Déclarations à la presse de Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, en marge de son déplacement en Haute-Savoie

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Le : 27 juillet 2026

Q - Monsieur le Ministre, vous étiez dans le Léman Express pour une visite transfrontalière en début de journée. Vous avez forcément parlé des sujets qui fonctionnent bien en termes de transfrontalité et de ceux qui marchent moins bien. Et il vous a été souligné notamment les problèmes de scolarisation. Quels propos, quel discours vous avez pu tenir, et ce que vous avez entendu ?

R - D’abord je suis très heureux d'être aujourd'hui en Haute-Savoie, à Annemasse, à l'invitation des élus du territoire et en particulier de mon ami Loïc Hervé, et de traiter aujourd'hui de cette question qui concerne le ministère des Affaires étrangères, qui est la vie quotidienne de nos compatriotes, et notamment ceux qui vivent ici à Annemasse, qui sont confrontés à l'international, puisque leur vie est transfrontalière. Et c'est pourquoi nous nous mobilisons, au ministère des Affaires étrangères, en lien avec les élus des territoires frontaliers, pour améliorer leur vie et trouver des solutions là où des problèmes surviennent. La ligne Léman Express est un magnifique exemple de la manière dont les régions des pays frontaliers, la Suisse et la France, peuvent coopérer au bénéfice de leurs populations respectives, puisqu'on a là désormais la plus grande infrastructure de transport régional transfrontalière en Europe, qui donne pleine satisfaction. J'ai pu le vérifier auprès de ceux qui l'empruntent, qu’ils traversent la frontière, qu'ils fassent des trajets de la France à la France ou de la Suisse à la Suisse. C'est donc de ce type de modèle dont nous devons nous inspirer pour apporter des solutions créatives, innovantes, aux sujets de mobilité, de santé, de travail, de logement pour nos compatriotes qui ont une partie de leur vie d'un côté de la frontière, et l'autre de l'autre. 

Vous évoquez les questions de scolarité, un sujet qui n'est pas tout à fait nouveau puisque du côté suisse, des décisions avaient été prises dès 2018, qui consistaient à restreindre l'accès aux écoles publiques de la Confédération helvétique, dans le canton de Genève en particulier, à nos compatriotes qui travaillent sur place mais qui résident en France. Nous avons, depuis l'année dernière, après une nouvelle décision qui concernait cette fois le secondaire, pris attache avec les autorités suisses à tous les niveaux, y compris au mien - mais cela s'est passé aussi au niveau des élus du territoire et des parlementaires, députés comme sénateurs, qui sont très mobilisés sur ces sujets. Je constate que le dialogue se poursuit. Nous l'avons poursuivi dans la ligne du Léman Express avec la présidente du Conseil d'État de Genève. Et j'ai bon espoir, comme toujours, que par le dialogue, nous puissions trouver des solutions à ce problème et répondre aux attentes de nos compatriotes vivant ici, notamment à Annemasse, travaillant en Suisse et ayant besoin de pouvoir y scolariser leurs enfants.

Q - Vous étiez dans le Léman Express, donc on va parler deux minutes aussi de transports, mobilité, parce que les élus suisses vous ont peut-être relayé leur opposition à la construction de cette bretelle autoroute entre Machilly et Thonon. Est-ce que vous avez été saisi du sujet, et là aussi avec quelle réponse ?

R - Non, on n'est pas rentrés dans ce sujet-là, je n'ai pas de réponse particulière à apporter sur ce point précis. Ceci étant dit, ma visite aujourd'hui a précisément pour objectif de venir à la rencontre des forces vives de ce territoire frontalier de la Haute-Savoie. J'aurai l'occasion, cet après-midi, de rencontrer élus, chefs d'entreprise du territoire ; plus largement, l'occasion d'un débat citoyen, pour toutes celles et ceux qui s'intéressent aux questions internationales. Cela commence par le transfrontalier et cela va au-delà. Ce qui me permettra de revenir à Paris ce soir avec la liste des attentes qui peuvent être exprimées ici et auxquelles je veillerai, avec mes collègues du Gouvernement, à apporter des réponses. 

Q - Vous comprenez leur position avec les investissements qu'ils font, notamment du côté français, pour les infrastructures de transport en commun ? Vous comprenez cette opposition à ce projet routier ? 

R - Je ne connais pas le détail de ce projet routier, je ne peux pas vous répondre sur ce point précis.

Q - Quand on parle de vie quotidienne ici, on parle aussi beaucoup de logements, avec l'inflation de construction de logements, notamment côté Genève, canton de Genève. C'est une question que vous avez abordée ?

R - Avec le maire d'Annemasse, que je veux féliciter pour son élection récente, qui en a fait l'une des priorités de sa mandature dans une ville, on ne le sait pas toujours, qui est l'une des plus inégalitaires de France, et qui, en quelque sorte, est soumise au développement très fort de la ville voisine de Genève. On a pu évoquer des idées qui sont les siennes, de coopérations avec la partie suisse, innovantes, de politiques de logement partagées, pour répondre à cette crise du logement, et notamment pour permettre à nos compatriotes, notamment les plus modestes et les plus humbles, de ce côté de la frontière, de pouvoir accéder au logement.

Q - Vous pouvez aller un peu plus loin sur ces solutions innovantes ?

R - Le maire d'Annemasse est juste à côté de moi, je vous invite à vous tourner vers lui. Mais c'est exactement, je dirais, à l'écoute de ce type d'idées, de ce type d'innovations que je suis venu. Pour qu'on puisse bâtir, en tout cas apporter ce que nous pouvons avec le ministère des Affaires étrangères d'une part, mais aussi avec le Gouvernement d'autre part, pour leur donner corps. Parce qu'il y a un certain nombre de sujets à la frontière qui sont communs, que l'on parle de la frontière avec le Luxembourg, la Belgique, l'Allemagne, la Suisse ou même l'Italie. C'est le cas par exemple des questions d'indemnisation, dans le cadre de l'assurance chômage. Sujets qui peuvent être traités comme ça a été le cas à l'échelle européenne autour du [règlement] n°883/2004, ou éventuellement à l'échelle nationale. Mais il y a des sujets qui dépendent très largement, pour leur résolution, des spécificités locales. Et donc il faut être créatif. Et je veux saluer ici, à la frontière avec la Suisse, comme j'ai pu le faire tout récemment à la frontière avec l'Italie, où j'étais accompagné par des élus de ce même territoire, parce qu'on est ici dans un département qui a deux frontières avec deux pays, d'imaginer des solutions nouvelles, créatives, qui nous appellent à sortir un petit peu des cadres ou des chemins habituels au bénéfice des populations, des deux côtés de la frontière. Et lorsque les bonnes volontés s'alignent, ça peut fonctionner. 

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