois ministères d'avoir travaillé activement pour le rendre possible. 

S'agissant du ministère des Affaires étrangères, il faut relever que nous avons, pour la première fois dans notre histoire, à l'automne dernier, rédigé un volet international de ce plan de lutte contre le narcotrafic qui commence déjà à produire des effets dans la coopération internationale. Nous avions dit en novembre dernier que nous signerions 12 accords de coopération avec les pays de la région, Amérique latine et Caraïbes. Nous en avons déjà signé 18 et 23 autres sont en cours de signature, des accords de coopération douanière, militaire ou policière. Nous avions dit que nous allions augmenter de 20% les effectifs dans nos ambassades qui viennent du ministère de l'Intérieur, de la direction générale des douanes ou du ministère des Armées. Nous sommes déjà à près de 40% d'augmentation dans le renforcement des postes qui sont les nôtres. Nous avions dit que nous allions mettre en place une académie régionale pour la formation des experts qui, dans les pays de la région, concourent ou concourront à la lutte contre le narcotrafic. Cette académie régionale posera sa première pierre au mois de septembre en République dominicaine. Et puis nous avions dit que nous créerions un régime européen de sanctions contre les narcotrafiquants et le crime organisé. Ce régime de sanctions est en cours de finalisation à Bruxelles. Et donc, dans mon ministère, comme au ministère de l'Intérieur et au ministère des Outre-mer, nous changeons d'échelle dans cette guerre que nous menons contre le narcotrafic. Et c'est ainsi que nous obtiendrons des résultats, pour la sécurité de nos compatriotes, ici en Martinique, dans nos Outre-mer, mais aussi sur le territoire national, face à une déferlante des stupéfiants dans les rues de nos villes et de nos villages.

Q - Monsieur le Ministre, quel est le niveau de participation des États-Unis à cette conférence ? Est-ce que Emmanuel Macron et Donald Trump en ont parlé à Versailles pour s'aligner, en termes de doctrine d'intervention contre le narcotrafic ? Et deuxième question, est-ce qu'on va la gagner, cette guerre ?

R - Les États-Unis sont représentés au cours de cette conférence, et dans le cadre de la présidence française du G7, la lutte contre le narcotrafic et la criminalité organisée a été discutée par l'ensemble des pays membres du G7, mais aussi par leurs partenaires qui étaient invités, car tous sont confrontés à ce fléau. Il a été acté la création d'un réseau de ports des pays du G7 et de leurs partenaires. Ce réseau va leur permettre de partager les bonnes pratiques pour à la fois se sécuriser, détecter l'activité des narcotrafiquants, faire échec, et ainsi mieux protéger nos pays et les ports représentant un tiers du trafic maritime mondial contre ce fléau. Est-ce qu'on va la gagner ? Jean-Didier Berger le disait à l’instant, si nous travaillons seuls au niveau national, nous aurons peu de chances d'y parvenir. Si au contraire, les États travaillent ensemble, alors nous aurons la possibilité de pouvoir effectivement l'emporter sur ces multinationales de la criminalité.

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